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ACIDE MALIQUE

drogènc sulfuré; on la divise en deux parties égales; on salure l'une d'elles exactement par l'ammoniaque, on y ajoute l'autre portion, et par évaporation on obtient un malate acide d'ammoniaque, sel que Von purifie facilement, parce qu'il cristallise très-bien. On transforme de nouveau ce sel en malate de plomb, que l'on décompose cnlin de rechef par l'acide sulfhydrique. 3. Il existe deux variétés d'acide malique :

1» L'acide naturel, qui dévie à gauche le plan de polarisation; il fond vers lOO";

2° L'acide arliliciel qui estinaclif; il fond à 133".

i. Chaulle i\ 175", l'acide malique se change en deux acides isomères, les acide maléique et fumarique :

A une température plus haute, Vacide maléique anhydre, G^H^O^ se sublime en petits cristaux blancs caractéristiques, et sans qu'il reste de résidu sensible, au moins lorsqu'on opère sur de petites quantités d'acide malique.

5. Vhijdroyène naissant, c'est-à-dire l'acide iodhydrique vers 130", change l'acide malique en Vacide succinique :

C^IIfiO'» -f = C8H«0« 4- H-'02. *

5. L'oj:?/^è«e exerce diverses réactions intéressantes. Par l'influence ménagée du bichromate de potasse et de l'acide sulfuriquc, on obtient Vacide malonique:

CSH^O'» -h 0'* = C«H''OS 4- C^O^ 4- H^O^.

iVvec l'acide nitriq.uc on forme Vacide oxalique., G''ll-0\

Avec la potasse en fusion, on obtient les acides oxalique et acétique:

C'IFO'o 4- Hn)2 = 4- C*H208 4- H^.

7. Les malatea sont neutres, C'H'M'O'», ou acides, C/IPMO'"; ils sont pour la plupart solubles. Nous, avons indiqué plus haut la préparation des bimalates d'ammoniaque et de chaux, ainsi que celle du malate de plomb.

Les solutions d'acide malique ne troublent l'eau de chaux ni à Iroid ni à l'ébuUition. Elles ne précipitent ni l'azotate de plomb, ni l'azotate d'argent. Mais elles forment avec l'acétate de plomb un pi'écipité lourd et floconneux, qui se change peu à peu en cristaux soyeux.

478 LIVRE V. - CHAPITRE m^ - ACIDES POLYBASIQUES.

§ 18. — Acide gallique : C"H«0'0.

1. Acide monobasique et phénol Lri:itomique. Cet acide se fornic par l'oxydation indirecte de l'acide salicylique :

1 C'*HW + 2(KO,H0) = C'iHeO'o + 2KI.

Il existe dans le noir de galle, dans le sumac, dans les feuilles de ïarctostaphylos iwa ursi, etc.

2. Il se prépare surtout parla décomposition du tannin de la noix de galle. A cet effet on abandonne à l'air, pendant quelques mois, des noix de galle concassées et maintenues humides. On exprime la masse, et le résidu est traité par l'eau bouillante. L'acide gallique cristallise par refroidissement. On peut aussi faire bouillir avec l'acide sulfurique étendu, l'extrait aqueux de noix de galles.

3. L'acide gallique forme de longues aiguilles soyeuses, renfermant IPO^ de cristallisation. Il est inodore, d'une saveur astringente, soluble dans 100 parties d'eau froide et dans 3 parties d'eau bouillante, très-soluble dans l'alcool, moins sohible dans l'éther.

4. Chauffé vers 200", dans un courant d'acide carbonique, l'acide gallique se décompose en pyrogallol et acide carbonique:

C'*H60io = C20*+Ci2H60«.

La solution gallique ne précipite ni les alcaloïdes ni la gélatine, comme le fait le tannin. Elle produit un précipité bleu dans les sels de fer; elle précipite aussi l'émélique.

Chauffé brusquement vers 150", l'acide gallique se résout en acide métagallique, eau et acide carbonique :

2C'4H60io = 2C-0'* + + C^fFO».

L'acide métagallique appartient au groupe des acides ulmiques. Chauffé avec l'acide sulfurique concentré, l'acide gallique se change en acide ru^gallique, C**H*0^

5. L'acide gallique est très-oxydable : sa solution aqueuse absorbe peu à peu l'oxygène de l'air, en noircissant et en dégageant de l'acide carbonique. En présence des alcalis, la réaction est immédiate.

