RESPIRATION
Le rapport avec l’homme est dans le premier cas de 3 iooo à 0,362 ou celui de 80000 à 1 , et dans le deuxième cas de 3oooo à 1 : on peut donc prendre terme moyen 5oooo , c’est-à-dire qu’un homme consomme 5oooo fois plus d’oxigène qu’une tanche dans un temps donné.
L’air expiré des poumons a perdu une partie de son oxigène, et contient une certaine quantité d’acide carbonique , ce dont 011 peut s’assurer en recevant le gaz expiré dans de l’eau de chaux ou de barite : les proportions chimiques nous démontrent qu’un litre d’oxigène forme rigoureusement un litre d’acide carbonique , et si les 5i8 centimètres d’oxigène absorbés par m inute étaient remplacés par 5i 8 centimètres d’acide carbonique, l’acte respiratoire serait expliqué ; il aurait pour but d’enlever du carbone au sang , et ce carbone se serait uni à l’oxigène disparu pour former l’acide carbonique dégagé : malheureusement les expériences ne sont pas concluantes. Le docteur Menzies , Craxv— furd , Thomson , Davy , admettent l’égalité des volumes , bien qu’elle ne résulte pas rigoureusement de leurs expériences ; Lavoisier trouva que le rapport entre l’oxigène absorbé et l’acide carbonique dégagé était de 20 ài6,5 ou de 20 à 1^,3. La question est donc indécise et le devientd’autant plus que les changemens qu’éprouve le sang dans l’acte respiratoire s’explique facilement dans les deux hypothèses.
Le sang quia reçu l’action de l’air dans les poumons éprouve les changemens suivans : i° il acquiert une couleur rouge plus vive et le chyle disparaît ; 2“ il perd une partie de son carbone. Ceux qui admettent l'égalité des volumes reconnaissent comme seule aclion que le carbone enleve au sang s est converti en acide carbonique ; ceux au contraire qui nient cette égalité admettent également la formation d’acide carbonique , et supposent que l’oxigène absorbé en excès brûle une partie d’hydrogène du sang et forme de l’eau.
L’air expiré des poumons contient une proportioi
RESPIRATION. à i S
notable Je vapeurs aqueuses, et cet effet se remarque particulièrement Jans les temps froids ; la vapeur qui existe dans l’air expiré est frappée par l’air froid, ne peut conserver son état de fluide elaslique et retombe sous forme de vésicules visibles : cette eau est un résultat de la transpiration pulmonaire ; la quantité que l’homme en émet dans un temps donné est assez variable; cependant on peut reconnaître avec Ilales, Lavoisier et Thomson, que cette quantité est de 5go à 63 o grammes par jour.
La constance de température de l’homme et des animaux est un fait très remarquable: le corps de l’homme se maintient à 37° dans les zones glaciales aussi bien que dans la zone torride , c’est-à-dire à une variation de température dc-4o° à -f 5o° : la cause de ce phénomène paraît intimement liée à la respiration ; les animaux qui ne respirent pas ont une température de très peu supérieure à celle du milieu où ils vivent : tels sont les poissons et plusieurs insectes; tandis que les ciseaux qui respirent proportionnellement plus d’air que l’homme ont une température uniforme de 3q à 4(>°. Cette constance de température n’est pas facile à expliquer ; elle paraît due à une portion de calorique latent , qui par l’effet de l’acte respiratoire passe à l’état sensible. Je ne rappellerai pas les travaux de MM. Edward , Chaussât , Brodie , Delaroche, Bérard et Despretz , sur celte question: je remarquerai seulement: i° que si l’animal à sang chaud est plongé dans un air plus chaud que lui , sa transpiration pulmonaire et cutanée augmentant considérablement , la vaporisation produite peut compenser l’excès de chaleur qu’il reçoit ; 2° que s’il est dans un atmosphère froid , l’air inspiré étant plus dense , développe probablement plus de chaleur dans la circulation, et peut établir la même compensation.