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Ether allylsulf hydrique neutre (Essence d'ail

Ce corps se prépare en faisant agir l'éther allyliodhydrique sur une solution alcoolique de monosulfure de potassium :

f 6HV 1

2C«H* (HI) + K^S* = ç^^^, j (H'S«) + 2KL

ither •llyllodbydriqoe. Éthor allyisafbydrTque.

On distille le tout, après quelques heures de digestion; on précipite par l'eau le produit distillé. On le dessèche sur du chlorure de calcium et on le rectifie, en receuillant ce qui passe à 148".

On peut aussi préparer l'éther allylsulfhydrique au moyen de l'ail, qui lui doit son odeur spéciale. 50 kilogrammes d'ail, distillés avec de l'eau, fournissent 100 à 120 grammes d'une huile dense, lourde et fétide. On la rectifie dans un bain d'eau salée ; les 2/3 du produit passent sous la forme d'un liquide plus léger que l'eau. On le distille de nouveau sur un fragment de sodium.

4. Ether allylcyanique sulfuré ou essence demoutarde: G^H"(C-HAzS*).

Formation artificielle, — On peut obtenir cette essence artificiellement en chauflimt ensemble l'éther allyliodhydrique et le sulfocyanure de potassium dissous dans l'alcool; il se produit de l'iodure de potassium et de l'essence de moutarde :

(HI) +G2KAzS»=KI + C«IinC«HAzS2).

Onprécipite cette dernière par l'eau, puis on la distille vers 148^ On peut aussi la préparer avec de la graine de moutarde noire. Elle n'y préexiste pas; mais elle s'y développe, comme chacun sait, sous l'influence de l'eau. La graine renferme en eflet un sel de potasse fermentescible, le myronate de potasse, et un ferment, la myrosine : ces deux substances paraissent être contenues dans des cellules particulières. En présence de l'eau, les deux matières viennent en

§ 10. — ALCOOL MEiNTilOLlQLE. 229

contact, la fermentation s'établit et il se développe de l'essence de moutarde.

On peut obtenir la myrosine et le myronate séparément. En effet, la graine de moutarde blanche ne contenant que de la myrosine, on extrait facilement cette substance en traitant la graine par l'eau, puis l'eau par l'alcool, qui précipite la myrosine. — Quant au myronate de potasse, on l'extrait en traitant les tourteaux des graines de moutarde noire par l'alcool chaud; la myrosine, substance analogue à l'albumine, se coagule. On traite ensuite par l'eau tiède le tourteau, afm de dissoudre le myronate de potasse, puis on^le fait réagir sur la myrosine.

L'essence de, moutarde est liquide, très-réfringente, douée d'une odeur fort irritante et qui excite le larmoiement. Mise en contact avec la peau, elle produit des etlets vésicants. C'est le principe actif des sinapismes. Elle est insoluble dans l'eau, très-soluble dans ralcool et dans l'éther.

Sa densité àO° est 1,028. Elle bout à loi".

Réactions. — Mise en digestion avec l'ammoniaque, elle s'y combine peu à peu, en formant une urée allylsulfurée [thiosinamine) :

C«'H*(C-'HAzS'-) + AzH3=C61I4(CTI'»Az«S^).

Chauffée avec du sulfure de potassium, l'essence de moutarde produit de l'essence d'ail et du sulfocyanure de potassium :

2C6H*(C«HAzS2) + K»S2= ^6H4 + aC^KAzS'.

§ 10. — Alcool menthollque : ^{^«(H^O-).

1. Cet alcool se dépose sous forme cristallisée, lorsqu'on refroidit l'essence de menthe poivrée. L'essence de menthe concrète du Japon est formée par cet alcool à peu près pur.

2. 11 se présente en beaux prismes transparents, brillants, semblables à du sulfate de magnésie. Il fond à SG'S, et bout à 213". Il est peu soluble dans l'eau, très-soluble dans l'alcool, l'éther, les huiles grasses volatiles. Il dévie ù. gauche le plan de polarisation.

3. Cet alcool se combine directement aux acides en formant des éthers.

Le chlorure de zinc lui enlève les éléments de l'eau et forme du menthène, C^m*\ carbure liquide dont la densité à 21" est 0,851 et qui bout à 163".

230 LIVRE III'. — CHAPITRE VP. — ALCOOLS MONOATOMIQUES.

III. — SÉRIE CAMPHÉNIQUE. — AlCOOLS : C^''H^''-^0^ § 11. Alcool campboliquo : COH'^^H^O';.

1. Cet alcool existe dans la nature sous plusieurs états isomériques distincts. Sous la forme de camphre de Bornéo, il est produit par le dryobalanops aromatica, arbre des îles de la Sonde.

On peut le préparer artificiellement, en fixant 2 équivalents d'hydrogène sur le camphre ordinaire :

C50H1602 -f H2=C20Hi«02 ;

ce que l'on réalise en chauffant le camphre à 180", dans des tubes scellés, avec ime solution alcoolique de potasse. Il se forme ainsi de l'alcool campholique et du camphate de potasse:

2C20H1602 + (Ko,HO) =cm^w + cm^w.

2. L'alcool campholique est solide; il se présente en petits cristaux transparents et friables. Il possède une odeur camphrée, avec une nuance poivrée toute spéciale. Il fond à 198" et bout vers 220". Il est insoluble dans l'eau, très-soluble dans l'alcool et dans l'éther. Il est doué du pouvoir rotatoire.

Le succin et la garance fournissent des alcools isomériques.

3. L'alcool campholique oxydé régénère le camphre ordinaire, lequel représente V aldéhyde campholique :

C20HiB(Hî'O2)+ 03=C20H'602 + H202

Alcool campholique. Aldéhyde campholique.

Une oxydation très-prolongée donne naissance à l'acide camphoric^ue, C^^H^^O^

4. L'acide chlorhydrique concentré change l'alcool campholique en éther campholchlorhydrique, G-°H*''(HC1), isomérique avec le chlorhydrate de térébenthène et doué de propriétés analogues (v. p. 135). Avec les acides stéarique, benzoïque, butyrique, etc., et l'alcool campholique, on obtient à 200° les éthers campholiques correspondants.

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