‹ Traité élémentaire de chimie organiqueChapitre 206 sur 402 · Trioléiric : C«H^(C='«H='*0*)» ou G'^*H · texte numérisé non relu

Trioléiric : C«H^(C='«H='*0*)» ou G'^*H

1. Ce corps se prépare comme la tristéarine. Après réaction à 240" pendant quatre heures, on extrait la matière neutre par la chaux et l'élher; on traite la dissolution élhéréc par le noir animal, on la concentre et on la mêle avec huit ou dix fois son volume d'alcool ordinaire : la trioléine se précipite. On la recueille sur un fdtre, et on la dessèche dans le vide.

2. La trioléine est neutre; elle demeure liquide.à 10° et môme audessous. Elle est inodore, insipide. Sa densité est 0.92 à 0" et 0,85 à [ICO". Elle est insoluble dans l'eau, peu soluble dans Talcool, miscible avec l'éther et le sulfure de carbone. -

3. Chauffée à feu nu, elle se détruit avec production d'acroléine, d'acides gras volatils, d'acide sébacique et de carbures gazeux, 1, gramme de trioléine dégage en biûlant 9, 8i)2 calories, soit pour 1 équivalent : 8,713,000.

4. On désigne sous le nom d'o/eïne naturelle la partie liquide de ' l'huile d'olive, séparée par"^ la compression et les dissolvants. C'est évidemment un produit impur.

L'oléide exposée à l'air s'oxyde peu à peu ; elle devient acide et prend une odeur rance. En môme temps elle acquiert des propriétés oxydantes, analogues à celles de l'essence de térébenthine (p. 133). L'absorption del'oxygcne, lente au début, s'accélèrepeu à peu et donne lieu à l'acide carbonique et à divers produits. Ces phénomènes sont dus à l'acide oléique : car l'acide isolé les manifeste d'une manière plus marquée que l'oléine elle-même. — Les huiles qui renferment de l'oléine les présentent à un haut degré.

5. Élaïdine. — L'oléine mise en contact avec l'acide hyponitrique, ou avec le nitrate acide de mercure, se change en un composé isomérique, Vélaïdine, substance cristalline fusible à 32° et moins soluble dans les dissolvants que l'oléine L'élaïdine est un dérive de l'acide élaïdique, acide cristallisé, isomériqueavec l'acide oléique.

6. L'acide nitrique concentré attaque violemment l'oléine. L'acide

§ io. — HUILES ET CORPS GRAS NATURELS.

étendu et bouillant l'oxyde, en formant les acides monobasiques et volatils, G*"H^°OS et les acides fixes et bibasicjucs CnP""''0^ Ces phénomènes sont dus à l'oxydaliou de l'acide oléique. Ils se retrouvent dans l'oxydation des autres corps gras, neutres ou acides.

§ 15. — IluileN el rorp»* gruH naturels.

1. Etats. — Les corps gras naturels,' désignés suivant leur consistance et leur origine sous le nom huiles bewTes, de graisses, sont, en général, formés par le mélange des corps gras neutres que nous venons d'énumérer, associés avec quelques autres analogues. Il s'y rencontre aussi des corps gras neutres formés par l'association ('es acides gras fondamentaux, pris deux à deux et trois à trois, conformément aux lois de la théorie générale des alcools triatomiques. Ainsi s'explique l'immense variété des corps gras naturels. On croit utile de donner ici un bref résumé des propriétés des huiles les plus importantes.

2. Extraction. — Les huiles végétales sont extraites par expression des graines ou des fruits charnus qui les renferment. On opère d'abord à froid, ce qui fournit l'huile la plus pure; puis on exprime la matière entre des plaques chaudes. Enfin on les fait bouillir avec de l'eau chaude.

Les graisses animales sont séparées par voie de fusion du tissu cellulaire qui les renferme; parfois on facilite cette séparation en les chauffant avec de l'eau aiguisée d'acide sulfurique, lequel désagrège les membranes. Dans les laboratoires on extrait les corps gras au moyen de l ether ou du sulfure de carbone, que l'on chasse ensuite par distillation. Les huiles destinées à l'éclairage doivent être clarifiées, en les battant avec 2 ou 5 centièmes d acide sulfurique concentré, et en y dirigeant un courant de vapeur d'eau. L'acide carbonise les matières mucilagineuscs demeurées en suspension; par le repos elles se rassemblent avec l'acide et l'eau à la partie inférieure.

3. Réactions. — L'action de la chaleur sur les corps gras, celle des alcalis, celle des acides ont été signalées précédemment (p. 269); on ne juge pas utile d'y revenir. On parlera des savons dans une autre partie, à l'occasion des acides gras. Mais il est nécessaire de dire quelques mots de l'action de l'air sur les huiles.

Les huiles grasses exposées à l'air, s'altèrent peu à peu en absorbant l'oxygène : les caractères de cette réaction sont bien différents suivant la nature des huiles. Tantôt les huiles s'épaississent et se changent peu à peu en une masse transparente, jaune, un peu élas-

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