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AFFECTIONS DO CŒUR CHEZ LES ENFANTS

île l'emploi des bromures et du trionnl que du cldoral, dont il faut craindre l’action sur le cœur.

L asystolie, chez l’enfant, est toujours d’un pronostic grave; tandis que chez l’adulte on observe d’ordinaire plusieurs attaques d’asystolie facilement curables sous l’influence du repos et de la digitale, avant l’asystolie terminale, il n’en est pas toujours de même chez l’enfant; chez lui, l’apparition de l’asyslolie est souvent le signe de l’épuisement irrémédiable du myocarde.

Ce qu’il importe de savoir, c’est que les lésions valvulaires, quand elles sont isolées, ne donnent presque jamais naissance à l’asystolie, dans l'enfance et l’adolescence. La cause presque unique de l’asystolie est la symphyse du péricarde, celle-ci pouvant être d’origine rhumatismale ou tuberculeuse. Quand la symphyse n’est pas en cause, l’asystolie est liée à la coexistence d’une lésion congénitale avec une lésion valvulaire résultant d une endocardite aiguë.

L'asystolie se traduit par l’existence des œdèmes, de la cyanose et surtout des troubles hépatiques qui aboutissent bientôt à la cirrhose; aussi l’ascite prédomine-t-elle sur l’hydropisie des autres séreuses.

Quoi qu’il en soit, dès que le cœur faiblit, dès que le pouls s’accélère et que des congestions viscérales se produisent, il faut prescrire la digitale. On peut donner une dose moyenne de III gouttes de teinture par année d’âge jusqu’à 5 ans et augmenter d’une goutte par année, jusqu’à 10 ans, soit II! gouttes à I an, IX à 5 ans, XV à 5 ans, XVIII à 8 ans, XX à 10 ans; mais, à partir de 5 ans, il vaut mieux prescrire l’infusion ou plutôt la macération qui sont plus actives; de 5 à o ans on peut donner 10 à ‘20 centigrammes de macération, et 20 à 30 centigrammes de 5 à 10 ans (pendant cinq jours), la dose minima est de 2 centigrammes par année. Quant à la digitaline cristallisée, il vaut mieux ne pas l’employer chez l’enfant, tout au moins avant l’âge de 1 0 ans.

A cet âge 'on pourrait donner un quart de milligramme de digitaline cristallisée, soit XII gouttes de la solution au millième du Codex.

La caféine remplacera la digitale quand celle-ci n’agira plus: on injectera en une fois 5 à 10 centigrammes de caféine, soit une demi-seringue ou une seringue de la solution suivante :

Caféine 1 gramme.

Benzoate de soude Eau stérilisée . .

.... 2 grammes.

i|. s. pour 10 c. c.

On peut aussi administrer la caféine par la voie stomacale :

Caféine ....

Benzoate de soude Vanilline. . . .

Sirop de tolu. .

Rhum

Eau distillée . .

Il) —

(Sevestre.)

1 ne cuillerée à bouche deux fois par jour.

G. -R. I.YON

MALADIES DE L’APPAREIL CIRCULATOIRE

Les doses trop fortes de caféine déterminent une agitation excessive, parfois du délire.

On peut encore injecter la strychnine.

L’action de la digitale sera complétée par le régime lacté associé à I emploi des diurétiques, et notamment de la théobromine donnée en cachets, à la dose de 0 gr. 75 par jour au-dessous de 6 ans, de 1 gramme à 1 gr. 50 par jour au-dessus de 6 ans (Marfan) ; la scille en teinture (XX à XXX gouttes) ou sous forme de vin diurétique de la Charité (20 à 40 grammes), d’oxymel scilli tique, de poudre en pilules :

Poudre de scille Calomel. . . .

pour 1 pilule; 1 à 2 par jour.

