LIVRE 11*. — CHAPITRE V. - DIVERS CARRURES
ce résultat, il suilit de remplacer dans le formène la moitié de l'hydrogène qu'il renferme par un volume égal du formène lui-même :
C2H2(Hî) — + C«H*= C2H2(C2H*).
Le carbure que l'on obtient, c'est-à-dire le méthyl formène, est identique avec l'hydrure d'éthylène. Or, ce mode de génération indique qu'un tel carbure, obtenu au moyen du formène par substitution équivalente et sans élimination d'aucun élément , doit offrir, au même titre et de la môme manière que le formène, les propriétés d'un carbure saturé.
La même conclusion s'applique à tous les carbures 0^°H^''+-, parce que le même mode de génération s'applique de proche à proche à toute la série G'"H'"+^
3. La métamorphose du formène en hydrure d'éthylène peut être développée sous une autre forme, équivalente au fond à la précédente, mais qui fait apercevoir d'une manière plus directe les réactions propres à effectuer cette métamorphose.
Remarquons, en effet, que la formule de l'hydrure d'éthylène, C*H^ étant divisée par 2, se ramène à la suivante, G4i', laquelle diffère du formène, G^H*, par un seul équivalent d'hydrogène. Or l'expérience prouve qu'il ne saurait exister de carbure d'hydrogène renfermant un nombre impair d'équivalents d'hydrogène dans sa formule (cette dernière étant déterminée par les considérations ordinaires d'équivalence). Si donc on enlève au formène, par un procédé quelconque, un seul équivalent d'hydrogène, la formule du composé résultantdevra être doublée, c'est-à-dire qu'il dérivera de Smolécules de formène, ce qui, est conforme à la formule de l'hydrure d'éthylène. C'est précisément par les mêmes raisons et de la môme manière que le formène, privé par la chaleur ou par le chlore de 3 équivalents d'hydrogène, G^H* — H', ne fournit pas un carbure, G^H, mais à sa place un carbure de formule doublée, identique avec l'acétylène, G*H* (p. 31). Ge sont là des relations générales dans l'étude des carbures d'hydrogène et des autres composés organiques.
Il s'agit donc d'éliminer un seul équivalent d'hydrogène aux dépens du formène, problème qui se présente dans une multitude d'autres cas en chimie organique.
4. On peut y parvenir par l'action immédiate de la chaleur rouge sur le formène, action qui produit en effet un peu d'hydrure d'éthylène.
5. On arrive au butplus aisément en remplaçant d'abordl'hydrogène par un corps facile à séparer des autres éléments, tel que l'iode. A cette fin, on change le formène, G-H*, en formène chloré, G^H^Gl, par
§ 2. — HYDRURE D'ÉTllYLÈNE. 77
l'action directe du chlore; puis on traite le formène chloré à 100 ou 150" par l'acide iodhydrique, qui se substitue à l'acide chlorhydrique et produit du formcne iodé, G-H=^I. 11 ne reste plus qu à ôter l'iode.
Pour y parvenir, on chauffe ce composé avec du zinc métallique à 150°, dans un tube scellé, et l'on obtient enfin l'hydrure d'éthylène :
âC^HH + 2Zn = [Cm^y- + 2ZnI.
L'électrolyse des acétates alcalins donne lieu à une réaction analogue, opérée par oxydation sur le formène naissant :
2C*H*0^ = j 2H j + { 20^0" + {m"' j l'ôle — Pôle +
C'est même là le procédé le plus expéditif pour préparer l'hydrure d'éthylène, parce que la réaction a lieu à la température ordinaire, sans autre appareil que 6 à 8 éléments Bunsen et Mn vase électrolylique, divisé par une cloison poreuse en deux compartiments concentriques.
L'hydrure d'éthylène se forme aussi par la décomposition des substances organiques très-hydrogénées sous l'influence de la chaleur. Il fait encore partie du gaz qui accompagne les huiles de pétrole naturelles, dans les lieux d'extraction.
6. Propriétés. — L'hydrure d'éthylène est un gaz incolore, doué d'une odeur éthérée, brûlant avec une belle flamme blanche, non absorbable par le brome, l'acide nitrique fumant, l'acide sulfurique fumant, etc. L'eau ne le dissout pas; l'alcool absolu en dissout 1 1/2 volume.
Mêlé avec l'oxygène, un volume d'hydrure d'éthylène exige pour brûler 3 1/2 volumes de ce gaz et produit 2 volumes d'acide carbonique et 3 volumes de vapeur d'eau.
C4H6 + 702 — 2C'0* + SHH)».
7. Réactions. — Traité par le chlore gazeux, avec le concours, de la lumière et dans des conditions semblables à celles que nous avons décrites en parlant du formène, l'hydrure d'éthylène fournit un dérivé chloré, G*H^C1, identique avec Vélher chlorhydrique de l'alcool ordinaire. Ce composé sera décrit plus loin; mais il estutile de signaler ici les composés chlorés qui en dérivent, lesquels (à l'exception du