CHAPITRE II*. — ALCALIS NATURELS
Ces sels sont très-solubles et cristallisent difficilenienl.
Avec le bichlomre de platine et l'acide chlorliydi-ique, on obtient un chlorure double de platine et de nicotine cristallisé, entièrement analogue avec le chlorure double de platine et d'ammoniaque.
La nicotine donne, avec les sels de cuivre, un précipité verdâtre, qui se redissout dans un excès de nicotine, mais beaucoup moins l'acilement que dans un excès d'ammoniaque. Avec les sels de zinc, elle forme un précipité blanc, soluble dans un excès de réactif; avec les sels de plomb, un précipité identique à celui qu'on;obtient par l'ammoniaque.
§ 8. — Atropine. — Solanlnc.
1. On extrait des solanées divers autres alcalis, qui ne paraissent avoir aucune parenté avec la nicotine.
Vatropine, C'*H-*AzO^ existe dans les diverses parties de la belladone {atropa belladona). Pour la préparer on réduit en poudre la racine sèche et on la fait digérer avec de l'alcool; on exprime, on passe, on ajoute de la chaux éteinte; on filtre, on acidulé légèrement la liqueur par l'acide sulfnrique, on filtre de nouveau, on évapore au tiers; on concentre à une douce chaleur, puis on ajoute du carbonate de potasse, à peu près jusqu'à cessation de réaction acide; on filtre encore et l'on ajoute une nouvelle dose de carbonate de potasse, pour précipiter l'atropine.
Le dépôt est séché et repris par l'alcool très-fort; traitée par le noir animal, la liqueur, mêlée avec 5 à 6 volumes d'eau, laisse déposer peu à peu l'atropine cristallisée.
2. L'atropine est très-vénéneuse. Elle dilate la pupille. Elle se dissout dans 280 parties d'eau froide, dans 63 parties d'alcool froid, dans 3 parties de chloroforme. Elle est fort altérable, sous l'influence de l'air et de la lumière.
3. Traitée par les agents oxydants, elle fournit de l'aldéhyde benzoïque et de l'acide benzoïque. Elle se dédouble sous l inlluence de l'acide chlorhydrique concentré en acide tropique, C***lP<'0*', et tropine, nouvelle base, C'«H*-'AzO* :
/i. La solanine, C^Hl'^AzO^^, existe dans les baies de la morclle, de la douce-amère, de la pomme de terre; dans les rameaux étiolés d cette dernière, etc. Pour la préparer on traite ceux-ci par l'acid
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sulfui'iquc dilué; on précipite par l'ammoniaque et l'on lait cristalliser dans l'alcool.
La solanine se dédouble sous rinllucncc des acides étendus, en (jlucose et solanidine :
Cs»ir'A/.03^ + ôH^O^ = oC'-'H'-'0'=î + CB'^Hi'AzO^ § 9. — Alcalis de lu clique. — Coniiie • C'«H''Az.
1 . La conine ou conicine existe dans tous les organes de la grande ciguë {coniuni rtiaculatum). Pour l'obtenir on distille les fruits écrasés, avec une solution étendue de soude ; on neutralise la liqueur distillée par l'acide sulfurique étendu.
On évapore ce sirop, et l'on reprend par un mélange d'alcool et d'éth(M'. On chasse l'éther et l'alcool, puis on distille le sulfate de conine avec une solution concentrée de soude. La conine distille avec l eau, dans laquelle elle est peu soluble ; on la sépare, on la sèche sur la chaux caustique et on la rectifie dans une atmosphère d'hydrogène.
2. Dans ces derniers temps on a réussi à obtenir un alcali idenli(Iuo oi: isomère avec la conine, par la réaction de l'ammoniaque sur un «ildéhyde butylique :
o, La conine est un liquide limpide, oléagineux, nauséabond, d'une den.>,itéde 0,8!). Elle bouta 212". Elle dissout à froid le tiers de son poids d'eau, et se dissout dans 100 parties d'eau. Elle se mêle avec l'alcool, l'éther, etc. C'est un alcali assez puissant. Son chlorhydrate, C"'PÏ''Az,HCl, cristallise. L'air la résinific.
4. Traitée par l'acide nitreux,la conine formeun dérivé, G*nI*^Vz'0^ que l'acide phosphorique anhydre détruit avec formation demiyléne, iVHV^ : c'est un carbure qui bout à 12G".
5. Les fruits de ciguë renferment un autre alcali, la conhydrine, C'HV'AzO\ qui renferme, en plus que la conine, les éléments de l eau, H^O*. Elle est cristallisable et distille après la conine, dans la préparation de celle-ci. Elle fond à 120° et boutà226". L'acide phosphorique anhydre la dédouble en conine et eau.
§ 10. — AloaliM diver»i.
i. Pi/>éridim>. — Di\cvses espèces de poivres, lavés à l'eau froide,