B + N + GF
= F -h N 4- GB,
= G-|-B-{-F4-N (décomposition complète).
344 LIVRE IIP. - CHAPITRE XIII*. - GLUCOSES ET GLUCOSIDES.
Nous avons cru utile de tracer ce tableau, parce qu'il montre que sous les influences les plus légères, et par la simple fixation des éléments de l'eau, les glucosides peuvent subir les dédoublements les plus variés et acquérir des propriétés physiques, chimiques et physiologiques essentiellement différentes de leurs propriétés primitives. En effet, on voit ici comment une substance neutre peut fournir divers acides et un alcali; comment un corps presque insoluble peut se changer en d'autres corps Irès-solublcs; une matière amcre, en un composé sucré; comment un être fixe et inodore devient une essence volatile et odorante; comment, enfin, un principe non vénéneux se métamorphose en un poison énei-gique; toutes ces transformations étant effectuées en vertu d'actions chimiques très-faibles, et dès la température ordinaire, c'est-à-dire dans des conditions compatibles avec l'existence des êtres organisés.
111. — Convolvuline ou trighœoside convolvulinoli'que : C»2H*OnC'-H'0Oi0)(C'2H'2O'2)(C26H24O6) ou C«2H^co32,
1. On extrait la convolvuline des rhizomes duconvolvulus schiedeans (jalap) en épuisant les rhizomes par l'eau bouillante, puis en traitant le résidu insoluble par l'alcool à 90 centièmes. On décolore la solution par le noir animal et l'on évapore. La résine qui reste est lavée à l'éthcr ; l'on dissout la partie insoluble dans l'alcool absolu et on précipite la liqueur par l'éther. On réitère cette dissolution et cette précipitation , ce qui fournit la convolvuline.
2. C'est une matière gommeuse, blanche, friable, insipide, inodore insoluble dans l'éther, peu soluble dans l'eau, très-solublc dans l'alcool.
3. L'acide sulfurique la dissout en se colorant en rouge. Lorsqu'on ajoute de l'eau, il se précipite une subtance oléagineuse, le convolvulinol, et il reste du glucose dissous :
C62H'i0032 + 5H202 = 5Ci2H>20i2 + C2«H**0«.
4. Le convolvulinol, C'''H^*0^ se concrète en un corps solide, soluble daiïs l'eau, l'alcool et l'éther. Il se sépare de sa solution aqueuse par refroidissement, en cristaux minces et flexibles. Il se combine avec les bases à la façon d'un acide.
IV. — Jalappine ou triglucoside jalappinoligue : Ci2H*OMC'2H»0Oio)(Ci2H'2Oi2)(C32H30O6) ou M560'2.
1. La jalappine peut être extraite soit du convolvuliis orizabensiSy
§ 9. — POLYGLUCOSIDES COMPLEXES. 345
soit de la scammonée, suc desséché de la racine du convolvidus scammonia. On la prépare par le môme procédé que la convolvulinc.
2. Elle est résineuse, jaune, inodore, insipide, fusible à 150».
Traitée comme la convolvulinc, ou bouillie avec les acides étendus, la jalappine se dédouble en glucose eÀ Jalappinoi, C'^H^'^O".
* V. — Esculine ou diglv.coside esculétique :
C'«H«O8(Ci2H»0O»o[— ])(Ci8H«08) ou C''2H2'*026.
L'esculine, principe cristallisablc contenu dans l'écorce du marronnier d'Inde [œsculus hippocastanum, L.), se dédouble sous l'influence des acides et des ferments en glucose et en esculétine:
La solution aqueuse de ce principe est extrêmement fluorescente. Le glucose qui en dérive ne paraît pas identique avec le glucose ordinaire.
VL — Digitaline : r/^H*«0^''(?).
1 . ^a digitaline, principe actif de la digitale pourprée, se dédouble en glucose et en digitalirétine :
Digitaline. Glucose. Digitalirétine.
Cette métamorphose s'eflectue en deux temps :
I C"H»801« = (:i2HI20'2 + C32H2606,
Sans garantir ces fornudes, indiquons la préparation ordinaire de la digitaline.
