‹ Traité élémentaire de clinique thérapeutiqueChapitre 163 sur 274 · IM · texte numérisé non relu

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hypnotiques, et en particulier au chloral. A l’emploi systématique du chloral on joint Y enveloppement, dans le drap mouillé.

La chorée paralytique ne comporte pas de traitement particulier; l'hydrothérapie. l’arsenic sont les moyens à lui opposer. Pendant la grossesse, on traite la chorée de préférence avec le chloral et les bromures. Pinard prescrit le chloral aux doses de 1 à 10 grammes par jour. Il semble d’ailleurs que l’on a groupé, sous l’étiquette commune de chorée des femmes enceintes, un certain nombre de laits disparates, relevant les uns de la maladie des tics, les autres de l’hystérie, d’autres enfin de la chorée chronique familiale ou chorée de Huntington (( 1 i I les de la Tourette). Dans un certain nombre de cas de chorée gravidique on est intervenu par l’avortement pour faire cesser l’état choréique; on n’hésitait pas à sacrifier l’enfant pour sauver la vie de la mère que l’on croyait menacée par cet état. Dans quelques cas ces interventions ont été suivies de la disparition des mouvements choréiques; dans d’autres circonstances ces mouvements ont persisté après l’avortement provoqué. En tout cas ces interventions ne semblent plus justifiées, car la maladie des tics et 1 hystérie d’où relèvent la plupart des « chorées gravidiques » sont incapables de déterminer la mort d’une femme enceinte.

PARALYSIE AGITANTE; TREMBLEMENTS

La médication de la paralysie agitante, et celle des tremblements en ge’néral, est des plus limitées; néanmoins un certain nombre de traitements ayant été proposés I récemment, plus particulièrement contre la paralysie agitante, maladie où, par sa constance et sa longue durée, le tremblement constitue l'un des symptômes prédominants, nous devons faire une courte revue de ces divers traitements.

Il est en général facile de remonter à la cause d’un tremblement.

I n rapide interrogatoire permet de reconnaître s'il s’agit ou non d'un tremblement d origine toxique (alcool, mercure, tabac, etc.).

A délaut d'une intoxication chronique, on doit rechercher l’existence d'une affcc- I lion organique du système nerveux ou d'une névrose. Les tremblements de la sclérose en plaques, de ht paralysie générale, celui qui accompagne les hémiplégies anciennes ou les affections spasmodiques de la moelle se reconnaissent à I lenr> caractères propres ainsi qu'aux autres symptômes d'ordre nerveux qui coexistent avec eux.

Une lésion organique du système nerveux ne peut-elle être incriminée? Il faut alors songer aux tremblements symptomatiques d'une névrose. Celui du goitre exophtalmique est aisément reconnu à ses oscillations menues, très rapides, à sa coïncidence avec l'exolphtalmie, la tachycardie, le goitre. On ne doit pas oublier toutefois que, dans les formes frustes, il peut exister seulement avec la tachycardie et, en cas d’hésitation, on recherchera toujours l’accélération du pouls.

Le tremblement de la paralysie agitante se distingue tellement par ses oscillations rythmiques, par sa ressemblance avec certains mouvements coordonnés (tels que ceux qu’exigent l’action d’émietter du pain ou de rouler une cigarette), par son arrêt

NÉVROSES

momentané sous l'influence de la volonté, que son diagnostic est des plus aisés. On n’oubliera pas qu’il est souvent unilatéral.

Le tremblement hystérique est, au contraire, souvent fort difficile à dépister, soit qu’il constitue l’unique manifestation de l’hystérie, soit qu’il simule (ce qui arrive très fréquemment) le tremblement de la sclérose en plaques, de la paralysie agitante (Rendu). Il ne présente en effet aucun caractère qui lui soit propre et emprunte, suivant les cas, ceux des affections du système nerveux les plus diverses. Son mode de début peut servir, il est vrai, à le faire reconnaître; il débute en effet soit à la suite d'une émotion, soit à la suite d'une attaque vulgaire; toutefois il faut savoir qu’il peut aussi se manifester sans cause provocatrice immédiate, et sa nature est d’autant plus difficile à découvrir qu’il apparaît alors comme l’accident hystérique initial auquel viendront s’ajouter plus ou moins prochainement d’autres manifestations de l’hystérie.

Dutil répartit en trois groupes les tremblements hystériques, suivant la fréquence de leurs oscillations :

1° Les tremblements à oscillations rapides ou vibratoires (8 à 12 oscillations par

seconde);

2° Les tremblements de rythme moyen (5 1/2 à 7 1/2 oscillations par seconde);

5° Les tremblements à oscillations lentes (4 à 5 1/2).

1° Le tremblement à oscillations très brèves, très rapides, généralisé ou partiel, survient souvent à la suite d'attaques convulsives; il est alors passager. Mais il peut aussi persister sans interruption pendant des semaines et des mois et peut alors être confondu avec celui du goitre exophtalmique à forme fruste, moins facilement avec le tremblement alcoolique et celui de la paralysie générale.

