AFFECTIONS DU CŒUR CHEZ LES ENFANTS
Le traitement des cardiopathies infantiles prête à des considérations intéressantes et présente des particularités inhérentes d’une part à l’étiologie spéciale de certaines de ces cardiopathies (cardiopathies congénitales), inhérentes d'autre part à leur évolution clinique (tolérance parfaite des lésions pendant la période de compensation contrastant avec la gravité de l'asystolie, lors de la rupture de la compensation; prédominance des troubles pulmonaires et hépatiques contrastant avec l'absence de troubles de la circulation périphérique; absence des lésions artérielles qui, chez l’adulte, compliquent si souvent les cardiopathies; tendance à la rechute pour les endocardites aiguës d'origine rhumatismale, etc.). Ce n’est point seulement parla différence dans le dosage des médicaments employés contre les troubles de compensation que le traitement des cardiopathies infantiles se distingue de celui des cardiopathies de l'adulte, c’est encore et surtout par l'orientation du traitement hygiénique qui doit répondre à l'indication d'imposer le minimum de fatigue à un cœur en voie de croissance et de ce fait prédisposé à fléchir. On peut même demander .à l’hygiène un résultat plus radical, la guérison des lésions; d'assez nombreuses observations démontrent en effet qu’il n’est pas illusoire d'espérer la guérison de certaines endocardites par l’emploi combiné de moyens hygiéniques.
Comme chez l’adulte, on doit distinguer les cardiopathies aiguës et des cardiopathies chroniques; les cardiopathies d’origine congénitale, seules, sont chroniques d’emblée, alors que chez l'adulte on peut voir souvent les cardiopathies se développer lentement et insidieusement, sous l'influence de l'artério-sclérose envahissante, sans être précédées d’endo-péricardite aiguë, infectieuse.
A. — Cardiopathies aiguës.
La myocardite aiguë primitive est plus rare chez l’enfant que chez l’adulte; connue chez l’adulte, d’ailleurs, c’est la diphtérie qui intervient le plus souvent comme cause de myocardite; viennent ensuite, mais avec une fréquence bien moindre, le rhumatisme, l’érysipèle. La fièvre typhoïde, habituellement bénigne chez l’enfant, ne provoque pas chez lui cette redoutable complication à laquelle revient une large part de la mortalité des typhiques adultes; d’ailleurs l’emploi précoce de la balnéation, à tous les âges, est un moyen préventif puissant des localisations cardiaques.
L’emploi précoce du sérum antidiphtérique est-il susceptible de prévenir la myocardite? La question est difficile à résoudre en clinique; il semble qu’il puisse en être ainsi, si I on tient compte des faits expérimentaux. Mollard et Regaut, après avoir déterminé chez l’animal une intoxication diphtérique grave, capable de le tuer en 10 à 15 jours, auraient pu enrayer le développement des lésions du myocarde par l’injection de sérum.
Par contre, l’action préventive du salicylate de soude, dans les cas de rhumatisme, est aujourd’hui admise par tous les praticiens.
Le point à faire ressortir est que chez l’enfant les complications cardiaques