Si les œdèmes résistent à l’action de la digitale, il convient de procéder à leur évacuation mécanique au moyen de la thoracentèse , de la paracentèse abdominale, et au niveau des membres par Y application des tubes de Sountliey, en ayant soin de pratiquer une asepsie rigoureuse.

La saignée générale est d’ordinaire déconseillée chez l’enfant; on se bornera à appliquer des ventouses scarifiées à la hase des poumons ou au niveau du foie.

Si la crise d’asystolie a pu être enrayée, il faut soutenir l’énergie cardiaque, en attendant que l'on puisse renouveler l’emploi de la digitale. Dans ce but, on peut employer le stropliantus en teinture (11 à VI gouttes de teinture de semences au cinquième, à partir de 4 à 5 ans), ou en extrait (1/2 à 1 milligramme de 5 à 10 ans); le sulfate de spartéine (1 à 2 centigrammes de 5 à 5 ans; 2 à 5 centigrammes de 5 à 10 ans; doses moitié moindres en injections sous-cutanées) ; enfin le muguet (20 à 50 centigrammes d’extrait dans la seconde enfance).

Contre la tendance du foie cardiaque à évoluer vers la cirrhose, on prescrira tous les 15 ou 20 jours 5 centigrammes de calomel, en 5 prises à une demiheure d’intervalle dans une matinée.

10 centigrammes.

PALPITATIONS

Depuis Gcndrin, [tour la plupart des médecins le mot « palpitation » est synonyme d’affection du cœur. C’est là une erreur dont llirtz a fait justice en disant qu'il faut examiner le poumon quand un malade se plaint de palpitations, et le cœur quand il se plaint d’essoufflement.

Présentée sous cette forme paradoxale, la réfutation n’est guère plus exacte que la première affirmation ; il n’en est pas moins vrai que le plus souvent les palpitations sont indépendantes des cardiopathies; ce sont précisément les palpitations de cause

PALPITATIONS

nerveuse "rjni sont les plus pénibles et celles pour lesquelles ou est le plus souvent consulté : « Les palpitations purement nerveuses, c’est-à-dire qui existent sans lésion organique, sont souvent plus incommodes que les autres » (Laënnec).

Les palpitations accompagnent non seulement les endocardites, mais encore la péricardite et l’artério-sclérose du cœur. Dans ce dernier cas, elles coïncident ou non avec l’arythmie, avec la tachycardie, parfois même avec le ralentissement des battements du cœur; car il n’existe en effet aucune corrélation entre la régularité, l'accélération ou le ralentissement des battements du cœur et des palpitations qui sont exclusivement caractérisées par une sensation subjective d’augmentation dans l'énergie des contractions cardiaques.

L’existence de palpitations au cours d’une endocardite est-elle une indication thérapeutique à l’emploi de la digitale? La question doit être diversement résolue, suivant que les palpitations se produisent à la période dite de compensation ou à la période troublée. Il convient également de se rappeler que les palpitations des cardiaques ne sont pas toujours sous la dépendance directe ou exclusive de la cardiopathie; elles peuvent être dues à des troubles digestifs et ne disparaître par suite que si ces troubles >ont combattus. On conçoit l'importance du diagnostic exact de la cause des palpitations, suivant les cas. Pour avoir indûment donné la digitale, au début d’une cardiopathie, beaucoup de médecins ont vu augmenter l’intensité des palpitations qu'ils voulaient combattre; c’est qu’en effet, dans la première période des cardiopathies, la digitale est le plus souvent inutile, ou même nuisible. M. I luchard a parfaitement démontré les dangers du médicament : « Suivons ce cardiopathe, dit-il; il est aortique ou mitral, cela importe peu, puisqu’il est démontré que la localisation de la lésion à un orifice ne peut être un élément certain d’indication ou de contre-indication à l’emploi de la digitale. Après la période latente d’eusystolie, le cœur s'hypertrophie non pas pour lutter, mais parce qu'il lutte.

