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LIVRE 111'. — CHAPITRE IP. - ALCOOI- ORDINAIRE

Sa densité est de 0,808 à 0"; 0,7955 ;\ 15°. Sa tension de vapeur est de 44""" à 20". Sa chaleur spécifique à 20" est 0,60. Un gramme d'alcool absorbe 214 calories pour se réduire en vapeur à 78".

2° L'alcool brûle avec une flamme jaunâtre. Un équivaleni d'alcool (46 gr.) dégage en brûlant 321,000 calories.

La formation d'un équivalent d'alcool avec les éléments

dégage 74,000 calories. La formation de l'alcool par l'union de l'éthylène et de l'eau produit 13,000 calories. Enfin dans la fermentation alcoolique, il se dégage pour un équivalent de sucre, , 71,000 calories. Telles sont les quantités de chaleur qui répondent à la formation de l'alcool dans diverses circonstances.

3. Action de l'enu. — L'alcool se mêle à l'eau en tou tes proportions. Le mélange éprouve une contraction, qui est maximum quand le mélange est fait dans les proportions de 52,3 volumes d'alcool et de 47,7 d'eau, à 15": il en résulte 96,35 volumes, au lieu de 100.

Pour faire cette expérience, on superpose les deux liquides dans un tube très-allongé; on marque le point d'affleurement. En agitant, les deux liquides se mélangent et l'on observe une diminution trèsapparente du volume, diminution d'autant plus frappante qu'elle est accompagnée d'un dégagement de chaleur très-sensible qui tend à dilater la liqueur. Cette contraction joue un rôle important dans l'alcoométrie.

Au moment du mélange des deux liquides apparaissent des bulles gazeuses: elles sont dues au dégagement des gaz, dissous séparément dans l'eau et dans l'alcool, gaz qui sont moins solubles dans le mélange de ces deux liquides. C'est là un phénomène général pour les gaz solubles dans l'eau et dans l'alcool.

En raison d'une diminution analogue dans la solubilité moyenne des corps, l'addition de l'eau à l'alcool fait apparaître certaines substances dissoutes dans l'alcool; c'est ainsi que les huiles contenues dans les alcools de mauvais goût peuvent être reconnues par le louche permanent des liqueurs. Pour manifester certaines huiles essentielles, on peut verser l'alcool dans la main; l'alcool s'évapore d'abord, l'huile essentielle se concentre et son odeur s'exalte. Au moyen de ces deux épreuves (addition d'eau, évaporation à froid) on peut reconnaître l'origine de l'alcool, s'il provient, par exemple, de la fermentation des betteraves, des grains, etc.

Exposé à l'air, l'alcool absolu en attire l'humidité.

Quoique l'alcool soit très-soluble dans l'eau, il peut être séparé de

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ce menstruc à froid, sous la forme (f'ime couche liquide, par certaines substances très-avides d'eau, telles que le carbonate de potasse, la potasse caustique, le sulfate de manganèse, etc. Le carbonate de potasse est surtout efficace. Au contraire, le chlorure de calcium n'opère pas de séparation entre l'alcool et l'eau.

\. Rôle de ialcool comm? dissolvant. — Les propriétés dissolvantes de l'alcool sont souvent utilisées dans l'analyse immédiate. Voici (fuelques généralités à cet égard.

1° L'alcool ne dissout pas les sels à oxacides minéraux, par exemple les sulfates, les borates, les silicates, les phosphates ; mais il dissout en général les sels haloïdes, chlorures, bromures, iodures, ainsi que les azotates, formés par les métaux, par les oxydes terreux, et môme par certains oxydes alcalins.

^2" Il arrive. souvent que deux corps, dont les réactions ont une grande analogie, peuvent être distingués et séparés en les transformant en sels de môme genre, et en traitant le mélange de ces sels par l'alcool. C'est ainsi que l'on peut séparer le chlorure de strontium, soluble dans l'alcool absolu, du chlorure de baryum qui y est insoluble.

3° Certains sels forment avec l'alcool des composés analogues aux hydrates salins. Tels sont :

Le chlorure de calcium Cad + 2C*II60^

Le chlorure de zinc ZnCl + C'H'^O-,

Le nitrate de magnésie AzO^^MgO -fr SG^H^O^,

Etc., etc.

La potasse, la soude, la baryte sont fort solubles dans l'alcool absolu. Mais l'alcool ordinaire ne dissout que les deux premières bases. L'alcool dissout aussi les acides en général.

4" Les actions dissolvantes propres de l'alcool s'exercent surtout ù. l'égard des substances organiques. C'est ainsi que l'alcool se môle avec l'éther, avec les essences, et avec divers carbures, s'il est absolu. Même l'alcool ordinaire dissout les essences et les résines en grande quantité.

Il agit également sur les alcalis organiques et sur les corps gras, surtout sur les corps gras acides ; les corps gras neutres et les huiles grasses sont bien moins solubles dans l'alcool, à l'exception de l'huile de ricin qui se dissout dans l'alcool en toutes proportions.

