QUATRIEME SECTION
La science chimique nous a donné des résultats clairs et précis, dans Pétude des corps de la nature morte; imoins puissante dans Pexamen des corps organiques , elle noas a cependant éclairés sur les phénomènes que présentent ces derniers corps, soit entre eux, soit dans leurs réactions sur les matières inorganiques ; ces deux rôles sont assez beaux , et l'on veut à tort donner à cette science un troisième rôle exclusif qu'elle n'est point appelée à remplir. Laissant de côté toute la physiologie , quelques chimistes prétendent appliquer les lois chimiques à tous les phénomènes de l'organisme; certes, le physiologiste peut trouver dans la chimie des inductions utiles qui facilitent son travail , mais le chimiste doit suivre et non précéder le physiologiste; le système contraire jette peu de clarté, et fait naître des notions étranges sur ce problème déjà si obscur qu'on appelle la vie. Que se passe-t-il alors en effet? Dominés par une logique inflexible, par des conséquences déduites de princi|)es trèsdoutoux, ces expériences de laboratoires nous font descendre au-dessous de la plus humble plante : celle-ci active, puissante, élabore les diverses parties matérielles nécessaires à notre existence , tandis que nous-mêmes , ouvriers de la douzième heure, nous arrivons pour recueilhr les fruits de ce travail ; nous sommes seulement un ensemble de canaux , dans lesquels se précipileûX \es ?>\î!ù?\»xiû^'à iQUûfeRR» ^^ l'or-
anisme végétal. Ainsi, rintelligence serait notre partage xclusif, et nos principaux centres d'organisation, ces serviîars de cette intelligence, ces organes dont le jeu si varié si toujours admirable, tous seraient créés pour remplir des )nctions inl'érieures à celles de ces vases inertes qui meulent nos laboratoires! Cette opinion est peut-être vraie, lais elle est peu problable.
Des faits nombreux, pertinents , pourraient seuls affaiblir es idées primitives de supériorité, qui prennent leur cause on dans notre orgueil , mais dans les notions ordinaires du on sens et de la raison. Quelques essais plus ou moins spéieux ont été tentés dans cette nouvelle direction, et ces ssais ont paru se plier à ce système préconçu : on a trouvé ans les animaux les mêmes principes organisés qui carac- ^sentles plantes; or, ces analyses organiaues sont-elles ieu exactes? et ceux qui connaissent les difucultés qu'elles résentent apprécieront notre doute. Admettons cette exacitade : cette concession faite , sera-t-il démontré que les lantes élaborent tout, et que nous sommes seuls dans le ;rand travail reproducteur? On ajoute, il est vrai, que les nantîtes retrouvées dans l'animal sont à peu près égales à elles que contenaient les végétaux alimentaires ; une apfX)ximation n'est pas de mise dans une question aussi déliate, et une égalité accidentelle constatée serait insuffisante , le pourrait faire loi, car, à côté de ce fait, viendraient se ilacer d'autres faits contradictoires bien connus: des abeilles loorries longtemps avec du sucre pur fournissent de la cire ; ânsi, l'animal serait un agent producteur; le rachitique en roie de guérison , consolide s;i cnarpente osseuse, et la surawndance des sels calcaires déposés ne parait pas due à un nouveau régime alimentaire ; le phosphore notable contenu lans les organes de notre système nerveux offre une comnnaison particulière (acide oléophosphorique) , qui est sans inalogie avec les faibles traces de composés phosphoriques lœ contiennent les végétaux , etc. , etc. Ce dernier fait offre Due grande importance -, il constate que les plantes ne peu- ^eot fournir à l'animal ces principes d'une organisation sujfWeure qui constituent le cerveau , la moelle épinière et «uerls.
. Les ]|ioti& précédents ne sont pas les sewls cfOkfcWwy&^wsx- ^^'^àterpourjustiûer notre doute \ saws ^feiifexx^^ ^^\is»Vs»
422 CHIMIE ORtiÀKIQUE.
profondeurs inconnues (le l organisme, sans sortir du cadre ()ui nous est tracé, nous pourrions rappeler les modifications que subissent souvent les lois ordinaires physiques oucbimi- (jues, lorsque l'on veut appliquer ces lois à Faction vitale: l'alcool, dira le physicien, ralenlit Técoulement de l'eau dans les tubes capillaires; les spiritueux, dira le physiologiste , a('ti\ent la circulation dans les canaux organiaues : la plante décompose facilement Tacide carbonique, etlemétDe acide résiste , à froid , aux agents chimiques les plus éoergiqut»s. Nous reviendrons sur cette question importante, dus 1 examen des fonctions de la vie nutritive ; constatons seulement ici que, s'il est certain que les matières organiques produites par les végétaux constituent la nourriture prioci|)ale des animaux; il est également certain que l'animal n'est pas dépourvu de ces forces catalytiques dont nous avons parlé dans les affinités par infiuence; forces créées par des matières analogues aux feiments, et qui jouent un si grand rôle dans toutes les transformations qu'éprouvent les principes azot^ du règne organique. Nous ajouterons que , si fon doit examiner et même étudier avec soin ces travaux, toujoui*s importants, dont le but est d'éclairer cette belle question vitale dont le secret nous échap{)e, on doit aussi apporter une grande réserve dans radoptionde ces similitudes complètes que des esprits, trop hardis peolélre, veulent établir entre les actions organiques et les actions chimiques ordinaires. Cette loi , impérieuse pour tooSi a(»quiort un nouveau degré d'autorité sur celui qui écrit un traité élémentaire, et nous lui obéirons pleinement dans l'exposé i|ui va suivre : nous tracerons rapidement rhisloire des principaux composés particuliei*s qui entrent dans ks liquides ou dans les solides animaux , et nous donnerons en* suite un aperçu des métamorphoses, sinon certaines, do moins probables, par lesquelles passent ces composés dans cette rotation éternelle dont l'ensemble embrasse toutes les foQctions de la vie nutritive.
DIS UOVIDES ÀNOUtX. 423