« Alors la pointe du cœur s’abaisse, la matité précordiale augmente, le choc ventriculaire est fort, vigoureux, donnant à la main la sensation du cœur impulsif ; il \ a des phénomènes de fluxion active vers les organes avec épistaxis fréquentes et accès répétés d’hyperémie pulmonaire aiguë; la face est congestionnée et vultueuse, les yeux injectés, la tête lourde; le malade se plaint de céphalalgie ou de battements céphaliques, de tintements d'oreille, d’éblouissements ou de vertiges; les artères battent avec violence, le pouls radial est plein, développé, vibrant et résistant, concentré ou serré; le cœur est agité de palpitations fréquentes, souvent douloureuses, parfois nocturnes, au point de causer une insomnie plus ou moins rebelle —

(i Le malade vous presse, il vous supplie de mettre un terme à ses palpitations si pénibles. Vous cédez parfois, et vous ordonnez la digitale. C'est là une faute; car les palpitations augmentent d’intensité et de fréquence, le pouls ne se ralentit pas et peut même s'accélérer, les accidents de congestion pulmonaire ou cérébrale deviennent plus menaçants. Votre cardiopathe était entré dans la période d'hypersystolie, caractérisée surtout par une élévation de la pression artérielle; et, comme celle-ci augmente encore par le fait de la digitale, vous avez ajouté à la maladie du patient la maladie du médicament. » (Huchard, Quand et comment doit-on prescrire la digitale,

Contre les palpitations qui accompagnent les lésions valvulaires, à la période de compensation, les moyens hygiéniques doivent constituer le principal traitement; il faut ordonner au malade le repos, le régime lacté mitigé, l'abstention de tous les excitants, et, si ces moyens ne suffisent pas, donner les

MALADIES DE L’APPAREIL CIRCULATOIRE

ni r»

préparations do bromure , (Y aconit. Si la digitale à hautes doses est nuisible, par contre elle peut produire dos effets sédatifs si on l’emploie à petites doses; ainsi, on administrant pendant cinq à six jours X gouttes de la solution au millième de digitaline cristallisée, on réussit souvent à calmer l’éréthisme cardiaque. M. Huchard conseille l’association do la digitale et du bromhydrate de quinine.

Rromhydrate de quinine

Poudre de digitale. . .

Extrait de convallaria .

pour 1 pilule; 2 à 4 par jour.

A la période troublée, l’emploi de la digitale s’impose; c’est h; spécifique qui rapidement, met fin à ces troubles fonctionnels si pénibles. Tandis qu’au début les palpitations signifiaient « augmentation de travail du cœur », elles traduisent, à la période troublée, la faiblesse du myocarde et c’est pourquoi la digitale rend de si grands services dans ce cas.

Dans les cardiopathies artérielles, la digitale est le plus souvent inefficace; elle exagère même les palpitations, tout au moins dans les premières phases de l’artério-sclérose, alors que l’hypertension artérielle est manifeste, que le pouls est serré, concentré, fort et vibrant. Le régime lacté , les bromures sont les moyens à leur opposer. Plus tard, lorsque le pouls devient dépressible, que le cœur faiblit, le malade entre dans les conditions où se trouve le cardiaque atteint d’une endocardite à la période troublée et la digitale devient indiquée.

Lorsque l’existence d'une affection de l’endocarde ou du myocarde est mise hors de cause, mais que l’on constate des souffles anémiques, le diagnostic de la cause des palpitations devient évident; il s’agit de la chlorose ou d’une anémie symptomatique (par hémorragie, surmenage, etc.). Rappelons à ce sujet que les palpitations sont très fréquentes, comme symptômes de l'anémie tuberculeuse du début, et que dans les cas où il existe des signes d’anémie chez un sujet jeune, le poumon doit être ausculté avec le plus grand soin. Il ne faut pas oublier non plus que, chez la femme principalement, l’anémie syphilitique secondaire donne lieu souvent à des jwlpitations.

