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VÉGÉTATION

gène pur, ou l’air atmosphérique, par l’oxigènc qu’il contient , est la troisième condition indispensable à la germination : sans le contact de l’air les graines humides pourrissent peu à peu : l’air, par son oxigèrie, enlève à la graine une partie du carbone qu’elle contient et le tranforme en gaz acide carbonique : le résultat de cette réaction sur l’albumen est de rendre ce dernier sucré et capable de servir d’aliment a la jeune plante. Il faut donc éviter que les graines soient dans de l’eau privée d’air, ou trop enfoncées dans la terre : c’est par suite de ce besoin d’oxigène que les terrains argileux très compacts qui ne permettent pas le libre accès à l’air extérieur sont impropres à la végétation.

La lumière nuit à la germination par l’élévation de température qu’elle détermine. Le sol n’agit qu’en transmettant la chaleur, l’eau et l’air qu’il renferme: aussi les graines lèvent-elles aussi bien sur une éponge humide que dans la terre. Lorsque la graine s’est développée , qu’elle a jeté des racines , poussé une tige , la plante se nourrit au moyen des pouvoirs absorbans de la racine et des feuilles : la première puise dans le sol : i° l’eau qui est nécessaire à la plante , non seulement pour dissoudre et charrier les principes nutritifs, mais encore pour aider à son accroissement en luT cédant son oxigène et sou hydrogène; 20 les sels solubles que la terre contient ; 3° Ses sels et matières insolubles , tels que le soufre , la silice., le manganèse , le fer, l’alumine, des phosphates, carbonates qui se retrouvent dans les cendres de la plante brûlée ; 4° entre différens sucs fournis par les engrais.

Les feuilles et la tige, lorsqu’elles sont frappées par les rayons solaires, absorbent l’acide carbonique de l’air, le décomposent , s’emparent de son carbone , d’une petite quantité d’oxigène, et dégagent le reste : pendant la nuit, au contraire, ou lorsqu’elles souffrent, les plantes exhalent de l’acide carbonique en s’appropriant l’oxigène de l’air et le combinant avec le carbone qu’elles renferment. La quantité ù’acide carbonique

l'jG ANALYSE ÉLÉMENTAIRE,

absorbée dansle premier cas est toutefois bien supérieure à celle de ce gaz qui est dégagée dans le second, et cette absorption est une des causes auxquelles doivent être attribués le renouvellement et la purification de l’air.

Une atmosphère composée d’acide carbonique pur ferait promptement périr la plante que l’on y mettrait. L’azote à l’état de gaz n’est jamais absorbé par les plantes; qu’il soit pur, mélangé à l’oxigène ou au gaz acide carbonique , il est également sans action sur elles.

Les feuilles enfin pompent les vapeurs aqueuses que l’air tient toujours en suspension et suppléent par là à l’impossibilité où sont les racines d^ puiser l’eau nécessaire dans un sol desséché : lorsqu’au contraire le sol est trop humide , c’est par les parties vertes de la plante que s’exhale l’excès d’humidité.

2e SECTION.

De V Analyse élémentaire.

Toute substance végétale, placée dans une cornue de grès , soumise à une haute température , et qui éprouve une combustion parfaite , ne peut donner que de l’eau et de l’acide carbonique : ce résultat est une conséquence de nos remarques sur la nature des élémens qui forment les végétaux. Lorsque la combustion n’est pas complète , il pourra se dégager des composés ternaires : ainsi un végétal soumis à la distillation donne une eau de plus en plus chargée d’une matière noire ( huile empyreumatique ) , un acide (acide acétique), de l’acide carbonique , de l’hydrogène carboné, de l’oxidc de carbone : on pourra meme obtenir un charbon qui brûle à l’air cl laisse pour résidu les cendres ou la partie solide du végétal.

Les proportions d’oxigène, d'hydrogène et de chaibon, qui constituent les végétaux , sont quelquefois

importantes à connaître ; tel est le but de l’analyse élémentaire: or, toute substance végétale est combustible ; conséquemment le même mode d’analyse est applicable à tous les végétaux , et puisque cette analyse prouve que jamais aucun d’eux ne renferme assez d’oxigène pour transformer son hydrogène en eau et son carbone en acide carbonique, il suffira d’opérer une combustion complète en ajoutant la dose d’oxigène qui est nécessaire pour l’effectuer , ce que l’ou reconnaîtra lorsque les gaz dégagés après la combustion ne seront plus inflammables : cette dose déterminée , on en conclura facilement quelles sont les proportions des trois élémens.

La solution de ce problème peut s’obtenir par quatre méthodes :-dans la première, due à MM. Gay-Lussac et Thénard, l’oxigène est fourni parle chlorate de potasse ; dans la deuxième , due à M. Gay-Lussac , le deutoxide de cuivre donne ce comburant ; la troisième appartient à M. Berzélius , et le corps destiné à céder son oxigène est l’oxide de plomb ; la quatrième enfin , dont s’est servi T. de Saussure, consiste à placer la substance à analyser dans un tube contenant de l’oxigène pur. Je me contenterai d’expliquer rapidement la première ( Méthode de MM. Thénard et Gay-Lussac). L’appareil employé par ces savans est très simple : un tube allongé , dont l’extrémité inférieure est chauffée au rouge , reçoit un piston qui permet l’introduction du corps à analyser ; ce dernier est en boulette, formée de la matière végétale , réduite en poudre, mêlée au chlorate et desséchée à la température de l’eau bouillante. On doit connaître « priori: i° combien la substance à analyser contient de corps étrangers : il suffit d: 'incinérer dans un creuset de platine une quantité donnée de la substance ; 2° la quantité d’oxigèue que dégage un poids déterminé de chlorate de potasse : or , ce sel est formé ( échelle synoptique ) de 7G d’acide chlorique et de 48 de potasse ; donc 76 et 48 , ou 12.4 de chlorate de potasse donnent 40 et 8 , ou 48 d’oxi-

gène, et conséquemment ioo de chlorate fournissent 38,71 d’oxigène ; 3° la dose de chlorate que l’on doit ajouter pour opérer une combustion complète: on y parvient facilement en augmentant la dose essayée jusqu’à ce que le gaz recueilli ne soit plus inflammable. Les matières mélangées se décomposent à la chaleur , et les gaz dégagés sont recueillis sur le mercure : la quantité de carbone est évaluée d’après la quantité d’acide carbonique obtenu et d’après l’hydrogène carboné , s’d s’en est formé : la quantité d’hydrogène se déduit de celle de l’eau et de l’hydrogène carboné ; celle de l’oxigène de ce qu’il a fallu pour brûler l’hydrogène, et le carbone de ce qui reste en excès. Quelques exemples développeront mieux les principes qui servent de base à ces opérations.

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