‹ Traité élémentaire de chimie avec les applications de cette science aux art et aux manufacturesChapitre 61 sur 74 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

K8 SAmBCs coumàsrm OBCASiQCix.

H existe dans les y^étanx plosieurs matières ootorantes qui peuvent être isolées. Ces matières se trooTent, soit qims anx autres principes des plantes, soit combinées entre elks; elles ne sont pas toutes importantes an même degré : on peut citer d'abord l'indigo, qui est Tagent principal des teintons bleues, les couleurs de la cochenille et de la garance, qm constituent aujourd'hui la partie essentielle des teintures roues : remarquons même queTisolement du principe colorait 'une substance est presque toujours inutile, et souvent nuisible, lorsque Ton veut employer cette substance dans les teintures. Ces% à Toubli de cette règle que l'on doit attribuer la stérilité des travaux chimiques laits sur cette partie de la science, travaux qui ont créé des produits colorants particuliers très-purs, mais qui n'ont rien appris à l'industrie teinturière. L'essentiel, en effet, n'est pas ici de connaître les réactions produites séparément par les divers agents colorants qui entrent dans un cor(^ naturel ; l'essentiel est de pouvoir expliquer, souvent même modiûer, les actions produites par la réunion de toutes ces matières dans l'agent colorant tel que nous l'offre la nature. 11 est probable que, bien conduites, ces reclierches amèneraient des procédés capables de répondre aux besoins incessants de l'industrie.

Les principales matières extraites des végétaux colorants sont l'indigo y l'alizarine, la carthamine, la quercitrine, l'hématoxytine, la brésiline, etc., etc. La plupart de ces corps sont : 1" solubles dans l'eau ou dans l'alcool, auxquels ils communiquent leur couleur; 2^ décomposables par la chaleur; 3" altérables par les acides et par les alcalis, le chlore les détruit toutes, et les transforme en jaune sale. Les oxydes métalliques et les sous-sels peuvent généralement enlever les matières colorantes à l'eau : la combinaison formée est alors' précipitée en poudre, et porte le nom de laque.

Ordinairement ces laques sont des composés de matière colorante et d'alumine ^ nous citerons çarticulièrement les

iqnes de garance et de gaude : on fait une forte décoction 3 garance (rubia tinctorum ) , ou de gaude (reseda luteola) , a fait dissoudre dans cette liqueur une proportion plus ou oins grande d'alun (sulfate d'alumine et de potasse) ; la que sera d'autant plus belle que la quantité d'alun sera oins considérable. Si, lorsque la solution est parfaite, on oute de la potasse carbonatée, l'alcali s'unit à Tacide sulfuque qui retenait l'alumine dans l'alun , et cette dernière rre se précipite, entraînant presque toute la matière colonie tenue en dissolution. Le précipité recueilli, séché avec in, et formé en petits cônes, constitue la laque, qui sera luge pour la garance et jaune pour la gaude.

Nous devrions donner ici l'histoire particulière des prinpes colorants cités plus haut , mais il convient de faire prêter cette histoire de quelques détails brefs sur l'opération léme dans laquelle ces matières entrent comme partie prinpale.

De Li TEINTURE et DES COULEURS. — La teinture n'est pas salement cette opération mécanique qui a pour but de fixer es couleurs sur une étoffe ; cet art exige aes connaissances tendues sur la nature physique des couleurs, sur le rôle n'elles jouent et sur les contrastes qu'elles peuvent faire nai- 'e relativement à nos organes. Les travaux de M. Ghevreul, or cette partie, sont remarquables. A des opinions vagues t connues seulement d'un petit nombre de praticiens, il a nbstitué des lois simples et précises : ces lois paraissent gouemer toutes ces modifications singulières qu'éprouvent, elativement à nous, les couleurs mêlées, ou simplement (Jisines l'une de l'autre.

