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L'iode, sous forme de sirop iodotannique, est également à conseiller chez les sujets lymphatiques, à teint pâle, à chairs molles. L’emploi du fer est souvent contre-indiqué par le mauvais état des voies digestives.
Les traitements thermaux sont utiles à différents titres, d’abord parce qu’ils sont un prétexte à vie au grand air, parfois dans une station d’altii tude.
Lorsque le fonctionnement défectueux du foie paraîtra surtout devoir être incriminé, les malades seront justiciables des eaux alcalines : Vichy, Vais, etc.; Evian est indiqué dans les albuminuries prégoutteuses, sans trouble des fonctions hépatiques ; Royat est également indiqué en pareil cas.
Dans l’albuminurie orthostatique pure, les malades qui sont en général déprimés sont justiciables des eaux reconstituantes, soit arsenicales, comme la Bourboule, soit surtout bicarbonatées et chlorurées sodiqucs comme Chàtel-Guyon, Saint-Nectaire.
Cette dernière station est particulièrement réputée (bains quotidiens; le soir source du Mont-Cornadore, le matin source du Parc ou Saint-André en boisson). Toutefois il faut bien savoir que le traitement thermal est inefficace, si l'on n’emploie avec persévérance et méthode les moyens généraux de traitement précédemment indiqués.
Les cures d'altitude sont particulièrement utiles chez les jeunes gens déprimés et nous avons obtenu dans quelques cas des guérisons définitives à ; la suite d’un séjour en Suisse.
b) L’albuminurie d’origine digestive ne s’observe que dans certaines conditions qui permettent assez aisément de remonter à sa cause; on la constate surtout chez d’anciens dyspeptiques qui ont de la dilatation de l’estomac et qui résorbent vraisemblablemsnt des substances toxiques. Contrairement à ce que 1 on pourrait croire, le régime lacté n’a pas, en pareil cas, d influence décisive; pas plus que les autres aliments, le lait n’échappe aux fermentations dont 1 estomac dilaté est le siège. Le lavage de 1 estomac est nettement indiqué : on doit prescrire un régime mixte constitué exclusivement d’œufs, de viandes blanches, braisées ou grillées, de purées de légumes; les poissons, le gibier, les viandes noires, les fromages fermentés en seront
: rigoureusement éliminés. On peut envoyer les dyspeptiques albuminuriques, après traitement diététique préalable, à Saint-Nectaire, Royat , Vichy, Rougîtes, Châteauneuf. Chez les obèses gros mangeurs peut survenir une albuminurie due à l’ingestion de matériaux azotés surabondants; la réduction de la quantité des aliments, l’élimination des aliments très riches en azote permettent de faire disparaître cette albuminurie, si l’on y joint l’emploi des moyens hygiéniques (frictions, massages, etc.). Le traitement de Brides, Micrs (Lot), Carlsbad, Franzensbad ou Marienbad convient aux obèses albuminuriques.
c) L’albuminurie nerveuse qui s’observe dans les cas de neurasthénie par i surmenage, dans les cas de goitre exophtalmique, de tabes, de paralysie I générale jie demande pas un traitement particulier; le régime lacté u’est nullement nécessaire. Albert Robin recommande le traitement de Saint-Nectaire
MALADIES DE L’APPAREIL URINAIRE
•dans les allmminurics qui dépendent du surmenage du système nerveux. Néris , Plombières sont également utiles.
d) L albuminurie d origine mécanique, albuminurie des cardiaques, coïncide avec l’oligurie, la richesse des urines en sels et reconnaît comme cause .P augmentation de la pression veineuse, l’abaissement de la tension artérielle. Le lait est ici formellement indiqué; sous l’influence combinée du régime lacté, du repos et de la digitale, on voit le volume des urines atteindre ou même dépasser la moyenne normale et l’albumine disparaître. Dès que ce résultat est obtenu, on permet le retour à l’alimentation ordinaire. Chez les cardiaques encore peu atteints, on peut conseiller une saison à Bourbon- Lancy.
