LIVRE V^ — CHAPITRE II^ — ACIDES MONORASIQUES
l)aryum , en l'ormant un anhydride suroxygéné : (C'*H^O*)^ liquide
épais, Irès-oxydant et explosif.
\2. Dérivés acides ou acides doubles. — y oïcï les plus remarquables : 1° Le chlorin-e acétique ûér'wQ des acides chlorhydrique et acétique
et il est apte ù les régénérer :
C4I*0* + IlGl — H^O^ = CMFC102.
La préparation de ce corps au moyen d'un acétate et du perchlorurc de pl^osphore, ainsi que son histoire, ont déjà été signalées (p. 396).
2" L'acide acétique sulfuré ou acide thiacélique^ C'Ii*S*0', dérive des acides acétique et sulfhydrique :
On l'obtient au moyen de l'acide acétique et du sulfure de phosphore. Il bout à 94". 11 forme des sels : C*H''MS^O^
3» L'acétide hijpochloreux ou acétate de chlore, G''ïPC10\ s'obtient par la réaction de l'acide hypochloreux sur l'anhydride acétique à basse température :
C'est un corps liquide, qui détone spontanément à 100°. Il s'unit directement avecl'éLhylcne, l'acétylène, etc., et donne heu à diverses réactions intéressantes.
A" En traitant l'acide acétique par l'acide sulfurique anhydre, on obtient Vacide acétosulfurique, bibasique, G*H*0*S^O«.
Ce corps cristallise ; il fond à 62" et se décompose vers 200".
5° L'acétide benzoïque, cniHy-{C''l¥0''), s'obtient en attaquant le benzoate de soude sec par le chlorure acétique : méthode qui s'appUque également à la préparation de la plupart des composés analogues, formés par l'union de 2 acides organiques.
13. Dérivés chlorés. — 1" En faisant passer rapidement un courant de chlore dans l'acide acétique étendu d'eau et exposé au soleil, on obtient un corps nouveau, cristallisé, Vacide acétique monochloré : G*H^G10'% fusible à 62", volatil à 187°, déliquescent et très-corrosif. C'est un acide monobasique, comme l'acide acétique.
Traité par la potasse à 120', il donne du (jlycollate de potasse :
C*H'»CIO* + 2KH0« = KCl + CWKOe + H^O^
T En continuant plus longtemps l'action du chlore, on obtient
§ 5. — ACIDE BUTYRIQUE. 4ol
Vacide acétique hichloré, G*H*CPO*, lequel se transforme en acide oxyylycollique, C*H-0% par l'action de la potasse.
3"" Enfin, quand on épuise l'action du chlore, on forme Vacîde acétique trichloré, G^HCr'O*, corps crislallisable, fusible î\ 46", bouillant vers 200°. Au contact de l'amalgame de sodium, il régénère l'acide acétique.
Cet acide en présence des alcalis, semblerait devoir donner naissance il un composé plus oxydé que l'acide oxyglycollique , c'est-àdire à l'acide oxalique; mais il se dédouble en deux produits différents, savoir l'acide carbonique et le chloroforme :
C^HCPO* + 2(K0,H0) = C^HC13 + C20\K202 + H^Ol
§ i^. — Acidc propioniqnc : CH^O*.
4. On le prépare en faisant bouillir la potasse pendant quelques heures avec l'éther cyanhydrique brut, tel qu'on l'obtient en traitant à chaud l'éther iodhydrique par le cj'anure de potassium dissous dans l'alcool (p. 193).
2. C'est un liquide huileux, doué d'une odeur de choux aigres. Sa densité à 0' est 1,016. Il bout à 142". Il se mêle avec l'eau en toutes {)roportions; mais sa solution concentrée est précipitée par une addition de chlorure de calcium.
3. Son histoire chimique est calquée sur celle de l'acide acétique. Rappelons seulement que son dérivé bromé, G4i^BrÛ'% traité par l'oxyde d'argent, se change en acide lactique, C^IPO".
§ 5. — Acido butyrique : C^IISQ*.
l. On le prépare par la fermentation du sucre. On prend 100 parties d'eau, 10 parties de sucre ou de gjucose, 1 partie defromage mou. On délaye le tout; on y incorpore 10 parties de craie en poudre, et on maintient la masse à une température comprise entre 30 et 40" en agitant de temps en temps. Au bout de quelques jours la liqueur se prend en une masse blanche et confuse de lactate de chaux -CaO*, sel peu soluble. Puis elle se liquéfie de nouveau, avec dégagement d'hydrogène et d'acide carbonique, par suite de la transformation du lactate de chaux en butyrate.
Pour obtenir l'acide butyrique, on évapore la liqueur précédente;
452 LIVRE — CHAPITRE IV. — ACIDES. MOxNOBASIQUES.
le bulymte de chaux, sel moins soluble à cliaud qu'à froid, finit par se précipiter; ii mesure qu'il se dépose, on l'enlcve avec une écumoire. En le traitant ensuite par de l'acide cblorhydrique concentré, on obtient une solution de chlorure de calcium, dans laquelle l'acide butyrique est peu soluble. Aussi vient-il surnager la liqueur, sous la forme d'une couche huileuse, que l'on décante; tandis que l'acide acétique produit en même temps demeure dissous. On distille cette couche, à deux ou trois reprises, en ayant soin de recueillir à la fm seulement le produit qui passe à 163".
2. L'acide butyrique est un liquide huileux, incolore, doué d'une odeur désagréable et fétide. Sa densité vers 0° est 0,988. Il est soluble dans l'eau, l'alcool et l'éther, et bout à 1G3".
L'acide iodhydrique à 280° le change en hydrure de butylène,
Traité par l'acide nitrique ou le permanganate de potasse, il se transforme en acide saccinique, C*II''0\
3. Le hutijrale de barijte, CnVBnO', se dissout dans le tiers de son poids d'eau vers 10° et dans 400 fois son poids d'alcool absolu.
• 4. Le hutyrate de chaux, soluble dans 6 parties d'eau à 15", est moins soluble à rébuUition; il se précipite dans la liqueur bouillante. Distillé, il fournit le butyrone, G'*H**0-, qui bout à 144", et divers acétones homologues.
§ 6. — Acido valérlanique ou Talérique : Ci^H^^'OS
1. Les valérianates ou valérates sont employés en médecine comme antispasmodiques, ce qui explique l'importance de l'acide valérlanique.
1° On peut le préparer en oxydant l'alcool amylique C*''H'^0^ par un mélange de bichromate de potasse et d'acide sulfurique; on obtient ainsi un mélange d'aldéhyde amylique, G'ni*"0% d'acide valérlanique, C^"H*"0', et d'éther amylvalérique. On traite le tout par un alcali, qui s'empare de l'acide et décompose l'éther. On renouvelle l'oxvdation de l'aldéhyde par le bichromate de potasse et l'acide sulfurique, afin d'augmenter le rendement. Puis on décompose le valérate par un acide. L'acide valérique ainsi obtenu contient en général de l'acide butyrique.
2° Cet acide peut aussi être extrait de l'huile de marsouin. On saponifie cette huile et on décompose ensuite le savon formé par un acide. Puis on distille; l'acide valérlanique se volatilise avec la vapeur d'eau.