NUTRITION
substances mélangées réagissent chimiquement sur le chyme et le convertissent en deux composés très différens, le chyle et la matière excrémentielle.
Plusieurs savans prétendent que la bile est nécessaire pour séparer le chyle des matières fécales. Cette opinion qui est celle de Fourcroy paraît assez probable ; ce chimiste suppose que la bile s’unit à la matière fécale , et qu’elle est indispensable pour opérer sa séparation du chyle. Cette opinion paraît confirmée par les expériences de Berzélius, qui assure avoir trouvé les principes constituans de la bile dans les matières excrémentielles. Cependant des observations médicales constatent que des individus chez lesquels les canaux biliaires étaient obstrués ont vécu long-temps dans cet étal.
Le chyle est absorbé par une série de suçoirs appelés chylifères. Il est conduit dans un gros vaisseau (canal thoracique) où il reçoit la lymphe qui est amenée dans le même canal par les vaisseaux lymphatiques. La nature chimique de la lymphe est inconnue; les uns admettent qu’elle contient de l’albumine , d’autres assurent le contraire. Dans l’homme et dans beaucoup d’autres animaux, le canal thoracique s’abouche à la jonction des veines sous-clavière et carotide gauches : le chyle et la lymphe sont directement versés dans le sang , conduits au cœur et passent ensuite dans les poumons où ils éprouvent les changemens produits par l’acte respiratoire, phénomènes dont l’ensemble constitue la respiration.
De la Respiration.
La respiration est l’acte par lequel tout animal expire ou inspire une certaine quantité d’air atmosphérique : cet acte d’une nécessité indispensable , commence et finit avec l’animal , car s’il est suspendu quelque temps, l’animal est aspliixié et succombe. Cette asphixie peut arriver de six manières différentes :
/, i O RESPIRATION.
i° si l’animal est plongé clans le vide; 2° s’il inspire un gaz impropre à la respiration; 3° s’il est dans l’eau ; 4° par une opposition mécanique à l’introduction de l’air dans les poumons ; 5° si l’on a supprimé la respiration par la coupe des nerfs qui portent le sentiment à cette fonction ; 6° par la suppression des puissances musculaires elles-mêmes.
L’air atmosphérique est le seul gaz qui puisse être inspiré continuellement : l’oxigène produit une chaleur trop intense; les gaz impropres à la respiration sont de deux espèces; i° les gaz délétères qui tuent à la manière des poisons ; 2° les gaz nou délétères qui n’ont aucune propriété vénéneuse, mais qui sont un obstacle mécanique à l’introduction de i’uir dans les organes respiratoires : tels sont l’hydrogène, l’azote, le protoxide d’azote, l’hydrogène carboné et l’oxide de carbone.
L’acte respiratoire chez l’homme et chez les animaux des classes supérieures s’opère par un mécanisme semblable : celte partie est très intéressante , et nous l’examinerons plus particulièrement en signalant autant que possible les différences qu’offre le même phénomène chez les animaux des classes inférieures.
La respiration s’exécute en dilatant la cavité thoracique par un mouvement particulier des muscles des cotes et du diaphragme : la surface du poumon reste appliquée aux parois de la cavité ; il y a vide produit , l’air entre dans le poumon , inspiration ; et par le rétablissement de la poitrine à son volume primitif l’air est chassé, expiration. Dans les oiseaux il n’y a pas de diaphragme : l’agrandissement s’opère par les muscles des côtes etde l’abdomen ; chez d’autres animaux il n’y a pas de poitrine, mais un mécanisme analogue a celui de la déglutition.
Les expériences du docteur Mcnzies paraissent démontrer qu’on s’écarte peu de la vérité en admettant que les poumons contiennent 4>588 décimètres cubes; qu’ils sedilatcut ou se contractent de 656 centimètres
RESPIRATION. A 1 i
cubes , et que conséquemment il entre ou il sort 656 centimètres cubes d’air : si l’on suppose ensuite que l’homme fait, terme moyen , 20 inspirations par minute, on aura pour l’air entré ou sorti :
Par minute, i3,i20 décimètres cubes.
Par heure, 787,200 idem.
En 24 heures, 19 mètres cubes, ou environ 24 kil .
Lorsque l’air entré dans les poumons en est expiré ou reconnaît qu’il est dépouillé d’une portion de son uxigène ; plusieurs chimistes, Lavoisier, le docteur Menzies, Davy, ont fait des essais pour connaître la dose d’oxigène absorbé. Le premier terminait ses expériencessurcette partie lorsqu’il fut traîné à l’échafaud dans la tourmente révolutionnaire : les résultats qu’il obtint coïncidant avec ceux de Davy, me paraissent mériter toute confiance : il a calculé qu’un homme absorbe par inspiration 25,9 centimètres cubes d’oxigène, ce qui donne :
Par minute, 5 18 centimètres cubes.
Par heure, 3 r décimètres cubes.
En 24 heures, environ 745 décimètres cubes.
Or l’oxigène forme les 0,21 de l’air atmosphérique; conséquemment un homme détruit en un jour ou rend irrespirable.
745,928-) — —=3,552 mètres cubes.
La quantité d’oxigène absorbé par les animaux à sang froid et particulièrement les poissons esc infiniment moins considérable: il résulte des expériences de MM. de Humboldt et Provençal que :
3 mars. Une tanche absorba en 1 h. 0,362 cent. cub. d’ox.
11 mars. Une tanche absorba en x h. j,ii3 cent. cnb. d’ox.