La couleur est étrangère au corps, car celui-ci, placé ans l'obscurité , est invisible ; si un rayon de lumière tombe m* ce corps, la sensation de lumière est en nous; aussi on e devrait pas dire une lumière rouge, car c'est transporter otre sensation au milieu lumineux lui-même; ce rouge onrrait être une autre couleur pour d'autres yeux. De ces rincipes on doit conclure, l^ qu'une étoffe blanche reflète )ute la lumière solaire ; 2^ que tous les corps sont noirs elativement à la lumière ; 3^ que si l'on veut teindre (par xemple en bleu) une étoffe , il suffit de donner à la surface le celle-ci, la propriété de réfléchir le rayon bleu, et tout equi est étranger au bleu doit être absorbé çat k \iss«\A5v.

410 GHimB OIGAXIQUE.

teinture est donc Fart de modifler la surface d'un oorps de manière que ce corps , qai natarellement reflète toute b lumière , ne rélléchisse plus que telle couleur.

Parmi les couleurs on distingue ordinairement^ leUaiM, le noir, les couleurs prismatiques. La neige, lectaifibo^le

Sapicr , etc. , etc. , sont les types du hlane , ces matières lèéchisseut intégralement la lumière, et ici le mot intégrale ment signifie seulement que la lumière réfléchie et celle qm émane directement du soleil sont identiques. On corps est noir lorsque la lumière qui tombe sur lui est complétemeit absorbée; il n'existe pas de corps parfaitement noir; ob peut concevoir le noir, la sensation que produirait un troa pratiqué dans un espace indéfini. Nous avons vu qu'un fmceau lumineux traversant un prisme est décomposé en m^ couleurs,

rouge, orangé, jaune, vert, blea, indigo » violet.

L'indigo étant ici voisin du violet, on peut, dans lapntique, ne considérer que six couleurs prismatiques , dont triNS ( le rouge, le jaune, le bleu] sont dites primitives, et trois ( Torangé , le vert et le violet) sont dites binaires» ChacuDô (le ces couleurs constitue un genre, mais il y a, par exemple, divers rouges, divers orangés, c'est-à-dire des nuances et des tons; or, il faut établir ici une distinction , indispensable si Ton veut mettre de Texactitude dans les discours sur les arts; une couleur peut étic affaiblie, l** par le blanc, 2°pai une autre couleur. Dans le premier cas , on a une nuanoei dans le second cas, on a un ton de la couleur principale.

Des couleurs complémentaires. — Si dans rensembk des couleurs prismatiques

r On met le rouge à part : les 6 autres couleurs donnent le vert; 2" — le jaune fd. : — — le violet;

3" — le bleu id. : -^ — roron^;

c'est-à-dire que l'on a

Lumière rouge et

blanche vert.

Lumière jaune et | Lumière __ bleu et

blanche violet. I blanche orangé.

On dit alors que le vert , le violet et l'orangé sont respcc tivement les couleuis cotaç\facùft\i\»a^^ '^w\qs\'^^^^\^uû

DES HATIÈKES COLORANTES. 411

et du bleu; et puisque les corps, considérés en eux-mêmes, sont »oer5 relalivcment à la lumière, on en conclura, 1^ que le jaune et le violet donnent du noir; 2^* que le bleu et l'orangé donnent également du noir; 3*^ que si une étoffe jaune doit être teinte en noir^ on devra lui ajouter du violet ou un mélange de bleu et de rouge; 4^ que l'on doit mettre du jaune pour former des ombres au violet, etc., etc.

Du contraste des couleurs. — Si l'on met en présence d^x zones diversement colorées, chacun sait qu'il y a, pour l'œil, altération apparente de chacune de ces couleurs ; par exemple, soient deux zones voisines, l'une bleue, l'autre verte ; Tœil verra, 1** le bleu nuancé de rouge, c'est-à-dire violacé; 2" le vert nuancé de jaune ou d'orangé, etc., etc. On comprend quelle importance ont ces observations non-seulement pour le peintre , le teinturier , etc. , etc. , mais pour l'esthéti-

Jne en général: on éviterait ainsi ces mélanges discords peu atteurs pour l'œil } on éviterait , par exemple , l'emploi du noir sur le rouge , mélange qui donne un aspect roux à la IH'emière de ces deux couleurs; on mettrait toujours le noir sur le jaune.

