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II. — Traitement de la cause

La syncope dissipée, il faut en rechercher la cause, pour instituer le traitement préventif.

Il est facile de déterminer en général si la syncope est d origine cardiaque directe ou si la cause est extra-cardiaque.

Si la syncope est très rare dans le cours des affections valvulaires, I insu flisancc aortique pure des sujets jeunes y comprise, en revanche elle est un symptôme fréquent de toutes les myocardites et parfois, dans les myocardites aiguës des maladies infectieuses, elle est à la fois le symptôme révélateur et ultime de la lésion (fièvre typhoïde, diphtérie). Cependant, dans certains cas. la syncope finale est précédée de crises de collapsus ou de lipothymies, qui éveillent l’attention du médecin. Aux malades convalescents d’une maladie infectieuse grave, telle que fièvre typhoïde, diphtérie, grippe, chez qui la faiblesse et la rapidité du pouls, l’assourdissement des bruits du cœur, la teinte cyanotique et le refroidissement des extrémités, indiquent une altération du myocarde, le repos absolu dans la position horizontale doit être maintenu rigoureusement. Défense doit être faite de s’asseoir brusquement dans le lit, le changement d'attitude favorisant la syncope. Il faut avoir soin de vider chaque jour l’intestin, au moyen de lavements, pour éviter les efforts de défécation.

D’autre part, on emploie la caféine en injections sous-cutanées, ainsi que la strychnine, la spartéine, les injections d huile camphrée, de sérum artificiel', à l’intérieur, le lait, le café, Y alcool, en un mot, tous les moyens propres à stimuler le muscle cardiaque et à favoriser 1 élimination des toxines. Ces moyens ne parviennent malheureusement pas toujours à prévenir la syncope mortelle.

Un ne peut non plus prévenir les syncopes qui révèlent la rupture du cœur ou de 1 aorte, l’angine de poitrine coronarienne, celles qui surviennent chez les obèses avec surcharge graisseuse du cœur.

MALADIES DE L’AI'PAIŒIL CIRCULATOIRE

Par contre, on peut prévenir la syncope dans les péricardites avec épanchement, par l’évacuation du liquide laite en temps opportun. La symphyse cardiaque (Drouardel), la thrombose cardiaque, sont des causes de syncope inaccessibles à tout traitement préventif.

Il en est de même du pouls lent permanent, que l’on attribue d’ailleurs plutôt aux troubles circulatoires bulbaires qu’à l’altération du myocarde.

A ce groupe des syncopes d’origine cardiaque rattachons la syncope déterminée par une pleurésie avec épanchement, rapprochement d’autant plus légitime qu’en dehors de la compression du cœur par l’épanchement, il y a parfois coïncidence d’une lésion cardiaque, telle que symphyse cardiaque, cœur gras, myocardite chronique.

Innombrables sont les causes de syncope indirecte ou d’origine extra-cardiaque.

Au cours des maladies infectieuses, la syncope est presque toujours due à une complication myocardique, ainsi qu'il a été dit plus haut : exception doit être faite pour la fièvre intermittente pernicieuse à forme syncopale, justiciable de l’emploi immédiat des injections sous-cutanées de hichlorhydrate de quinine à hautes doses (1 gr. à 1 gr. 50).

Extrêmement fréquentes sont les syncopes déterminées par l’anémie, c’està-dire les syncopes déterminées par des hémorragies très abondantes ou répétées, celles qui surviennent dans la convalescence des maladies aiguës, celles des chlorotiques.

Dans les syncopes post-hémorragiques, le traitement essentiel, celui qui actuellement permet de sauver un grand nombre de femmes littéralement exsangues (hémorragies puerpérales) est Yinjection intra-veineuse ou souscutanée de sérum artificiel à hautes doses (500 grammes, I litre, ou plus) répétées plusieurs fois dans les 24 heures.

La tendance à la syncope chez les convalescents disparaît rapidement avec la reprise d’une alimentation substantielle. Lorsque les chlorotiques sont sujettes à des syncopes continuelles, ce qui dénote une anémie très accentuée, il faut leur imposer le repos prolongé au lit, qui joint au traitement par le fer viendra à bout des accidents syncopaux.

Des syncopes par troubles circulatoires et altérations du sang on peut rapprocher celles qui surviennent à la suite de pertes séreuses abondantes : débâcles intestinales, évacuation brusque et complète d’une ascite, d’une pleurésie. Chez les malades affaiblis, il est dangereux d’administrer des purgatifs drastiques énergiques. Quant à la syncope due à la thoracentèse, il est facile de la prévenir en n’évacuant qu’une partie du liquide et en procédant à l’évacuation avec lenteur, ainsi que nous l’avons déjà indiqué. On redoublera de précautions chez les pleurétiques atteints de mal de Jîright ou de lésions endo-péricardiques, ces états morbides constituant des causes prédisposantes de l’œdème pulmonaire.

La syncope habituellement mortelle peut survenir au cours de lésions diverses des centres nerveux, dont quelques-unes restées latentes ne sont découvertes qu’à l’autopsie; tel est le cas pour certaines méningites sup-

SYNCOPE

purées, pour des abcès et tumeurs cérébraux. La mort subite est fréquente dans la paralysie glosso-labio-laryngée, le mal de Pott sous-occipital. On peut l’observer dans le tabes.

Les syncopes d’origine toxique sont fréquentes, celles que l’on observe le plus communément sont consécutives à l’administration du chloroforme; il y a lieu d’ailleurs de distinguer celles (pii se produisent dès les premières inhalations et qui sont des syncopes par inhibition, provoquées par l’action irritante d’un produit, parfois impur, et les syncopes tardives, d’origine toxique exclusive. Pour prévenir, dans la mesure du possible, les accidents dus au chloroforme, il convient de s’assurer que les malades ne présentent aucune affection contre-indiquant son emploi d’une façon plus ou moins absolue, telles ipie lésions valvulaires, péricardite sèche, artério-sclérose avancée, emphysème, mal de Bright, etc. ; il faut employer un produit rigoureusement pur et n'en confier l’administration qu’à des praticiens ou élèves expérimentés. A la moindre alerte (faiblesse et ralentissement du pouls, pâleur) il faut rejeter la compresse, tirer la langue au dehors (précaution que l’on doit d’ailleurs prendre préventivement) et procéder aux tractions rythmées de la langue.

Les syncopes surviennent particulièrement dans les cas d’interventions pratiquées sur les sphincters rectaux, vésicaux. Le meilleur moyen de les prévenir est de pousser l’anesthésie aussi loin que possible, toutes les fois qu’il faut pratiquer une opération de ce genre.

La cocaïne a fréquemment déterminé des syncopes, lors dos premières années de son emploi en injections sous-cutanées. Aujourd’hui que l’on a appris à la manier, que l’on emploie les doses faibles, en solutions étendues, la fréquence et la gravité des syncopes dues à la cocaïne a notablement diminué.

L’opium, le chloral, la vératrine, la digitale peuvent déterminer des syncopes chez les malades qui en absorbent une dose anormale ou chez ceux qui sont soumis à rinlluence prolongée de ces divers poisons.