Lorsque l'albuminurie survient chez des cardiopathes âgés, artério-scléreux, chez qui tous les organes sont touchés, elle peut être due non plus à un simple trouble de circulation, mais à une néphrite; dans ce cas, il est facile de remonter à sa véritable cause (présence de cylindres dans les urines, signes de brightisme, etc.). Enfin chez les cardiaques anciens, l’albuminurie peut •être duc à un infarctus et, dans ce cas, elle est en général abondante et survient brusquement du jour au lendemain.
e) Que l’albuminurie de certaines maladies fébriles soit uniquement l’expression d'un trouble fonctionnel, ou que dès le début elle indique une altération du rein, peu importe au point de vue pratique, car le lait, les boissons abondantes qui constituent tonte l’alimentation des fébricitants conviennent également dans l'une ou l'autre éventualité. L’albuminurie que l'on •observe au cours de certaines anémies et qui parait devoir être attribuée à une destruction trop active des globules rouges est justiciable du traitement ferrugineux. Chez les goutteux, chez les diabétiques, l’albuminurie existe ■souvent dans les urines, sans être accompagnée de symptômes traduisant l’existence d’une lésion rénale; cette albuminurie paraît liée à l’uricémie; il n’en est pas moins vrai que, dans un certain nombre de cas, des néphrites igraves apparaissent au bout de plusieurs années. Aux albuminuriques uricc- , iniques est applicable le traitement à Vichy ou à Carlsbad , à Contrexéville , Vittel , etc.
Il existe enfin des albuminuries prétuberculeuses (Teissier) caractérisées par l’intermittence, la faible proportion d’albumine, la coïncidence avec la phospbaiuric et. leur disparition quand les signes de bacillose apparaissent. Ees albuminuries seraient indépendantes de toute lésion rénale (?). Teissier ne ^raint pas de recommander dans ces cas une alimentation substantielle, viandes, poissons, matières grasses (porc frais froid et gras, foie gras, beurre, conserves de sardines).
PYÉLONÉPHRITES
Les pyélites ou plutôt les pyélo-néphrites sont aiguës ou chroniques.
Les pyélo-néphrites aiguës peuvent être primitives, ce qui est rare, ou
PYÉLO-NÉPHRITES.
secondaires soit à une maladie générale infectieuse (blennorragie, fièvre typhoïde, érysipèle, infection puerpérale), soit à une infection ascendante des voies urinaires, à une intoxication médicamenteuse (copahu, térébenthine, santal, cantharide)», soit à une affection du rein (traumatismes, corps étrangers ou parasites, cancer, tuberculose).
Quelle que soit la cause, plusieurs indications se posent :
1° Diminuer les phénomènes inflammatoires;
2° Rendre l’urine abondante et limpide;
5° Combattre les symptômes généraux et la douleur.
On répond à la première en pratiquant la révulsion cutanée ou intestinale.
La dérivation peut être obtenue à l’aide des applications de ventouses, pointes de feu ; mais on vante surtout les émissions sanguines. Le professeur Renaut (de Lyon), MM. Lejars et Tuffier conseillent de les faire porter au niveau du triangle de J.-L. Petit, en raison des anastomoses qui unissent en ce point les veines de la capsule du rein aux veines des parois lombaires.
Pour obtenir une dérivation du côté de l’intestin, M. Albert Robin propose d’administrer chaque jour deux ou trois pilules contenant chacune 25 centigrammes de scarnnionée et 5 centigrammes de calomel.
La seconde indication est entièrement remplie par le régime lacté qu'il faut maintenir intégral, tant que les phénomènes aigus persistent.
Contre la douleur on prescrira les suppositoires belladones ou morphines , les grands bains tiècles.
L’antisepsie des voies urinaires est difficile à réaliser, car on ne peut employer les médicaments, comme le salicylate de soude par exemple, qui donnent naissance à des produits de dédoublement irritants pour le rein. D’autre part, les antiseptiques comme le biborate de soude, le benzoate de .soude qui sont inoffensifs pour le rein, ne sont pas dépourvus de tout inconvénient, car ils déterminent rapidement des troubles digestifs.
