DES FÉCULES
La fécale séchée à f 00° ou à 1 50° est composée de 1 éq. de cale et de 1 éq. d*eau ou de 2025 de fécule et 1 12,5 d'eau ; lYÎroD 5 pour 100.
La fécale séchée à 20^ dans le vide contient 1 éq. de félie et 2 éq. d*eau; environ 10 pour 100.
La fécale du commerce contient 1 éq. de fécule, 4 éq. 'eau, environ 18 pour 100.
Les céréales, telles que Torgc, le blé, etc., etc., conteant da sluten mêlé à la fécule, ne peuvent ^tre soumises D procédé indiqué ci-dessus, on doit, pour obtenir Tamion, détruire le gluten par une espèce de putréfaction : pour s graines oléagineuses, on doit extraire l'huile avant de rocéder à Textraction de l'amidon.
La fécale joue le rôle d'un acide faible, acide amy ligue. tli acide peut se combiner avec une base sans être désurgaisé, si on traite l'amidon par l'ammoniaque étendue; et si la solution ou ajoute un sel soluble de plomb, il y a double écomposition , c'est-à-dire, précipité blanc d'amylate de lomb. Le fait'est mieux caractérisé en employant la soude nia potasse caustique : si on unit l éq. de fécule (2025) à éq. de potasse 589, on a une solution d'amylate de potasse; i alors on ajoute 1 éq. de chlorure de calcium , il y a double lécomposition et par suite précipité d'amylate de chaux; si in recueille ce précipité et si on le traite par une faible
Îiantité d'acide chlorhydrique, on obtient l'amidon non léré. Ou doit ici bien mesurer la quantité d'acide chlorhy- Iriqae, car un excès de cet acide transformerait l'amidon en lettrine et même en glucose.
Action de la chaleur sur la fécule, — La chaleur désajrégB, désorganise les grains de fécule. Cette fécule, chaufie brasqaement à une température de 200** environ, est hantée plus ou moins complètement en une matière soluble i froid, et même plus soluble que la gomme arabique : cette ransformation en dextrine est plus ou moins parfaite, selon jne la température de 200*^ à 220" a été plus ou moins projongée. Ce nouvel état de la fécule existe naturellement dans xrtains végétaux nutritifs, par exemple, dans les meml^ranes appelées Lichen d'Islande , dans les no>aux de dattes, *pècede périsperme qu'il ne faut pas confondre avec ces incrustations ligneuses appelées noyaux dans les fruits.
IkxMne. — Celte substance est donc la fécule désagré-
334 CHIMIE OBGANIQUE.
géc et rendue solnble dans l'eau froide; la solution est moins Tisquense que colle de la gomme arabique, propriété, qui b rend utile dans certaines applications de mordants, dansks opérations de teinture. On a dans le commerce deux qualités de dexlriue: i** blonde; 2^ blanche. La dextrine blonde, leïocum , est préparée dans Tindustrie en exposant la fécnle à une temi>érature régulière obtenue au moyen de rhuile;il
Îa six numéros divers de dextrine blonde : le n^ i est la exlrine obtenue à une température de 200"; pour le n** î, la température a été 220**, ainsi de suite jusqu'au n^ 6, pour lequel la température a été 250® à 260°. La dextrine blanche est préparée en traitant de la fécule bien sèche par une eaa contenant une i'aible propoition d'acide azotique; cette fécule sèche étant avide d'eau, ce liquide pénètre dans tontes les parties de la fécule; et en chauffant légèrement, la fécnle est rapidement désagrégée et par conséquent transformée en dextrine.
La dextrine joue le rôle d'acide; on peut obtenir directement un dextrinate de soude, opérer une double décomposition [)ar le chlorure de calcium : le précipité blanc est dn dextrinate de chaux. Dans ces réactions, la dextrine n'^
[)r()uvo aucune altération : si on met en suspension dans 'eau ce dextrinate de chaux, et si on ajoute un acide faible, par exemple, du vinaigre, lahqueur devient limpide, incolore , et riode est sans action sur elle; l'effet est clone celui qui aurait lieu avec de la dextrine récemment préparée.
§ 2. Des sucres.
Diverses substances ont été réunies sous le nom àe sucres, parce que toutes ont une saveur douce ; mais les autres proin'iélés de ces matières sont souvent très-différentes ; te sucres les plus importants, les seuls que nous étudierons, sont ceux, r de canne; 2'*de raisin ou de fécule, qni praissent être identiques ; 3^ de lait. Tous ont la propnété d'être transformés en alcool et en acide carbonique, lorsque leur solution reçoit une certaine quantité de ferment.