Reste à mentionner la classe des syncopes d’origine nerveuse (psychique, sensitive, sensorielle). On sait qu’une émotion agréable ou désagréable, qu’une violente colère, etc., peuvent déterminer les syncopes et même entraîner la mort subite; il est vrai que les sujets qui succombent dans ces conditions sont le plus souvent âgés, atteints de lésions cardiaques (cœur gras, coronarite, etc.).

L’est sans doute à l’émotion qu'il faut attribuer les cas de mort observés à la suite de traumatismes légers, accidentels ou opératoires.

Les excitations des différentes muqueuses : nasale, pliai ■yngée, laryngée, peuvent déterminer la syncope. Celle-ci est assez fréquente dans le cas d’abcès rétro-pharyngiens ; on l’observe dans l’affection décrite sous le nom d’ictus laryngé essentiel : mais, dans ce dernier cas, elle est bénigne et le malade reprend ses sens immédiatement.

Toute douleur, un peu intense, peut déterminer une syncope; cependant il est des douleurs particulièrement « syncopales »; ce sont celles qui se produisent dans la sphère du grand sympathique abdominal (coups sur l’épigastre, coliques hépatiques, etc.). On sait d’ailleurs que l’écrasement du ganglion semi-lunaire droit détermine l’arrêt du cœur.

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Le seul moyen de prévenir les syncopes dues à la douleur est d’enrayer les accès douloureux paroxystiques, par exemple ceux de coliques hépatiques, néphrétiques, qui surviennent, chez les sujets nerveux, au moyen d 'injections de morphine.

D’une façon générale, les syncopes surviennent surtout chez les sujets nerveux, simples névropathes, ou bien hystériques, neurasthéniques, à l’occasion d’une cause quelconque, d’où l’indication de chercher à modifier le terrain nerveux par les moyens appropriés, notamment par Y hydrothérapie .

ARTÈRIO-SCLËROSE

L’artério-sclérose est l'aboutissant de toutes les causes pathogènes auxquelles l’homme est exposé au cours de son existence : aussi peu de vieillards en sont-ils exempts.

D’ailleurs cette « rouille de la vie », suivant l’expression de Peter, peut être précoce, peut survenir avant l’heure physiologique, chez ceux qui ont été exposés prématurément à toutes les infections et intoxications qui la déterminent, ou qui sont devenus scléreux sous l’inlluence de la prédisposition héréditaire, incontestable dans certains cas. L’artério-sclérose précoce se traduit par une décrépitude générale, justifiant le mot souvent cité de Cazalis : « On a l’âge de ses artères ».

Le plus souvent, c’est le malade qui est l'artisan de sa déchéance.

« L'homme ne meurt pas, il se tue », a dit Sénèque; parole profonde dont on comprend toute la portée quand on songe aux causes d’usure vitale que l’homme pourrait • éviter et auxquelles il s’expose cependant chaque jour, soit inconsciemment, soit trop souvent aussi en ayant conscience de sa témérité. C’est par l’artério-selérose que l’homme expie ses infractions journalières aux lois de l’hygiène, l’abus qu'il fait des poisons ou de la bonne chère, le surmenage qu'il s’impose, sans mesurer ses efforts au degré de résistance que sa frêle constitution est susceptible de soutenir.

Le plus souvent en effet, l’individu est « responsable » de l’usure de ses artères; à coté de causes d’artério-sclérose auxquelles il ne peut guère échapper (les infections), combien d'autres pourraît-il éviter s’il était plus ménager de ses forces et s’il avait la volonté de renoncer aux poisons qui adultèrent son sang.

Le rôle joué en pathologie par les lésions artérielles n'est bien connu que depuis peu de temps; jusqu’à ces dernières années, on n’accordait aux altérations des vaisseaux qu'une importance restreinte, alors qu’en réalité l’artério-sclérose se trouve à l’origine de la plupart des maladies chroniques et constitue à peu près exclusivement la pathologie sénile.

S’il nous fallait mesurer à son importance réelle l'espace à lui consacrer dans cet ouvrage, nous devrions lui accorder la part la plus importante ; nous serons cependant bref, car l’artério-sclérose n’est guère accessible à la thérapeutique.

Sans doute, on peut en retarder l’apparition, ou du moins en atténuer les effets, lorsqu’elle est déjà constituée, par des moyens qui sont du ressort exclusif de l’hygiène, mais on ne peut se flatter d’en arrêter bien longtemps l’évolution, car sa progression est une fatalité inéluctable.

Les causes « pathologiques » de l’artério-sclérose sont les unes, diathésiques (goutte,

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arthritisme et ses différentes modalités; rhumatisme chronique), les autres, infectieuses (variole, fièvre typhoïde, syphilis, paludisme, grippe) ; les autres, plus nombreuses, sont d'origine toxique (intoxication par le tabac, le plomb, l’alcool, autointoxication par surmenage ou alimentation azotée surabondante). Ces différentes causes ne produisent pas d’emblée la sclérose artérielle ; il existe une période prémonitoire que M. Huchard a fort bien étudiée, et qui, d’après lui, est caractérisée exclusivement par l'hypertension artérielle; voici quelle est, d’après M. Huchard, la filiation des accidents aboutissant au développement de l’artério-sclérose : le premier anneau de la chaîne pathologique commence à l'adultération sanguine, et celle-ci est d’origine diathésique, infectieuse, toxique ou alimentaire; puis survient le second stade, d’une importance prépondérante, l’hypertension artérielle provoquée le [dus souvent par un état de vaso-constriction ; enfin dans le troisième et dernier stade, à la faveur de l’irritation vasculaire provoquée par cette hypertension artérielle, se développent les lésions scléreuses des vaisseaux et, au bout d’un temps très variable, survient la mort, soit par le fait des lésions rénales, soit par asyslolie, soit par thrombose ou hémorragie cérébrale. Lorsque l’artério-scléreux meurt par le cœur, il arrive un moment où le cœur faiblit, où les œdèmes et les congestions passives surviennent. Rien ne distingue alors l'artério-scléreux du cardiaque vulgaire. Auparavant il présente, diversement associés, suivant les cas, un grand nombre de symptômes qui sont l’attribut de la première période clinique de la maladie, celle d’hypertension artérielle; ces symptômes, il importe de les avoir toujours présents à l'esprit et de les rapporter à leur véritable cause, car un traitement « «à côté » pourrait entraîner les plus funestes conséquences.

L’aspect de l’artério-scléreux est caractéristique ; le malade est habituellement pâle (bien qu’il puisse passer rapidement de la teinte anémique à l’aspect vultueux, animé) et atteint de calvitie plus ou moins complète; ses artères temporales sont animées de battements violents et décrivent des flexuosités visibles à distance; il se plaint d’une céphalalgie pulsatile, de bourdonnements d'oreilles, de troubles visuels, de vertiges, de somnolence; il accuse en outre des douleurs vagues dans la continuité des membres, des crampes, souvent aussi du refroidissement des extrémités et le phénomène du doigt mort, des parésies diverses.

11 est sujet aux hémorragies, notamment aux épistaxis.

11 raconte que ses digestions sont lentes et pénibles, et qu’il éprouve souvent une sensation de barre au niveau du creux épigastrique, qu’après le repas son visage s’empourpre, qu’il est pris de palpitations et de somnolence; les palpitations surviennent également pendant la nuit et troublent le sommeil.

