AFFECTIONS DU CŒUR CHEZ LES ENFANTS
de scs forces; l'appréciation de la dose « utile » de travail à imposer au malade est une question délicate à régler et qui exige de la part du médecin un tact
parfait.
On ne doit pas perdre de vue que l’exercice musculaire est un besoin pour l'enfant, pour qui le mouvement est nécessaire dans ses jeux, dans ses distractions; mais l’enfant a tendance à dépenser son activité dans des exercices violents qui peuvent avoir pour conséquence un surmenage du cœur; il faut donc régler chez lui l 'exercice musculaire .
De tous les exercices, le moins nuisible est la marche sur terrain plat, car les ascensions sur pente douce qui font partie du traitement d’Œrtel ne conviennent qu’aux obèses atteints d’adipose cardiaque et nullement aux sujets atteints d'affections valvulaires; la bicyclette peut être autorisée à la condition de faire des courses de courte durée, à une allure modérée; encore doit-elle être interdite à ceux des malades qui ont de l’insuffisance aortique. Le canotage peut figurer également parmi les sports permis, toujours sous la réserve que l’enfant s’arrêtera dès que la fatigue se fera sentir. Seront interdits de façon absolue les courses, les jeux de barre, le tennis, le jeu de paume, la gymnastique violente (trapèze, barre fixe, etc.).
Le surmenage intellectuel , outre la fatigue nerveuse qu’il détermine et qui retentit sur le cœur, présente encore I inconvénient d’entrainer la sédentarité et de provoquer des attitudes vicieuses. Autant que possible, les enfants devront faire leurs études au domicile paternel de façon à pouvoir travailler debout et à prendre des repos fréquents.
Dans le choix d’une profession , les parents devront tenir compte de l’état île santé de leur enfant.
Le séjour à la campagne , dans une habitation bien exposée, non humide, est préférable au séjour dans les villes. Chez les sujets à système nerveux excitable, le séjour au bord de la mer est à déconseiller ainsi que la villégiature à des altitudes dépassant o à 000 mètres.
\, hygiène alimentaire doit être surveillée avec soin; on sait que les troubles gastriques retentissent souvent sur le cœur sain, à plus forte raison sur le cœur malade; le tympanisme provoque des palpitations, la surcharge alimentaire exagère le travail du cœur; les mets excitants, le café, les boissons alcooliques, I abus des boissons en général ont sur le cœur une action bien connue; il faudra donc bannir de l’alimentation les mets épicés, les féculents, les pâtisseries, les sucreries, mesurer le pain dont les enfants font souvent abus, ainsi que les boissons; on ne leur permettra que l’eau de source ou l’eau teintée de vin. On veillera à ce qu’ils mangent lentement et mâchent soigneusement les aliments.
Les cardiaques doivent porter des vêtements chauds et se couvrir de flanelle pour éviter les évaporations brusques de sueur qui exposent aux récidives de rhumatisme; pour la même raison, ils porteront des chaussures à l’épreuve de l'humidité. Le port du corset et d’une façon générale de tous les vêtements, des ceintures qui compriment la taille est à déconseiller.
En dépit de toutes ces précautions, il arrive un moment où la lésion car-
MALADIES DE 1/ APPAREIL CIRCULATOIRE
diaquc se traduit par des troubles fonctionnels; la maladie arrive à la période troublée de son évolution.
A ce moment, tout en veillant à ce que les prescriptions hygiéniques précitées soient observées dans toute leur rigueur, on est conduit à employer un certain nombre de moyens thérapeutiques.
Il y a lieu de distinguer le traitement des maladies congénitales du coeur des cardiopathies acquises.
Dans les maladies congénitales, les symptômes dominants sont le refroidissement, l’état d'asphyxie permanent résultant delà cyanose, les palpitations, la tendance à contracter des bronchites.
Marie et Hayem admettent que Ihyperglobulie constatée par Krehl et par Vaquez est un procédé de compensation destiné à suppléer à l’insuffisance de l’hématose.
On peut favoriser I hyperglobulie par l’emploi des ferrugineux , de IV/?’senic : on s’efforcera surtout de régulariser et d’activer la circulation par le> frictions sèches, les lotions chaudes, les inhalations d'oxygène.
Si le malade est pris d’angoisse paroxystique, avec pouls petit, sueurs froides, tendance au collapsus, il faut le mettre au repos absolu et lui faire des injections de caféine, d'éther, d'huile camphrée.
Au contraire, l’éréthisme cardiaque est justiciable du bromure de potassium. La toux peut être combattue parles préparations opiacées, notamment par les pilules de cynoglosse.
Lorsqu'une bronchite survient, il faut enrayer la congestion pulmonaire au moyen des applications répétées de ventouses sèches, de cataplasmes sinapisés et prescrire la digitale.
Si l'asyslolie éclate, elle est justiciable du même traitement que I ’asystolie des cardiopathies acquises.
Au début de la période troublée des cardiopathies acquises, quand il existe seulement de la dyspnée d effort, des palpitations, de l’insomnie, il faut surtout user de moyens hygiéniques pour combattre les troubles circulatoires. C’est dans ces cas /pie la gymnastique suédoise ou gymnastique de Ling. dont il a déjà été question, peut rendre des services; la digitale et les autres médicaments cardiaques doivent être réservis pour la période d'asystolie. où ils auront plus de chance de produire des effets que l’habitude n’aura pas émoussés.
Les mouvements passifs, pratiqués avec la main ou des appareils destinés à cet usage, comprendront les mouvements de circumduction, les mouvements respiratoires, les premiers favorisant la circulation dans les membres, les seconds, la circulation pulmonaire.
Le massage du cœur (Levin), le massage abdominal peuvent également être employés.
Il est à remarquer toutefois qu'en raison de l’absence habituelle d’œdèmes, ■de stase veineuse aux extrémités, ce traitement physique des cardiopathies est moins indiqué chez l’enfant que chez l’adulte.
L’insomnie des enfants atteints d’affections du cœur est plutôt justiciable