Quant au traitement causal, il suffit d’en signaler la nécessité. Il est certain que l’accouchement seul mettra un terme à la pyélite gravidique, que l’ablation de la tumeur favorisera la guérison des pyélites par compression, que la dilatation ou la section d’un rétrécissement de l’urètre amènera également la •disparition de la pyélite consécutive, etc.
La pyélite chronique succède à la pyélite aiguë ou se développe à la suite d’obstacle apporté au cours de l’urine par des affections des voies urinaires ou des organes voisins (compression); elle est ascendante (urétéro-pyélites) ou descendante, secondaire aux néphrites, périnéphrites.
Ici le régime lacté, bien que devant être continué pendant longtemps, ne peut être employé exclusivement. On doit donc permettre une alimentation légère au moyen des œufs, des viandes blanches, de quelques légumes en purée.
On peut administrer Y acide benzoïque', l’acide benzoïque se décompose en -acide hippurique qui sature le carbonate d’ammoniaque des m ines en voie de décomposition et exerce, d’autre part, une action tonique favorable sur la muqueuse des voies urinaires. M. Albert Robin l’administre sous forme de
MALADIES DE L’APPAREIL URINAIRE
limonade, à la dose de 1 à 5 grammes par jour, qu’il fait dissoudre à chaud dans un litre d’eau, auquel il fait ajouter, après refroidissement, 80 à 100 grammes d’eau distillée de cannelle.
On peut encore employer l’acide benzoïque en pilules : •
Acide benzoïque . 20 centigrammes.
Thériaque 10
Pour 1 pilule; 2 à 4 pilules par jour.
Le benzoale de soude est mieux toléré (à la dose de 1 à 4 grammes par jour). Enfin M. Albert Robin recommande encore la térébenthine associée au camphre, à l’extrait thébaïque et à l'aconit :
Térébenthine de Venise J
Camphre finement pulvérisé )
Extrait thébaïque
— de racines d’aconit
Pour 1 pilule; 1 toutes les huit heures.
Et Y huile de Harlem (huile de cade et de bois de laurier) :
Sirop de gomme 100 grammes.
— de baume de Canada 100
Huile de Harlem fluide L gouttes.
Une cuillerée à café dans une tasse d’infusion balsamique (V gouttes par cuillerée).
Vurotropine, à la dose de 1 à 2 grammes en cachets, peut être employée utilement, seule ou associée au benzoate de soude.
Lorsque le malade s’achemine vers la guérison, on peut compléter le traitement en l’envoyant faire une saison à l’une des eaux dites de « lavage » comme Évian, Contrexéville, Vittel. Aux périodes essentiellement chroniques, on peut employer les eaux minérales sulfureuses partiellement oxydées de La Preste, Moligt, Oletle, Saint-Sauveur (A. Robin).
Le traitement chirurgical, surtout applicable dans les pyélo-néphrites calculeuses, comprend, suivant les cas, la néphrotomie ou la néphrectomie , cette dernière opération n’étant praticable que dans les cas où l’un des reins seulement est lésé. On peut encore avoir recours au lavage du bassinet à l’aide du cathétérisme cystoscopique des uretères (procédé d’Albarran).
0 gr. Il)
0 gr. 005 0 gr. 002
LITHIASE RÉNALE
On distingue plusieurs variétés de lillnases urinaires suivant la nature des sels qui entrent dans la constitution des calculs; c’est ainsi qu’il existe des gravelles urique,
LITHIASE RENALE.
oxalique, ammoniacale, calcaire, etc. : les deux premières coexistent avec des urines acides, tandis que les dernières ne s'observent qu’avec des urines alcalines; mais ce qui distingue surtout les premières, c’est qu'elles reconnaissent une cause générale dvscrasique, tandis que les gravelles ammoniacale et calcaire sont déterminées par une altération de l’appareil urinaire.
On doit donc établir une distinction entre ces deux variétés de concrétions rénales; d’autre part la lithiase oxalique et la lithiase urique, bien que coexistant souvent, peuvent, dans certains cas, se développer sous des influences différentes, impliquant une thérapeutique spéciale. Nous aurons donc à les envisager séparément.
A. — Traitement général de la lithiase urique.