II. — Traitement de la cause
On ne guérit une névralgie, et surtout on ne met le malade à l’abri de la récidive, qu’en s’adressant à sa cause.
Les névralgies des chlorotiques et des anémiques sont justiciables du traitement par le fer; celles des syphilitiques du traitement mixte.
Chez les rhumatisants, le salicylate de soude ; chez les goutteux, les alcalins et le colchique ; chez les diabétiques, Y antipyrine , la quinine, Y arsenic et Y opium joints au régime alimentaire; chez les paludiques, la quinine; enfin chez les brightiques et les artério-scléreux, le régime lacté, devront toujours être employés.
Lorsque la névralgie est de cause toxique (alcool, tabac, arsenic, oxyde de carbone, mercure, etc.), il faut avant tout supprimer la cause.
Il convient de ne pas perdre de vue que certaines névralgies brachiales ou intercostales, rebelles à tout traitement, sont dues à des anévrismes de l’aorte thoracique descendante, restés latents en raison de leur siège: l’attention sera particulièrement éveillée par le caractère intense des crises douloureuses, leur fixité, par leur augmentation ou leur diminution suivant les diverses attitudes
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du malade. En l’absence de tout signe physique positif, l’épreuve radiographique pourra permettre de découvrir la nature et le siège de la lésion causale. Le traitement de l’anévrisme pourra, dans nombre de cas, atténuer ou supprimer ces névralgies.
Les névralgies des névropathes, des neurasthéniques sont souvent fort rebelles, en tout cas moins influencées par les médicaments que par les moyens généraux : hydrothérapie, électrisation (statique en particulier); souvent, chez les névropathes, les névralgies sont provoquées par une affection du tube digestif ou de l’appareil génital et ne disparaissent que si l’on traite les troubles digestifs ou bien la métrite, la salpingite, le varicocèle, etc.
Si la névralgie relève d’une cause locale (traumatisme, compression par varices, etc.), il est évident que sa guérison dépend uniquement de l'éloignement de la cause.
Lorsqu’une névralgie a résisté à tous les moyens de traitement el rend insupportable l’existence aux malades par sa continuité et sou intensité, on peut poser la question du traitement chirurgical, c’est-à-dire de Y élongation ou de la résection du tronc nerveux.
L’un et l’autre moyen ont donné des succès, mais souvent aussi ils ont été impuissants à soulager les malades.
Il ne faut pas perdre de vue, en effet, que les névralgies rebelles (la névralgie faciale notamment) sont d’origine centrale et que, par suite, élongation et résection ne peuvent être d’aucun secours.
B. — Névralgies en particulier.