‹ Traité élémentaire de chimie avec les applications de cette science aux art et aux manufacturesChapitre 50 sur 74 · DES PRODUITS DE LA FERMENTATION TINEUSE. 3G · texte numérisé non relu

DES PRODUITS DE LA FERMENTATION TINEUSE. 3G

chaux) est décanté, puis traité par le sulfate de soude. Il y a double décomposition ; l'acétate de soude liquide, recueilli, évaporé, donne une niasse cristalline que l'on soumet à la torréfaction pour séparer ou charbonner le goudron : celte torréfaction , appelée fritte, exige beaucoup de soin et une grande habileté pratique ; elle a lieu en général dans des chaudières de fonte peu profondes ; on brasse continuellement, avec des ringards, pendant vingt-quatre heures pour 400 kil. La chaleur doit être suffisante pour liquéfier le sel sans dégagement de fumée. Lorsque la fonte est tranquille^ l'opération est terminée ; le sel est alors redissous pour le sé-

Ker dn goudron , et la liqueur évaporée donne des cristaux Des. Cet acétate de soude est ensuite traité par l'acide sulforiqne ; on éprouve beaucoup de difficultés dans cette dernière décomposition. Si on verse l'acide peu à peu , il se dégige une telle quantité diacide acétique, que les ouvriei's en flont fortement incommodés ; on prélêrc verser brusquement tOQtracidesulfurique : cet acide occupe la partie inférieure du Taie, et la réaction a lieu peu à peu au moyen de la chaleur.

Acétates L'acide acéti(iue forme, avec les bases, des

^«isplus ou moins importants.

î Acétate d^ ammoniaque ou esprit de Mendérérus, — Est employé en médecine.

Acétate de soude. — Sel dont la saveur est fraîche et [igréable; il cristallise avec six atomes d'eau. Acétate de baryte. — Soluble, isomorphe avec l'acétate aplomb.

Acétate de chaux , acétate de strontiane, acétate de maaie, acétate de zinc , etc. — Sont peu importants ; mais acétates suivants sont employés dans la médecine ou dans Nhistrie.

Aeétate de potasse. — Masse foliacée , cristalline , anhy- \, déliquescente. Ce sel a été le point de départ de recheridont nous tracerons rapidement Ihistoire.

'' on distille à sec des poids égaux d'acétate de potasse et learsenieux, on reçoit dans le récipient un liquide connu le nom de liqueur de Cadet uu atcamine; ce liquide, imable spontanément à l'air et (Puiie odeur insuppor- 6, a exercé la sagacité de plusieurs chimistes: sa compom parait être C^U'^As'O' , et diverses opiniuns ont été oéeisur son état hitime. M. Liébig Ta\)()Oi\jÈ ce couv^mi^

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à la série acétyl; selon ce chimiste, le composé alcamM serait formé d'oxyde d'acétyl et d'arseniure d'bydrogèse, et les équations suivantes représenteraient : 1*^ Talcarsine, 2° les combinaisons connues de ce corps avec le chlore, le soufre , le cyanogène et avec 1-oxygène.

Alcarsine C"H%0» + A8»H« ou Ac»0^ +A8»H«

Chlorarsine C*H%Ch'+ As' H« ou Ac'Ch'+As'H»

Siilpharsinc C"H«, S' +As'H« ou Ac' S' +A8'H»

Cyanarsinc C»H%Az'c< +As' H« ou Ac>Cy'+A8'H«

Àlcargène CE», 0=* +As'H«+H20' ou Ac'O^+As'H^+H'O'

M. Berzélius, et ensuite M. Bunsen , n'ont pas adopté ce mode de composition ; Talcarsine serait, selon ces chimistes, Toxyde d'un radical cacodyl que Ton peut obtenir isolé; 1» composition de ce radical serait C®H*' As* ; enfin, les compo*' ses précédents seraient, dans leur ordre, un protoxyde,un chlorure , un sulfure , un cyanure , un peroxyde ou acide de cacodvl.

Sans nous prononcer dans une question aussi délicate, nous remarquerons que l'alcool dans la série éthyl^ et Talcarsine dans la série cacodyl , ont une certaine analogie ; e& effet ,

L'alcool est représenté par C* H • ° O* + H' 0'

L'alcarsine peut être représentée par .... C" H*" As* + H'O'

Ainsi , l'alcarsine serait l'alcool dans lequel l'oxygène anrait été remplacé par l'arsenic : toutefois , ce mode de composition exige la suppression du radical cacodyl ; l'alcool étant un oxyde d'hydraté du radical éthyl C®Fr°, l'alcarsine serait un arseniure hydraté de ce dernier radical.

Acétate d'alumine. — Ce sel est incristallisable , déliquescent, et ces propriétés sont mises à profit dans la teinture par places des toiles peintes. L'alun, en effet , ne peot être utilisé comme mordant ^ur fixer la couleur par places sur une étoffe , parce qu'il cristallise et s'écarte des enaroits où il a été apphqué; Tacétate d'alumine reste, au contraire, flrf sans dépasser les contours. On épaissit l'acétate d'alumine par une certaine quantité de gomme ou d'amidon ; couvrant alors la forme à teinture de cc'mélangc , appuyant cette fonne sur l'étoffe , et plongeant cette dernière dans le bain de têintvre, on obtient , swr \eis ^\âdcfts wx \\M5îj^\fc ^.'alumine a éri

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déposé, une teintare durable. On prépare Tacétate d'alamine en traitant 60 parties d'alun par 1 00 d'acétate de plomb ; il y a précipitation dii sulfate de plomb, et la liqueur qui surnage est une solution d'acétate d'alumine.

