II. — Traitement de la cause
Lasystolie peut survenir chez les individus dont le cœur est sain et qui sont également exempts de toute lésion des autres organes; elle s’observe à la suite de marches excessives, d’exercices forcés, aussi est-elle l’apanage presque exclusif des jeunes soldats, c’est le cœur forcé de Beau; le repos suffit habituellement à dissiper rapidement les accidents.
Il est à remarquer que l’intoxication alcoolique est une cause prédisposante de l’asystolie de surmenage par les altérations du myocarde qu elle détermine; que, d'autre part, l’auto-intoxication causée par ce même surmenage peut altérer également la myocarde; en d’autres termes l asystolie de surmenage est favorisée par des altérations préalables du myocarde.
Au déclin des maladies infectieuses (grippe, diphtérie, etc.) survient fréquemment une asystolie duc à des lésions anciennes ou récentes du myocarde (celles-ci sont attribuables aux toxines microbiennes).
Il est indiqué, lorsque surviennent des signes de défaillance cardiaque, de relever l’énergie du cœur au moyen des in jections de caféine, de strychnine, de diminuer d’autre part son travail en maintenant le régime lacté absolu et le repos.
Les déviations du rachis déterminent des déviations des organes thoraeiques, et notamment du cœur, et provoquent des troubles circulatoires qui s'exagèrent rapidement sous l'inlluence d’une cause occasionnelle, telle qu'une marche forcée ou qu’une bronchite; on sait avec quelle facilité et quelle fréquence surviennent des accidents d’asystolie chez les bossus.
Les affections du poumon sont, après celles du cœur, celles qui déterminent le plus fréquemment l asystolie, et, parmi elles, la pneumonie et la broncho-pneumonie; l'emphvsème joue le rôle prédominant; viennent ensuite la tuberculose fibreuse, la bronchite chronique avec dilatation des bronches, la sclérose pulmonaire; les affections de la plèvre peuvent également occasionner des troubles graves de la circulation suivis d’asystolie. La symphyse
MALADIES DE L’APPAREIL CIRCULATOIRE
pleurale, en mettant obstacle au jeu des poumons, entraîne une stase sanguine dans les vaisseaux pulmonaires, puis consécutivement la dilatation du cœur droit. Dans les affections pulmonaires, dans l'emphysème en particulier, on doit s’efforcer de prévenir les complications cardiaques en prémunisant les malades contre les refroidissements, car une bronchite aiguë greffée sur un poumon emphysériiateux porte au plus haut point la gène circulatoire; on doit, de plus, recommander aux malades d’éviter toutes les fatigues. Quand l’asystolie s'est produite, on institue le même traitement que celui exigé par l’asystolie d’origine cardiaque. La saignée est indiquée dans l’asystolie aiguë, liée à une congestion pulmonaire intense.
Les affections du rein, surtout la néphrite parenchymateuse, mais aussi la néphrite interstitielle, peuvent déterminer l'asystolie; dans la première forme il y a surtout dilatation cardiaque; dans la seconde, il faut tenir compte des lésions concomitantes du cœur, car, à la sclérose rénale est le plus souvent associée l’artério-sclérose du cœur; la digitale peut être efficace; mais il faut surtout employer la caféine, la théobromine. Le régime lacté constitue le remède par excellence de la dyspnée, quand elle est d’origine toxique ou ptomaïnique.
On a décrit des asystolies d’origine hépatique et gastrique. D’après Potain, Barié, Franck, les lésions du foie détermineraient l’asystolie par la mise en jeu d’un réflexe qui suit le sympathique comme voie centripète et comme voie centrifuge, aboutit aux vaso-moteurs du poumon et détermine la constriction des artères pulmonaires; il en résulte une augmentation de tension du sang en amont de ces vaisseaux, la stase dans le ventricule droit et la dilatation de ce ventricule; c’est particulièrement au cours de la colique hépatique que des accidents passagers d asystolie ont été observés. Il est à remarquer que les accidents cardiaques vont rarement, dans ces cas, jusqu’à l’asystolie, si le myocarde est sain.
