LIVRE V. — CHAPITRE II'. — ACIDES MONOBASIQUES
i2. Formation. — 11 se forme^ 1° par l'oxydalion régulière de \'d\cool, GMPO-i 2° Par celle de l'aldéhyde, Cni^O-; 3° Par Toxydation de l'acétylène (p. 37) ;
4" On l'obtient aussi au moyen du formènc potassé et de l'acide carbonique :
C^H^K + G^O* = C*H3K0*, o° Ou bien par la décomposition de l'éther méthylcyanhydrique : C2H2(C2HAz) + = C''H'*Oi + kM\
6° Enfin il prend naissance dans la réaction de l'hydrate de potasse en fusion sur les acides malique, tartrique, citrique, etc.;
7° Dans la réaction de l'acide nitrique sur les corps gras;
8" Dans la distillation sèche du sucre, de la gomme, du bois, etc.
9° 11 existe en petite quantité dans les plantes et dans le sang, sous l'orme saline.
3. Préparation. — 1" En pratique, on s'appuie sur Voxydation de V alcool pour, changer le vin (ou une liqueur alcoolique analogue) en vinaigre (V. p. 167) : l'oxydation de l'alcool du vin s'effectue aux dépens de l'air, sous l'influence de certains mycodermes qui se développent rapidement à la surface du liquide et qui déterminent la fixation de l'oxygène. L'opération marchant d'autant plus rapidement que la surface est plus considérable, on fait ordinairement couler le vin dans des tonneaux remplis en partie de copeaux de hêtre, maintenus à une température de 30 à -40° et traversés par un courant d'air.
Les mycodermes agissent ici sur l'alcool, soit à la façon du noir de platine, c'est-à-dire en accumulant à leur surface l'oxygène qui dans cet état de condensation, est doué de propriétés oxydantes plus énergiques; soit à la façon de l'essence de térébenthine, c'est-à-dire en sécrétant une matière organique particulière, qui jouirait de la propriété de fixer l'oxygène de l'air, pour le céder ensuite à l'alcool.
2" Dans le midi de la France, on abandonne dans le marc de raisin des plaques de cuivre, qui se transforment en acétate de cuivre. Par la distillation, ce sel donne de l'acide acétique fort ou vinaigre radical des pharmaciens; cette substance renferme un peu d'acétone et quelques autres produits empyreumatiques.
3" Mais le seul procédé industriel qui rivalise avec l'oxydation de
§ 3. — ACIDE ACKTIQLK.
l'alcool est hx distillation du bois. En effet, lorsqu'on dislillc du bois en vase clos, il se condense dans le récipient de l'eau chargée de matières goudronneuses, d'acide acétique, d'esprit de bois, d'éthers divers, d'acétone, etc. On rectifie ce mélange, on met de côté les portions les plus volatiles (esprit de bois, acétone, éthers, etc.).
Après les composés éthérés, il distille un liquide encore fort coloré, qui est Yacide pyroligncux. Il sert en cet état pour certaines indnstries, par exemple dans la conservation des bois, etc.
Pour en retirer l'acide acétique, on le sature par le carbonate de soude, et l'on obtient un pyrolignite de soude, encore noirâtre. On le chautle; d abord il tond dans son eau de cristallisation; mais bientôt l'eau s'évaporant, il redevient solide. En augmentant la température, un lui fait éprouver alors la fusion ignée : la plupart des matières étrangères se décomposent, tandis que le sel reste sans altération; cependant il ne faut pas dépasser 300".
On reprend par l'eau, on filtre, et par cristallisation on obtient un sel presque pur. Si l'on veut l'avoir tout à fait pur, il faut le soumettre à une nouvelle fusion et à de nouvelles cristallisations.
Pour obtenir l'acide acétique monoliydraté, autrement dit Vacide acétique cristallisable, on traite l'acétate de soude fondu par 2 équivalents d'acide sulfurique :
C*H3NaO^ + S^H'O^ = C^H-O^ + S-^0«; NaO, HO.
On voit que pour réaliser une réaction plus facile et plus complète, il est utile de doubler la proportion d'acide sulfurique indiquée par la théorie. Dans tous les cas on reçoit l'acide acétique qui distille dans un récipient refroidi, où il cristallise.
On peut encore le préparer en distillant le biacétate de soude, méthode qui est aujourd'hui usitée d'une manière plus générale dans l'industrie, comme plus économique.
A. Propriétés. — L'acide acétique est un liquide incolore, transparent, soluble dans l'eau en toute proportion.
Sa densité est 1,0635 à 15 ".
Il se prend par le refroidissement en une masse cristalline, lamclleuse, qui fond à -f-^"°' En ajoutant de l'eau avec précaution à l'acide acétique, on observe que le mélange diminue de volume, comme pour l'alcool (p. IGO); le maximum de densité est 1,073; il a lieu quand on a mêlé 2 équivalents d'eau avec 1 équivalent d'acide, ii'acide pur et l'acide à 55 p. 100 ont à peu près la môme densité.
L'acide acétique bout à 118".
5. Réactions. — Chaleur. — J^'acide acétique résiste à la chaleur