Sucre de canne ou de befJrrave. — Pes. : 1,5629; Comp.
du sucre cristallisé : C*^ W" 0". Le sucre de canne ou le sucre ordinaire crîslu\\\s<i l^çi^'ssoi'K^x «^^t«Kfis&V.^»sfi&
rhomboïdales, souvent un ou deux pans sont coupés ou terminés par un sommet dièdre ; il est phosphorescent par le choc, inaltérable à Tair, à moins que l'atmosphère ne soit trèschargée d'humidité ; insoluble dans l'alcool absolu , soluble dans son poids d'eau Iroide et dans environ la moitié de ce poids d'eau bouillante : cette dernière solution saturée prend le nom de sirop; c'est même ainsi qu'on obtient le sucre avec les propriétés physiques que nous venons d'indiquer. Dne dissolution surusaînment concentrée donne en cristaux Due partie du sucre qu'elle contient; à cet effet, on verse le drop encore chaud dans des terrines munies de petits bâtons m flls transverses; par le refroidissement, les cristaux se léposent sur ces bâtons ou fils, et portent alors plus particulièrement le nom de sucre candi.
Le sucre, exposé à une chaleur qui ne dépasse pas 130**, (prouve une espèce de fusion, devient un liquide épais, tenace; il perd alors un atome d'eau, sa formule devient Qa4gao()io. gj j^ tcmpératurc cst plus élevée, le sucre perd plus d'eau qu'il n'en contenait, sa formule est alors (?*H*^œ; il est altéré, il est devenu caramel, substance encore soluble et colorée en brun.
Le sucre peut se combiner avec plusieurs bases métalfigues : 1*" avec la chaux : O* H" 0»-f-Ca' 0», H*0' ; 2"^ avec la baryte: C**H'«0«H-Ba*0», H*0»; 3** avec l'oxyde de plomb : Ç»* H'* 0^-h Pb' 0». Los acides minéraux agissent fortement sur le sucre : l'acide sulfurique met du charbon à nu avec dégagement d'acide sulfureux et d'acide formique; Tacide azotique transforme le sucre d'abord en acide saccharique, puis en acide oxalique, et enfin en acide carbonique.
L'extraction du sucre de canne est une des grandes industries des colonies. Cette extraction avait Heu autrefois par des procédés très-imparfaits ; le jus de la canne était successivement mené dans cinq chaudières de fonte disposées horizontalement; de nombreux perfectionnements ont été mtroduits : 1° le cuivre a remplacé la fonte; 2** la forme des chaudières est mieux entendue; 3*^ ces chaudières sont chauffées par un générateur principal de vapeurs; 4^ enfin on fait usage de l'appareil Desrones, des chaudières à bascales, etc., etc.
La canne à sacre contient sur loo p9(ïW»&\^ fta^à^?^^
pelé bagasse et 18 de sucre, dont on obtient Bij^onrd'hnijai fabrique 10 parties : on est conduit à admettre que 60 parties est le maximum de jus que Ton peut obtenir de 1 00 parties de cannes; ces 60 parties peuvent donner au plus à la fabrication 12 à 14 parties de sucre.
Le sucre de betterave est identique avec celui de la canne : nous donnerons rapidement Texposé des diverses opérations nécessaires pour l'extraction de ce sucre.
La betterave est de la famille des chénopodées ; parmi les nombreuses variétés de cette plante, on donne la préférence à la betterave blanche de Silésie (betterave de Prusse), à la betterave blanche à peau rose, enûn à la betterave à zones blanches et rosées.
La première opération est le râpage; une bonne râpe fait 900 tours par minute ; on lui présente les betteraves, soit & la main , soit par un poussoir mécanique. Le pressage a lieu d'abord par la presse ordinaire , et ensuite par la presse hydraulique; la betterave, sur i oo parties, contient 96 ou 97 de jus renfermant lo de sucre cristallisable, et on obtient 70 à 72 parties de jus dont on retire 5 de sucre. Toute pensée de perfectionnement a donc pour base ces 25 parties de jus restées dans les marcs : on a essayé successivement la macération à chaud ou à froid, le lévigateur Pelletan, la presse Pecqueur ; tout porte à croire que par la macération à chaud on obtiendra 85 h 86 de jus; et là parait être la limite du progrès. La défécation suit immédiatement le pressage; le jus, qui marque alors 4® à 5° B*, reçoit, sur 1000 parties, d'abord 2 à 4 parties de chaux, piiis il est amené dans une chaudière hémisphérique à double fond; la vapeur d'eau , à 2 ou 3 atmosphères, passe entre ces deux enveloppes du fond, porte rapidement ce jus à 40**; on ajoute encore 1,8 d'alun dissous dans 12 parties d'eau, tfi de chaux, et on porte la température à 60° : l'écume étant bien formée, on arrête l'injection de la vapeur et ou soutire le liquide.
