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C. — Traitement de la folie intermittente

La séquestration s’impose dans la plupart des cas, ainsi que le séjour au lit. A ces moyens on joint le bain tiède prolonyé pendant plusieurs heures (bain à 33°) ou même le bain permanent qui, d’après Alzheimer, donnerait les meilleurs résultats.

Chez les malades trop agités pour être maintenus au bain, on peut employer le drap mouillé.

Si l’accès est un accès maniaque violent, l’hyoscine est le meilleur remède contre l’agitation ( chlorhydrate d'hyoscine, 1/4 à 1 milligramme). Dans les autres on emploie avec avantage le bromure de potassium et le chloral. On peut administrer 5 à 5 grammes de bromure au repas du soir, et, deux à

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PSYCHOSES

trois heures après, 2 à 5 grammes de chloral (Magnan). Au bout de quelques jours, si les nuits sont devenues meilleures, on suspend le bromure et I on ne donne le chloral que par intermittences, suivant que le malade est plus ou moins agité.

Si l’accès revêt le type mélancolique, on le traite ainsi qu’il a été dit pins haut; c’est-à-dire que l’on s’applique surtout à assurer V alimentation, à relever l’état général par les toniques, à combattre la constipation, etc

L 'opium rend des services dans cette forme.

Aucun moyen d’ailleurs n’empêche le cycle de la folie intermittente de s’établir.

Pendant les phases intercalaires on doit s’occuper du traitement psychique, assurer le repos cérébral du malade et lui donner des occupations faciles, incapables de conduire au surmenage.

Il est nécessaire de ne pas abandonner la surveillance pendant les périodes intercalaires, car les accès surviennent inopinément.

D. — Traitement de la confusion mentale primitive.

Ici encore X alitement s’impose.

Une seconde indication est de désintoxiquer le malade, la confusion mentale paraissant relever d’une toxi-infection. On prescrira donc le régime lacté, les purgatifs, les injections de sérum qui ont de plus une action tonique de premier ordre sur le système nerveux.

Il importe, après la période de régime lacté, d’instituer une alimentation substantielle au moyen de lait, d’œufs, de purées, etc

Il faut enfin combattre les phénomènes de dépression ou d’excitation qui, suivant les cas, sont prédominants.

Les bains prolongés, le drap mouillé sont les moyens par excellence à opposera l’excitation; l’hyoscine augmenterait l’incohérence, d’après Chaslin.

Dans le cas de dépression extrême il faut avoir recours aux bains sinapisés généraux, et, si le collapsus se produit, aux injections de strychnine et de spartéine, de caféine, aux injections de sérum, à l’alcool.

L’angoisse est justiciable des opiacés et en particulier du laudanum. Quant à l’insomnie qui peut exister, soit qu’il y ait dépression, soit excitation, si les bains tièdes ne suffisent pas à l’atténuer, on la combattera par le sulfonal à doses réfractées (Séglas), le trional.

Les bromures augmentent la confusion.

Grâce à des soins de propreté minutieuse, on préviendra la formation des escarres.

C’est à la période de déclin que le traitement psychi(/ue pourra exercer son influence salutaire.

On s’ingéniera à réveiller l’intelligence, à fixer l'attention du malade, à activer toutes ses opérations cérébrales.

La séquestration dans un asile spécial n’est pas habituellement nécessaire.

M A L A OIES I N F E C T I E ü S E S

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A. — Prophylaxie

Depuis l’immortelle découverte de Jenner, la pratique de la vaccinal ion a subi de nombreuses modifications. La principale est la substitution de la vaccine animale à la vaccination de bras à bras, ce qui permet d’éviter l’inoculation de la syphilis, si souvent observée auparavant.

Un autre progrès à constater est l’adoption des mesures antiseptiques, grâce auxquelles les accidents infectieux (érysipèle, phlegmons) sont aujourd'hui exceptionnels.

Les animaux vaccinifères sont des génisses âgées de six à huit mois et sevrées depuis un certain temps. Dieu que la région mammaire soit le siège habituel du cow-pox naturel, on peut, pour avoir une surface plus étendue, pratiquer l’inoculation du cow-pox sur toute la moitié inférieure de la région thoraco-abdominale d’un côté.

