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I. — Névralgie du trijumeau

La névralgie du trijumeau reconnaît la plupart des causes générales qui ont été précédemment énumérées, mais une mention particulière doit être réservée au paludisme qui détermine fréquemment cette névralgie. Dans les cas d'étiologie douteuse, on devra donc toujours tenter l’épreuve de la quinine. La grippe est une cause fréquente de névralgies très douloureuses et rebelles.

De nombreuses causes locales, agissant en un point quelconque du nerf, peuvent encore occasionner la névralgie du trijumeau.

Darmi ces causes, les plus fréquentes sont les affections dentaires, les différentes maladies du nez et des sinus; les otites et les affections oculaires sont plus rarement la cause de ces névralgies.

Lorsqu’on ne peut incriminer ces différentes causes, on doit songer à l’origine centrale de la névralgie et rechercher notamment les signes du tabes.

Enfin l'hystérie peut être en cause ; il existe des paroxysmes hystériques à forme de névralgie faciale qui se différencient de la névralgie vulgaire en ce que les accès paroxystiques sont de longue durée, sont précédés habituellement de phénomènes d’aura (sensation de boule, bourdonnements d’oreilles, battements dans les tempes), en ce qu’ils se terminent parfois par une véritable attaque d'hystérie (Gilles de la Tourette).

Il existe, en dehors de ces névralgies hystériques assez rares, deux variétés de

NEVRALGIES.

névralgie faciale bien distinctes : l'une bénigne, curable: l'autre, le tic douloureux de la face, rebelle le plus souvent à toute thérapeutique, interventions chirurgicales y comprises.

Abstraction faite du traitement causal qui est essentiellement variable, le traitement symptomatique ne diffère guère de celui qui a été précédemment indiqué pour les névralgies en général; on a plus particulièrement recommandé F aconit ine, la teinture de gelsemium (X à X\ gouttes), 1 c brom hydrate de quinine, le sulfate de cuivre ammoniacal (10 à 20 centigrammes, en cachets) contre cette névralgie. On a également obtenu de bons effets du chlorhydrate de cocaïne en injections; M. Malherbe ( Bulletin médical, 27 janvier 1892) a conseillé d’injecter deux fois par semaine, sous la peau du visage, une demi-seringue d’une solution au vingtième. Sous l’influence de ce traitement, les accès diminueraient d’intensité.

MM. Lannois et Pont ont obtenu la guérison au moyen d'injections de chlorhydrate d'hyoscine à la dose de deux dixièmes de milligramme, répétées deux fois par jour, dans un cas de tic douloureux de la face qui avait résisté à la névrotomie.

Dans un cas, MM. A. Robin et Bardet ont obtenu une très grande amélioration au moyen du pyramidon, donné à la dose de I gramme, au moment de l'accès, puis par prises de 0 gr. 50 toutes les demi-heures jusqu’à disparition de la douleur.

Un autre moyen également assez efficace consiste dans l'emploi des pulvérisations de chlorure de méthyle déjà mentionnées.

Il faut avoir la précaution d’engager le malade à fermer les yeux, pour éviter la brûlure de ces organes; on ne doit pas renoncer au chlorure de méthyle, par crainte de laisser sur le visage la pigmentation indélébile que les applications de chlorure de méthyle déterminent sur les autres parties du corps; en effet, le visage a le privilège singulier de ne pas présenter cette pigmentation, par suite sans doute de son extrême vascularisation qui permet aux épithéliums de se régénérer très rapidement (Debove).

On peut encore soulager les malades en portant rapidement sur les points douloureux un tampon imbibé de :

iîâ 50 grammes.

La névralgie faciale invétérée (névralgie épileptiforme de Trousseau) fait le désespoir des malheureux patients qui en sont atteints. La morphine est le seul médicament qui leur apporte quelque soulagement, aussi deviennent-ils rapidement morphinomanes. Gilles de la Tourette a cependant obtenu de bons résultats de l’emploi de Y extrait thébaïque à hautes doses, que Trousseau avait déjà préconisé; on l’administre en pilules de 2 centigrammes et l’on commence par une dose de 6 à 10 centigrammes, en espaçant les pilules : puis on aug-

Kther sulfurique .