Le liquide coule de la chaudière à défécation dans un autre vase où on le laisse refroidir un peu ; de là il est coulé dans les filtres. Le noir animal employé doit être en grains humides depuis la grosseur de la poudre de chasse jusqu'à celle de Ja poudre à canoa-, il ne doit pas contenir de folle farine. Çenoir^ ^uia.^\)LN4\^l^tv\^>iQi^^^
, a denx effets imporlants : l" il décolore éaergique-
; 3** il enlève la cliaux au saceharate de chaui formé
uit la dérécattou,
p liquide des liltres tombe dans une rigole générale ; dsj
lest monlé à ou étage supérieur, eiivoié dans des thau-"
^ quadrangulaircs eu cuivre offrant au foud une sorte
BTpeolia dans lequel arrive la vapeur à ï atmoii|ihéres ;
i vapeur porte ce liquide à une vive cbullition, le con-
e à 2o" OH 25* B' ; les filtres qui ont servi à la décolo-
a da premier liquide, serveot h la décoloratiou de ce
b à 35 i enfin ce sirop, rassemblé dans un même caoi-
m, arrive dans une chaudière sans diaphragme, est cuit
Twhel on à l'écumoire et versé dans les rafralcbissoirs.
êommence la cristallisation, que l'ontermiae dans les
«i celles-ci doiveut élre assez petites : Ips formes ordi-
s préférables contiennent environ 15 kilogrammes de
f; on les remplit eu deu\ ou trois fois, pour que le mé-
VEoit plus uuil'orme; on les abandonne douze heures, et
■sorte de treuil les porte au premier étage, o<\ a lieu '
Tuttage.
'His le raQinage , le choix des sucres bruts a une grande
blance ; en général , on peut dire que le sucre biut pré-
beeat, 1° le moins coloré; a^lemoiusgras; 3° celui qui
f toucher sablonneux. Si on veut faire un examen moins
nexamiuera, 1° laquantité d'eauconlenuedans
; celle eau doit être de 3 à 8 pour l oo parties; ï" la
K^té de matières insolubles; a" la quantité de sucre cris-
ble, soit par le procédé de M. liiot, soit en délayant ce
^ dans l'alcool à 36" contenant 5 sur loo d'acide sulfu-
. Le choix du sucre lait, on traite 100 parties de ce
g par 30 d'eau , 4 de noir animal et 1 de sang ; on filtre,
napore, et ou place dans \e& t'onussi eniin on procède
errage, c'est-à-dire, on dispose sur la grande surface
Mire de ces formes un disque d'argile Humide; l'eaa,
îBue dans celte argile, entraîne la mélasse. Aujourd'hui
emplace généralement ce disque d'argile par une forte
lâon de surre.
lerons ici le tableau des quantités de sucre fabri-
ïsdaus l'univers eu IS37-1838-, la France figure dans ce
a pour 50 millions; Timpét établi sur le sucre iudi-
f a diminué le nombre des tabriques, et la quanlilé ds^
338 GHIHIJ5 ORGANIQUE.
sucre fabriqué n'a été, en 1841-1843, que d'eo millions.
Golohies anglaises 230 millions d« kil
Cuba. no
Sengaie , Manille , Siam , etc., etc 100
Colonies françaises • 60
Brésil 75
Louisiane CK>
Colonies hollandaises 30
Porto-Rico 25
Colonies suédoises et danoises 10
docre de betterave , France 60i
id. Allemagne , Russie ,
Italie, Lombardie 35
Total SOômiUiouideki
Sucre de fruits; glucose. — Comp. : C"* H* sucre est le principe doux des raisins, des figues, part des fruits acides , etc. , etc. ; il ne cristallise pas tinctement que le sucre de canne ; néanmoins on ] tenir, de ta dissolution alcoolique, en tables can cubes. Nous avons vu qu'on le préparait en grand< en traitant Tamidon par Tacide sulfurique. On pei
f)arer dans un laboratoire en neutralisant le jus de a chaux, clarifiant avec le blanc d'œuf, évaporant cristalliser.
Les actions chimiques des acides et des alcalis se de canne et sur le sucre de raisin sont très-difféi sucre de raisin est dissous dans l'acide sulfurique c colore la liqueur en jaune-brun, et forme un acide ap sulfosaccharique; or. le sucre de canne placé dans circonstances est diflsbonné : les alcalis, qui n'altèi couleur du sucre dé canne, pourvu qu'ils soien d'eau, convertissent le sucre de fruits en une substa ou noire; la chaux convertit le sucre de fruits en c cique y se combine avec cet acide et forme un | chaux.
Le sucre de firuits existe, avons-nous dit, dans
acides; cette circonstance est expUcable, car le
canne, sons Vinûucuce tfvMi md^, se transforme
de fruits i lorsque Yoii^ewXc.QVïseîfe^<!iR»\x^to&^
DES GOMXES. 339
on ajoute dn sacre de canne^ qui, avec le temps, est changé en sncre de fruits.
