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Formation. — 1" Par l'éthylène et l'acide iodhydrique

CW-|-H1 = CW(HI).

190 LIVRE lV^ — CHAPITRE IV'. — ÉTIIERS DE L'ALCOOL.

^0 Par l'alcool et l'hydracidc, libre ou naissant.

2. Préparation. — On introduit dans un ballon 60 parties d'alcool et 100 parties d'iode ; et l'on y ajoute par petites portions 10 parties de phosphore rouge. On laisse digérer quarante-huit heures, puis on distille.

On mélange le produit distillé avec de l eau; l'éther se précipite sous forme huileuse; on l'agite avec une solution alcaline diluée, on le déshydrate par digestion sur du chlorure de calcium, et on le rectifie ensuite.

3. Propriétés physiques. — L'éther iodhydriquc est un liquide neutre, incolore lorsqu'il est récemment préparé. Mais il se décompose rapidement, même à la lumière diifuse, et se colore en rose par l'iode rendu libre. Exposé à l'action de la lumière solaire directe, il rougit en quelques minutes. Cette instabilité est commune à presque tous les composés de la chimie organique qui renferment l'iode au nombre de leurs éléments. Aussi l'éther iodhydriquc doit-il être conservé à l'abri de la lumière, même diifuse. Il est doué d'une odeur éthérée et alliacée, insoluble dans l'eau, miscible avec l'alcool absolu et l'éther. Sa densité à 0" est 1,975. Il bout à 72°.

4. Les réactions de l'hydrogène naissant, du chlore, des métaux, de l'ammoniaque, etc., sur cet éther ont été signalées plus haut (p. 182). Le brome et l'acide nitrique fumant en précipitent l'iode instantanément.

Les sels d'argent sont attaqués à froid par l'éther iodhydriquc. L'oxyde d'argent le décompose en donnant naissance à de l'éther ordinaire :

2G^HHHI) + 2AsO = CTIHCTFO^) AgL § 5. — Étliers sulfhydrlqucs.

1 . L'acide sulfhydrique, représenté par 4 volumes, répond à la formule IPS^ Il fournit deux ordres de sels, savoir : 1° Des sels neutres ou sulfures proprement dits :

K»S«; Na^S^ etc; 2° Des sels acides ou sulfhydrates de sulfures :

KS,HSouKHS2; NaHS«;elc.;

§ i. — ËTIIERS SULFIIYDRIQUES. 191

3" Enfin on peut combiner les sulfures neutres avec un excès de ■soufre, de façon à obtenir des polysulfures :

K»Si; K5S«; K-S'", etc.

A ces divers composés répondent des étliers, comme le montrent les formules suivantes :

CMl* 1

Élher sulfhydrique neutre C*H\(>I1«S^) ou (.4^4 ("-S").

Acide élhylsulfhydri(i;ie (nieroaptan) C''H*(H2S-),

ses sels CHIHKIIS^'),

Éther sulfliydrique bisulfure. Cm* I '^'^^^ '

tnsulfuré CMlM^"'^'^'

pentasulfurc | (IPS'«).

2. Tous ces corps se préparent par double décomposition, en faisant agir les sulfures ou sulfhydrates de potassium, dissouts dans l'alcool, sur l'éther chlorhydrique ou sur l'éther iodhydrique. Soit l'éther sulfhydrique neutre :

2CW (HCl) + 2KS = C'^H* (C + 2KC1 ;

de môme l'acide éthylsulfhydrique :

C*H'(HC1) + (KS.HS) =:C*H* (H^S^) + RCl.

3. L'acide éthylsulfhydrique, G'H''(H'S^), autrement dit mercaptan ou alcool sulfuré, est un liquide incolore, fétide; sa densité à 21° est 0.835. Il bout à 30°. Il est peu soluble dans l'eau. Il se combine avec la plupart des sulfures, en donnant des sels, C*H■'MS^

Le sel mercuriel notamment, se forme immédiatement avec une vive effervescence,, lorsqu'on verse l'acide éthylsulfhydrique sur l'oxyde de mercure.

Traité par l'acide nitrique [fumant, le mercaptan s'oxyde et se change en un acide spécial, G'^H'^S^O", Vacide éthyhulfureux, composé très-stable, qui se produit aussi par l'oxydation des autres éthers sulfurés.

4. réther sulfhydrique, C*H\C*H*'S'), est liquide, doué d'une odeur aUiacée, forte et très-persistante. Sa densité à 0" est 0,837, 11 bout à or. Il est insoluble dans l'eau, soluble dans l'alcool, etc.

192 LlMli: 111 . - CUAPITUE 1Y^ - ETIIEUS DE L'AiXOOL.

11 forme avec divers chlorures el sels métalliques des composés crislallisables, tels que le suivant :

C*HMC''H«S2) +2H8GI.

Des composés analogues se produisent avec la plupart des éthers sulfurés.

§ G. — Éthcr cyanliyclrique et isomères : C^H^CC-HAz).

1. L'cthcr cyanhydrique se présente à la suite des éthers d'hydracides. En réalité, on ne connaît point jusqu'ici le véritable élher cyanhydrique, c'est-à-dire le corps qui serait décomposé par les alcalis en alcool et acide cyanhydrique; mais on a obtenu deux corps isomères, doués de propriétés très-remarquables.

L'un d'eux est le nitrile formique de V éthylammine :

CmO'> + C'trAz — swm L'autre est le nitrile propionique de r ammoniaque :

Leur constitution est établie par le dédoublement régulier qu'ils éprouvent sous l'iniluence de la potasse bouillante, ou des acides concentrés.

Le nitrile éthylammiformique est le plus volatil, car il bout à 82"; tandis que le nitrile propionique bout seulement à 97°.

Ces deux corps se produisent simultanément et dans les mômes conditions, mais en proportions inégales, suivant les réactions employées.

2. Le nitrile éthylammiformique s'obtient plus spécialement en faisant agir l'éther iodhydrique sur le cyanure d'argent : ce qui donne lieu à un composé complexe, dont la distillation, opérée en présence du cyanure de potassium, fournit le composé cherché. 11 est liquide, doué d'une odeur repoussante, solublc dans l'eau et dans l'alcool, scindable par les alcalis ou par l'acide chlorhydrique concentré en acide formique et éthylammine. Sa vapeur est dangereuse à respirer.

3. Le nitrile propionique se prépare en distillant au bain d'huile un mélange de 1 1/2 partie d'éthylsulfate de potasse avec 1 p. de cyanure de potassium. On rcctilie le produit dans un bain d'eau salée. Le liquide distillé est mêlé avec de l'acide nitrique, que l'on

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