‹ Traité élémentaire de chimie organiqueChapitre 101 sur 402 · LIVRE IV. — CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

LIVRE IV. — CHAPITRE VIII

SÉRIE CAMPIIENIQUE.

§ i. — o* groupe. C-nrtoures tétraïucreii : (C'on»/'' ou C^oiP^.

Ce groupe comprend divers carbures artificiels, tels que le metatérébentliènc, carbure obtenu en modifiant l'essence de térébenthine par la chaleur; le ditérébène, obtenu sous l'influence du fluorure de bore, etc. Ce sont dos liquides visqueux, dont la densité est voisine de 0,94 et le point d'ébullition situé vers 400".

§ 5. — groupe. Carbures polymères : (C^H^j".

L'essence de térébenthine, traitée par l'acide sulfurique, fournit en certaine proportion des carbures encore plus condensés que les précédents, moins volatils, amorphes, solides et résineux. Ce qui donne à ces carbures un intérêt spécial, c'est la relation qui existe entre leur composition et celle du caoutchouc et de la gutta-percha. En eflet, les deux produits naturels que je viens de nommer, pris dans leur état primitif et tels qu'ils sont contenus dans les sucs végétaux, avant toute réaction de l'air ou de la lumière , paraissent être constitués principalement par des carbures multiples de la formule C'^H^.

> Ces carbures sont solides, amorphes, résineux. Le carbure de la gutta-percha possède le pouvoir rotatoire. Les acides énergiques et les chlorures acides les modifient molécalairement, de même que le térében thène, et cette modification paraît jouer un certain rôle dans la vulcanisation du caoutchouc.

Soumis à l'action de la chaleur du rouge sombre, ces carbures polymères sont décomposés et reproduisent en certaine proportion des carbures moins condensés, tels que le carbure monomère, générateur primitif, C^"H% corps volatil vers 40°, et un carbure dimère, G-°H^®, désigné sous le nom de caoutchine, etc.

Enfin, sous l'influence de l'oxygène de l'air, les carbures polymères s'oxydent lentement, en se changeant en produits résineux. C'est le mélange de semblables produits oxydés avec les carbures primitifs qui constitue le caoutchouc et la gutta-percha du commerce.

§ 6.— Térébenthène : C^OH'^.

\. Parmi ces nombreux carbures, nous choisirons pour type le térébenthène, qui forme la principale portion de l'essence de térébenhine, et nous en retracerons l'histoire avec quelque détail.

§ 6. — TÉUKBENTHÈNK. i'n

2. Préparution. — Le tcrcbenthoiie se préparc an moyen de latérébenlliine.

L-à térébenthine est un suc résineux, produit par diverses espèces de pins. Elle s'écoule par des incisions pratiquées au tronc de l'arbre, dont ou a enlevé préalablement une partie de l'écorce. Le suc se rassemble dans des trous placés au pied de l'arbre. On distingue :

1" L'essence de térébenthine française, extraite du suc du pinns maritima ;

2° L'essence américaine, extraite du suc du pinus aiistralis. Les carbures de ces deux essences ne sont pas identiques ;

3" L'essence allemande, extraite du suc des pinus sr/lvesttns,nigra. abies;

4° L'essence de la térébenthine de Venise, extraite du Im^ix curopxa (mélèze) ;

o" L'essence suisse, extraite des pommes provenant du pinus pumilio, etc.

Chaque espèce végétale produit un carbure distinct et défini. Le térébentliènc répond an pinus maritima\ Vaustralène au pinm amtrulis, etc.

Pour extraire l'essence térébenthine. on peut soumettre à l'action directe de la chaleur le jus résineux et recueillir à part les parties les plus volatiles. Mais le produit ainsi obtenu est fort impur et en partie altéré. Dans l'industrie on distille à une température plus basse, en entraînant l'essence au moyen de la vapeur d'eau. Mais ce procédé ne fournit pas encore un produit absolument inaltéré, à cause de Faction modificatrice que les acides résineux exercent sur l'essence pendant la distillation.

Pour obtenir l'essence naturelle tout à fait pure et inaltérée, il faut incorporer la térébenthine brute avec un mélange de carbonate de potasse et de carbonate de chaux, puis distiller la masse dans le vide, en la chauffant seulement au bain marie vers 60 à 80".

En opérant ainsi, on obtient en premier lieu un carbure défini, dont le point d'ébullition est fixe, la densité constante, et le pouvoir rotatoire invariable, dans les portions diverses recueillies séparément pendant le cours de la distillation fractionnée.

Au contraire, l'essence du commerce est un mélange du carbure précédent avec divers carbures isomères, produits par rinfluence modificatrice de la chaleur et des acides; la distillation fractionnée les met en évidence, mais sans pouvoir les séparer complètement.

3. Propriétés. — Le térébenthène est un liquide incolore, mobile, très-réfringent, doué d'une odeur éthérée et pénétrante. Sa densité est 0,864 à 16«. Il bout à 159". Son pouvoir rotatoire est dirigé

i:U LIVRE IP. — CHAPITRE VllI*. — SÉRIE CAMPHÉNIQUE.

vers la gaucho ,cl égal à — 4^2", 3 (rayon jaune moyen). Le térében- Ihène est insolui)le dans l'eau , miscible avec l'éther et l'alcool absolu; il exige environ 7 parties d'alcool ordinaire pour ôtre dissout. Yoici ses principales réactions.

§ 7. — diction <lc la chaleur. — Isomères.

1. L'essence de térébenthine peut être maintenue en ébuUition sous la pression atmosphérique pendant plusieurs jours, sans être modiliée, pourvu que l'on opère dans une atmosphère exempte d'oxygène. Mais si on la chanile dans des lubes scellés vers 250°, elle se modifie en quelques heures; le térébenthène disparaît complètement et se change en deux carbures nouveaux de môme composition, savoir :

l" UUolérébenthme, G"H'^ liquide doué d'une odeur citronnée, dont la densité égale 0,842 à 16°, et qui bout à 177". 11 possède le pouvoir rotatoire, quoiqu'à un degré moindre que le térébenthène. 11 loi-nic avec l'acide chlorhydrique gazeux un chlorhydrate liquide 3Q5oHi«, 4HC1, tandis que le térébenthène produit un chlorhydrate cristallisé : C-41'^ HCl dans les mômes conditions.

2" Le mêlatérébentlicne, G'*"?P*, liquide visqueux, dont la densité égale 0,91 et qui bout vers ^(00". 11 possède le pouvoir rotatoire. 11 résulte de la modification lente de l'isotérébenthène par la chaleur. ■ 2. Sous rinfluence d'une température plus haute, le térébenthène éprouve une décomposition proprement dite. Vers .300", il dégage lentement de l'hydrogène, en formant du cymène:

.'3. Au rouge vif, la vapeur du térébenthène produit du charbon, de l'hydrogène, de l'acétylène et divers carbures, entre autres les homologues de la benzine et leurs dérivés (p. 9i et lOi).

§ 8. — Action doH cléments.

l. Hydrogène. Sous l'iulluence de l'hydrogène naissant, c'est-à-dire de l'acide iodhydrique à 280*, et suivant la proportion de ce réactif, le térébenthène fournit les carbures suivants :

V Vhydrure de camphène, C^*^H'* :

C«OH'6 + ^P=C2fH'^

liquide bouillantvers 165°; beaucoup plus stable que le térébenthène,

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