Sucre de lait. — Pes. : 1,543; Comp. : C^* II** 0"* à l'état cristallin, ou C"*H^'0^'4-5II'0'. A une rhaleur de 120^ il perd 2 atomes d'eau, et, suivant Berzélius, si on élève la température à 150**, il perd les 5 atomes d'eau indiqués ci-dessus.
Le sucre de lait est en prismes quadrangulairos,' demitransparents, solubles dans 5 à r> parties d'eau froide et dans 2 1/2 parties d'eau bouillante : on le prépare en évaporant le petit-lait jusqu'à cristallisation, purifiant ce produit par le noir animal et par une deuxième cristallisation : ce sucre, traité par l'acide azotique, se transi'orme en acide mucique; enfin ce dernier acide, soumis à la distillation sèche, donne Y acide pyromucique.
Acide lactique, — Comp. : C" fl'** 0\ Cet acide est formé dans certaines circonstances, par exemple, lorsque le jus sucré de plantes , contenant de l'albumine ou d'autres matières azotées, éprouve une fermentation particulière, appelée fermentation visqueuse, parce au'il y a dépôt d'une matière gommeuse. On peut (railleurs obtenir cet acide lacticjue par nn procédé plus simple : on dissout dans G*" de lait environ 400 grammes de sucre de lait, on abandonne le mélange plusieurs jours, en ayant soin que la température soit à 20 on à 25^; le liquide, alors très-acide , est neutralisé par le carbonate de soude; après vingt-quatre heures, le liquide devenu acide est encore saturé par le carbonate de soude, etc. La transformation du sucre de lait en acide lactique étant complète^ on soumet à l'ébullition pour opérer la sc»paration •du caséum , on filtre , on évapore à une douce chaleur, on reprend le résidu (lactatc de soude) par l'alcool, on ajoute de Tacide sulfurique, qui forme un sulfate de soude qui est précipité; enfin, on évapore le dernier liquide, qui donne l'acide lactique presque pur. On peut former les laclaies pai' l'union directe de l'acide avec les bases.
§ 3. Des gommes.
Gommes. — Comp. : C*^ H" 0". Ce principe exposé h une chaleur de 130^ perd i atome d'eau; il est alors altéré. La gomme existe dans les sucs de plantes , exsude sçonta-
340 CEIMIE ORGAinQUE.
némeot de l'écorce des arbres, est distincte des résines, parce qu'elle est soluble dans Teau et insoluble dans l'alcool. Toutes les variétés de gomme peuvent être ramenées à deux types: 1*^ gomme arabique, que produit Y acacia vera; 2^gomiM adragante, qui est donnée par Vastragalus tragacantha: h première est lentement soluble dans Teau froide ; la deuxième n'est pas dissoute par ce liquide; elle se gonfle, devient une masse mucilagineuse qui, soumise à i'ébuliition, prend Ta^ parence de la gomme ordinaire.
La gomme est précipitée , par le sous-acétate de plomb, sous forme d'un composé blanc insoluble dans l'eau; radde azotique la convertit en acide mucique.
§ 4. Des gommeft-résines.
Gommes-résines, — Certaines plantes, le pavot, par exemple, dans lesquelles on pratique des incisions, donnent un suc laiteux; ce suc, exposé à l'air, passe à l'état solide^ et offre un aspect qui varie avec la nature de la plaute qui lui a donné naissance. Ces sucs concrètes, ou ces gommesrésines, ont de l'importance en médecine, et sont des mélanges de résines, dégommes et d'huiles essentielles: la solution dans Feau est laiteuse, la gomme seule étant dissoute; la solution dans l'alcool concentré est également in^parfaite; le vrai dissolvant des gommes-résines est l'alcool lAèié à une certaine quantité d'eau. Ces matières ont d'ailleurs peu d'intérêt pour les chimistes; elles appartiennent à la pharmacie; nous citerons seulement les noms de celles qui sont em-
1)loyées: gommes-résines, ammoniaque, galbanum, assa^ betida, ohban, myrrhe, euphorbe, bdellium, aloès, scammonée, gamboge, opium, iactucarium, upas, et plusieurs autres.
§ 5. Des résines.
• Résines. — Ces produits naturels constituent une classe très-étendue parmi les principes végétaux : analogues à la térébenthine ordinaire, que nous clioisirons pour les représenter ; elles coulent de l'arbre , dissoutes dans des huiles essentielles que l'on isole par la distillation avec l'eau. A ïélat mou ou liquide, les résines portent plus particulièrement le nom de &aumes. \\ e^^X^ c;^\\»:iSL^\&&^ ^^^aft tela-