L'acide gallique réduit les sels d'or et d'argent. G. Enfin la solution de noix de galle, abandonnée à elle-même au contact de l'air, ou bouillie avec l'acide chlorhydrique, donne

§ 19. — ACIDE TARTRIQUK. "9

naissance à un acide cristallisablc, bibasiquc, presque insoluble dans l'eau : C'est V acide ellagique, G^'H''0^'*+2H^0% lequel semble dériver de l'acide gallique. Cet acide préexiste dans certains bczoards orientaux.

§ 19. — Acide (artriquc : CSll^^O'^.

1. Formation. — Cfi^i un acide bibasiquc et un alcool diatomique. On le forme :

1° En oxydant l'acide succinique par Finlermède de son dérivé bibromé :

2» En oxydant par l'acide nitrique étendu la maïuiite, les sucres et spécialement la dulcite et le sucre de lait. La glycérine même en fournit aussi.

2. Étals naturels. — L'acide tartrique existe à l'état libre ou salin dans la plupart des fruits acides, et notamment dans le jus du raisin. Après la fermentation alcoolique, la solubilité du bitartrate de potasse ayant diminué, par suite de la formation de l'alcool, ce sel se précipite en partie, mêlé avec un peu de tartrate de chaux et de matière colorante: c'est le tartre brut des vins. La précipitation est lente et se continue pendant plusieurs mois, parce que la liqueur échaulfée pendant la fermentation se refroidit peu à peu dans les tonneaux : ce qui diminue aussi la solubilité du bitartrate de potasse.

3. Isomères. — L'acide tartrique existe sous quatre modifications différentes, savoir :

1° Vacide tartrique inactif: c'est l'acide artificiel formé avec l'acide succinique ;

2° L'acide tartrique droit, qui tourne à droite le plan de polarisation : c'est l'acide ordinaire. Cet acide et ses sels sont hémièdres;

3° Vacide tartrique yavche, symétrique avec le précédent. Cet acide et ses sels sont hémièdres, niais de signe contraire aux précédents ;

•4" L'acide tartrique neutre, dit aussi acide racémique ou paratartrique : il est formé par la combinaison des acides droit et gauche et susceptible d'être dédoublé en ces deux corps. Cetacirlc se trouve en petite quantité dans le raisin.

4. Préparation. — On extrait l'acide tartrique du tartre. A cet eifct on fait bouillir ce dernier avec de l'eau et un peu d'argile; par refroidissement la liqueur filtrée dépose du bitartrate de potasse (crème de tartre).

480 LIVRE Y*. — CliAPITRE IIF.

— ACIDES POLYBASIQUES.

On retire l'acide tartriqiie de la crème de tarlre en délayant ce corps dans 10 à 12 fuis son poids d'eau bouillante; on sature avec de la craie, que l'on ajoute jusqu'à ce qu'il ne se fasse plus d'effervescence; la moitié de l'acide larlriquc se trouve alors précipitée à l'état de tartrate de chaux :

La liqueur qui contient l'autre moitié à l'étal de tartrate neutre de potasse doit être décomposée à son tour par le chlorure de calcium :

C«H^K20i2 + 2CaClr=2KCl + CWCa^Oi^.

On réunit les deux précipités, on les lave et on les décompose à chaud par une quantité équivalente d'acide sulfurique, étendu de 2 à 3 fois son poids d'eau :

On sépare le sulfate de chaux, on évapore la liqueur et on la fait cristalliser dans un endroit un peu chaud . 11 est important, si l'on veut avoir de beaux cristaux, d'opérer en présence d'un léger excès d'acide sulfurique.

5. Propriétés. — L'acide tartrique est un corps solide, transparent, cristallisant parfaitement^, en prismes rhomboïdaux obliques et hémiédriques.

Sa saveur est acide, assez agréable. 11 est soluble dans 1 1/3 partie d'eau à 19" et dans 2 parties d'alcool ordinaire; il est peu soluble dans l'éther. L'acide paratartrique exige, pour se dissoudre à 13°, 6 parties d'eau et 48 parties d'alcool.

La solution d'acide tartrique forme avec les sels de potasse concentrés un précipité blanc, cristallin de bitartrate caractéristique. Elle précipite l'eau de chaux; mais le précipité se redissout dans un excès d'acide. Elle ne précipite pas les chlorures de calcium ou de baryum, tandis que les tartrates neutres les précipitent. L'acétate de plomb précipite l'acide tartrique. Ce même acide empêche la précipitation des oxydes ferrique et cuivrique par la potasse, môme bouillante .

0. Chaleur. — Soumis à l'action de la chaleur, l'acide tartrique fond vers 170° et se transforme d'abord en iin acide isomérique (?); à une plus haute température, il fond et se change en une masse spongieuse, boursouflée, d'abord soluble, niais qui devient peu à peu insoluble : c'est V acide tartrique anhijdre :

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