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ACIDES GRAS PROPREMENT DITS

Le procédé suivant est préférable : on saponifie l'huile de marsouin par la chaux et on traite par l'eau. Le valérate se dissout, à l'exclusion des autres savons de chaux; on concentre les eaux-mères, puis on y ajoute de l'acide clilorhydrique. L'acide se sépare en couche huileuse; on le décante. On le distille ensuite, en ne recueillant que ce qui passe vers 175°.

3° La racine de valériane donne aussi de l'acide valérianique. Pour l'obtenir, on traite 1 kilogramme de racine par 100 grammes d'acide sulfurique et 60 grammes de bichromate de potasse, le tout mélangé avec 3 litres d'eau.

On peut aussi se contenter de distiller la racine de valériane avec de l'eau aiguisée d'acide sulfurique. L'acide ainsi obtenu a une odeur plus aromatique que l'acide dérivé de l'alcool amylique.

2. L'acide valérianique est un liquide huileux, incolore, volatil, d'une odeur caractéristique, très-désagréable et persistante. Moins dense que l'eau (0,933 à 0"). Il bout à 175". Peu soluble dans l'eau, il est Irès-soluble dans l'alcool et l'éther.

3. Les valérianates ont une odeur particulière, une saveur douce avec un arrière-goût sucré. Presque tous les acides en séparent l'acide valérianique. Les plus importants sont les valérianates d'ammoniaque, de zinc, de quinine et d'atropine.

§7. — Acides gras proprement dits.

1. Les acides gras proprement dits les plus importants sont :

1° L'ocide margarique ou palmitique, G'^H'^0*. Cet acide fond à 61°; • il se trouve combiné dans la plupart des huiles végétales et des graisses animales.

2° Vacide stéarique, C'«H'''0*; cet acide fond à 70°.

3° Vacideoléique, G'^P'^O''; cet acide fond à 14°.

Ce dernier corps appartient à une série diflerente de celle où l'on range les premiers; mais il les accompngne toujours dans la nature.

On obtient ces divers acides en saponifiant les corps gras neutres, lesquels représentent les éthers glycériques des acides gras (p. 231)).

2. Préparation de l'acide stéarique. — Dans l'industrie on prépare l'acide stéarique impur (lequel constitue la bougie)^ en saponifiant une graisse animale par la chaux éteinte. Après quelques heures d'ébullition, on décompose à chaud le savon calcaire par l'acide sulfurique étendu, ce qui fournit un mélange des divers acides gras. Ce mélange devient solide en se refroidissant. On le soumet alors à la

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presse, pour en séparer une partie de l'acide oléique, liquide à la température ordiniure. On soumet, de nouveau, à une température un peu plus haute, la masse à la presse, afin d'enlever le reste de l'acide oléique.

On obtient ainsi de l'acide stéarique, suffisamment purifié d'acide oléique, mais retenant encore de l'acide margariquc. Dans l'économie domestique ce corps est d'un emploi beaucoup plus avantageux pour l'éclairage que les corps gras neutres eux-mêmes, d'abord parce qu'il est moins fusible, et aussi parce qu'il ne contient pas de glycérine, et ne peut fournir en brûlant de l'acroléine, matière dont l'odeur est fort désagréable.

Pour obtenir l'acide stéarique bien pur, il faut le retirer du bistéarate de potasse. On prépare ce sel au moyen de l'acide stéarique et d'une quantité de potasse égale à la moitié de la quantité nécessaire pour former un sel neutre. On fait alors cristalliser ce sel dix ou douze fois dans l'alcool bouillant, jusqu'à ce que le point de fusion de l'acide qu'on en retire soit devenu égal à 70°; puis on décompose le bistéarate par un acide.

3. Propriétés. — L'acide stéarique se présente sous la forme de cristaux brillants et nacrés, excessivement minces.. Il fond à 70°. Il donne des vapeurs vers 360% mais en se décomposant. On le distille cependant dans le vide. Ce corps est complètement insoluble dans l'eau, très-soluble dans l'alcool bouillant, dont il se séparé presque entièrement par le refroidissement. Il est soluble dans 8 parties d'éther froid et dans 40 parties d'alcool absolu froid.

