Voici comment on la prépare
On épuise à froid avec un lait de chaux le lichen, on filtre, on fait passer aussitôt dans la liqueur un courant d'acide carbonique, qui précipite l'érythrite diorsellique. On reprend le précipité tout humide et on le décompose à loO» par la chaux éteinte, dans une chaudière fermée hermétiquement. Il se forme d'abord de l'érythrite, et de Vacide orselliqiie, décomposable à son tour en orcine et acide carbonique. On filtre la Uqueur tiède, on la sature d'acide carbonique, on filtre encore et on laisse refroidir. L'orcine cristallise la première.
On évapore les eaux mères, ce qui fournit un mélange d'orcine et d'érythrite. On reprend ce mélange par l'éther, qui dissout l'orcine et laisse l'érythrite. On redissout celle-ci dans une petite quantité d'eau bouillante, et on ajoute à la liqueur le tiers deson volume d'alcool. Par le refroidissement, l'érythrite cristallise. On la fait recristalliser en présence du noir animal.
3. L'érythrite cristallise en beaux prismes à base carrée, faiblement sucrés, très-solubles dans l'eau. Sa densité est 1,59. Elle n'a pas de pouvoir rotatoire. Elle fond à 120° et résiste à 250°.
1. Chauff'ée avec une solution concentrée d'acide iodhydrique, elle est réduite et changée en iodhydrate de butylène, G^H^I :
C8H« (H«0*) (H^O») (HW) (HîO«) + 7HI = CH^H^) (H^) (H«) (HI) + + 31*.
5. Elle absorbe l'oxygène sous l'influence du noir de platine, en formant un acide. C*H«0".
6. Les solutions aqueuses d'érythrite dissolvent la chaux en proportion notable. Elles ne sont pas précipitées par l'acétate de plomb
— ALCOOLS TÉTRATOMIQUES.
ammoniacal. Elles ne réduisent point le tartrate cupropotassique, même après avoir bouilli avec les acides dilués. Sous l'influence de la Icvûre de bière, elles ne fermentent pas, môme après avoir bouilli avec les acides dilués.
7. Elle s'unit aux acides dans les mêmes circonstances que la glj'cérine, en formant des éthcrs.
Les combinaisons de l'érythrite avec les acides ou érijtfmdes se rattachent aux mêmes types généraux de formules que les glycérides, sauf les variantes qui correspondent au caractère létratomiquc du nouvel alcool. Il doit donc exister quatre formules fondamentales d'érythrides, engendrés par la substitution successive de quatre molécules acides à quatre molécules d'eau.
En faisant agir sur l'érythrite les acides organiques à 250°, on obtient tout d'abord des composés neutres, formés par un mélange des corps de la première et de la seconde série.
Ces composés , repris par un grand excès d'acide, fournissent les corps de la quatrième série.
Les propriélésdcs érythrides sont analogues à celles des glycérides. ils se décomposent sous rinllucnce des alcalis hydratés, en reproduisant l'érythrite et l'acide générateur.
Citons seulement les corps suivants :
Erythrite tétrabenzoïque ^[^(C'^H'O^)*,
Érythrite tétranitrique C^H^ (AzHO«)*,
Érythrite diorsellique C«H2(H202) (H^O^) (CisHsO») (C-GIISO*').
8. Dans la plupart des lichens tinctoriaux, il existe un principe particulier, Térythrite diorsellique, désignée tour à tour sous le nom cVprylhrine et û'acide érythrique et qui joue un rôle essentiel dans la formation de la manière colorante.
On extrait ce principe en traitant à froid le lichen par un lait de chaux; on filtre et on précipite aussitôt par l'acide carbonique. Le précipité est exprimé dans des linges et repris par l'alcool chaud. On décolore par le noir animal, on filtre et on ajoute de l'eau chaude, jusqu'à ce qu'il se forme un trouble permanent.
L'érythrite diorscllùjue se dépose pendant le refroidissement. Elle se présente en masses blanches, mamelonnées, solubles dans 210 parties d'eau bouillante. Elle est très-soluble dans l'alcool, peu soluble dans l'éthcr. Elle renferme 3 équivalents d'eau de cristallisation (lu'elle perd à 100". Elle fond à
Ce principe se dédouble sous l'influence des bases, ou même de l'eau, en érythrite monorselliquc et en acide orsellique :