Une loi générale gouverne ces contrastes : si deux couleurs kelB sont en présence , la couleur complémentaire de A ^ ajoutée à celle de B et la couleur complémentaire de B est ajoutée à celle de A. Exemples :

I* Zone bleue et zone verte : 1c bleu prend du rouge , le vert prend de l'orangé.

V — orangée — verte : l'orangé — du rouge, le vert — du bleu.

V* — orangée— violette : l'orangé — du jaune, le violet— du bleu.

|e __ violette — rouge : le violet — du vert, le rouge — du jaune.

IP — rouge — jaune : le rouge — du violet , le jaune — du vert.

Dans l'exemple cité plus haut, du noir sur le jaune, il est évident que le noir conservera une teinte vive , car ce noir prendra du violet, couleur complémentahe du jaune; et nous avons vu que l'on doit choisir le jaune pour former des ombres au violet.

Cette belle question des couleurs n'est pas complète; le champ est vaste, et ce que nous avons dit suffira pour indiquer la direction que l on doit donner aux travaux que l'on peut faire sur cette partie.

La partie mécanique de la teinture est basée sur l'affinité qui lie entre elles les couleurs et les étoffes. Les çritLd^^\ft&^<.<^^ies sont: les tissus de laine, de soie , de eoXo\i eX ^<& ^sVs» ^'^'^^

premiers exercent une action plus vive sur la couleur, et par conséquent leur teinture est plus facile. On distingue dans la teinture quatre ojîérations différentes: i** décreusascet désuintiige, 2** blanchiment, 3" application du morcËnt, 4*' lixation de la matière colorante.

Le decreimu/e nWcn pour la soie, le coton, le fil, le chanvre, etc., etc., tandis que le désuintage est particulier à la laine ; ces opérations ont, dans les deux cas, pour but, de féparer les matières étrangères qui altèrent la couleur etlaflczi- I)ilité des corps que l'on doit soumettre à la teinture ; le savon, les alcalis plus ou moins caustiques , l'urine putréfiée, etc., sont les agents ordinaires oui opèrent cette séparation. Le hlanchimvnt a pour objet de blanchir les fils on tissus plus ou moins parfaitement, selon que la teinte à donner est moins ou plus foncée; nous avons vu auc la soie et la laine doivent èlro blanchies ï>ar Tacide sulfureux. Les mordants augmentent l'affinité de l'étoffe iK)ur la matière colorante : il â évident que si le mordant est appliqué sur toute la surface d'une pièce d'étoffe, cette dernière, plongée dans un bain de teinture , prendra uniformément la couleur ; mais si le mordant n'est appliqué que sur certaines parties de la pièce, la teinture sera lixée seulement surces mêmes parties. Lepremier procédé constitue l'art de la teinture proprement dit, et le second, celui de l'impression sur toiles, cotons: dans cette dernière fabrication , le mordant est appliqué sur Tétoffean moyen de blocs de bois ou de planches de cuivre, sur lesquels on a gra\é les dessins que l'on veut reproduire; on trempe la pièce dans le bain de teinture, et on lave à grande eau; la couleur quille les parties qui n'ont pas reçu le mordant, et ne s'attache qu'à celles où ce mordant est fixé.

Les mordants les plus usités sont l'alun, l'acétate de fer» le chlorhydrate d'étain , la noix de galle. L'alunage de la soie est fait î\ i'roid, en laissant cette substance pendant >ingt-qaatrc heures dans l'eau renfermant Jjj d'alun. L'alunage de la laine et du coton est fait à chaua : l'alun est dissous dans l'eau chaude, et l'on fait bouillir dans le bain le fil ou tissu sur lequel on veut appliquer la couleur ; les étoffes aimées sont ensuite plongées dans le bain de teinture ; elles restent dans ce bain pendant un temps et à une température qui varient avec la nature de la couleur, on les lave ensuite à grande eau et on les fait sécher.