11 se plaint souvent d'une dyspnée qui survient sous l’influence de la marche, au moindre effort, et qui d’autres fois survient d’une façon dramatique, brusquement, au milieu de la nuit; cette dyspnée inquiète le malade par son intensité, mais il ne croit pas qu’il s’agisse là d'un symptôme grave, car le mot d’asthme a été prononcé dans son entourage et souvent aussi par le médecin. 11 se plaint souvent également d’éprouver une sensation pénible de constriction thoracique, au niveau de la région aortique, et parfois il décrit le tableau classique de l’angine de poitrine, ou bien appelle l'attention sur l’irrégularité des battements de son cœur. 11 est, par contre, pleinement satisfait du fonctionnement du rein, car il raconte qu’il urine abondamment, et que ses urines sont claires et limpides ; on sait que cette prétendue diurèse masque au contraire l’insuffisance de la perméabilité rénale et que ces urines abondantes contiennent peu d urée et de matières extractives.

Si l’on prend le pouls, on constate qu'il est généralement plein, fort, presque

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vibrant et résistant au doigt; parfois il a l’apparence de la petitesse, il est serré, tendu; ce dernier caractère est l'indice non de l’affaiblissement du myocarde, mais d'une hypertension extrême; la digitale serait funeste aux malades présentant une semblable hypertension. Le pouls est habituellement régulier, sans intermittences, mais sa fréquence est presque toujours anormale, soit qu’il s’agisse d’une tachycardie modérée (100 à 150 pulsations) ou qu’au contraire le nombre des pulsations soit inférieur à la moyenne physiologique.

L’auscultation du cœur et de l’aorte confirme le diagnostic ; on constate dans le deuxième espace intercostal, près du bord droit du sternum, le retentissement diastolique de l’aorte, retentissement en coup de marteau ou bruit parcheminé de Bouillaud ; il se peut aussi que l’on entende à l’orifice aortique un ou deux souffles râpeux, indices des incrustations athéromateuses des valvules ou de l’insuffisance de l’orifice artériel.

Le cœur est manifestement hypertrophié; la pointe bat avec force dans le sixième ou le septième espace intercostal et le choc précordial se fait sur une large surface.

Les bruits d’auscultation sont variables ; tantôt ils sont réguliers et éclatants, tantôt ils conservent leur régularité, mais sont sourds et mal frappés; d'autres fois il existe un bruit de galop ; des souffles aux orifices, des intermittences, etc.

Tel est le tableau schématique des signes et des principaux symptômes de l’artériosclérose à son début et à sa période d’état; suivant les cas, l’un ou l’autre de ces symptômes prédomine; rien n’est plus variable en effet que l’expression clinique dt; l’artério-sclérose, puisque les lésions artérielles peuvent être localisées ou prédominer au niveau d’un seul département vasculaire.

Le traitement de ces divers troubles diffère cependant peu, car ils ont communauté d’origine.

11 importe donc, au point de vue du traitement, de ne pas envisager chaque symptôme pris isolément, mais de remonter à la cause et d’instituer le traitement pathogénique qui est immuable dans son essence.

Ce qui domine en effet l’artério-sclérose, c’est l'insuffisance rénale, symptôme précoce et pour ainsi dire constant des dégénérescences artérielles (Huehard). Les beaux travaux de M. Bouchard ont rendu classique la notion des auto-intoxications. On sait qu’à l’état normal comme à l’état pathologique, l’organisme est un réceptacle et un laboratoire de poisons. La plupart proviennent du tube digestif, où ils sont apportés par les aliments, ou bien naissent sur place, du fait des fermentations gastro-intestinales. Les autres se forment dans les tissus et représentent les déchets delà nutrition. Si, chez l’individu sain, l'organisme ne paraît pas se ressentir de l’auto-intoxication lente et continue dont il est le théâtre, c’est qu’il se débarrasse des poisons qu’il contient ou parvient à les neutraliser. Le rein est le principal émonctoirc; la peau, l’intestin et le poumon sont des émonctoires accessoires; quant à l’organe destructeur des poisons, c’est le foie, qui joue un rôle égal à celui du rein, dans la défense de l’économie. Ces données nouvelles de la physiologie expérimentale ont la plus haute importance pratique; elles ont permis d'instituer un traitement rationnel de l'artériosclérose.

Que se passe-t-il chez l’artério-scléreux? Le rein fonctionne d’une façon insuffisante. Le spasme des artères porte entrave à la circulation sanguine et le filtre est en partie fermé; il se trouve en état d'aptitude fonctionnelle restreinte ou de méiopragie (Potain) ; aussi les urines sont-elles beaucoup moins toxiques qu’à l’état normal, les poisons étant retenus dans le sang. Cette imperméabilité relative du rein est plus fonctionnelle qu’organique, tout au moins au début, car le rein des artério-scléreux

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ne présente dans les premières phases de la maladie que peu ou pas de lésions ; c’est donc au spasme artériel que l'on doit attribuer le principal rôle dans la rétention des produits toxiques; ultérieurement d’ailleurs surviennent des lésions qui rendent définitive la déchéance fonctionnelle de l'organe. L’imperméabilité du rein tient sous sa dépendance la plupart des symptômes de l’artério-sclérose; c'est à elle qu’il faut attribuer la somnolence, certains vertiges, la céphalée et surtout la dyspnée; la fatigue du réveil, si souvent accusée chez les artério-scléreux, s’explique aisément, si l’on songe que pendant le sommeil il y a élimination moins active des poisons; on s’explique, pour la même raison, la fréquence nocturne des accès dyspnéiques. Cette théorie de l'origine toxique de la plupart des accidents de l’arlério-sclérose n’est pas une vue de l’esprit; elle repose, non sur des inductions hypothétiques, mais sur des faits expérimentaux. On a constaté que la toxicité des urines, chez les scléreux dyspnéiques, était notablement diminuée.

La dyspnée des artério-scléreux est donc souvent de même nature que la dyspnée urémique; comme cette dernière, elle est favorablement influencée par le régime lacté; les résultats du traitement confirment donc les données expérimentales. La dyspnée des artério-scléreux ne diffère de l’urémie que par une question de degré : « A côté de Yuremia major, survenue dans l’insuffisance organique du rein, il y a Yuremia minor, due à l’insuffisance fonctionnelle » (M. Huchard).

Si nous avons des données suffisantes sur le rôle du rein dans la genèse des accidents de l’artério-sclérose, nous ne pouvons guère apprécier encore celui du foie; l’urobilinurie, la glycosurie alimentaire ont cependant été constatées et l’anatomie pathologique a confirmé l’existence d’altérations fréquentes du parenchyme hépatique dans l’artério-sclérose ; il est donc permis de supposer que le foie, comme le rein, fonctionne d'une façon imparfaite; la dyspnée toxique pourrait être à la fois d'origine rénale et hépatique.