On a voulu expliquer l’asystolie d’origine gastrique par un mécanisme analogue, c’est-à-dire par un réflexe ayant pour point de départ la muqueuse stomacale : le pneumogastrique serait la voie centripète et le sympathique, la voie centrifuge. En réalité, la pathogénie des troubles cardiaques des dyspeptiques est plus complexe; on peut parfois invoquer la distension de l’estomac comme origine des accidents (théorie mécanique); I estomac distendu outre mesure par les liquides et les gaz refoule à la fois les poumons et le cœur. Il en était ainsi dans une intéressante observation d’asystolie aiguë d origine gastrique due à M. Ilayem (Médecine moderne, 15 juillet 1895) : il a suffi, chez le malade, de quelques lavages de l'estomac pour faire disparaître le tympanisme stomacal ainsi que les phénomènes d asystolie (dyspnée, œdèmes, oligurie, souffles cardiaques). On se gardera bien de confondre ces asystolies secondaires avec les troubles gastro-intestinaux qui peuvent survenir au cours d’une asystolie relevant d’une lésion orificielle du cœur; le pronostic et le traitement diffèrent de tous points; dans le premier cas, c’est l’estomac qu’il faut traiter exclusivement; dans le second, la médication doit être primitivement cardiaque.
ASYSTOLIE.
Les maladies nerveuses exercent sur le cœur une influence bien connue: toutes les affections organiques ou fonctionnelles d'origine bulbaire peuvent entraîner lasystolie, ce qui se conçoit aisément puisque les noyaux cardiaques prennent leur origine dans le bulbe; on sait que la paralysie labio-glossolaryngée, que le goitre exophtalmique comptent parmi les causes d’asystolie. La tachycardie essentielle paroxystique qui s’accompagne d’insuffisance cardiaque, quand l’acecs se prolonge, reconnaît probablement pour origine un trouble fonctionnel bulbaire. Cependant on ne peut admettre sans réserves, dans ces différents cas, l’intégrité absolue du myocarde.
Les mêmes phénomènes d’asystolie s’observent dans les névrites du pneumogastrique (névrites infectieuses ou toxiques), dans les compressions de ce nerf (par des ganglions tuberculeux, par des tumeurs du médiastin).
Les asystolies de cause nerveuse présentent des particularités cliniques qui les distinguent des asystolies d’origine cardio-vasculaire et qui permettent de remonter aisément à leur origine. Dans les asystolies nerveuses, les troubles secondaires de la circulation périphérique sont moins accentués que dans l asystolie vulgaire, les congestions viscérales passives sont plus tardives. Ce qui domine, ce sont les troubles du rythme cardiaque et notamment la tachycardie. l’arythmie régulière.
Il faut encore noter les symptômes douloureux précordiaux rappelant l’angine de poitrine, les lipothymies et les syncopes qui terminent souvent d’une façon rapide la scène morbide, tandis que la mort, dans Lasystolie des cardiaques, arrive progressivement par asphyxie; l’œdème aigu du poumon peut également déterminer une mort rapide dans les asystolies de cause nerveuse.
De simples névralgies peuvent entraîner Lasystolie ; il existe des observations de névralgies du plexus brachial ayant retenti sur le plexus cardiaque et déterminé Lasystolie.
Dans la thérapeutique des asystolies d’origine nerveuse il faut tenir compte de l’élément nerveux qui entre en scène; sans doute, on ne doit pas négliger 1 emploi de la digitale, puisqu’en définitive le cœur est toujours dilaté et que son énergie contractile est amoindrie, mais il faut combattre également les troubles de 1 innervation cardiaque et dans ee but prescrire la caféine, Yergoline. la strychnine', l’indication d’agir vite nécessitera souvent l’administration de ces divers médicaments par voie sous-cutanée, on injectera plusieurs fois par jour une seringue de Pravaz de la solution d’ergotine Yvon ou de la solution suivante :
Ergotinc 2 grammes.
Glycérine pure Eau distillée .
ou de
Sulfate neutre de strychnine.
Eau distillée
! à L2 centigrammes.
10 grammes.
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