‹ Traité élémentaire de chimie organiqueChapitre 106 sur 402 · LIVRE IIK — CHAPITRE 1". — DES ALCOOLS EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

LIVRE IIK — CHAPITRE 1". — DES ALCOOLS EN GÉNÉRAL

oxyde métallique produit avec les mômes acides toute une série de sels.

3. Différences entre les éthers et les sels. — Cependant les alcools ne doivent pas être confondus avec les bases minérales^ pas plus que les éthers ne doivent être confondus avec les sels. Entre les éthers et les sels il existe des diflerences capitales, qui ne permettent pas d'assimiler entièrement les alcools à des bases minérales, ni les éthers à des sels véritables. Ces dilférences se manifestent dans les propriétés physiques des éthers, dans leur formation et dans leur décomposition.

Soitl'éther chlorhydrique, par exemple : c'est un composé liquide, parfaitement neutre, insoluble dans l'eau, qui ne le décompose pas dans les conditions ordinaires, volatil à 12", doué d'une odeur agréable et pénétrante, etc.. Ce sont là des propriétés physiques absolument dillerentes de celles des chlorures salins de la chimie minérale, du chlorure de potassium, par exemple.

Les propriétés chimiques ne diifèrcnt pas moins. Pour nous borner à une seule, le chlore contenu dans l'éther chlorhydrique ne peut pas être mis en évidence immédiaté par les réactifs applicables aux chlorures. Il n'est pas précipité par le nitrate d'argent, ni par l'acétate de plomb , même en opérant sur des solutions alcooliques des deux substances, c'est-à-dire sur des solutions capables d'être mélangées. Cependant le chlore existe toujours dans le composé et peut reparaître : en effet, approchons une flamme du vase qui le contient, l'éther prend feu, avec une coloration verte caractéristique. En même temps, le nitrate d'argent contenu dans le verre se trouble peu à peu et donne lieu à un précipité de chlorure d'argent.

En général les éthers n'obéissent pas aux lois de Berthollet, du moins immédiatemcnL L'acide qu'ils renferment n'est pas déplacé de suite par un autre acide; l'alcool qui les a formés n'est déplacé immédiatement ni par un autre alcool ni par une base. Les éthers ne sont pas davantage susceptibles de donner lieu à des doubles décompositions immédiates, soit avec des sels, soit avec d'autres éthers.

4. Rôle du temps. — Bref, les propriétés dc-l'alcool et de l'acide sont en quelque sorte devenues latentes dans les éthers. Pour se manifester, elles exigent le concours du temps, c'est-à-dire d'une condition propre à la chimie organique et qui joue peu de rôle dans la plupart des réactions de la chimie minérale.

La même condition, c'est-à-dire le concours du temps, préside à la combinaison des acides avec les alcools. Tandis que l'acide acétique et la potasse se saturent à l'instant, des qu'ils sont mis en contact, et quelle que soit la proportion d'eau dans laquelle ils sont dissous ; au contraire, l'acide acétique et l'alcool mélangés à équi-

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