II. — Traitement de l’accès
0 gr. 10
0 gr. 02 à 0 gr. 04 0 gr. 02 0 gr. 01
Les moyens, quels qu’ils soient, employés contre la migraine, n’ont chance d’atténuer l’accès ou même de le supprimer, que s ils sont utilisés dès le
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début. Lorsque les vomissements se sont produits, toute médication est impuissante.
La plupart des médicaments proposés contre la migraine ont pour but de déterminer soit une constriction, soit une dilatation des vaisseaux; on a pensé en effet que la distinction des migraines en migraine blanche et en migraine rouge impliquait des indications thérapeutiques particulières; mais il ne faut pas perdre de vue que ces deux variétés ne constituent pas des espèces distinctes, puisque l'une peut succéder à l’autre chez le même malade et au cours du même accès.
Contre la migraine blanche ou vaso-constrictive on a proposé les vaso-dilatateurs, le nitrite d'amyle à la dose de 111 à V gouttes en inhalations (Filehne), la nitro-glycérine (une goutte, trois fois par jour, de la solution alcoolique à 1 pour 100), les courants galvaniques (galvanisation du sympathique), mais ces moyens sont dangereux ou peu pratiques.
Contre la migraine rouge on a préconisé le seigle ergoté , la caféine, le bromure de potassium, etc.
Les médicaments qui réussissent le mieux dans la migraine, quelle qu’en soit la variété, sont l’antipyrine, l’exalgine, la phénacétine, l’acétanilide, la caféine, le sulfate de quinine, le salicylate de soude.
Le professeur Germain Sée eut l’idée d’expérimenter Y antipyrine contre la migraine, en constatant le pouvoir dépressif qu elle exerce sur le système nerveux (Académie de médecine, 25 août 1887). G. Sée donnait l’antipyrine à la dose d’un gramme le matin au réveil, et une seconde dose une heure après, chaque dose étant administrée dans un demi-verre d’eau fraîche additionnée ad libitum d'eau de menthe ou de Heurs d’oranger. Tel malade sera guéri par une seule prise de 50 centigrammes, tel autre a besoin pour être soulagé de 5 ou 4 grammes, pris par cachets d’un gramme d'heure en heure; l’antipyrine est mieux tolérée si l’on associe à chaque dose une petite quantité de bicarbonate de soude. Si l’intolérance gastrique s’oppose à l’emploi de tout médicament par la bouche, on aura recours à la voie rectale pour l’administration de l’antipyrine.
Depuis ce temps, l’usage de l’antipyrine a été étendu avec des succès variable s, ce qui se conçoit aisément, à toutes les variétés de céphalées. En ce qui concerne la migraine, il est certain que l’antipyrine exerce une puissante action contre elle et que chez un grand nombre de malades, surtout lorsqu’elle est prise au début, elle parvient à enrayer les accès; mais il est des cas où elle se montre complètement inefficace; elle ne peut donc être considérée comme un remède spécifique de la migraine, mais seulement comme le meilleur des antimigraineux.
L'exalgine est moins active que l’antipyrine; par contre, elle peut entraîner des accidents; on ne dépassera pas la dose totale de 25 centigrammes prise en une fois ou en plusieurs doses.
Uacétanilide rend parfois de grands services, mais exige également des précautions dans son maniement. On ne dépassera pas la dose de 1 gramme par prises de 20 centigrammes.
MALADIES DE L’ENCÉPHALE
On peut l’associer à d’autres nervins :
20 centigrammes.
(Uirtz.)
Pour 1 cachet; 5 semblables à prendre en deux heures.
La phênacêtine s’emploie en cachets de 25 centigrammes, à la dose de 50 centigrammes à 1 gramme pris à une ou deux heures d’intervalle; elle réussit parfois dans des cas où l’antipyrine est inefficace.
La caféine donne également de très bons résultats; on peut la prescrire en potion, associée au henzoatc de soude, à la dose de 15 centigrammes, que l’on peut répéter toutes les dix minutes jusqu’à trois ou quatre fois :
Acétanilide
Phênacêtine
Valérianale de quinine
Caféine ....
Benzoate de soude Eau
ââ 7 grammes.
Chaque cuillerée à café contient 14 centigrammes (dans la proportion de 5 pour 100) : mais il est préférable de la donner à petites doses, associée à la quinine, à l'antipyrine. Nous prescrivons habituellement :
Antipyrine 50 centigrammes.
Bromhydrate de quinine 15 —
Caféine 5 —
Pour 1 cachet; 2 par jour.
Le paullinia , qui a été très vanté, agit par la caféine qu’il contient ; il est donc plus simple d'avoir recours directement à la caféine.
Le sulfate de quinine seul ou associé à la caféine ou au salicylate de soude compte un certain nombre de succès à son actif :
Sulfate de quinine. .
