TARTRATE
On n’a pas encore expliqué d’une manière satisfaisante la réaction qui a lieu entre la crème de tartre et l’acide borique.
Tartrate de potasse et de soude (composition incertaine). En saturant avec de la soude l’excès d’acide de la crème de tartre , on forme un sel double qui cristallise en gros prismes réguliers, à huit pans à peu près égaux , d’une saveur amère , et solubles dans environ cinq parties d’eau froide. Ce sel est compose , suivant Yauquelin ,de54 parties de tartrate de potasse et de 46 de tartrate de soude. Il jouissait autrefois d’une grande réputation, comme purgatif, sous le nom de sel de La Rochelle ou de sel de Scignettc.
Tartrate de potasse et d’ammoniaque. L’ammoniaque forme aussi avec le tartrate de potasse un sel double , dont la dissolution donne , par le refroidissement, des cristaux prismatiques ou pyramidaux qui sont déliquescens ; quoique les sels neutres dont il se compose soient d’une saveur amère , il en a une franche et sans amertume.
Tartrate de potasse et de fer. Appelé aussi tartre martial , tartre chalybé. On peut l’obtenir de deux manières i° en faisant bouillir jusqu’à dissolution complète trois parties de crème de tartre, deux de rognures de fer et quarante-six d’eau , évaporant et filtrant ; les cristaux se déposent par le refroidissement ; 2° en faisant une pâle composée de crème de tartre en poudre, de limaille de fer et d’un peu d’eau ; ce mélange est abandonné à lui-même pendant quinze jours, le 1er s’oxide et sature l’acide libre de la crème de tartre : on peut alors pétrir la masse et en- former des boules dites de Nanci. Ces boules dissoutes dans l’eau , constituent l’eau de boule que les médecins emploient comme tonique et vulnéraire.
Tartrate de potasse et d’antimoine (composition incertaine). Appelé aussi tartre émclique, émétique, tartre stibié. Ce sel est un médicament héroïque ; il est incolore, sous forme de tétraèdres ou d’octaèdres
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transparens; il rougit la teinture de tournesol ; sa saveur est nauséabonde; exposé à l’air , il s’effleurit lentement : l’eau bouillante en dissout la moitié de son poids, et l’eau froide un quinzième. La décoction de plusieurs variétés de plantes amères et astringentes décompose le tartre émétique et détermine un précipité plus ou moins jaunâtre , qui se compose toujours d’oxide d’antimoine combiné avec la matière végétale et la crème de tartre. Lorsque le tartre émétique est exposé à une chaleur rouge , il noircit d’abord, se décompose et donne un résidu d’antimoine métallique et de sous-carbonate de potasse : on peut aisément le reconnaître à ce caractère ainsi qu’au précipité rougeâtre qu’il produit avec les hydrosulfates sulfurés; ce précipité séché sur un filtre et calciné avec du flux noir donne un bouton d’antimoine métallique. Ce sel, pris à petites doses, agit comme vomitif, mais si on augmente la quantité il devient un véritable poison : les meilleurs antidotes sont les boissons émollientes, l’infusion de quinquina, de thé, l’eau imprégnée d’acide hydrosulfurique ; ce dernier convertit ce sd si actif en un hydrosulfate qui l’est beaucoup moins; on administre ensuite des remèdes anodins.
Le meilleur procédé pour préparer l’émétique est sans contredit celui qu’indique le Codex français : on commence avant tout par former du sous-sulfate d’antimoine ; on le met en digestion avec partie égale de crème db tartre, tous deux réduits en poudre, dans douze fois son poids d’eau bouillante : on évapore jusqu’à ce que le liquide ait acquis une densité de 1,101 , on le filtre à chaud ; il refroidit bientôt et dépose des cristaux de tartre double. On pourrait craindre d’obtenir par ce procédé un mélange de sulfate de potasse et peut-être de sulfate de potasse et d’antimoine , mais cela n’a pas lieu , car les cristaux sont parfaitement blancs et purs.