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ANGINE DE POITRINE

Les multiples contradictions que l’on relève dans les travaux relatifs à l’angor pectoris sont dues à ce que l’on a confondu, jusqu’à ces dernières années, sous la même dénomination, des phénomènes morbides qui ont sensiblement la même expression symptomatique, mais qui diffèrent par leur pathogénie, leur pronostic et leur traitement.

Effectivement l'angine de poitrine est un syndrome et rien de plus : on l’observe le plus souvent, il est vrai, dans le cours des affections du creur ou des vaisseaux (aortites, péricardites, myocardites et surtout artério-sclérose), des pleurésies (Rauzier), mais on peut aussi constater des accidents paroxystiques de même ordre chez de simples névropathes (hystériques, neurasthéniques, épileptiques), dans le cours des maladies dyscrasiques (goutte, Lecorché; diabète, Vergely; goitre exophtalmique, Trousseau); dans les maladies infectieuses (rhumatisme, Peter. Martinet; paludisme, Mourson; syphilis); dans les affections de l’appareil digestif, dans les intoxications (oxyde de carbone, thé, café, et surtout tabac).

La variété d’angine la plus fréquente, celle qui a été qualifiée d’angine vraie, par opposition aux autres appelées fausses angines, s’observe chez des individus présentant un ensemble de troubles relevant de l’artério-sclérose ; on lui a assigné des signes cliniques distincts de ceux des fausses angines : ainsi l’angine vraie s’observerait à un âge relativement avancé et surtout chez l'homme; elle apparaîtrait surtout le jour et serait provoquée par la marche, et notamment la marche sur un terrain incliné et contre le vent, par un effort, une circonstance quelconque exigeant de la part du cœur un travail plus considérable que de coutume; la durée des accès serait très courte, mais d’une intensité extrême. 11 faut avoir vu des malades frappés soudainement de cetle douleur angoissante qui leur donne la sensation de mort imminente, pour comprendre la justesse de cette phrase de Sénèque : Aliud enim quidquid ægrotare est; posl est animam agere.

Au contraire, la fausse angine est plus fréquente chez la femme et ses accès sont plutôt nocturnes; on l’observe à l’âge moyen, entre trente et quarante ans. Ses accès reviennent périodiquement et sont moins dramatiques que ceux de l’angine vraie.

Celle-ci aurait pour substratum anatomique presque constant une lésion coronarienne (Kreysig, Huchard, G. Sée, Potain, etc.) et les crises d’angor seraient dues à l’ischémie cardiaque résultant de l’oblitération des coronaires; il s’agirait donc d’une véritable claudication intermittente du cœur. Dans les cas plus rares où il n'existe pas de lésions coronariennes, une autre lésion pourrait être invoquée : la névrite du plexus cardiaque (Peter, Lancereaux).

Aucune altération du cœur ou du plexus cardiaque ne pourrait être invoquée dans les cas de fausse angine.

L’association de plusieurs facteurs étiologiques, coronarite et névrose, aortite et goutte, dyspepsie, tabagisme, donne lieu à des angines de poilrine « mixtes » dont l’interprétation, le pronostic et le traitement offrent de grandes difficultés pour le praticien.

Récemment, MM. Gilbert et Garnier (Presse médicale, octobre 1900) ont émis une opinion qui diffère sensiblement de celles émises jusqu’ici sur la pathogénie et les lésions de l’angine de poitrine.

Pour ces auteurs, les distinctions établies entre les diverses variétés d’angor pectoris

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