La génisse étant maintenue sur une table, on savonne, puis on rase et lave à l’eau boriquée la surface réservée à l’ensemencement du vaccin, et l’on pratique à son niveau des scarifications superficielles, de 2 centimètres de hauteur, séparées les unes des autres par un intervalle de 5 à 4 centimètres. Sur ces scarifications on dépose la lymphe vaccinale, empruntée à une génisse avant présenté une éruption vaccinale régulière.

Du cinquième au sixième jour on peut obtenir du vaccin (l’évolution de la vaccine étant un peu plus rapide chez la génisse que chez l’enfant).

Pour le recueillir, on comprime la pustule à l’aide d’une pince à crémaillère, imaginée par M. Chambon, et l'on récolte le vaccin en grattant légèrement la peau.

Ce vaccin peut être inoculé sur-le-champ, à l'enfant, avec la lancette «pii a servi à le recueillir, ou bien il est préparé de façon à pouvoir être conservé. A cet effet, on gratte profondément les pustules et on dilue les particules du derme mélangées à la lymphe vaccinale, de sorte que l’on obtient un liquide consistant, que l’on additionne de glycérine pure et que l’on peut conserver dans des tubes de verre scellés à la lampe.

La région sur laquelle se fera la vaccination doit être savonnée à la Drosse et lavée à l’eau bouillie (les agents antiseptiques détruisent le vaccin).

On se sert, pour l'inoculation, soit de plumes mécaniques (vaccinostyles), soit de lancettes.

La meilleure lancette est une lame unie sur ses deux faces, montée sur un manche lixe.

Pour s’en servir, on tend légèrement la peau de la main gauche, et de l’autre main, tenant la lancette comme un porte-plume, on dépose la gouttelette de vaccin sur la peau, puis on fait pénétrer la pointe de la lancette de 1 à 2 millimètres sous l’épiderme. L’inoculation se fait soit par piqûres, soit par des scarifications, superficielles, longues de 2 à 5 millimètres; les inoculations doivent être distantes de 2 à 5 centimètres l’une de l’autre pour éviter la confluence des pustules. Il faut éviter de faire saigner. Bien qu’un seul Bouton de vaccin confère une immunité aussi longue et aussi complète que plusieurs boutons, on a l’habitude de faire deux ou trois piqûres à chaque bras. A moins d'indications particulières, on vaccine habituellement au niveau de la partie supérieure et externe du bras, sur le deltoïde; les filles peuvent être vaccinées au mollet ou la cuisse. Si l’enfant est porteur d’un nævus, la vaccination portera sur la tumeur érectile.

On peut recouvrir les points inoculés de fragments de baudruche gommée ou d’une compresse sèche aseptique. Aucune modification ne doit être apportée dans l’hygiène de l’enfant; les bains doivent être continués.

C’est vers le commencement du troisième mois que l’on vaccine habituellement les jeunes enfants; il va sans dire que cette date pourrait être avancée en cas d’épidémie. Inoculée pendant l’incubation de la variole, la vaccine rend celle-ci plus bénigne, ou même peut la faire avorter. Inoculée lors de l’apparition de la variole, la vaccine avorte, ou les deux éruptions évoluent simultanément sans influence réciproque.

Après l'inoculation, la peau présente une rougeur qui disparaît bientôt et c'est seulement le quatrième jour qu’apparaît une saillie papuleuse, au niveau de la piqûre. Le lendemain la saillie s’étale en surface et s’aplatit au sommet (omhilication) ; le derme soulevé forme un cercle blanc bleuâtre (zone lymphogène).

Le maximum de développement est atteint du huitième au neuvième jour; le cercle blanc présente alors un diamètre qui varie de 6 à 12 millimètres et l’auréole rouge un diamètre de 1 centimètre et demi à 5 centimètres. Lorsqu’on ponctionne la vésico-pustule, il s’en échappe un liquide louche, qui, inoculé, confère l’immunité contre la variole. Une très légère élévation thermique survient chez l’enfant vers le sixième jour; elle est beaucoup plus prononcée chez l’adulte.

La dessiccation commence le dixième jour; il se forme une croûte d’aspect brunâtre, qui se détache vers le dix-huitième jour, en laissant une cicatrice blanche, d’aspect gaufré. Le seul signe fonctionnel est un prurit assez vif qui est surtout marqué vers le septième ou huitième jour ; on peut à ce moment appliquer au siège des piqûres de la vaseline boriquée et de la poudre d’ami-

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don. S'il survient une rougeur diffuse autour des boutons, on applique des cataplasmes froids de fécule de pomme de terre, préparés avec de l’eau boriquée; mais les piqûres faites aseptiquement ne sont jamais suivies de complications, si minimes qu’elles soient. La généralisation de la vaccine, qui s’observe très rarement, n’est imputable ni au vaccin employé, ni au manuel opératoire; il faut sans doute en chercher la cause dans des conditions individuelles. Les éruptions vaccinales (rasb, miliaire, purpura) ne peuvent être non plus évitées.