Des TEINTURES BLEUES. — Quelqiies teintures bleues sur

îe sont obtenues par un produit en partie minéral (le Uèa de Prusse) , mais en générai l'indigo est la partie essentielle des bleus sur fils et sur étoffes.

Indigo — Celle matière colorante existe dans les feuilles de toutes les espèces d'indigofera : le polygonum tincioriuMj Yisatis tinctoria contiennent aussi de Tindigo ; mais le prix de ce dernier est alors trop élevé. Dans l'Inde, la plante, coiipée avant sa floraison , mise dans un baquet et couverte ^E^, subit pendant 9 à 12 heures une espèce de fermen- -IWMI; de Tacide carbonique, de l'hydrogène se dégagent, et h Hqueur jaune transvasée est fortement agitée jusqu'à ce qu'elle prenne une teinte bleue : cette liqueur dépose alors l'indigo ; celui-ci, reçu sur des toiles en calicot, est façonné, soumis à la presse, coupé en morceaux et séché. La plante parait donc contenir cet indigo dans un état différent de celui que présente Tindigo du commerce; pourrait-on, sans fermentation, obtenir celui-ci? La question n'a pas été résolue. M. Chevreul a lait voir que le pastel (indigo de l'isatis) pouvait être obtenu en traitant cette plante par de l'eau chaude privée d'air ; la solution préparée passe au bleu et dépose eet indigo. Quoi qu'il en soit, il existe deux variétés d'indigo : 1** indigo bleu, 2^ indigo blanc.

L'indigo du commerce est bleu-violet foncé, sa cassure est lerreuse, mate; mais celte cassure passe à l'état cuivré métallique brillant, lorsqu'il est frotté sur un corps dur, et même sa valeur s'élève avec le brillant cuivré çue développe cette friction ; l'indigo est en outre insipide, inodore, insoluble dans l'eau, dans l'alcool et dans l'éther, inaltérable par les acides ou alcalis étendus dans de l'eau : chauffé à 230°, il est altéré en partie, émet une vapeur rouge-pourpre

Îii se condense sous forme de petits prismes cuivrés. L'ingo du commerce n'est jamais pur; il contient en général Parties égales de véritable indigo et de matières étrangères. Oq prépare l'indigo bleu pur en soumettant Tindigo blanc à ^'action de l'air : tel est aussi le procédé suivi dans les tein- Hires bleues en cuves ; l'indigo bleu insoluble est traité par |h chaux et par un corps désoxygénant (protosulfate de fer) ; le protoxyde de fer mis à nu désoxygène l'indigo, et celui-ci |lésoxygéné s'unit à la chaux et constitue un corps soluble ; les fils ou tissus plongés dans cette solwliow SQV^X ^\isw^a «^'-

premiers exercent une action pins vive sur la coulenr, et par conséquent leur teinture est plus facile. On distingue dans la teinture quatre opérations différentes: i*^ décrensageet désnintage, 2** blanchiment, 3^ application du mordhnt, 4" fixation de la matière colorante.

