DES ALCOOLS POLYATOMIQUES EN GÉNÉRAL
§ 1. — DéOnitions.
1. Toute la théorie des corps gras neutres, toute la théorie des sucres et celle de leurs dérivés reposent aujourd'hui sur la notion des alcools polyatomiques. Ce nom et cette notion ont été introduits dans la science à l'occasion des corps gras neutres, c'est-à-dire des élhers de la glycérine. Rappelons d'abord ce que signifient ces mots : alcool et alcool poly atomique.
Un alcool, avons-nous dit, est un corps neutre, composé de carbone, d'hydrogène et d'oxygène, susceptible de s'unir directement aux acides, avec élimination d'eau, pour former des combinaisons neutres appelées eV/iers (141).
L'alcool ordinaire et les corps analogues s'unissent aux acides monobasiques dans une seule proportion et à équivalents égaux. Tel est le caractère essentiel d'un alcool monoatomique.
Au contraire, un alcool polyatomique s'unit aux acides monobasiques, suivant plusieurs rapports , pour donner plusieurs composés neutres. La glycérine, par exemple, s'unit avec 1, 2, 3 équivalents d'acide acétique et forme avec cet acide trois combinaisons neutres, trois éthers acétiques. C'est là un fait général, une relation commune entre la glycérine et tous les acides monobasiques. Pour l'exprimer, nous disons que la glycérine est un alcool triatomique^ c'est-à-dire qu'un seul équivalent de glycérine peut jouer dans les réactions le même rôle que trois équivalents d'alcool ordinaire : elle représente trois équivalents d'alcool ordinaire^ intimement unis et inséparables.
2. Tout le système de ses réactions est compris dans cette définition. Énumérons en effet les conséquences qui en découlent.
r Nous avons d'abord 'à envisager les réactions que présente un équivalent d'alcool monoatomique, considéré isolément. Un alcool polyatomique, un alcool triatomique, si l'on veut préciser davantage, offrira les mêmes réactions.