4. Savons. — Les savons sont des sels à acide gras et à bases alcalines : ce sont des oléo-margaro-stéarutes de potasse ou de soude. Les savons à base de potasse ou de soude sont solubles; les savons formés par la chaux, les terres, les oxydes métalliques sont insolubles. Ceux de potasse sont très-mous.

Les savons alcalins sont insolubles dans les solutions salines concentrées. Aussi l'industrie les sépare-t-elle de l'eau en ajoutant à celle-ci du chlorure de sodium. La teinte verte que l'on remarque dans le savon ordinaire est due à la présence d'une trace de sulfure de fer. Les marbrures de certains savons sont un indice certain qu'ils ne renferment pas au delà de 30 p. 100 d'eau : car lorsque la pâte contient plus de 30 p. 100 d'eau, les sulfures métalliques qui constituent les marbrures se déposent facilement dans l'eau mère et ne peuvent- plus s'incorporer avec la masse savonneuse que l'on sépare au moyen du sel marin.

3. Stéarates. — On connaît deux stéarates de potasse, le stéarate neutre et le bistéarate. Le premier se prépare en traitant l'acide stéa-

§ 8. — ACIDES : C2"Il"-«0*.

riqiie par le quart de son poids de poUsse; on obtient des grumeaux qiie l'on exprime. On fait ensuite cristalliser la umtière plusieurs fois dans l'alcool bouillant; par le refroidissement, il se sépare des lamelles brillantes de stéarate de potasse, G»"H''KO*.

Ce sel dissous dans une grande quantité d'eau, se décompose et donne un dépôt de petites paillettes, brillanles et nacrées, qui sont du bistéarate de potasse, G^«tP^KO% C'm''0\

Les stéarates insolubles peuvent être préparés par double décomposition en partant du stéarate neutre de potasse. L'emplâtre est constitué essentiellement par un savon de plomb. On le préparc en traitant directement les graisses par la litharge.

G. L'acide margarique s'obtient en saponifiant la graisse humaine ou l'huile de palme par un alcali, puis en faisant recristalliser dans l'alcool le sel alcalin, ou bien encore l'acide que l'on en retire. Il jouit de propriétés entièrement analogues à l'acide stéarique, si ce n'est qu'il fond à Gl".

7. Vacide oléiqne est liciuide; on le retire des huiles végétales, en précipitant le savon dissous dans l'eau par le chlorure de baryum; ce qui fournit un mélange de stéarate, margarate, oléate de baryte. Ce mélange, traité par l'alcool bouillant, lui cède de l'oléate de baryte, qui se dépose par le refroidissement. On le fait recristalliser dans l'alcool; puis on le décompose par l'acide tartrique dissout dans l'eau tiède, en opérant dans une atmosphère d'acide carbonique ou d'hydrogène.

L'acide oléique fond à 14'. Il absorbe facilement l'oxygène de l'air. Sous l'influence de l'acide nitreux, il se transforme rapidement en un acide isomérique solide, l'acide élaïdique, lequel fond à 44".

L'acide oléique, chauffé avec de l'hydrate de potasse en fusion, se change en acides margarique et acétique :

C36H340* + 2KH02 = C^^HMKO* + CWKO^ + IIK § 8. — Acides : C«"H«°-20\

1. Vacide acrylique, G*HH)*, s'obtient en traitant l'acroléiric (aldéhyde allylique)par l'oxyde d'argent. On fait cristalliser dans l'eau le sel d'argent et on le décompose par l'hydrogène sulfuré.

L'acide acrylique, traité par l'amalgame de sodium, se change en acide propionique, CH'^O*.

2. Uacide crotonique, G^WO% s'obtient en saponifiant l'huile de croton tiglium, qui en renferme une petite quantité.

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L'oxydation de l'aldéhyde crotonique, C^H^O*, dérivé lui-même de l'aldéhyde ordinaire (p. 399), engendre aussi de l'acide crotonique.

3. L'acide ancjélique, C*"H^O*, est contenu dans la racine d'angélique (angelica archangelica). Il cristallise en longues aiguilles, fusibles à 400; il bout à 191°. La potasse fondante le change en acides acétique et propionique :

G'«H«0^ + 2KH02 r= C4H^K0'* -f- C6H«K0* -f H^.

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