Caféine
Extrait de quinquina
âa 5 centigrammes, q. s.
Pour 1 pilule; 2 à fi pendant l’accès.
Sulfate de quinine Salicylate de soude
âa
25 centigrammes.
Pour 1 cachet; 2 à 4 pendant l’accès.
Certains goutteux peuvent prévenir un accès imminent en absorbant une forte dose de bicarbonate de soude.
Quelques médecins ont recours à Y opium ou au chloral pour engourdir leurs malades et leur assurer un sommeil à la fin duquel l’accès de migraine
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est souvent terminé. On a recommandé de donner 2 ou 5 grammes de ehloral en une seule dose et de faire coucher le malade, immédiatement après l’ingestion du médicament, dans une chambre où la lumière ne peut pénétrer.
Le malade atteint de migraine doit rester à la diète, ce qui est le meilleur moyen de supprimer le vomissement.
La migraine ophtalmique se distingue de la migraine simple dont il a etc question uniquement jusqu’ici, en ce que les troubles visuels y tiennent une place prédominante et ne prennent fin qu’avec l’accès. La migraine vulgaire s’accompagne d’ailleurs de troubles visuels et peut se transformer ultérieurement en migraine ophtalmique.
Celle-ci se distingue surtout en ce que, dans certains cas, elle s’accompagne d’aphasie transitoire, de troubles sensitifs et moteurs, et qu’elle peut aboutir à l'épilepsie, à la paralysie générale, à l’hémorragie et au ramollissement cérébral. On a signalé ses relations avec l’hystérie, la neurasthénie, le tabes. On admet une forme simple, une forme fruste (amblyopie transitoire sans les autres troubles habituels), une forme dissociée (alternance des accès de migraine avec les troubles visuels), enfin une forme accompagnée.
La division des migraines en migraine simple et migraine ophtalmique est justifiée, en ce qui concerne tout au moins le pronostic éventuellement plus grave de cotte dernière; car, à n'envisager que les troubles visuels, il n’existe entre les deux variétés de migraine qu’une différence de degré.
Ces troubles visuels ont été bien étudiés par M. Galezowski ( Archives de médecine, 1878). On peut observer l'hémiopie, c’est-à-dire que les malades s'aperçoivent, en lisant ou en fixant un objet, qu’une moitié du champ visuel devient invisible; le scotome scintillant, consistant en ce que le champ visuel est limité par une ligne de circonvallation à bastions multicolores et brillants; l’amblyopie est plus rare; la cécité a été observée; Mirabeau dit avoir éprouvé cet accident, qu’il signale dans l’une de ses lettres (mars 1799).
Les différents accidents spasmodiques (engourdissements de la main, aphasie, etc.), sont habituellement transitoires, mais ils peuvent devenir permanents, ainsi que nous l’avons indiqué; aussi faut-il instituer un traitement énergique; ce traitement est le même que celui de l’épilepsie, c’est-à-dire qu’il faut donner le bromure de potassium à hautes doses (4 à 6 grammes au moins) et poursuivre cette médication pendant plusieurs mois.
Le professeur Charcot donnait :
La première semaine 2 ou 5 grammes.
La deuxième — 3 ou 4 —
La troisième — 4 ou 5 —
La quatrième — 5 ou G —
Il recommençait ensuite la même série. Suivant que les accidents s’atténuent ou non, on diminue ou on augmente parallèlement les doses, mais on ne suspend jamais le traitement avant la cessation complète et durable de tous les signes.
MALADIES DE L’ENCÉPHALE
L’ hydrothérapie, la psychothérapie, le massage, sont particulièrement indiqués quand la migraine ophtalmique est liée à l’hystérie.
La migraine ophtalmoplégique, que Mobius a décrite en 1884, a été bien étudiée par Charcot, qui lui a donné son nom. Elle a pour caractère essentiel de débuter dans le lout jeune âge; l’accès commence habituellement par une phase d’hémicrânie extrêmement violente, puis se continue par la paralysie oculaire, limitée en général au nerf de la troisième paire du côté de l’hémicrânie; la paralysie est totale (ptosis, strabisme externe, dilatation de la pupille; diplopie). La durée de l’accès est de trois ou quatre jours, parfois beaucoup plus longue (jusqu’à vingt jours). Les intervalles qui séparent les accès sont également variables. Finalement, les crises se rapprochent et, d’intermittente qu’elle était au début, la maladie devient permanente; la paralysie ne disparait plus. On ne sait encore à quelles lésions attribuer le syndrome. Quant au traitement, il est également incertain. On a employé Yantipyrine, la phénacétine, mais surtout les bromures et le sulfate de quinine. Quand l’ophtalmoplégie est devenue permanente, aucune médication ne peut la faire rétrocéder.