LIVRE H'. — CHAPITRE IIK — ÉTHYLÈNE
concentré; on fait le mélange dans une flole, on y incorpore une certaine quantité de sable pour empêcher la masse de se boursoufler, puis on chauffe avec précaution. Lorsque le liquide atteint la température de 165 à 170% il dégage en abondance de l'éthylène.
C.egazest souillé par une grande quantité de vapeur d'éther, par de l'acide sulfureux, un peu d'acide carbonique, d'oxyde de carbone, etc. On le purifie en le faisant barboter dans une série de flacons laveurs contenant de l'eau, de la soude et de l'acide sulfurique concentré. On le recueille sur l'eau ou sur le mercure.
2. L'éthylène est un gaz incolore, doué d'une odeur de marée, lorsqu'il est tout à fait pur; mais en général cette odeur est masquée par celle des produits éthérés. Il peut être liquéfié avec le concours d'un froid intense et d'une pression considérable. Il est peu soluble dans l'eau, un peu plus soluble dans l'alcool et dans les liquides hydrocarbonés. Il brûle avec une flamme blanche et brillante et un léger dépôt de noir de fumée. Sa densité est égale à quatorze fois celle de l'hydrogène, c'est-à-dire qu'elle est la même que celle de l'azote et de l'oxyde de carbone, et représentée par le nombre 0,97. Un équivalent d'éthylène, c'est-à-dire 28 grammes, dégage en brûlant 331,000 calories : c'est à peu près la même quantité de chaleur que le carbone et l'hydrogène qu'il renferme.
3. La composition de l'éthylène peut être établie par l'analyse eudiométrique. En eflet, 1 volume d'éthylène exige pour brûler 3 volumes d'oxygène; il produit 2 volumes d'acide carbonique et 2 volumes de vapeur d'eau :
Nous allons étudier successivement les réactions que l'éthylène éprouve de la part de la chaleur, de l'hydrogène, de l'oxygène, du chlore, des acides, etc.
^4. — Action de la chaleur sur l'éthylène.
1. Commençons par l'action de la chaleur. Les résultats, simples en principe, se compliquent par la succession d'une série de réactions qui se superposent et que nous croyons cependant utile de développer, parce qu'on observe une succession semblable dans l'action de la chaleur sur la plupart des principes organiques. Nous examinerons d'abord l'action de la chaleur sur l'éthylène pur, puis sur l'éthylène mélangé avec d';mtres carbures, étude que l'on ne saurait séparer de la précédente.