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LIVRE - CHAPITRE X^ - ÉTIIERS DE LA GLYCÉRINE

daiit trois heures, dans un tube scellé, avec quinze ou vingt fois son poids d'acide sléarique. La combinaison ne se produit pas par simple fusion; elle exige le concours du lemps. Ce corps, purifié par la chaux et l'éther, comme les autres stéarines, est neutre et semblable à la stéarine naturelle.

2. La tristéarine fond à 71" et se solidifie à 55°. Elle est peu soluble dans l'élher, môme bouillant, et moins encore dans l'alcool.

Ce corps est identique avec la stéarine naturelle. Le suif et la graisse de mouton en renferment des quantités notables. Pour l'extraire du suif, on fond celui-ci dans une capsule , on le passe à travers un linge, pour séparer les membranes, et on le mélange avec son volume d'éther. On chauffe au bain-marie, le suif se dissout. Par refroidissement, la liqueur se prend en masse. On l'exprime sur un linge, d'abord doucement, puis en soumettant le produit à la presse. On redissout la partie solide dans l'éther bouillant, on laisse refroidir et l'on comprime de nouveau. On répète ces traitements, jusqu'à ce que le point de fusion du produit ne varie plus. Mais en opérant ainsi, même au bout de 32 cristallisations, on ne réussit jamais à obtenir la stéarine naturelle dans un état de pureté absolue : car l'acide gras fourni par la saponification du produit fond tout au plus à G6°, au lieu de 70°, température de fusion de l'atide stéarique.

§ 15. — Margarines ou pnimitines.

4. L'acide margarique, autrement dit palmitique, forme avec la glycérine trois composés neutres, correspondant aux stéarines :

La monomargarine C«H2(H202) [WO^) (Cm^^O'^),

fond à 58" et se solidifie à 45".

La dimargarine cm^W-0^){Cm^^O'*) {Cm^^O'^), '

fond à 59" et se solidifie à 51".

La triraargarine C«H2(C»2H320*)lC32IFO^)(C32H320*),

fond à 61" et se solidifie à 46».

La préparation et les propriétés générales de ces corps sont exactement les mêmes que celles des stéarines.

2. La trimargarine ou tripalmitine se trouve contenue dans la plu-

§ 14. — OLÉINES.

part des graisses ou des huiles. Elle peut ôtrc extraite de l'huile de palmes, en exprimant cette huile, en la traitant î\ plusieurs reprises par l'alcool bouillant, puis en faisant cristalliser à plusieurs reprises dans réther la partie insoluble dans l'alcool.

On peut aussi l'extraire delà graisse humaine ; mais elle est alors plus diflicile à purifier.

Ce corps est un peu plus soluble dans les dissolvants que la tristéarine : toutefois il est médiocrement soluble dans l'éther, même bouillant.

Certaines cires végétales paraissent renfermer de la dipalmitine.

3. La trimyristine, fusible à 31o, peut être extraite du beurre de muscade par le procédé ci-dessus.

4. La trilaurine, C''Il-(G"li"0')^ solidifiable à 23°, se retire des baies de laurier et des fèves de pichurim.

5. La triarachine, CnP(G*'H*"0*)^ moins fusible que la stéarine, existe dans Thuile d'arachide et même dans le beurre.

§ 14. — Oléines.

L'acide oléiquc forme avec la glycérine trois combinaisons neutres.

L — Monolcine .• CnP(rPO^)(H=0«)(C'^H='*0*).

1. La monoléine s'obtient en chauffant à 200°, pendant dix-huit heures, dans un tube scellé, un mélange d'acide olcique pur et de glycérine en excès. Le tube doit être rempli au préalable d'acide carbonique, pour prévenir l'action de l'oxygène sur l'acide oléique et sur l'oléine. On purifie le corps neutre comme précédemment, mais en évitant le contact de l'air.

2. On obtient ainsi un liquide neutre, huileux, jaunâtre, inodore, d'un goût presque nul, d'une densité égale à 0,947 à 21". La monoléine se fige lentement entre 15 et 20% en produisant une masse molle; mêlée de grains cristallins. Une fois fondue, si on la refroidit brusquement jusque vers zéro, elle se solidifie; mais elle fond de nouveau, avant que la température soit remontée jusqu'à 10°. A la suite d'un repos prolongé ;\ cette dernière température, elle cristallise spontanément et reprend dès lors son point de fusion normal.

3. Soumise à l'action de la chaleur, elle peut distiller dans le vide barométrique. Chauffée à l'air libre, elle se décompose avec production d'acroléine.

288 LIVRE m\ - CHAPITRE X^ - ËTHERS DE LA GLYCÉRINE.

H. ■- Dioléme: C«H'(IPO')(G'«H»*0*)^

La dioléine s'obtient en chaunant la monoléine pendant quelques heures à 250", avec cinq à six fois son poids d'acide oléique; ou bien encore en faisant réagir à 200" la glycérine sur l'oléine naturelle. C'est un liquide neutre. Sa densité à 21" est 0,021. Elle cristallise entre 10 et 15°.

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