2. On pulvérise les feuilles sèches de la digitale; on les épuise par l'eau froide, on précipite la liqueur par le sous-acétate de plomb ; on filtre, on enlève dans la liqueur l'excès de plomb par le carbonate de soude, la chaux par l'oxalate d'ammoniaque, la magnésie par le phosphate de soude; enfin on précipite la digitaline par le tannin. Le précipité est recueilli, exprimé entre des feuilles de papier buvard, et broyé tout humide avec le cinquième de son poids de litharge bien pulvérisée. On sèche le mélange à l'étuve; on le pulvérise de nouveau et on l'épuisé par l'alcool concentré. On traite
346 LIVRE IIP. - CHAPITRE XIIP. - GLUCOSES ET GLUCOSIDES.
cette solution par le noir animal et on l'évaporé à basse température. Le résidu est épuisé par l'eau froide et redissous par l'alcool bouillant. En évaporant à l'étuve, la digitaline se sépare en partie sous forme de flocons blanchâtres, granulés, en partie sous forme de couches minces et légères. On la lave à l'éther bouillant. Le résidu constitue la digitaline encore impure. Traité parle chloroforme, il ne se dissout qu'en partie et la portion soluble , amorphe et gommeuse, est plus active que la poudre primitive.
3. La digitaline est incolore, inodore, douée d'une amertume excessive, quoique lente à se prononcer. Elle est très-peu soluble dans l'eau, presque insoluble dans l'éther, soluble dans l'alcool et dans les acides. Elle produit une coloration verte avec l'acide chlorhydrique concentré.
C'est un poison très-énergique, déjà actif à la dose de 1 milligramme: elle ralentit les mouvements du cœur.
Vn. — Glucosides divers.
Signalons encore les glucosides suivants :
Convallarine, — principe contenu dans le muguet {convallaria majalis) et résoluble en glucose et convallarétine, G'^H'^O' :
Philhjrine, — principe cristallisable contenu dans l'écorce du Phillyrealatifûlia \ résoluble en glucose et phillygénine, à la façon de la salicine :
Fraxine, C^'^H^^U»'', principe cristallisable de l'écorce de frêne [fraxinus excelsior). Sa solution aqueuse est douée d'une belle fluorescence bleue.
Daphnine, CH^*0'''4-4IPO% principe cristallisable du daphne alpina et du daphne mezereum.
Cyclamine, — Principe amorphe contenu dans les tubercules du cyclamen eiiropœum. Sa solution aqueuse mousse; elle se coagule entre 60 et 75".
Bubian. — Principe amer et incristallisable, contenu dans la racine de garance , et qui se métamorphose par voie d'hydratation (acides, alcalis ou ferments), en fournissant, entre autres produits, un glucose et de Valizarine.
§ 10. — LÉVULOSE. 347
Ce serait enfin ici le lieu d'énumérer les polyglucosides proprement dits, formés par la désydratation et la réunion de plusieurs molécules de glucose, tels que certains saccharoses, la dextrine, Vamidon, les celluloses, etc. Tous ces corps jouent le rôle d'alcools polyatomiques et fournissent des dérivés spéciaux, en s'unissant aux acides et autres corps. Mais nous exposerons leur théorie dans un chapitre spécial.
Quoi qu'il en soit, les développements qui précèdent montrent comment la théorie des alcools polyatomiques permet d'interpréter les métamorphoses complexes des glucoses ; cette théorie suggère en même temps une foule d'expériences analytiques. Enfin, et ceci est capital, elle conduit à tenter tout un ensemble d'expériences synthétiques, entièrement nouvelles et destinées à réaliser les phénomènes de combinaison, qui sont réciproques avec les phénomènes de décomposition observés dans les expériences analytiques. Bien plus, la théorie conduit h regarder chaque expérience réciproque de celte nature comme un cas particulier, compris dans la préparation d'une classe générale de combinaisons nouvelles. Pour combiner la salicine avec l'acide benzoïque, par exemple, il faut apprendre h la combiner avec tous les acides ; la formation artificielle de la salicine représente celle de toutes les combinaisons que le glucose peut contracter avec d'autres alcools, etc. On voit, par ce peu de mots, toute la fécondité des aperçus qui résultent de cette théorie.
§ 10. — Lévulose : Ci«H»20'«.
1. Le lévulose existe dans le raisin, la cerise, la groseille, la fraise, bref, dans la plupart des fruits mûrs et acides; il s'y trouve en général associé à poids égaux avec le glucose ordinaire. Ce même mélange à poids égaux de lévulose et de glucose ordinaire, constitue le stœre de canne interverti. Enfin on obtient le lévulose lorsqu'on modifie l'inuline par l'eau ou par les acides.
2. Pour préparer le lévulose, on mélange intimement etàune basse température 40 grammes de sucre interverti, 400 grammes d'eau et 6 grammes d'hydrate de chaux. La masse, d'abord liquide, devient pâteuse par l'agitation; elle renferme alors du glucoside de chaux dissous et du lévuloside de chaux solide, C'^H^Ca'O'*. On l'exprime dans une toile et on décompose le lévuloside de chaux par unesolution d'acide oxalique. On évapore la liqueur au bain-marie; ce qui fournit le lévulose, sous forme d'un sirop incristallisable.
3. /^ro/3ne7es. — Le lévulose est sirupeux, déliquescent, très-soluble