Le (lécreusage aViexi pour la soie, le coton, le 01, le chanvre, etc., etc., tandis que le désuintage est particulier à la laine ; ces opérations ont, dans les deux cas, pour but, de séparer les matières étrangères qui altèrent la couleur et laflezi- Dilitédes corps que l'on doit soumettre à la teinture ; le savon, les alcalis plus ou moins caustiques , Turine putréflée, etc., sont les agents ordinaires oui opèrent cette séparation. Le blanchiment a pour objet de blanchir les (ils ou tissus plas ou moins parfaitement, selon que la teinte à donner est moins ou plus foncée; nous avons vu nue la soie et la laine doivent èlre blanchies par l'acide suliureux. Les mordunts augmentent Taffînité de l'étoffe pour la matière colorante : il est évident que si le mordant est appliqué sur toute la surfaœ d'une pièce d'étoffe, cette dernière, plongée dans un bain de teinture , prendra uniformément la couleur ; mais si le mordant n'est appliqué que sur certaines parties de la pièce, la teinture sera lixée seulement sur ces mêmes parties. Le premier procédé constitue l'art de la teinture proprement dit, et le second, celui de l'impression sur toiles, cotons: dans cette dernière fabrication , le mordant est appliqué sur l'étoffe an moyen de blocs de bois ou de planches de cuivre, sur lesquels ou a gravé les dessins que l'on veut reproduire; on trempe la pièce dans le bain de teinture, et on lave à grande eau; la couleur quitte les parties qui n'ont pas reçu le mordant, et ne s'attache qu'à celles où ce mordant est fixé.

Les mordants les plus usités sont l'alun, l'acétate de fer, le chlorhydrate d'étain , la noix de galle. L'alunage de la soie est fait à froid, en laissant cette substance pendant vingt-quatre heures dans l'eau renfermant J^j d'alun. L'alunage delà laine et du coton est fait à chaud : Falun est dissous dans l'eau chaude, et l'on fait bouillir dans le bain le fil ou tissa sur lequel on veut appliquer la couleur ; les étoffes alunées sont ensuite plongées dans le bain de teinture ; elles restent dans ce bain pendant un temps et à une température qui varient avec la nature de la couleur, on les lave ensuite à grande eau et on les fait sécher.

DES HÂTIÈRES COLORANTES. 415

lenr est solide, résiste à tous les agents, excepté au chlore et àPacide azotique; elle est fixée sur les lils et sur les étoffes, soit parle procédé dit à la cuve, soit, sous le nom de bleu de Saxe, en employant le sulfate d'indigo. On sait que cette dernière teinture est moins stable que la précédente.

L'indigo a été tourmenté par plusieurs chimistes, et les produits divers obtenus sont très- nombreux; nous citerons seulement les principaux composés donnés par l'action des «ddes sulfurique et azotique.

Adde sulfindj/lique , ou sulfate (Tindigo, ou bleu en li- 5««ir.— Comp. :C3» H» Az^ OS S'0«+H'0^ L'indigo s'unit à l'acide sulfurique fumant ou à l'huile de vitriol, lorsqu'il est chauffé avec cet acide dans la proportion de i à 8 ; on obtient une masse demi-fluide qui, aissoute dans une grande quantité d'eau, donne une liqueur limpide bleue intense : si on prépare d'abord le sulfindylate de potasse en faisant agir le nleu en liqueur sur Tacétatc de potasse, et si on sépare ensuite la potasse en employant l'alcool, on obtient, d'après M. Dumas, l'acide sulfindylique pur et hydraté dont la composition est celle que nous avons indiquée.

Acide sulfopurpurique. — Cet acide est le résidu qu'on obtient en filtrant le bleu en liqueur obtenu par l'action de 8 parties d'acide sulfurique sur l partie d'indigo ; ce résidu pmifié et séché à 200^ parait être isomère avec l'isaline aont nous parlons plus loin.

Adde anilique ou indigotique. — Comp. : C*® H® Az' 0^

B*0'. Cet acide, en cristaux prismatiques, fusibles, volatils, peu solubles, est obtenu en dissolvant l'indigo dans l'acide Colique très-faible.

Adde picrique ou carbazotique. — Comp. : C^Ml^Az*^0'^ 4-H*0\ Cet acide est en cristaux jaunes, amers, fusibles, Volatils; il est produit par l'action de Tacide azotique sur le composé qui précède -. selon M. Piria , le même acide est obtenu lorsque l'on traité l'hydiure de salicyl, l'acide salicylique, etc., etc., par l'acide azotique.