Il était nécessaire de rappeler ces données de la physiologie pathologique, car le traitement de l'artério-sclérose repose uniquement sur elles. On cherchera donc moins à combattre la sclérose vasculaire, car la sclérose est une lésion irréductible, qu’à en prévenir l'extension au moyen de diverses règles hygiéniques qui convergent toutes vers un but commun : introduire dans l'économie le moins de substances toxiques possible, faciliter l’élimination de celles qui s’y forment. L’application de ces règles hygiéniques résume presque tout le traitement de la première période de l’artério-sclérose, celle de l’hypertension artérielle. La période ultime, celle où surviennent les troubles cardiaques (période mitro-artérielle d’Huchard), nécessite l’intervention des toniques du cœur ; son traitement ne dilïère pas de celui des endocardites parvenues à la période d’asystolie.

A. — Traitement de la première période.

Ce traitement consiste exclusivement dans l’observation de l’hygiène suivante :

Les artério-scléreux doivent éviter toutes les causes de fatigue, aussi bien le surmenage physique que le surmenage intellectuel, car ce sont là deux sources incontestables d’auto-intoxication.

Le traitement d’Œrtel, qui peut être utile chez les obèses, est toujours nuisible chez les artério-scléreux à cœur hypertrophié. Ce traitement va à l’en-

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contre du but qu’il se propose; il excite un cœur affaibli et le surmène, alors qu’il faut soulager le cœur pour le fortifier.

Chez les scléreux, c’est sur le « cœur périphérique » qu’il faut agir, c'est-àdire sur le système vasculaire ; en d’autres termes, il faut diminuer les résistances périphériques pour diminuer d’autant le travail du myocarde.

Les artério-scléreux ne doivent pas cependant se condamner à l’immobilité prolongée, qui serait nuisible à d’autres égards. Un exercice modéré ne peut qu’être utile pour activer et régulariser la circulation périphérique ; il importe en outre que les fonctions de la peau soient favorisées par les lotions froides. le massage général et abdominal et les frictions excitantes pratiquées régulièrement chaque jour. Le massage abdominal, particulièrement utile chez les obèses, réduit la stase circulatoire des veines mésaraïques et active la diurèse.

La diminution de l’acide urique dans l’urine, après plusieurs massages, confirme l’influence salutaire de cette pratique. D’autre part le massage général, en activant la circulation intra-musculaire, dilate les vaisseaux et diminue la tension artérielle, d’où un soulagement marqué pour le cœur. Ce qui le prouve, c’est la diminution de fréquence du pouls, sous son influence. Le séjour dans un air confiné, l’usage des bains trop chauds ou des bains froids doivent être interdits; le tabac est nuisible, car il favorise le spasme artériel. Les prescrip tiens hygiéniques les plus importantes sont relatives à Y alimentation. Il faut' réduire la quantité des aliments en général, chez les gros mangeurs ; Modicus cibi, medicus sibi; il faut surtout supprimer ceux qui sont nuisibles. Les viandes étant la principale source des toxines alimentaires, qui sont vasoconstrictives au plus haut point, leur quantité doit être réduite au minimum; on interdira, d’autre part, la charcuterie, le gibier, les viandes faisandées ou peu cuites et l’on recommandera surtout les viandes blanches; on interdira les poissons, les coquillages, les crustacés, les conserves alimentaires, le foie gras, les épices, les fromages faits, les asperges, l’oseille, les tomates, les champignons, les truffes et le bouillon gras. Ce n’est point par la potasse qu’il contient que le bouillon est nuisible aux brightiques et aux artério-scléreux, c’est parce qu’il renferme une grande quantité de ptomaines. M. Iluchard cite un passage bien curieux de Senac, relatif à l’action nocive du bouillon. Si Senac n’a pas incriminé les ptomaines, il a du moins parfaitement indiqué que le bouillon peut être nuisible dans certains cas : « Les aliments qui portent une matière grossière ou trop nourrissante dans des corps malades sont des aliments pernicieux ; ils agitent les corps qui jouissent d une santé parfaite; ils mettent donc en feu les corps qui souffrent. Les bouillons trop forts ou les consommés sont donc des poisons; les bouillons légers sont, il est vrai, moins pernicieux; mais, outre qu’ils s'altèrent dans les premières voies, qu’ils y prennent une disposition à la pourriture, qu’ils y consacrent une àcreté rongeante, ils surchargent les vaisseaux d’une matière dont la densité donne au cœur plus d’action » (Senac). Le régime qui convient le mieux aux artério-scléreux est un régime mixte composé surtout de laitage et de légumes, de quelques œufs, de viandes très cuites et très fraîches. Le régime lacté exclusif n’est de rigueur que s’il existe des accidents dyspnéiques graves, une ^

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céphalée rebelle, de l’insomnie, etc. Le lait agit comme diurétique; il est surtout utile parce qu’il réduit au minimum l’apport des substances toxiques dans l’organisme; ainsi que l’a dit très justement M. le professeur Potain, le lait agit surtout parce qu’il ne nuit pas. C’est merveille de voir avec quelle facilité cèdent sous l'influence du régime lacté absolu, les accès d'angoisse nocturne, l’insomnie, la céphalée; au bout de deux ou trois jours la transformation est parfois complète et le malade qui passait ses nuits, assis, dans un fauteuil, peut dormir d’un sommeil paisible.

On ne peut fixer a priori la durée de l’usage exclusif du lait; il importe de ne pas trop la prolonger, car les malades arrivent vite à la satiété. Lorsque les accidents se sont dissipés, on revient progressivement à une alimentation mixte, en diminuant au fur et à mesure la quantité de laitage; mais le malade ne devra jamais cesser complètement l’usage du lait, qui devra constituer la majeure partie du repas du soir.

Les aliments de choix sont les viandes bien cuites, grillées ou rôties, et notamment les viandes blanches, le poulet, pris au repas du midi seulement; les œufs en quantité modéré (2 par jour, au plus), les potages maigres, les féculents, les salades cuites, les fruits bien mûrs, cuits le plus souvent, les fromages à la crème. Pas d’autres assaisonnements que le sel, le beurre frais, en petite quantité. La suppression de la viande au repas du soir se justifie paire lait que l’intoxication de l’organisme est à son maximum pendant la nuit, ce qui explique l'apparition nocturne de la dyspnée toxique.

Il ne suffit pas de régler la nature des aliments, il faut encore régler la quantité et la qualité des boissons; l’absorption d’une grande quantité de boissons peut conduire à l’hypertension artérielle, il faut donc modérer la quantité des boissons prises à chaque repas, mais il faut se garder de prescrire le régime sec dans toute sa rigueur, car l’expérience a montré qu'il peut être nuisible, surtout chez les artério-scléreux obèses (Edgren).

Certaines boissons sont manifestement nuisibles aux artério-scléreux : les vins et les boissons spiritueuses doivent être proscrites, ainsi que les boissons caféiques (thé, café, maté). Les meilleures boissons de table sont 1 eau et le lait; si les malades répugnent à l’idée de boire du lait aux repas, ils peuvent faire usage d’une petite quantité de vin blanc, coupé d’eau ou d une eau minérale indifférente comme l’eau d’Évian, l’eau d’Alet, etc. On ne saurait trop leur recommander l’usage des infusions aromatiques chaudes qui. prises à la fin du repas, stimulent les contractions de l’estomac, et celle des eaux légèrement diurétiques (voir plus loin) prises, le matin à jeun, ou le soir au moment du coucher, à la dose d’un verre. Ces boissons constituent un bon moyen d’éliminer les déchets de l’organisme et de réduire la quantité d’acide urique, celui-ci étant doué lui-même d’une action vaso-constrictive. Avec le verre d’eau du matin, on peut faire prendre un cachet de 0 gr. 50 de lycétol (tartrate de diméthyl-pipérazine) qui solubilise l’acide urique.