Les palpitations des chlorotiques cèdent, comme toutes les autres manifestations de la chlorose, au traitement ferrugineux et à ce traitement seulement. Il est indispensable de maintenir au repos absolu les chlorotiques qui se plaignent de palpitations intenses, car le moindre effort exagère immédiatement les sensations douloureuses; Y hydrothérapie, bien conduite, est très utile dans les cas où les palpitations sont liées à l’anémie.

Des palpitations par anémie on peut rapprocher celles que l’on observe chez des jeunes gens, le plus souvent de souche arthritique, à l’époque de la puberté, et que l’on doit rapporter le plus souvent aux excès vénériens, à la spermatorrhée, à des troubles digestifs, à l’abus du tabac, parfois au surmenage cérébral, c’est-à-dire à des causes complexes. D’autres fois, les palpitations doivent être mises sur le compte d’une croissance rapide; elles coïncident avec la

0 gr. 10 | ;îa 0 gr. 0ô

PALPITATIONS

céphalée, avec les douleurs épiphysaires, avec l'hypertrophie cardiaque. l'n< bonne hygiène, le repos, viennent à bout de ces palpitations. Chez les épuisés et les surmenés, le repos, 1 hydrothérapie, un régime substantiel, sont particulièrement indiqués.

Les palpitations constituent I un des symptômes les plus fréquents de la tuberculose au début; elles coïncident habituellement avec la tachycardie et reconnaissent sans doute pour cause la déglobulisation, l'excitation du pneumogastrique par les toxines tuberculeuses.

Le groupe des palpitations d'origine réflexe est considérable, la plupart des affections des organes pouvant retentir sur le cœur. C’est aux troubles de la digestion (pu* sont dues le plus souvent les palpitations réflexes ; qu'il nous suffise de citer la distension gazeuse de l’estomac, ['hyperchlorhydrie, l'entéroptose, la constipation, les vers intestinaux. Les palpitations nocturnes sont habituellement liées à l’hyperchlorhydrie et justiciables du régime lacté , des alcalins à hautes doses.

Germain Sée cite le fait d’une jeune femme qui était venue le consulter plusieurs fois pour des palpitations rebelles à tous les traitements; un jour la malade dit avoir remarqué dans ses garde-robes des fragments rubanés; un anthelminthique la débarrassa de son tamia et de ses palpitations. D'une façon générale, on reconnaît que les palpitations sont liées à des troubles digestifs, à ce qu’elles surviennent pendant la période digestive et pendant la nuit. Dans certains cas, elles sont l’unique symptôme d'une dyspepsie latente (Chomel).

Depuis Slokes, on sait que les troubles fonctionnels d’origine hépatique peuvent retentir sur le cœur; c’est ainsi que la colique hépatique s'accompagne fréquemment de palpitations; il en est de même des affections utéroovariennes: il suffit parfois de l'ablation d’un polype utérin ou d'un pessaire prescrit à propos pour faire disparaître des palpitations rebelles à tout traitement. Nous ne nous étendrons pas davantage sur les palpitations d'ordre réflexe, puisque leur traitement est exclusivement causal.

Les palpitations d origine toxique sont trop connues pour qu'il soit besoin d y insister; la suppression du tabac, du thé, du café, de l’alcool, font disparaître rapidement ces palpitations.

Il nous reste à mentionner les palpitations que l’on observe dans les névroses ; chorée, goitre exophtalmique et surtout dans l'hystérie et la neurasthénie. Dans le cas de goitre exophtalmique, la digitale exagère les palpitations; il faut exclusivement recourir à 1 antipyrine, aux bromures et à I aconit, au reratrum viride; ce dernier médicament, administré sous forme de teinture à la dose de XX gouttes, présente une efficacité incontestable. Dans la chorée, le bromure et l’antipyrine conviennent également au traitement des palpitations.