I satine, — Comp. : C^" H'° Az' 0^ Ce composé est en cristaux rouee-oraneés ; on le prépare en soumettant à l'ébulli-

416 GHIXIE ORGANIOUE.

Chlonsatine et bichlorisatine. — Comp. : C' (H«Ch')Àf O* et C^'iH^Ch^) Az'O*; sont des exemples de la sobstitation du chlore à l'hydrogène.

Acidn isntinique.— Comp. : C^^H^°Az'0* + H'0'. Si on traite l'isatine par la potasse, on transforme ce composé ea un acide qui serait Tisatine ayant solidifié un éq. d'eau.

Des TEiNiuREs ROUGES. — Lcs matières colorantes employées sont :

1® Cochenille; insecte {coccus cacti), qui vit au Mexique et se nourrit des feuilles de diverses variétés de cactus : de la cochenille on extrait le carmin , qui est la plus belle couleur rouge. On sait que le carmin est une espèce de laoue, obtenue en traitant une décoction de cochenille par ae Talan bien exempt de fer; mais il reste encore à apprendre des fabricants le procédé que Ton doit suivre pour que la coaleur ait ce grand degré de beauté qui en fait la valeur. Le carmin du commerce contient souvent du cinabre (sulfure rouge de mercure); mais la fraude est facile à reconnaître, car le carmin doit se dissoudre dans Fammoniaque en ne laissant qu'un très-faible résidu d'alumine.

2^ Les matières colorantes de la laque en bâton, de la laque en grains. La première de ces substances coule, sous forme d'un liquide laiteux , des piqûres faites par un petit insecte coccus-ficus sur les rameaux et sur les branches du ficus indica, du ficus religiosa, etc., etc. La deuxième substance est formée par les grains que l'on a séparés de la première.

3" La garance (rubia tinctorum). Cette racine est employée aujourd'hui en très-grande quantité, elle donne une teinte rouge dont le ton chaud est remarquable ; elle contient la garance pourpre , la garance rouge ou a/isan'ne, et enfin , des matières colorantes , orangée , jaune et bnine.

4^ Le bois de Brésil ( cœsalpina crista), qui donne la bré' ziline , matière colorante qui cristallise sons forme de prismes qui virent au jaune par l'action des acides, et au bleuviolet par l'action des alcalis.

5° Le bois de Campêche (hœmatoxilum campechianum}, dont la matière colorante hématine est souvent si abondante que le bois lui-même la présente à l'état cristallin.

6^ Les fleurs de carthame (carlhamus tinctorius) , qui contienùent deuxco\i\e\wcs*.Y\xa^,\«xwi^,^x ^VaSAa.dans

DES PRINCIPES ORGAIflQUES INDIFFÉRENTS. 417

l'eni; Tantre, d'un beau rouge fugace, (carthamine) est in- Boloble dans l'eau mais soluble dans les liqueurs alcalines.

7^ La teinture de tournesol, que son exquise sensibilité au contact des acides ou des alcalis rend si précieuse pour le ^imiste : le tournesol du commerce est en masses cubiques. Cette matière a été examinée par plusieurs chimistes , et le Bombre de substances particulières qu'elle contient est cou- ■idérable; nous citerons seulement Vazolitmique, Comp. : C* H*" Az* 0'° , qui est la partie principale que renferme la ■olntioQ de touruesol, lorsque ce liquide a été obtenu en mettant en digestion de l'eau bouillante sur des pains de toarnesol réduits en poudre fine.

Teintures JAUNES. —On emploie, l^ le chrômatede plomb, S^ le sulfure d'arsenic, 3" Tacide azotique sur soie, 4" la nnde (reseda luteola) , 5^ le quercitron ( quercus nigra) , 1^ le bois jaune (morus tinctoria), 7" le boisdefustet(rhus eotinus) , 8" le terra mérita ( curcuma lou^a ) , etc. , etc.

Teintures moires. — Les fils ou tissus teints en noir solide, ont élé d'abord piedtés en bleu : les noirs sont obtenus par la réaction de l'acide tannique sur un sel de fer (sulfate et jyroljgnitedefer).

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