L’usage du tabac doit être interdit d’une façon absolue.

Les malades consultent souvent le médecin sur le choix d’un climat ; on devra leur défendre le séjour à des altitudes dépassant 500 ou 000 mètres et

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le séjour au bord de la mer. Au-dessus de 500 à 600 mètres, ou peut voir survenir des troubles cardiaques et notamment l'angine de poitrine. D’une façon générale, les climats à l’abri du vent et des variations brusques de température sont seuls recommandables.

Les eaux minérales, prises à la source, ne doivent être employées qu’avec la plus grande réserve, chez les artério-scléreux ; certaines, comme les eaux sulfureuses, sont absolument contre-indiquées, car elles déterminent une excitation du cœur et de l’appareil cardio-vasculaire. La même observation s’applique aux eaux bicarbonatées et aux eaux arsenicales.

Les seules eaux que l’on peut permettre ou même recommander aux malades sont les eaux faiblement minéralisées de Vittel, Contrexéville, Martigny, Evian, Anlus, Capvern qui agissent comme diurétiques; encore les malades devront-ils se garder d’ingérer une quantité trop considérable de ces eaux, ce qui pourrait accroître les symptômes d’hypertension artérielle (palpitations, battements artériels, etc.).

Parmi les eaux que l’on peut encore utiliser, M. Iluchard cite celle, encore peu connue, de Bomlonneau (dans la Drôme) qui est l’une des plus iodurées de France, celle de Saxon (Valais) qui est bicarbonatée, iodurée et bromurée sodique, et celle de Bourbon-Lancy (Saône-et-Loire) qui est chlorurée sodique (eau thermale à 55°).

Il ne suffit pas de prescrire une alimentation convenable, il faut encore s’efforcer de neutraliser les poisons contenus dans le tube digestif : aussi recommande-t-on les antiseptiques intestinaux; on pourra donner soit le naphtol associé au salicylate de bismuth, soit le benzonaphtol :

Benzo-naphtol . 6 gr. 75

Charbon 0 gr. 50

pour 1 cachet; 4 à 6 par jour.

Mais on n’oubliera pas que la meilleure antisepsie de l’intestin consiste dans l’évacuation de son contenu. Les malades devront donc éviter avec soin la constipation ; ils la combattront avec les lavements glycérines et les laxatifs; l’usage fréquent des purgatifs salins à petites doses (une cuillerée de citrate de magnésie granulé, pris le malin dans un peu d’eau fraîche, ou bien une cuillerée à café de sel naturel de Carlsbad) est une excellente mesure.

Nous avons indiqué l’utilité de la médicat ion diurétique, destinée à éliminer les poisons. A l’emploi du lait, le diurétique par excellence, des eaux citées plus haut, on pourra joindre l’usage temporaire de la théobromine à doses modérées : 0 gr. 50 à 1 gramme par jour, en deux fois.

M. Iluchard associe la théobromine à ia lithine et au benzoate de soude; on peut prescrire ;

Théobromine . . .

Carbonate de lithine Benzoate de soude .

0 gr. 50 au 0 gr. 10

I n cachet matin et soir avec un verre d’eau minérale.

ARTÉRIO-SCLÉROSE.

Les malades pourront encore faire une cure de raisin, ce qui leur permettra de bénéficier en même temps des avantages du repos, de la vie au grand air.

Le traitement général de l’artério-sclérose comporte l'emploi des médicaments qui abaissent la tension artérielle (vaso-dilatateurs) ; M. Huchard prescrit au début, alors que l’hypertension artérielle prédomine et que la sclérose est peu développée, la nitro-glycérine ou trinitrine, et letétranitrate d’érythrol ou tétranitrol ; plus tard, à la période d’artério-sclérose constituée, l’iodure doit leur être associé ou substitué.

La trinitrine s’administre par la voie gastrique ou la voie sous-cutanée ; les injections seront réservées pour les cas où il est urgent d'obtenir un effet

rapide.

M. Huchard prescrit matin et soir, pendant dix à quinze jours chaque mois. Il à IV gouttes de la solution alcoolique de trinitrine au centième (dose qui peut être portée progressivement, suivant le.s différentes susceptibilités des malades, à XII et même XX gouttes par jour, en 5, 4, 5 ou 6 fois). On peut formuler ainsi :

Eau distillée 500 grammes.

Solution alcoolique de trinitrine au 100° XXX gouttes.

Prendre de 2 à 6 cuillerées à bouche par jour. On peut encore prescrire des comprimés, dont chacun contient deux ou trois gouttes de la solution au

Voici la formule des injections sous-cutanées :

Eau distillée 10 grammes.

Solution alcoolique de trinitrine au 100° XL gouttes.

Injecter un quart de seringue ou une demi-seringue, deux à quatre fois par

jour.

La trinitrine détermine fréquemment une céphalée pulsatile dont l’apparition exige la suppression de la médication ou tout au moins la réduction des doses.

Le tétranitrol a été expérimenté en 1895 par Bradbury (de Cambridge). Il possède une action vaso-dilatatrice moins marquée, plus lente à se produire, mais plus durable que celle de la trinitrine. L’effet de cette dernière est transitoire et ne persiste que 15 à 20 minutes; le tétranitrol n’agit qu’au bout de 50 à 00 minutes, mais son effet persiste pendant une heure et demie.

Le tétranitrol se prescrit à la dose de 10 milligrammes en moyenne par jour, sous forme de comprimés, contenant 1 milligramme, ou bien en solution alcoolique :

Tétranitrol 10 centigrammes.

Alcool à 60° 20 grammes.

X gouttes de cette solution eontiennenl 1 milligramme de tétranitrol

MALADIES DE L'APPAREIL CIRCULATOIRE

L’ iodure de potassium est le médicament par excellence de l'artériosclérose confirmée. G. Sée a démontré qu’il active la circulation, et par suite la nutrition du myocarde, qu’il dilate les artères et par suite détermine un abaissement marqué de la pression artérielle. G. Sée n’employait que l’iodure de potassium; d’autres médecins emploient indistinctement l iodure de potassium ou l’iodure de sodium, ou même de préférence ce dernier, car ils redoutent l’action nocive que l’administration prolongée du sel de potassium peut exercer sur le cœur, et les effets de l’accumulation lente et progressive des sels de potasse dans l’économie.

Si l iodure de sodium présente certains avantages sur l iodure de potassium, on ne peut nier cependant qu’il ne soit moins actif; aucun médecin n’oserait le substituer à l iodure de potassium dans le traitement de la syphilis, par exemple.

Deux autres iodures ont été introduits récemment dans la thérapeutique et peuvent être substitués aux précédents, car ils paraissent doués d’une action analogue sur l’appareil cardio-vasculaire : ce sont les iodures de strontium et de calcium; ce dernier est particulièrement indiqué lorsqu’il existe de l'intolérance des voies digestives pour l’iodure de potassium.

