‹ Traité élémentaire de chimie, etcChapitre 149 sur 162 · NUTRITION · texte numérisé non relu

NUTRITION

dans l’espoir que la chimie offrirait quelques lumières sur ce genre de phénomènes; ce sont en effet les fonctions qui ont été particulièrement étudiées, et j’essaierai de tracer en peu de mots un aperçu des travaux entrepris sur cette partie.

De la Nutrition.

Les principes nutritifs sont en très grand nombre; on distingue particulièrement : i° dans les principes végétaux, les fécules amylacées, les sucres, les gommes; 2° dans les principes animaux, la gélatine, l’albumine, e,tc., etc. : il existe enfin parmi lescorps plusieurs substances qui, loin d’entretenir la vie, la détruisent ; on les connaît sous le nom de poisons. C’est au médecin légiste qu’il appartient d’étudier leur action sur l’économie animale.

Presque tous les animaux quadrupèdes ou oiseaux s’approprient un genre particulier de substances nutritives : les uns se nourrissent exclusivement de véeétaux et sont appelés herbivores ; d’autres se nourrissent exclusivement de chair musculaire et portent le nom de carnivores . L’homme est herbivore et carnivore : cette faculté qui augmente le nombre de ses moyens d’existence se retrouve chez plusieurs animaux. La nourriture de l’homme se compose de chair musculaire, de graines céréales et d’une grande variété de fruits.

Quel que soit le mode de nutrition de l’animal , l’aliment est introduit dans la cavité buccale , est réduit en une bouillie pulpeuse à l’aide des dents et de la salive chez l’homme et chez plusieurs animaux, et par des méthodes différentes chez d’autres. Cette pulpe passe dans l’œsophage, et descend dans l’estomac par un mouvement particulier que les physiologistes appellent péristaltique : elle est convertie, dans cet organe, en une matière molle qui ne ressemble plus à l’aliment : 011 a donné à cette matière le nom de chyme.

Quelle est l’action qui a lieu dans la transformation

4© 8 Nutrition.

de l’aliment en chyme? par quel mécanisme, ou par quel agent s’opère cette conversion? Plusieurs hypothèses se sont succédées : selon les unes cette conversion est due à l’action mécanique de l’estomac; selou d’autres à une espèce de fermentation , à l’action dissolvante d’un suc particulier. Toutes ces hypothèses n’ont pu soutenir l’examen : i° l’estomac n’agit pas mécaniquement : dans cette supposition le chymeserait l’aliment parfaitement broyé, sans altération, et semblable à la masse pâteuse que l’on obtiendrait par la trituration faite hors du corps du même aliment ; 2° l’espèce de fermentation que l’on a voulu admettre ne peut être établie comme cause de la production du chyme. D’ailleurs, dire que les alimens subissent une fermentation particulière et se convertissent en chyme, ce n’est pas résoudre mais bien reculer la difficulté; car il s’agira de reconnaître quelle peut être la nature de cette fermentation; 3° l’opinion qui admet l’action d’un liquide dissolvant (suc gastrique) a pour elle de grandes autorités : il suffit! de citer Réaumur et Spallanzani , et cependant ces savans ont à peine constaté que la formation du chyme est due à l’action d’un liquide. Si l’on met des alimens dans des tubes exactement fermés, ces substances introduites dans l’estomac n’éprouvent que les changemers qu’elles auraient subis hors du corps à la même température ; mais si les tubes sont percés de petits trous , les alimens se convertissent en chyme. Quel est ce suc gastrique? personne ne l’a vu, puisque les uns l’ont trouvé acide, tandis que d’autres ont assuré qu’il ne l’était pas; il ne paraît pas même que le suc gastrique de Spallanzani ait la propriété de dissoudre les alimens; i' se putréfie rapidement ainsi que les corps qui y sont plongés. Nous ne connaissons donc pas l’action par laquelle 1 aliment se transforme en chyme : cette cause est aussi inconnue que l’action vitale elle-mcme.

Le chyme passe dans le duodénum, reçoit par le canal cholédoque la bile et le suc pancréatique. Ces

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