Les palpitations sont parfois l’un « les symptômes prémonitoires de 1 attaque hystérique; d autres fois, elles se manifestent par accès qui se succèdent sans régularité et qui peuvent se répéter pendant fort longtemps, en dépit des médications calmantes.

Dans la neurasthénie, les crises de palpitations surviennent sous l’influence

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MALADIES DE L’APPAREIL CIRCULATOIRE

d’une émotion ou bien à la suite des repas; il faut se garder de les mettre sur le compte d’une affection organique du cœur ou des vaisseaux, confusion d’autant plus aisée à commettre que l'on peut observer chez les neurasthéniques une sorte d’angoisse précordiale simulant Yangor pectoris.

Les névrites du plexus cardiaque peuvent se compliquer de palpitations (Potain).

Contre les palpitations névropathiques, il faut utiliser divers moyens : les applications, sur la région précordiale, de compresses imbibées d’eau froide; ou mieux les pulvérisations d'éther , le chlorure d'éthyle , qui peuvent soulager les malades; les bromures, 1 aconit, le valérianate d'ammoniaque, seront utilisés avec des succès variables. L’ hydrothérapie rend de grands services. Il est à remarquer que les palpitations des névropathes reconnaissent souvent comme causes occasionnelles des troubles digestifs concomitants ou une intoxication. 11 sera donc le plus souvent indiqué d’associer au traitement général un régime approprié, et, s’il y a lieu, de supprimer le tabac, le thé, l’alcool, etc.

On a préconisé récemment, dans les cas de palpitations d’origine névrosique ou organique, le port d’une ceinture cardiaque. Cette ceinture, imaginée simultanément par Abée et Hellendal en Allemagne, par Deschamps (de Riom) en France, est basée sur le mouvement instinctif qui porte les malades à appliquer une main sur la région précordiale, quand ils sont pris de palpitations et de dyspnée d’effort. Elle atténue ou supprime les troubles fonctionnels cardiaques mieux et plus commodément que la compression par la main. (Merklen).

TACHYCARDIES

Les tachycardies se divisent en deux groupes : les tachycardies symptomatiques et la tachycardie dite essentielle paroxystique. La suppression de la cause devra toujours être recherchée, lorsqu’on aura reconnu que la tachycardie est symptomatique; encore est-on absolument impuissant, lorsque I accélération des battements de cœur est la conséquence d’une affection valvulaire, d'une myocardite aiguë ou de l’artério-selérose du cœur, ou bien encore d’une péricardite ou d’une aortite aiguë. Il en est de même lorsqu’elle est due à une compression du pneumogastrique par des ganglions trachéo-bronchiques diversement altérés, ou à une lésion bulbaire (paralysie labio-glosso-laryngée, poliencéphalite, myélite ascendante, sclérose en plaques, atrophie musculaire progressive, tabes, etc.), à une névrite du nerf pneumo-gastrique (béribéri, alcoolisme, saturnisme, diphtérie). Dans ces derniers cas, la tachycardie est permanente.

Il a déjà été question de la tachycardie de la tuberculose qui est toujours d’un pronostic grave et qui comporte quelques indications thérapeutiques spéciales. La tachycardie des paludiqucs est justiciable du sulfate de quinine.

TACHYCARDIES.

La tachycardie est fréquente dans les formes graves des maladies infectieuses (grippe, fièvre typhoïde, diphtérie, etc.), indépendamment de toute lésion du myocarde. Elle est due, dans ces cas, h l’action des toxines sur les centres nerveux cardiaques. Le traitement est celui de la cause même de la tachycardie, c’est-à-dire la désintoxication à l’aide du lait, des bains, des injections de sérum. Dans les septicémies puerpérales et péritonéales, elle est toujours du plus fâcheux augure.