Quelle que soit la préparation iodurée sur laquelle on arrête son choix, il est nécessaire, si l’on veut obtenir quelques résultats, d’en continuer l’usage pendant longtemps. M. Huchard donne, au début, l iodure à petites doses : 20 centigrammes par jour.

Pour assurer la tolérance on peut l’associer parfois à l’extrait thébaïque :

Iodure de potassium 10 grammes.

Extrait thébaïque 10 centigrammes.

Eau 000 grammes.

ou bien on additionne chaque cuillerée de la solution, de X à XX gouttes de teinture de seille (Huchard).

L’iodure se donne au repas dans une petite quantité de bière ou mieux de lait.

Il faut avoir soin de fractionner toujours la quantité journalière en plusieurs doses. On prescrit habituellement l iodure pendant vingt jours par mois environ, en laissant un intervalle de deux jours, après la première décade. Le malade s’abstient du médicament pendant les derniers jours du mois.

M. Huchard estime, nous l’avons dit plus haut, que Liodure est inutile à la période de présclérose, alors que la sclérose artérielle n’est pas encore constituée.

En tout cas, il faut se garder de le prescrire à doses trop élevées ou d’en prolonger trop l’emploi. Si, à petites doses, Liodure excite la fonction motrice du cœur, à doses fortes et prolongées, il le fatigue et peut encore produire une sorte d’asystolie iodique.

Lorsque le cœur commence à faiblir, on peut associer le sulfate de spartéine à Liodure ou au strophantus (la spartéine doit être donnée à part, en raison de l’incompatibilité chimique existant entre les deux médicaments) :

Eau distillée ....

Iodure de sodium . .

Extrait de strophanlus

ARTÉRIO-SCLÉROSE.

1 00 grammes.

1 centigramme.

Une cuillerée à café à chaque repas.

Le strophantus ayant une saveur amère, désagréable, on peul encore le prescrire avec la solution iodurée, sous forme de granules d’extrait de strophantus à un demi ou un milligramme.

M. Huchard prescrit la préparation suivante, antidyspnéique et diurétique, chez les artério-scléreux :

Teinture de grindelia robusta 5(l grammes.

— de convallaria maudis 10 —

— de scille 5 —

XV gouttes de cette mixture, trois par jour.

Contre les palpitations M. Iluchard emploie la digitale sous forme de solution alcoolique de digitaline au millième, à la dose de Xà XV gouttes par jour, pendant cinq à six jours, ou bien la teinture de digitale associée à celle de scille et d'aconit :

Teinture alcoolique de digitale \

— de scille v ;îâ 5 grammes.

— de racines d’aconit )

Prendre X gouttes 5 ou 4 fois par jour pendant huit ou dix jours.

L’asystolie passagère peut survenir chez les artério-scléreux, sous l'influence de causes diverses: repas copieux, abus de l’alimentation carnée, usage de l’alcool, fatigue, refroidissement, affections pleuro-pulmonaires et hépatiques. 11 suffit, pour combattre la dilation aiguë du cœur, de mettre le malade au repos, au régime lacté, d’employer la caféine et la théobromine. la digitale à petites doses.

Nous avons énuméré les médications utiles; il est non moins important de rappeler celles qui sont nuisibles à divers titres chez les artério-scléreux : la digitale est contre-indiquée d’une façon générale, à la période d’hypertension, saul à très petites doses, pour répondre aux indications précédemment indiquées (palpitations, asystolie passagère). Son emploi intempestif peut déterminer des crises d’angine de poitrine, voire même des embolies, des hémorragies cérébrales. L’ergot de seigle, autre médicament vaso-constricteur, est également contre-indiqué. Sont nuisibles également : la caféine à hautes doses, la belladone et l’atropine, l’antipyrine (qui diminue la sécrétion urinaire), le sulfonal, la morphine.

MALADIES DE L’APPAREIL CIRCULATOIRE

B. — Traitement de la seconde période (cardio-artérielle).

La digitale devient indispensable quand le myocarde faiblit, que ses cavités se dilatent et que les œdèmes apparaissent; la pression veineuse augmente alors, tandis que la pression artérielle diminue; le malade se retrouve dans les conditions du mitral à la période d’asystolie et la digitale peut donner chez lui d’excellents effets, bien qu’en général, en raison de la sclérose du myocarde et de sa rigidité, la digitale ne puisse lui rendre l’énergie qu’elle donne aux cœurs, simplement dilatés, des sujets jeunes.

On a invoqué l’imperméabilité rénale comme une contre-indication à l'emploi de la digitale. On a exagéré les conséquences des effets aceumulatifs ; dans une communication à la Société médicale des hôpitaux (29 avril 1892), M. lluchard a fait justice de ce préjugé que l’observation permet de considérer comme mal fondé.

La digitale n’est réellement contre-indiquée qu’à la période ultime de la maladie ; encore peut-on parfois lui rendre son efficacité temporaire en pratiquant une saignée ; mais la caféine est à ce moment le seul médicament qui permette de prolonger de quelques jours l’existence du malade.

Il va sans dire que les premières mesures à prendre quand l’asthénie cardiaque apparaît, sont la mise au repos au lit, Y institution du régime lacté. On administre ensuite un purgatif, eau-de-vie allemande (15 à 50 grammes), ou :

Scammonée 75 centigrammes.

Jalap 15 —

pour un cachet; puis la digitaline à la dose de X gouttes de la solution au 1000e, pendant 5 jours ; ensuite on administre la théobromine, à la dose de 1 à 2 grammes par jour.

La caféine est le médicament d’urgence comme dans l’asystolie d’origine valvulaire.

Tel est le traitement général de l’artério-sclérose ; il nous reste à formuler les indications du traitement symptomatique.

L’un des symptômes le plus constants, nous l’avons dit, est la dyspnée, qui est d’origine toxique le plus souvent et qui est alors exclusivement justiciable du régime lacté. Ce qui le prouve, c’est que l’on peut faire disparaître les œdèmes, la congestion pulmonaire avec la digitale, tandis que la dyspnée persiste. Vient-on, au contraire, à prescrire le régime lacté absolu, celle-ci disparaît comme par enchantement au bout de quelques jours.

Un donnera donc uniquement du lait pendant huit jours, ensuite le régime lacté mitigé pendant huit autres jours (un litre et demi à deux litres de lait, légumes, œufs, fruits, viande à un seul repas). Pendant le régime lacté absolu on prescrira l’iodure de potassium, et pendant la période de régime mitigé la théobromine. De temps en temps on administrera un purgatif

ARTÉRIOSCLÉROSE.

(scammonée, calomel, eau de Montmirail). Lorsque la dyspnée aura disparu, il sera utile, pour en prévenir le retour, de soumettre le malade deux fois par mois pendant 4 à 5 jours chaque fois, au régime lacté exclusif.

Le sérum de Trunecek, dont il sera question plus loin, exerce également une action favorable sur la dyspnée.

Avant que ces moyens à longue portée n’aient exercé leur influence, on peut soulager les malades en proie aux paroxysmes dyspénéiques nocturnes en leur faisant respirer pendant un instant les vapeurs du mélange suivant contenu dans un flacon :

Iodure d’amyle Chloroforme. .

ou simplement d 'iodure d’amyle.