Alcool de mélisse Menthol ....

MALADIES DES AERES PERIPHERIQUES.

donner jusqu’à "20 centigrammes ou même davantage; pour combattre la torpeur, I inappétence, la constipation, qui sont la conséquence de ce traitement, on a recours aux laxatifs légers, au thé, au café.

L’usage de la dose maxima sera maintenu pendant 1 *2 à 15 jours; on diminuera ensuite progressivement les doses, dans le délai de 15 à 20 jours, égal à celui qui est nécessaire pour atteindre la dose maxima.

L’électrothérapie sous forme de courants continus est le procédé thérapeutique qui donne les meilleurs résultats. Une électrode positive, très large, recouvrant la moitié de la face, est appliquée sur la peau, dont elle est séparée par de l’ouate humide; une autre électrode est placée dans la région dorsale moyenne. On emploie un courant d'intensité croissante de 0 à 50, 40, 50 milliampères que l’on lait passer pendant 20 à 50 minutes. On ramène ensuite le courant à 0. Zimmcrn emploie des courants d’intensité plus faible (5 à 12 milliampères), mais de durée plus longue (une heure et davantage). Les séances doivent être quotidiennes. On ne doit compter sur une amélioration notable qu’après un mois en moyenne de traitement.

Diverses opérations ont été pratiquées pour guérir cette névralgie ; on a poursuivi le trijumeau dans l’intérieur de la cavité crânienne, on a pratiqué Y ablation du ganglion de Meckel , celle du ganglion de Casser, mais ces opérations n’ont donné que des succès inconstants, elles sont d’ailleurs très dangereuses (la mortalité opératoire deKrause est de 25 pour 100). C’est sans doute à l’origine même du nerf, au niveau des noyaux du trijumeau, que se trouve souvent la source du mal.

La nécrectomie est l’opération de choix dans les névralgies périphériques; elle a pour but d’enlever un tronçon plus ou moins long du nerf; elle ne peut, bien entendu, donner de résultats que si elle porte sur la portion saine du nerf, entre 1 encéphale el la partie lésée du tronc nerveux; c’est-à-dire qu elle est seulement utile dans les névralgies ou névrites d’origine périphérique.

On a pratiqué encore la résection du ganglion cervical supérieur du sympathique (Jaboulay, Delagenière, Cavazzani, Chipault) pour agir indirectement sur le ganglion de Gasser par influence vaso-motrice. Cette intervention bénigne paraît avoir une réelle valeur thérapeutique; les malades ont guéri, après des rechutes.

Il faut avoir soin de distinguer de la névralgie faciale épileptiforme, proprement dite, la forme hystérique, dont les accès peuvent présenter la même intensité et la même ténacité, et qui se différencient en ce qu’ils sont fréquemment précédés d’un aura avec sifflement dans les oreilles, battements des temporales, hallucinations visuelles, etc. Il est important de faire le diagnostic de l’hystérie en pareil cas, pour ne pas être tenté de préconiser une intervention chirurgicale qui serait au moins inutile. Les moyens généraux île traitement de l’hystérie, I électricité statique (souffle) seront exclusivement employés.

Enfin, bien que la dénomination de névralgie épileptiforme n’implique pas que cette névralgie dépende de l’épilepsie, il n’en est pas moins vrai que dans quelques cas (observations de Féré, Peter, Bouquet de Roissy) cette névralgie

NÉVRALGIES

peut être une manifestation de l’épilepsie. Le bromure de potassium, inefficace dans la névralgie épileptiforme habituelle, retrouve toute son efficacité dans ces variétés, d’ailleurs rares, de névralgie faciale liées à l’épilepsie.

Ajoutons que dans les cas où l’artério-sclérosc accompagne la névralgie ' épileptiforme, le régime lacté absolu a parfois donné d’excellents résultats i (Leyden).

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