Acétate de fer, — Est employé en teinture; il remplace souvent avec avantage le sulftUe de 1er; on l'obtient en traitant des tournures ou copeaux de fer par le vinaigre de bois OQ acide pyroligneux séparé du goudron. On verse cet acide sur les fragments métalliques disposés dans un tonneau à double fond, muni d'une chantepleure à la partie inférieure. La dissolution a lieu en trois ou quatre jours ; elle marque alors 10** B* ; on la concentre à 14*^; c'est le point auquel les teinturiers l'emploient. Si on essaye de teindre les étoffes avec la garance , on passe par une multitude de nuances en employant convenablement et séparément l'acétate de fer , l'acétate d'alumine : les nuances varient depuis le rose le plus tendre jusqu'au rouge, avec l'acétate d'alumine; et depuis le rouge jusqu'au violet le plus foncé, avec l'acétate de fer.

Acétates de cuivre. — M. Berzélius admet cinq acétates de cni?re; nous parlerons de l'acétate bibasique ou vert-de-gris, et de l'acétate neutre ou verdet cristallisé. \jd vert-de-gris est pulvérulent et d'un vert pâle. On le fabrique en grand à Montpellier, en faisant d'abord fermenter dii marc de raisins; lorsque ce dernier est devenu acide, on le plac^ par oODches alternatives avec des lames de cuivre dans des pots de grès appelés ouïes. Ces lames sont couvertes de vert-degris en trois semaines ^ on les retire et on les conserve deux ou trois jours. Quelques immersions dans l'eau à sept ou huit jours d'intervalle déterminent le gonflement de la couche verte, et permettent d'opérer, à l'aide de couteaux, la séparation de cette couche : il ne faut pas coufondre cette SDDstance avec la croûte verte que présentent les vases de cuivre mal nettoyés ; cette croûte, appelée improprement vert'de-yris , est un sous-carbonate de cuivre.

ï^ verdet cristallisé, ou acétate neutre de enivre , était anciennement fourni au commerce parles Hollandais; mais depuis longtemps il est fabriqué à Montpellier. On délaye dans une chaudière de cuivre une partie de vert-de-gris ordinaire et récemment préparé , avec deux parties de bon vinaigre distillé; on soumet le mélangée aVaicS\Q\^ fil v»i<i^^^^ chaleur, et on agite avec une sçaU\\ceîv\wsvs sV. X\^^^^

prend une couleur plus foncée; on décante dans des vases de tel re vernissée : on reprend rupérali«)n en ajoutant du vinaigre , du vert-d''-îiris, et on réunit toutes les liqueu» déc?antivs. <:es li«|ui(les réunis sont e\aporés jusqu'à pellicole, et versés dans des erislallisoirs appi'lés suias : on place dans eiiacun de ces vases plnsieui*s bâtons d'un pied de lung, feDdus en croix jusqu'à o'",o.> de leur extrémité supérieure, et raiiiiilcnus é<*artés vers leur base. Tous ces cristal lisoirs^ portés dans uneétuve, donnent, après plusieurs jours, ces belles grappes de cristaux d'acétate de cuivre amoncelés sur les moiN-eaux de bois.

Les deux acétates sont employés dans la peinture à l'haile et dans les teintures.

Acélates de plomb, — On connaît quatre acétates de ])lomb i nous étudierons : i" Tacélate neutre, Comp. : Pb*0*, CH^O^; 2" l'acétate tribasique, Pb'OS CMf(V+2Pb'0'.

L'acétate neutre de plomb , appelé vulgairement sucre de Saturne^ est blanc, cristallise ordinairement en petites aiguilles prismatiques, et a une saveur sucrée, styptique j est solublc dansTeau froide, et plus soluble dans Tcaù Douillaute. On prépare aujourd'hui le sucre de Saturne en traitant la litharge par le vinaigre : si on verse fiô'' d'acide acétique à 80 B' sur .iS*^ de litharge, la dissolution a lieu immédiatement : cette dissolution est si prompte et si complète, que la chaleur dégagée sui'ilt pour retenir en solution tout le sel formé. Ces proportions sont exactes |X)ur la saturation réciproque, mais le liquide est trop concentré, et donnerait une cristallisation confuse : en fabrique, on augmente la dose d'acide , et on étend avec des eaux-mères , de manière que le liquide soit acide et marque 50 ou ôô'B* ; on laisse reposer (|uelque temps, on \ers(î dans des terrines, et la cristallisation Oï)éiée en Irenle-six heures, donne environ 75^ de sucre «le Saturne ; 20'^ de sel restent dans les eaux-mères , et on les fait rentrer dans les opérations suivantes. Les lithai^es employées, étant en générai des résidus de coupellation, contitinnent de l'argent et du cuivre; l'acétate de plomb dtt commerce contient donc assez souvent des acétates d'ai^eut et de cuivre qui dénaturent les couleurs lorsque ces sels sont m j)r()[)ortions notables ; on doit donc , pour les teintures délitales, jiurilicr le sel Avx evimtûatv^^i ^'^^ des cristallisations sucœssi\ es.

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