Quant à la vaccine ulcéreuse, elle est due tantôt à la continence de plusieurs pustules, formées par auto-inoculation à côté de la pustule mère, tantôt à un agent infectieux, car on l’a vue survenir épidémiquement.

Quand le sujet vacciné est atteint d’une dermatose, il faut le mettre à l’abri des auto-inoculations en recouvrant d’un pansement occlusif le point où le vaccin a été introduit.

La vaccine généralisée est caractérisée par l’apparition de pustules en nombre variable, sur des points autres que ceux sur lesquels l’inoculation a été pratiquée. Elle s’accompagne de phénomènes réactionnels assez accentués (fièvre, malaise général, etc.).

La fausse vaccine qui survient à l’occasion d’une revaccination se présente sous l’aspect de papules acuminées avec une petite vésicule au sommet; elle ne confère nullement l’immunité.

Il n’existe aucune contre-indication absolue à la vaccination; cependant chez les sujets atteints d’eczéma, d’ecthyma, d’impétigo, il sera prudent, avant de procéder à la vaccination, d’attendre la guérison des lésions cutanées, à moins que l’on ne soit contraint de vacciner de suite, en raison de l’existence d’une épidémie de variole.

L’immunité conférée par une première vaccination n’est, pas définitive; la durée de la période d’immunité n’est soumise à aucune règle; elle varie dans des proportions considérables suivant les sujets, aussi une revaccination tous les dix ans environ est-elle considérée comme une mesure de précaution utile. Les jeunes sujets perdent plus facilement l’immunité que les adultes.

Certains individus présentent contre la vaccine une immunité naturelle qui les rend réfractaires à la vaccination ; ils ont le même privilège vis-à-vis de la variole.

B. — Traitement général.

Les varioles que l’on est appelé à traiter sont habituellement des varioles plus ou moins bénignes, modifiées dans leur évolution par une vaccination antérieure ; ce sont des varioles atténuées n aboutissant qu’assez rarement à la suppuration. Rien d’ailleurs ne peut faire prévoir quel sera chez chaque malade le degré de l’épuisement vaccinal, et, partant, quel sera le degré de la variole; ni l’ancienneté de la vaccination, ni le nombre des revaccinations ne permettent d’établir même une présomption.

MALADIES INFECTIEUSES

Pendant la période d’invasion, on peut observer l’expectation et se borner à modérer la rachialgie, l’un des symptômes les plus pénibles, avec un Uniment calmant :

Chloroforme 10 grammes.

Essence de térébenthine 10 —

Baume de Fioravanti 80 —

Quelques médecins prescrivent Y acétate d'ammoniaque, pour favoriser I éruption :

Acétate d'ammoniaque

Eau de menthe

15 grammes.

— de fleurs d’oranger

— de mélisse

Sirop d’éther

— de capillaire

: . . . . î aa

Par cuillerée à bouche d’heure en heure.

Les bains froids à 22 degrés deviennent nécessaires s'il existe de l’hyperthermie accompagnée de phénomènes nerveux graves (délire ou somnolence). Vinay (de Lyon) préfère les bains frais à 50 ou 52 degrés.

Les vomissements seront calmés par les fragments de glace, l’eau de Seltz.

La constipation sera combattue par des laxatifs légers. S’il existe au contraire une diarrhée fétide, il est utile de prescrire le napldol et le salicylate de bismuth associés.

Dès le début il faut pratiquer, deux fois par jour, des irrigations pharyngées avec une solution boriquée (à 40 pour 1000). Les lavages oculaires à titre prophylactique sont également utiles. Courmont etRollet ont préconisé des instillations d'une solution de bleu de méthylène à 2 pour 1000, répétées plusieurs fois par jour. Si la variole survient chez une femme enceinte, il est nécessaire de faire une antisepsie soignée du vagin et de la vulve, car I on sait combien sont fréquents les accidents puerpéraux en pareil cas.