5. Signalons enfin l'action dissolvante que l'alcool exerce à l'égard des gaz. Cette action est généralement plus marquée que celle de l'eau. Ainsi un litre d'alcool absolu dissout à 10° : 123 cent, cubes

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d'azote; 284 cent, cubes d'oxygène; 68 cent, cubes d'hydrogène; 3,500 ccnl. cubes d'acide carbonique, etc.

§ 7. — Alcoométrie.

1. L'alcool étant employé fréquemment et sous divers degrés de concentration dans l'industrie et dans les usages domestiques, il est très-important de savoir titrer les liqueurs alcooliques. Diverses méthodes peuvent ôtre employées à cet objet : les unes sont fondées sur la séparation directe de l'alcool et de l'eau à la température ordinaire; d'autres sur la détermination de certaines propriétés physiques, telles que la densité, le point d'ébullition, la distillation, la tension de vapeur, etc.

2. Nous avons déjfi indiqué comment on peut séparer à froid l'alcool de l'eau à laquelle il est mélangé, par l'addition du carbonate de potasse cristallisé (p. 61). Mais ce procédé n'est pas d'une grande exactitude quantitative, et en outre il ne s'applique pas commodément à des liqueurs très-compliquées, telles que le vin. Il faut donc recourir à un procédé plus précis.

3. Le seul qui ait été consacré par l'usage est celui qui repose sur les densités, combiné avec la distillation.il est fondé sur ce principe que l'eau ayant une densité supérieure à celle de l'alcool, un mélange des deux liquides présente une densité comprise entre celles de ces corps isolés.

On peut mesurer ladite densité par la méthode du flacon et comparer le nombre obtenu avec une table dressée à l'avance et à l'aide d'expériences directes, pour tous les mélanges possibles d'eau et d'alcool. Mais il est plus expéditif d'employer un aréomètre particulier, nommé alcoomètre centésimal, lequel donne immédiatement et en centièmes le volume d'alcool que renferme le mélange.

Le 0" correspond à l'eau pure et se trouve à la naissance de la tige; le point 100 correspond à l'alcool absolu et se trouve à la partie supérieure. Les points intermédiaires ont été fixés directement, en déterminant les points d'affleurement dans diverses liqueurs de composition connue : c'est donc une graduation empirique.

11 est nécessaire de procéder ainsi par expérience et non par calcul, en raison de l'existence d'une certaine contraction, variable avec les divers mélanges d'alcool et d'eau. Ce phénomène se traduit par la longueur variable des degrés de l'instrument.

La graduation doit être faite à la température de 15°. Il est donc nécessaire, dans l'emploi de l'alcoomètre, soit de ramener à ce

r§ 7. — ALCOOMÉTRIE. 163 point l;i température du liquide mis en expérience, soit de l'aire une correction donnée par des tables. On peut encore calculer la correction par la formule suivante :

x=.càz 0,i^-

xe%i la richesse réelle en alcool, c celle qui a été donnée par l'instrument, Y le nombre de degrés de température au-dessus ou au-dessous de 15" ; on prend le signe -j-, quand t est au-dessous de 15", et le signe — , quand t est au-dessus.

Les indications de l'alcoomètre expriment le volume de l'alcool contenu dans 100 volumes du mélange. Pour avoir la composition en poids, il faut multiplier le volume de l'alcool jtrouvc par O,"79o5 et diviser le produit par la densité du liquide analysé.

ï. La méthode qui vient d'être décrite est applicable directement à tout mélange d'alcool et d'eau purs. Mais elle ne l'est immédiatement ni au vin, ni à des alcools rendus impurs par d'autres substances que l'eau. Levin, enelfet, est un mélange fort complexe : il renferme non-seulement de l'eau et de l'alcool, matières principales, mais aussi des substances colorantes, du bitartrate de potasse, des phosphates, de la glycérine, divers sels, divers éthers, des traces de sucre, etc. Parmi ces substances, les unes sont plus denses que l'eau; les autres sont moins denses ; enfin leurs proportions respectives sont extrêmement variables.

5. Cependant dans un mélange alcoolique, tel que le vin, les liquides analogues, l'eau-de-vie, etc., l'alcool et l'eau peuvent être regardés comme les seuls corps volatils qui existent en proportion sensible.

Pour doser l'alcool, il suffit donc de distiller le liquide : l'alcool passe d'abord, mêlé avec une certaine quantité d'eau : le reste de l'eau et les substances fixes demeurent dans l'alambic. Voici comment on opère.

Dans un petit alambic on introduit 300 cent, cubes de la liqueur à essayer et on distille. Le liquide qui se condense dans le serpentin est reçu par une éprouvette graduée en centimètres cubes. On arrête la distillation lorsqu'on a recueilli 100 cent, cubes, c'est-à-dire le tiers du volume employé. Ce tiers renferme en général tout l'alcool. On ramène alors la liqueur à 15", puis on y plonge l'alcoomètre pour déterminer le contenu en alcool. Le 1[3 du titre trouvé représente la richesse en alcool delà liqueur soumise à l'essai.

Si la liqueur était très-riche en alcool, il faudrait en distiller la moitié, ou les 2[3, et prendre ensuite h moitié ou les deux tiers du titre trouvé.

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