Lorsque la tachycardie est sous la dépendance d'une intoxication (digitaline, atropine, à doses toxiques; alcool, tabac) la thérapeutique est aisée : la sit])pression delà cause, le repos, le régime lacté éliminateur, font les frais du traitement. La tachycardie est encore justiciable d’une intervention efficace lorsqu’elle est d’ordre réflexe; c'est ainsi qu’il suffit de traiter la dilatation de l’estomac, la flatulence, lhyperchlorhydrie (Klempcrer), pour faire cesser les troubles cardiaques et notamment la tachycardie que l’on observe chez les dyspeptiques; de même, en traitant l’utérus, on déterminera la cessation de; la tachycardie liée aux troubles de menstruation, aux fibromes, à la métritc, au prolapsus utérin, etc.; la tachycardie de la ménopause signalée par Kiscli (de Prague), par le Br Clément (de Lyon), disparaît en général au bout de quelques semaines; on l'a vue cependant persister pendant deux ans et plus. Il est bon de savoir que, si les opérations pratiquées sur l’utérus et les ovaires font disparaître souvent une tachycardie liée aux altérations de ces organes, elles peuvent par contre en déterminer l'apparition. M. Martin (Des accidents réflexes consécutifs aux opérations pratiquées sur l'utérus et les ovaires. Thèse de Paris, 1888) a signalé des cas de ce genre.

La tachycardie est un symptôme fréquent dans les névroses; il est constant dans la maladie de Bascdow, où il ne disparait qu’avec les autres symptômes, quand la guérison peut être obtenue. 11 est une tachycardie, forme de l’épilepsie larvée, qui se montre rebelle au traitement; dans la neurasthénie (Bouveret), elle est tantôt bénigne, susceptible de guérison; d'autres fois plus grave, permanente, sans rémissions durables; elle peut aboutir à l'affaiblissement du cœur, à la dilatation des cavités cardiaques et à la mort par asystolie.

Il est une variété de tachycardie que l'on peut qualifier d’orthostatique par analogie à l'albuminurie orthostatique, car elle apparaît dans les mêmes conditions que cette albuminurie; c’est-à-dire qu’elle apparaît dès que le malade se tient debout, le pouls montant à 140-160 pulsations, et s’accompagne de vertiges, céphalée, tandis qu elle disparaît dès qu’il se couche. Cette tachycardie, fréquente chez les neurasthéniques, mais non exclusive à ces malades, est surtout l’indice d'une hypotension artérielle accentuée, quelle qu’en soit la cause. M. Huchard l’a vue se produire à la suite d’une grippe. On remédie à cette tachycardie par l’emploi d'un médicament vaso-constricteur, le sulfate de quinine.

Le traitement de la tachycardie essentielle paroxystique s’adresse surtout à l’accès. Dans la période intercalaire, on doit recommander au malade une vie calme, sans fatigue physique ni morale, l’abstention du café, du thé, de l’ai-

MALADIES DE L'APPAREIL CIFiCI LATOIRE.

cool, du tabac: on peut faire usage de Y arsenic (X à XX gouttes de liqueur dePearson); on donne, à l’exemple de M. Huchard, le sulfate de quinine, associé à l’ergot de seigle, suivant cette formule :

Extrait aqueux d’ergot de soi Je

Sulfate de quinine

Extrait de noix vomique . . .

| iïït (I gr. 10 0 gr. 00^

Pour 1 pilule; en prendre 2, deux à trois fois par jour, pendant quinze ou trente jours.

Dès que l’accès commence. les malades doivent se mettre au lit et conserver I ' i ni mobilité absol ne.

J. es moyens proposés contre Iaccès sont nombreux; leur multiplicité est la preuve même de leur inefficacité relative; ces moyens sont mécaniques ou pharmaceutiques. Parmi les premiers, il faut citer la compression du pneumogastrique à la hauteur du cartilage thyroïde ( Bensen et Preisendorfer), la compression légère des carotides (Czermack, Quincke), les courants galvaniques (Samson) ou faradiques (Pribram, Oliver) sur le nerf vague, \es pulvérisations d'étlier le long du cou. celles de chlorure de méthyle à la région précordiale et sur la nuque (Duchaussoy), la commotion mécanique du rachis dorsal pratiquée alternativement de haut en bas et de bas en haut; on a même inventé un appareil spécial pour pratiquer cette manœuvre (Sanders).