L 'alimentation, pendant toute la durée de la maladie, consistera en lait, bouillon, limonade vineuse, grogs légers, etc.

Lorsque l’éruption paraît, si elle est discrète et si le sujet a été vacciné, aucune intervention active n’est indiquée; il suffit de donner quelques bains tièdes.

S'il s’agit au contraire d’une éruption confluente, chez un sujet vacciné ou non. la principale indication est de réaliser l’antisepsie des téguments par les moyens locaux qui seront indiqués plus loin, afin de prévenir des suppurations trop étendues, de limiter l’infection des pustules.

A la période de suppuration, les bains tièdes sont encore nécessaires pour débarrasser la peau des sécrétions purulentes dont elle est couverte; on peut les rendre antiseptiques par addition de sublimé (10 grammes par bain). Les

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i lui

bains froids sont indiqués si, avec une température très élevée, se manifestent des symptômes graves d'infection et notamment des troubles nerveux (agitation, délire, etc.); seulement il ne sera pas nécessaire de les répéter toutes les trois heures, comme on a coutume de le faire dans la fièvre typhoïde.

D'après Du Castel, la saignée trouve quelquefois son indication au cours de la variole, quand la dyspnée est intense, quand des phénomènes congestifs sont très accusés du côté des poumons et de l’encéphale. On peut pratiquer, sans inconvénients, une saignée de 5 à 400 grammes chez les sujets vigoureux.

Les divers antipyrétiques ont été employés, surtout le sulfate de quinine, sans résultats bien appréciables. L'alcool à doses modérées est utile chez tous les malades ; il faut l’administrer larga manu chez les alcooliques et dans les cas de symptômes adynamiques. Les injections de caféine sont indiquées quand il existe des signes de myocardite et de l'anurie. Le calomel sera prescrit comme désinfectant intestinal.

On a préconisé l'usage, à l'intérieur, de divers médicaments destinés, au moins théoriquement, à empêcher la suppuration de se produire.

C’est ainsi que Chauffard a vanté l’acide phénique (5 centigrammes à 1 gramme); d’autres ont employé le perchlorure de fer (X à XXX gouttes), le chlorhydrate de cocaïne (Luton et Ory).

La seule médication interne à laquelle on reconnaisse encore une certaine efficacité est la médication étliéro-opiacée, telle que la pratique M. Du Castel depuis 1881. Il est bon de remarquer d’ailleurs que l’opium avait été recommandé par Sydenham, par Morton, par van Swieten.

Ce traitement consiste en l’emploi simultané de l’éther et de l’opium à haute dose : deux injections sous-cutanées d’éther (une pleine seringue de Pravaz chaque fois) sont faites par jour : nue le matin, une autre le soir.

Les malades prennent, dans le courant de la journée, par doses fractionnées, une quantité d’extrait thébaïque qui est habituellement de 20 centigrammes pour les hommes et de 15 centigrammes pour les femmes. On peut prescrire l'opium dans une potion de Todd.

Extrait thébaïque 20 centigrammes.

ou poudre de Dover 1 gramme.

Extrait de quinquina 4 grammes.

Potion de Todd 120 —

Une cuillerée à soupe toutes les deux heures.

On peut encore administrer simultanément l’éther et l'opium, dans la même potion :

Liqueur d’IIoflinann 2 grammes.

Extrait d'opium 5 centigrammes.

Sirop de sucre 100 grammes.

A l’administration de l’éther et de l’opium qui constituent la hase fondamentale du traitement, M. Du Castel associe le plus souvent l'usage du perchlorure de fer, à la dose de XX gouttes par jour.

« Les résultats obtenus sont très concluants, dit Dreyfus-Brisac, si l’on s’en tient aux cas où le traitement peut être employé dans toute sa teneur, dès le début de l’éruption jusqu’au début de la dessiccation. Si l’on ne peut voir dans cette médication l’antidote du poison variolique, son influence sur la marche de l’éruption est indéniable. »

Le traitement étbéro-opiacé a pour effet d’arrêter le développement d’un grand nombre de papules; d’autres se remplissent de sérosité, deviennent vésiculeuses, mais conservent un très petit volume. Au bout de trois ou quatre jours de traitement, dans l’èspace de vingt-quatre à quarante-huit heures, les vésicules de la face et du tronc, celles des membres s’affaissent et se sèchent sans avoir suppuré, laissant à leur place de petites croûtes noirâtres.

