‹ Traité élémentaire de chimie organiqueChapitre 388 sur 402 · C.«HTAzO · texte numérisé non relu

C.«HTAzO

C'«}FAzO\

Tnoxindol (acide isatiquc) : . . . ÇAm'\9.0\

546 LIVRE VHP. - CHAPITRE - AMIDES PROPREMENT DITS.

Anhydrides.

Indigo bleu et isomèreï;. . .

Isatine. ...

Corps condensés.

Indigo blanc

Isalhvde

Hvdrindine

Isalochlorine, Isatopurpurinc,

C'SH'îAzO^

(C'6H3AzO«)

L'indol est le terme le plus simple de toute la .série, celui que l'on obtient en poursuivant les actions réductrices jusqu'au bout; mais on n'a pas encore réalisé les actions inverses.

On a formé l'indol par la décomposition de l'acide nitro-cinnamique :

C'W(AzO0O^ - C»0* — + 2H2, = Ci«H'Az ;

ce qui semble rattacher l'indol au styrolène, C'^H». Les dérives indigotiques traités par la potasse fondante ou par les agents oxydants fournissent également des dérivés aromatiques, tels que l'acide saîicylique, G'^H^O'; l'acide anthranilique (phénolammicarbonique), G*''H'AzO''; l'aniline, C^^H'Az; le phénol, G^^H^OS etc.

Cependant la synthèse régulière de l'indigo n'a pas encore été réalisée au moyen de l'indol, du styrolène ou des composés salicyliques. On a seulement observé la formation d'une trace d'indigo en chauffant brusquement l'acétobenzone nitré avec un mélange de chaux sodée et de zinc en poudre :

C«6H7(AzO^)02 — 0-' - = C'6H-Az02.

Rappelons que l'acétobenzone lui-même, G'*H'0-j fournit un dérivé styrolénique, le phénylacétylènc, G'«IP, par déshydratation.

2. Etats naturels.— L'indigo existe dans le suc de ccri aines plantes : Indigofera tinctoria ; I.argmtea- isatis tinctoria; polygonum tinc-

torium. Il s'y trouve combiné avec un sucre spécial, Vindiylucine, sou^ la forme cVindicane, sorte de glucoside. L'indicane semble exister aussi en petite quanlité dans l'urine de l'homme et du chien.

3. Préparation. — On prépare l'indigo en exposant à l'air le suc des plantes précitées, après l'avoir soumis à une fermentation spontanée. L'indigo s'en précipite, sous la forme de flocons bleus.

On le purifie en le Iraitant par un acide étendu, puis par l'eau ou l'alcool; ou mieux encore en le changeant par les agents réducteurs dans une matière soluble et incolore, Vindigo blanc.

A cet eiïet on prend l partie d'indigo pulvérise, 2 parties de sulfate de protoxyde de fer, .3 parties de chaux éteinte et 150 parties d'eau ; on introduit le tout dans un vase bouché. Le protoxyde de fer, qui résulte de la réaction de la chaux sur le sulfate , s'oxyde aux dépens de l'eau, dont l'hydrogène se porte en même temps sur l'indigo, et le change en indigo blanc, G*ni«AzO*, ou plutôt C*^H'*Az«0\ La liqueur, décantée et exposée ensuite au contact de l'air, dépose rapidement des flocons bleus d'indigo. -

Au lieu d'exposer la liqueur même à l'air, si l'on y trempe des tissus végétaux et que l'on expose, ces derniers à l'air, ils demeurent teints, c'est-à-dire couverts de la matière tinctoriale, qui y adhère solidement. L'ensemble de ces opérations constitue ce qu'on appelle dans l'industrie la cuve à froid à la couperose.

La cuve à Vnrpiment se compose avec du sulfure d'arsenic et de la potasse causticjue; \a cuve à Voxyde d' et ain, ii\ ce une solution de protoxyde d'étain dans les alcalis. La cuve au pastel [cuve à chaud) se compose avec des feuilles de pastel réduites en pâte, de l'eau, de la chaux éteinte, enfin un peu de son et de garance. La cuve au sucre fournit l'indigo cristallisé : elle consiste à réduire l'indigo par un mélange de glucose et de soude caustique, en employant l'alcool comme dissolvant commun.

\. Propriétés. — L'indigo pur ou indigotine, possède une couleur bleu foncé, avec reflet pourpre. Il prend un éclat métallique sous le brunissoir. Inodore, insipide, neutre, sa densité est de 1,35. Insoluble dans les dissolvants, il se volatilise en répandant des vapeurs pourpres, si l'on opère sur une petite quantité. Mais on ne peut le distiller en quantité notable sans décomposition.

5. Agents réducteurs. — Les agents réducteurs transforment l'indigo bleu d'abord en indigo blanc; puis en divers produits mal connus. Ces produits, chauffés avec du zinc en poudre vers le rouge sombre, * se changent en indol , C'^H'^Az , composé incolore, cristallisable, fusible à 52", soluble dans l'eau bouillante, et ([ui ne forme pas avec les acides de combinaisons stables.

Sous des influences réductrices plus énergiques encore, telle que celle de l'acide iodhydrique à 275% l'indigo se change en ammoniaque et hydrure d'octjjlène, C'"!!'". Ce sont les termes extrêmes de sa réduction.

e. Agents oxijdants. \" 1 satine. — Le premier terme de l'oxydation de

o48 LIVRE VHP. — CHAPITRE I". - AMIDES PROPREMENT DITS.

l'indigo, par les agents les plus divers, est Visatine, beau composé rouge orangé et cristallisé :

C'«H3AzO^ + 0« = C»6H«AzO\

L'isatinc ne reproduit Vindigo que dans des conditions tout à fait spéciales, telles que la réaction d'un mélange de chlorures acétique, phosphoreux et de phosphore vers 80°.

Les actions hydrogénantes ordinaires, telles que celle de l'hydrogène sulfuré, produisent d'abord de Visathyde, C^^IP^Az'0\

L'amalgame de sodium en présence de l'eau va plus loin, et change l'isatine en dioxindol, sorte d'hydrate d'indigotine, C^U'AzO*; puis viennent Voxindol, C'^H'AzO«, et Vindol, C'«H'Az.

L'isatine se dissout dans les alcalis en formant les sels de Vacide isatique, G'^'H'AzO''; elle en représente l'anhydride.

2° En oxydant l'indigo plus cnergiquement, l'acide azotique produit de Yacide nitrosahjcilique, G'*TP(AzO*)0'', puis du phénol triràiré.

L'hydrate dépotasse fondu produit d'abord du phénolammicarbonate (anthranilate) puis de la phénolammine (aniline).

7. Vacide sulfarique étendu n'attaque pas l'indigo; mais l'acide fumant le dissout et forme un composé soluble dans l'eau,

8. Analyse. — On essaye l'indigo comme matière colorante à l'aide d'une liqueur titrée de chlorure de chaux, après l'avoir dissous dans l'acide sulfurique concentré vers 50 ou 60".

Page 1