La dyspnée toxique à laquelle il faut songer en premier lieu, n’est cependant pas la seule que l’on puisse observer chez les artério-scléreux : aux périodes avancées de la maladie, elle est surtout d’origine cardiaque, ainsi qu'en témoignent l’affaiblissement des contractions du cœur, la dilatation de l’organe ,les œdèmes; au régime lacté, il est de toute nécessité d’ajouter dans ce cas l’emploi de la digitale et de la caféine ; parfois même, la saignée devient nécessaire. Enfin elle peut être due non à la cardioplégie, mais à un œdème aigu du poumon qui commande la saignée d’urgence, l’emploi des injections de caféine et de strychnine .

Dans d’autres circonstances enfin, il s’agit d’une dyspnée nervo-réflexe, au traitement de laquelle convient parfaitement le bromure de potassium donné à hautes doses.

Contre ces troubles cérébraux (vertiges, céphalée, etc.), V iodure de potassium, associé à l opium est habituellement prescrit, concurremment au régime lacté; le bromure est indiqué, s’il existe des crises épileptiformes.

Contre les troubles on préconise également une médication nouvelle, vantée démesurément comme la plupart des médications dont le temps n’a pas encore permis d’apprécier la juste valeur, mais susceptible cependant de rendre certains services chez les artério-scléreux en général, et notamment chez ceux qui présentent des troubles cérébraux dus à l’insuffisance de l’irrigation artérielle. Proposée par le D1 Trunecek (de Prague), en 1901, elle a été vulgarisée en France par le Dr Léopold Levi, sous le nom de sérum de Trunecek. Ce sérum est formulé ainsi :

Sulfate de soude 0 gr. 44

Chlorure de sodium 4 gr. 92

Phosphate de soude 0 gr. 15

Carbonate de soude 0 gr. 20

Sulfate de potasse 0 gr. 40

Eau distillée et stérilisée ([.s. pour 100 c. c.

La stérilisation à l’autoclave demande des précautions, car il peut se pro-

25 grammes.

MALADIES DE L’APPAREIL CIRCULATOIRE

tluire (les précipités cristallins par suite de la réaction de ces diverses substances les unes sur les autres et l'injection devient alors douloureuse; le mieux est de stériliser sur bougie de porcelaine et de renfermer ensuite le sérum dans des ampoules scellées.

Ce sérum représente, mais en solution dix fois plus concentrée, un mélange de tous les sels alcalins qui constituent normalement la partie inorganique du sérum sanguin et dans leurs proportions relatives. Ces chiffres sont la reproduction des chiffres mêmes de l’analyse du sérum sanguin qu’a faite IIoppc- Sevler, mais avec deux modifications : en effet, Trunecek a supprimé les phosphates de chaux et de magnésie que contient le sérum et ajouté du sulfate de potasse qui n’y figure pas.

Trunecek a employé son sérum, exclusivement en injections sous-cutanées. II injecte 1 centimètre cube d’abord, puis renouvelle les injections tous les quatre ou sept jours, en augmentant de 1 centimètre cube à 5 centimètres cubes.

Dans certains cas, il a fait des injections tous les jours et a poussé jusqu’à 5 centimètres cubes et même 7 centimètres cubes.

M. Léopold Levi utilise le sérum par la voie sous-cutanée et en lavements; de plus il emploie une poudre minérale dont voici la composition :

10 grammes.

1 gramme.

;ïïi 0 gr. 75

0 gr. 40 0 gr. 50

à diviser en 13 cachets, contenant sensiblement 1 gramme du mélange. Chaque cachet correspond au moins à 15 centimètres cubes du sérum liquide et à la teneur en sels de plus de 150 centimètres cubes de sérum du sang. Ils se prennent à jeun avec une cuillerée à soupe d’eau, une heure avant l’ingestion du premier déjeuner. Parfois M. Léopold Levi en fait prendre deux, le premier à six heures du matin, le second à 11 heures, le malade ayant fait son premier repas à 7 heures. Dans certains cas, il y a intérêt au contraire à diminuer les doses et à ne faire prendre qu’un cachet de 50 centigrammes.

En injections sous-cutanées M. Léopold Levi emploie le sérum à la dose initiale de 2 centimètres cubes, puis il augmente de 1 centimètre cube tous les deux jours et se tient alors à 5 centimètres cubes, sauf dans les cas où la douleur est forte. Les injections se font au niveau de la fesse (il faut enfoncer d’abord l’aiguille pour voir s’il ne vient pas une goutte de sang, auquel cas on piquerait ailleurs, car cette circonstance favorise la formation de petites indurations).

Léopold Levi pratique habituellement dix injections, puis il continue le traitement par des lavements : il commence par une dose de 5 centimètres cubes et augmente de 5 centimètres cubes tous les deux jours, pour arriver à 50 ou 40 centimètres cubes (le lavement est donné avec une seringue en caoutchouc de 50 centimètres cubes).

Chlorure de sodium .

Sulfate de soude . .

Phosphate de chaux . .

— de magnésie Carbonate de soude . .

Phosphate de soude . .

ARTÉKIO-SCLÉROSE.

Les injections sont nécessairement plus actives que les autres modes d’administration du « sérum ». Néanmoins les lavements et la poudre employés seuls ont donné de bons résultats.

Quelle est l’action physiologique du sérum de Trunecek? On admet généralement que les sérums artificiels concentrés, injectés même à petites doses, augmentent la pression artérielle ; ce seraient des médicaments hypertenseurs. Le sérum de Trunecek fait exception à la règle, car il est essentiellement hypotenseur (Léopold Levi et Teissier). Cette propriété explique les bons effets que Ton retire de son emploi dans l’artério-sclérose où l’hypertension joue un rôle considérable. Cependant l’action du sérum sur la tension artérielle est encore discutée; pour M. Huchard elle est nulle. En clinique les effets du sérum sont surtout marqués dans l'artério-sclérose cérébrale : non seulement les symptômes subjectifs, tels que la céphalée, les vertiges, les bourdonnements d’oreilles, l'affaiblissement intellectuel peuvent rétrocéder, mais encore les troubles organiques, tels que les parésies avec troubles moteurs et sensitifs (hémiplégie, paraplégie sensitivo-motrice incomplète), même quand ces troubles sont anciens. L’effet est transitoire souvent, parfois durable. Léopold Levi cite à cet égard plusieurs observations assez significatives.

Ajoutons que le sérum de Trunecek agit encore sur la dyspnée, sur les phénomènes angineux (douleurs précordiales avec irradiations brachiales), qu’il atténue la cachexie artérielle, car l'on a observé parfois le retour de 1 appétit et du sommeil, l'amélioration de l’état général.

Dans un cas d’aphasie incomplète avec parésie brachiale chez un artérioscléreux, nous avons obtenu une rapide guérison; toutefois il faut se garder de toute exagération et de considérer le sérum de Trunecek connue un remède quasi spécifique de l’artério-sclériose en général. C’est un bon médicament contre certains symptômes, et rien de plus. Son action est nulle dans les paralysies dues à une hémorragie cérébrale. Il n’a d’action, en somme, que sur les troubles liés à l’insuffisance d’irrigation du cerveau, sur la claudication intermittente cérébrale, sur l’asthénie qui en est la conséquence.