Parmi les moyens médicamenteux prennent place les inhalations de chloroforme (Bristowe), celles de nitrite d'amyle (West), regardées comme dangereuses par M. Huchard; les sédatifs tels que le bromure de potassium, le valêrianate d'ammoniaque. On a eu recours également à Vergotine et la caféine associées en injections sous-cutanées (1 gramme d’ergotine, 25 centigrammes de caféine pour une seringue de Pravaz, Huchard); ces injections n’ont donné aucun résultat à M. Debove. M. Chauffard a combattu avec succès l’hypotension artérielle au moyen des injections intra-veineuses de sérum artificiel. La digitale serait dangereuse, pour M. Bouverct, parfois utile selon MM. Debove et Huchard, mais doit être maniée avec précaution: il reste enfin à mentionner l opimn, donné le plus souvent sous forme d’injection de morphine : les injections ont souvent réussi entre les mains de MM. Rendu, Faisans, Debove, à modérer I intensité des accès. M. Huchard a préconisé Y antipyrine', on n'est pas encore fixé sur la valeur de cet agent médicamenteux dans ce cas particulier.

De cette énumération il faut retenir que les injections sous-cutanées de morphine constituent, à l'heure actuelle, le moyen le moins infidèle pour combattre ou modérer les accès de tachycardie paroxystique.

BHABYCABDIE.

BRADYCARDIE

Les bradycardies symptomatiques sont le plus souvent d’origine réflexe: ou les observe notamment dans le cours des affections du tube digestif (ulcère, hyperchlorhydrie, constipation, vers intestinaux, etc.). Elles peuvent être d Origine toxique et provoquées par un poison alimentaire ou médicamenteux (alcool, café, tabac, plomb, opium, belladone, aconit, scille, jusquiame, digitale), par un poison formé dans l’organisme (ictère, diabète, urémie, bradycardie du cours onde la convalescence des maladies infectieuses | lièvre typhoïde, grippe, pneumonie, etc.), bradycardie du surmenage, etc.). Les lésions du myocarde paraissent parfois s’accompagner de bradycardie: celle-ci enfin peut être due à des troubles circulatoires ou des lésions du bulbe (exostoses syphilitiques du crâne, traumatisme de la région cervicale, méningite tuberculeuse, pachyméningite, hémorragie cérébrale, pendant la première période, etc.).

Le traitement de la bradycardie essentielle ou maladie de Stokes-Adams (pouls lent permanent avec attaques syncopales et épileptiformes) se confond avec celui de l’artério-sclérose ; il faut. île plus, employer les toniques du cœur et combattre l’ischémie bulbaire.

Parmi les toniques du cœur, il faut s’adresser à peu près exclusivement à l’infusion de café ou à la caféine :

Caféine

Benzoate de soudi

pour 1 cachet; ü ou 4 par jour (Huchard).

La digitale est contre-indiquée, parce qu elle ralentit le pouls et parce quelle est souvent nuisible quand le cœur est graisseux.

Quant à l’anémie bulbaire, elle nécessite l’emploi des vaso-dilatateurs : nitrite d'amyle (en inhalations), trinilrine en solution alcoolique au 100' (M à X gouttes par jour) ou en injections sous-cutanées.

Eau distillée 10 grammes.

Solution alcoolique de trinitrinc au 100' IA gouttes.

Injecter deux ou trois demi-seringues par jour.

Les o placés et la morphine en injections sous-cutanées peuvent également produire de bons résultats en déterminant un état d’hyperémie cérébrale.

Dans l’intervalle des crises, le régime lacté et Y induré de potassium feront les frais du traitement.

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