2° Le tremblement de rythme moyen est le plus fréquent. 11 peut être rémittent et s'exagérer à l’occasion des mouvements, et simule alors le tremblement de la sclérose en plaques; toutefois il persiste même au repos; les mains tremblent, alors (pie le malade les laisse reposer, ce qui n’a pas lieu dans la sclérose en plaques.

Lorsqu’il revêt la forme paraplégique, il simule la trépidation des paraplégies spasmodiques. Comme élément du diagnostic différentiel, citons le début subit, l’existence de stigmates (zones hystérogènes, rétrécissement du champ visuel), l'absence d'exagération des réflexes, enfin la cessation du tremblement sous l’influence du redressement brusque du pied, tandis que ce redressement renforce la trépidation dans la paralysie spasmodique organique.

5° Le tremblement lent simule la paralysie agitante, d’autant plus aisément que les trembleurs peuvent se composer un habitus extérieur caractérisé par l'air figé, le faciès hébété, etc., propres à la maladie de Parkinson.

Signalons encore que certains tremblements hystériques, quand ils prennent la forme hémiplégique ou monoplégique, pourront aisément être pris pour des tremblements post-hémiplégiques ou symptomatiques d'une tumeur cérébrale.

Si nous avons insisté sur le tremblement hystérique, c’est qu’il est important de ne pas prendre les malades qui en sont atteints pour des incurables, atteints d’affeo tiens organiques du système nerveux, irrémédiables.

Ce n'est pas, à vrai dire, qu’il existe un traitement héroïque du tremblement hystérique : les divers moyens généraux du traitement de 1 hystérie peuvent réussir ou échouer, suivant les cas; souvent aussi ce tremblement disparaît spontanément, même lorsqu’il dure depuis plusieurs mois (Letulle, Pitres, etc.). On ne devra pas négliger la suggestion ; sans cesse, on devra persuader au malade que la guérison ne va pas tarder à survenir, et c’est lorsqu'il est sous 1 influence de cette suggestion, que

PARALYSIE AGITANTE ; TREMBLEMENTS. 1155

l’on voit le tremblement cesser brusquement, à la suite d’une séance à' électrisation ou à' aimantation.

Le tremblement neurasthénique ne constitue que rarement un symptôme permanent. C’est un tremblement menu, à oscillations brèves et rapides, qui se développe facilement sous l'influence de fatigues et d’émotions.

Sa coïncidence avec d’autres symptômes de neurasthénie permet aisément de le reconnaître.

Citons en dernier lieu le tremblement héréditaire (Raymond), dont le principal trait distinctif est de se retrouver chez plusieurs membres de la même famille.

Parmi les différents tremblements que nous venons d’énumérer, ceux des I maladies organiques du système nerveux ne laissent que peu de prise à la thérapeutique.

Contre le tremblement de la sclérose en plaques, on a proposé la solanine J (Grasset, Sarda) à la dose de 12 à 15 centigrammes.

Contre la paralysie agitante on a récemment proposé la picrotoxine, le sulfate de spartéine , le borate de soude , la duboisine , la solanine, Yhyoscya- • mine, et Y hyoscine .

La picrotoxine, plus particulièrement employée contre l’épilepsie, a été prescrite dans quelques cas de paralysie agitante à la dose de 1 à 5 ou 6 milli- ] grammes. C’est un médicament dangereux dont on ne peut continuer longtemps l’emploi, aussi son usage nous paraît-il contre-indiqué.

Le sulfate de spartéine a été utilisé par un médecin américain, Potts, qui l’a employé avec succès (à petites doses, 15 milligrammes à 5 centigrammes) dans des cas de tremblements d’origine diverse (tremblement consécutif à une tumeur cérébrale, tremblement neurasthénique) et qui l’a proposé également contre la maladie de Parkinson.

L. Sacaze a obtenu un résultat favorable de l’emploi du borate de soude ! (à la dose de 1, puis de 2 et 5 grammes) chez un malade atteint de paralysie agitante. Quelque temps après que cette médication eut été instituée, le tremblement diminua, ainsi que la raideur musculaire et l’habitus soudé propre à

la maladie.

Mendcl a obtenu, dans les cas de paralysie agitante, une diminution notable du tremblement sous l’influence d’injections hypodermiques de sulfate de duboisine à la dose de 2 à 5 décimilligrammes. Un quart d’heure après l’injection le tremblement diminuerait au point que les malades peuvent écrire lisiblement; la marche devient également plus facile. Au bout de \ ou i 5 heures, 1 action du médicament s’épuise et l’on peut renouveler l’injection; on peut faire ainsi trois injections par jour; celle du soir aurait pour effet de faire disparaître l’insomnie, si fréquente chez les malades atteints de paralysie agitante.

L hyoscine en injections sous-cutanées, à la dose d un décimilli gramme à i 5 décimilligrammes combat à la fois le tremblement et l'insomnie (chlorhyi dratc d’hyoscine).

Enfin 1 hyoscyamine donnée en granules de I milligramme à la dose de 2 à | 5 par jour, ou injectée sous la peau, à la dose d’un quart de milligramme trois

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