Les troubles digestifs sont pour ainsi dire constants; ici encore le régime lacté est la seule ressource du médecin. On peut assurer la digestion du lait en additionnant chaque tasse d’une cuillerée à café d’eau de chaux, ou d'une à deux cuillerées à soupe d'eau de Vichy (Célestins) ou d’eau de Vais. M. Huchard prescrit parfois la pancréatine associée au benzo-naphtol :

Bcnzo-nnplitol 0 gr. 50

Pancréatine 0 gr. 25

pour 1 cachet. Un cachet dans une tasse de lait, 5 à 6 fois par jour.

S'il existe de la diarrhée, on substitue le salicylate de bismuth au benzonaphtol ; le lait stérilisé convient particulièrement dans ce cas.

La magnésie, la rhubarbe, etc., permettent de combattre la constipation.

Pour atténuer le dégoût que la plupart des malades éprouvent pour le lait, après un usage prolongé, on peut aromatiser celui-ci avec différentes boissons

MALADIES DE L’APPAREIL CIRCULATOIRE

alcooliques : rhum, anisette, kirsch, chartreuse, etc. (1 cuillerée à dessert par tasse). Cette addition d’une petite quantité d’alcool présente encore l’avantage de remédiet dans une certaine mesure à l’affaiblissement dans lequel la diète lactée jette les malades.

M. Huchard conseille encore, pendant toute la durée du régime lacté, de prendre une ou deux fois par jour, dans le lait ou dans un peu d’eau, une petite cuillerée «à café du mélange tonique suivant :

Extrait fluide de coca D20 grammes.

— de kola 80 —

L’insomnie est due à des causes diverses; tantôt elle est sous la dépendance de l’urémie chronique, tantôt elle est liée aux troubles circulatoires; dans le premier cas, le régime lacté est le meilleur des hypnotiques; dans le second cas, la digitale, l’iodure ramènent le sommeil. Il faut ctue sobre des médicaments hypnotiques chez les scléreux ; car c’est surtout chez ces malades, en raison de l’insuffisance rénale habituelle chez eux, qu’ont été observés des accidents d’intoxication à la suite de l’emploi du sulfonal, du chloralose, etc.

ANÉVRYSMES DE L'AORTE

Jusqu’à ces dernières années, on s’est surtout efforcé de favoriser la coagulation du sang dans l’intérieur des anévrysmes, sans agir sur la paroi. On s’est beaucoup occupé du contenu, pas assez du contenant (Huchard). Aujourd’hui, une conception plus exacte des indications thérapeutiques a conduit les praticiens à traiter les lésions dégénératives de l’aorte qui aboutissent à l’atrophie et à la disparition de la tunique moyenne, cause immédiate de la formation de l’anévrysme ; à combattre d’autre part l’hypertension artérielle qui va de pair fréquemment, mais non constamment, avec les lésions artérielles, sans négliger les moyens propres à favoriser la coagulation du sang à l’intérieur du sac.

Traitement de l'artérite et de l'hypertension. — Le traitement de l’hypertension était déjà poursuivi par les anciens auteurs : « Tout ce que l’art peut effectuer avec succès pour la guérison de l'anévrysme se réduit à la diminution de la force de la circulation dans le sac », disait Hogdson. Diète rigoureuse, saignées répétées, repos absolu au lit, tels étaient les moyens radicaux préconisés par Valsalva, Albertoni et plus tard, au commencement de ce siècle, par Pelletan, Sabatier, Hogdson, Corvisart, Laënnec, etc.; de nos jours Tufnell (1878) a préconisé encore le repos absolu, la diète très rigoureuse avec réduction des boissons, mais a supprimé la saignée.

11 n’est pas besoin d’insister sur les graves inconvénients de ce traitement

ANÉVRYSMES DE L’AORTE.

qui rapidement déterminait un affaiblissement extrême, sans d’ailleurs provoquer de modifications bien appréciables dans l’état des malades. La diète sèche, en particulier, est plus nuisible qu’utile.

Ce qu’il importe surtout de régler c’est moins la quantité que la qualité des boissons et aliments. 11 faut éviter tous les aliments qui augmentent la tension vasculaire, ceux qui contiennent des toxines éminemment constric- ’tives, et par conséquent supprimer la viande, les poissons de mer, les conserves, les fromages faits, les mets épicés, les boissons caféiques et alcooliques. Le régime lacté et végétarien constituera toute l’alimentation; l’eau pure, la boisson exclusive. 11 est inutile d’insister davantage sur le régime alimentaire, qui a été déjà indiqué dans le chapitre consacré à l’artério-sclérose. Faisons observer qu’il a sur le traitement barbare de Valsalva l’avantage de ne pas affaiblir les malades, tout en produisant le maximum d’effet utile. Au régime doivent être jointes d’autres prescriptions hygiéniques, notamment V interdiction du tabac , celle de tous les exercices violents ou prolongés. Quant au repos absolu, il ne peut être prescrit que par intermittence.

Les médicaments vaso-dilatateurs et dépresseurs de la circulation artérielle, tels que le nitrite d’amyle, la trinitrine, le tétranitrol, etc., ne sont d’aucune idilité.

Une seule médication interne est utile, c’est la médication iodurée, qui non seulement diminue l’hypertension et ralentit le cours du sang dans la ( poche anévrysmale, mais encore agit sur l’artérite, que celle-ci soit ou non i d'origine syphilitique. Il est à peu près certain que l’iodure de potassium ne limite pas son action aux seuls cas d’anévrysme d’origine syphilitique. Depuis Bouillaud, l’iodure de potassium est d’un emploi courant dans le traitement des anévrysmes et Duroziez a pu dire avec raison que « l’iodure de potassium ! est pour les anévrysmes ce que la digitale est au cœur ». Au début du traitement on emploiera des doses fortes, surtout dans les cas d’anévrysmes d’origine syphilitique, c’est-à-dire 2 à 3 grammes par jour, plus tard des doses plus faibles, dont on poursuivra l’usage pendant plusieurs mois ou même plus d un an, avec de courtes interruptions.

Chez les syphilitiques, au traitement ioduré, il est nécessaire d’associer au I début le traitement mercuriel , sous forme d’injections sous-cutanées de préférence, car si le mercure reste sans action sur les lésions scléreuses dégénératives, il fait disparaître les lésions seléro-gonnneuscs.

Moyens propres à déterminer la formation de caillots actifs, fibrineux, dans la poche anévrysmale. — Les médicaments internes employés dans ce but tels que l’acétate de plomb (Dupuytren), l’alun (Sabatier), la digitale, etc., n’ont aucune efficacité. Ce dernier médicament a le grand inconvénient d’augmenter la tension artérielle.

Il n y a pas lieu d’insister non plus sur les différentes méthodes qui consistent à introduire des corps étrangers dans la poche anévrysmale. Ces méthodes difficiles à mettre en pratique, et surtout dangereuses, sont tombées en désué- I tude; bornons-nous donc à rappeler que Moore faisait pénétrer dans la poche

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