La température, fort élevée au moment où l’éruption se produit, s’abaisse progressivement jusqu’au chiffre normal dans les deux ou trois jours qui précèdent la dessiccation : il n’y a pas de fièvre de suppuration.

La dysphagie, la salivation, le délire manquent le plus ordinairement ou sont peu intenses. En somme, ce qui caractérise l’influence du traitement, c’est, le manque de suppuration, c’est l'arrêt de développement de l’éruption, la petitesse des papules et des vésicules.

Finsen (de Copenhague), prenant en considération certains faits expérimentaux et ce fait d’observation pratique que les cicatrices profondes et confluentes se rencontrent exclusivement sur la face et les mains, c’est-à-dire sur les parties exposées à la lumière, a proposé, en 1895, un traitement de la variole que l’on a désigné sous le nom de procédé de la chambre rouge. Déjà au moyen âge on avait traité les varioleux en les couvrant de couvertures de rouge, et l’on a, paraît-il, l’habitude au Tonkin d’enfermer les varioleux dans des alcôves hermétiquement fermées de tentures rouges. Le procédé de Finsen consiste à placer les varioleux dans une chambre où ne pénètrent que les rayons rouges du spectre solaire, c’est-à-dire ceux dont l’activité chimique est la moins considérable. Les recherches de Widsmark et de Hammer ont montré que parmi les rayons du spectre ce sont les rayons violets et ultra-violets qui agissent le plus sur la peau; ils favorisent la diapédèse des globules blancs et sont une cause d’irritation pour les téguments ; aussi Finsen a-t-il pensé que l’on pouvait protéger la peau des varioleux en empêchant la lumière d’exercer son action sur elle. Le traitement doit être appliqué avec rigueur : « on doit protéger les varioleux avec autant de soin contre les rayons chimiques que le fait le photographe pour ses plaques et son papier » (Finsen); il faudra munir les carreaux de verre rouge très foncé, d'étoffes rouges épaisses et n’examiner les malades qu’à la lumière des bougies. De plus, le traitement ne doit subir aucune interruption, car une courte exposition à la lumière du jour peut produire la suppuration et ses suites. Juhel-Rénoy et Œttinger ont expérimenté, en France, la méthode de Finsen; d’après Œttinger, elle a pour effet

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de rendre plus rapide l’évolution de l’éruption, de prévenir la formation des cicatrices et la fréquence des accidents dus à la suppuration, car en peu de jours la vésico-pustule se dessèche. Sur 62 cas soignés par Backinann, 7 décès seulement sont survenus.

Les ressources de la médecine contre la variole hémorragique sont à peu près nnlles. Quelques moyens cependant ont paru jouer un certain rôle dans la guérison de cas relativement peu graves. On a préconisé récemment remploi du chlorure de calcium à l’intérieur et des injections sous-cutanées de sérum gélatiné.

On sait que les sels de calcium jouent un rôle capital dans la coagulation du sang; aussi a-t-on eu l’idée de les utiliser dans les maladies hémorragiques.

Wight a prescrit le chlorure de calcium dans le scorbut et récemment M. Roger s’en est servi dans quelques cas de variole hémorragique. Ce sel est peu toxique; aussi peut-on l’employer à doses assez fortes; pour un adulte la dose moyenne doit être de 4 à 6 grammes; chez un enfant on peut utiliser de 1 à 2 grammes.

Il est nécessaire, pour masquer la saveur à la fois salée et âcre du médicament, de l’incorporer à une potion alcoolisée et aromatisée, celle-ci par

exemple :

Chlorure de calcium cristallisé 4 à G grammes.

Sirop d’écorces d’oranges amères 40

Eau-de-vie vieille ou rhum 50

Teinture de cannelle 5

Eau distillée 50

(Roger.)

Prendre une cuillerée à soupe toutes les heures.

M. Boy-Teissier (de Marseille) a utilisé les injections de sérum (jélatinisé à 20 pour 1000, à la dose quotidienne de 200 grammes, injectée en une seule fois. Les résultats, sans être très concluants, autorisent cependant à continuer les essais faits dans cette voie.

D’après M. Porcheron ( Thèse de Paris, 1890-1000), ce traitement aurait donné 13 guérisons sur 30 cas de variole hémorragique, ce qui fait 45 pour 100 de guérisons, alors que le traitement ordinaire ne donne (pie 10 à 15 pour 100 de guérisons.

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