LIVRE VIII'. — CHAPITRE IIP. — SÉRIE CYANIQUE
tallisation. On peut encore faire bouillir la liqueur avec du fer, qui s'y dissout en dégageant de l'hydrogène. Enfin le fer peut être ajouté ï. l'avance avant la calcination.
Dans tous les cas, la liqueur évaporée dépose du ferrocyanure, que l'on fait recristalliser.
Le ferrocyanure cristallise sous une forme tabulaire, dérivée de l'octaèdre à base carrée. Il est jaune citron, transparent, sa densité est 2,05. 11 se dissout à 15° dans 4 parties d'eau. A 100°, il perd son eau de cristallisation et blanchit.
La chaleur rouge le détruit, avec formation de cyanure de potassium, d'azote et de carbure de fer.
Traité par le chlore ou les agents oxydants en solution aqueuse, il se change en ferricyanure.
Le ferrocyanure de potassium se comporte comme un sel bibasique, dérivé d'un acide complexe : Gy^Fe(H*). En effet, la solution de ce sel, récemment bouillie pour la priver d'air, puis mêlée avec l'acide chlorhydrique et agitée avec de l'éther, laisse déposer ledit acide ferrocyanhydrique, sous la forme d'un précipité blanc et cristallin, que l'oxygène altère aisément.
2. De même le ferrocyanure de potassium échange son potassium contre la plupart des métaux, en fournissant des précipités caractéristiques et qui renferment presque tous 3 HO, comme le ferrocyanure primitif :
Cy3Fe(Zn2) + 5H0, blanc,
Cy^Fe(Ca2) + oHO, marron; Irès-sensible,
Cy3Fe(Pb2) + 5H0, blanc,
Cy^Fe(Ag2) blanc; anhydre. '
Parfois la moitié seulement du potassium est déplacée :
CY3Fe(BaK) + 5no, composé cristallin peu soluble ;
Cy3Fe(CaK) + 5H0, composé cristallin peu soluble ;
Cy9Fe(FeK),
précipité blanc bleuâtre, très-altérable à l'air, que l'on obtient soit par double décomposition avec les sels ferreux, soit en chauffant le ferrocyanure de potassium avec l'acide sulfurique étendu.
§ 5. — CYANURES DOUBLES. 561
3. Tel est encore le bleu de Prusse, obtenu par la réaction d'un sel l'eiTiquc :
Cy3Fefeï -f 6H0, c'est-à-dire CyW-|-18H0,
fe désigne icij^Fe, de fticon à exprimer Téquivalcnce des sels ferri({ue.s neutres avec les sels des bases ordinaires.
Dans les arts, on prépare le bleu de Prusse en mêlant le cyanure jaune avec le sulfate ferreux; on obtient un cyanoferrure de fer et de potassium, (^ue l'on traite par l'acide chl()rliydri(|ue pour extraire le potassium, puis par le chlorure de chaux.
Le bleu de Prusse est insoluble dans Teau, l'alcool, les acides faibles; il se dissout dans l'acide oxalique (encre bleue); l'acide chlorhydri((ue concentré le détruit; la potasse le décompose également en régénérant du cyanure jaune. L'oxyde de mercure le transforme en cyanure de mercure, sous l'influence de l'eau.
i. /'errici/aniere de potassimn [pi'ussiale ïou^e ou cyanure rouge).
(Ml prépare ce sel en traitant une solution étendue de fcrrocyanure (K- potassium par un courant de chlore, jusqu'à ce que les sels de peroxyde de fer n'y produisent plus de précipité bleu. On concentre, on fait cristalliser et recristalliser.
On obtient un beau sel rouge de sang, en prismes rhomboïdaux obliques transparents.
Densité, i,8L>. 100 parties d'eau en dissolvent 40 parties à 15", 83 parties à 100°. Il est insoluble dans l'alcool.
L'acide chlorhydriquc décompose à chaud la solution de ce sel, avec formation de bleu de Prusse.
La solution du môme sel, bouillie avec la potasse et un corps • •xydable, régénère du fcrrocyanure.
Une solution de ferricyanurc forme des précipités caractéristiques avec divers sels métalliques. Elle ne précipite pas les sels ferri- (lues. Avec les sels ferreux, elle fournit un précipité bleu spécial le f 'erricyanure ferreux (Cy«Fe'')Fe^ '
3. Nùroprussiates. - Ce sont des sels particuliers, obtenus par la réaction de l'acide azotique sur les ferrocyanures, et qui développent une belle couleur pourpre avec les sulfures alcalins.
Tel est le nitroprussiatc de sodium :
Cy'Fe^ AzOS Cy2i\a«-f- iAq,
sel rouge en gros prismes rhomboïdaux droits, que l'on obtient traitant 1 équivalent de ferrocyanure de potassium en poudre par
en