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On peut compléter le traitement en usant des pulvérisations tii-des faites avec de l'eau de goudron, ou les eaux de Saint-Honoré, Caulerels, Eaux Bonnes, Enghien, Allevard, etc., et en prescrivant des gargarismes, répétés trois ou quatre fois par jour, avec une certaine quantité d'un mélange à parties égales d’eau chaude et de la solution suivante :

Acide borique ) ~

Talc S

Menthol )

tannin )

Résorcine pure 4 grammes.

Glycérine pure 15

Comme traitement général on prescrit le soufre en cachets (0 gr. 25 1 gr.), le sirop iodo-tannique, l'huile de foie de morue, suivant l’état constitutionnel des malades.

Pendant la belle saison on conseillera une cure thermale aux eaux sulfureuses citées plus liant ou bien aux eaux arsenicales ( Mont-Dore . Bourboule), alcalines ( Royat ).

L’intervention peut être plus énergique dans la première forme que nous avons citée, celle où prédominent les végétations.

Ici Yignipuncture, lorsque le tissu adénoïde est très hypertrophié, donne d’excellents résultats et est à peu près exclusivement employée depuis quelques années. M. Ruault pense toutefois que l’ignipuncture ne suffit pas, car, outre les granulations, il existe une pharyngite catarrhale diffuse qui ne cède pas au traitement lorsque celui-ci est borné à la cautérisation ignée des granulations pharyngées; celles-ci, en effet, ne sont presque jamais la cause du catarrhe diffus qui les accompagne, elles sont au contraire sa conséquence. Elles peuvent lui survivre, mais leur destruction ne peut amener sa disparition lorsqu’il existe en même temps qu’elles. D’ailleurs, dit M. Ruault (Archives de laryngologie, p. 195, 1889), cette destruction est d’autant plus inutile qu elle ne saurait être définitive : sous l’influence du catarrhe, les granulations reparaissent rapidement. Si le catarrhe est peu prononcé, les granulations ne déterminent pour ainsi dire aucune gène, à moins qu elles ne soient très

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MALADIES DE LA BOUCHE ET DU PHARYNX

volumineuses, ou qu’elles ne siègent sur les régions latérales du pharynx, et ne sont souvent découvertes que par hasard. Au contraire, si le catarrhe concomitant est très accentué, il donne lieu à des troubles fonctionnels variés et il est nécessaire de le traiter.

De tous les topiques qui ont été tour à tour proposés, un seul a une réelle efficacité, c’est, Y iode, qui, en raison de sa diffusibilité, va porter son action jusqu’aux culs-de-sac glandulaires et sur toute l’étendue de la muqueuse. M. Ruault a proposé un procédé qui lui est particulier pour les applications d’iode; il croit que, si ces applications échouent souvent, cela tient moins à l’inefficacité du topique, qu’à son mode d’emploi défectueux ; les badigeonnages iodés sont faits d’ordinaire, suivant lui, avec des pinceaux trop doux : les solutions dont on se sert sont trop faibles, et l’on a le tort de ne pas débarrasser au préalable la muqueuse de la couche protectrice de mucus, qui entrave l’action du médicament.

Voici quel est le procédé recommandé par M. Ruault :

(1 choisit le moment de la journée le plus éloigné possible du dernier repas, afin d’éviter les vomissements. Il commence par débarrasser le fond de la gorge des mucosités qui le tapissent, à l’aide d’un tampon d’ouate hydrophile, fixé au bout d’une pince à forcipressure, puis il fait un second nettoyage avec un autre tampon, imbibé d’une solution de bicarbonate de soude à 2 pour 100.

Pour réaliser l'anesthésie, il badigeonne la gorge à deux reprises consécutives et à trois minutes d’intervalle, avec une solution de cocaïne au cinquième et pratique alors l’application de la solution iodo-iodurée :

avec un pinceau de peintre, en soie de porc, dont les poils sont fixés dans le tube en fer-blanc emmanché à une longue tige en bois blanc (brosse n° 12).

La langue étant abaissée, on frotte énergiquement la paroi pharyngée de haut en bas et de bas en haut, sans quitter sa surface, en insistant particulièrement sur les points où les granulations sont plus nombreuses ; sur les granulations isolées, on appuie fortement le pinceau en lui imprimant sur place quelques mouvements de rotation. 11 survient toujours un léger suintement sanguin à la suite de cette manœuvre. Au bout de quelques instants de répit laissé au malade, on fait un* second badigeonnage avec un pinceau à poils longs qui est moins dur que le premier.

Malgré la cocaïne, ce grattage est fort douloureux, et la douleur ne fait qu’augmenter dans les heures qui suivent ; pour l’atténuer, il faut prescrire I les gargarismes à l’eau très froide ou même glacée. Il se forme des eschares I blanchâtres qui tombent au bout de quatre à six jours, et l’on recommence alors la même application, généralement mieux supportée que la première fois. D’après M. Ruault, il suffirait parfois de deux séances pour amener une

Iode

Induré de potassium . . .

2 grammes.

ANGINES CHRONIQUES SPECIFIQUES.

amélioration très sensible, et de cinq ou six séances pour déterminer une guérison complète, sinon définitive.

Si les malades refusent de se soumettre à ce traitement, on pourra y substituer les badigeonnages avec le naphtol camphré qui sont moins douloureux.

Les pharyngites de cause locale sont les plus faciles à guérir par ce moyen, mais ce sont aussi les plus rares. La plupart reconnaissent pour cause des lésions du voisinage, l’imperméabilité nasale et le catarrhe naso-pharyngien, et il faut d’abord s’attaquer à cette cause, ainsi que nous l’avons dit, pour se rendre maître de l’angine. Il faut encore traiter les troubles digestifs auxquels sont si souvent lices les poussées congestives qui surviennent du côte du nez et de la gorge, traiter chez la femme les troubles de l'appareil génital, régulariser les fonctions de la peau par les frictions sèches, l’hydrothérapie. On doit encore, d’après M. Ruault, ranger dans les cas défavorables les angines de certains névropathes, chez lesquels les symptômes persistent quelquefois avec la même intensité, malgré la disparition presque complète des lésions. On peut alors recourir avec avantage à 1 hydrothérapie, aux bromures, à la strychnine prise à fortes doses (5 à 6 milligrammes).

Les angines chroniques spécifiques sont les angines tuberculeuses et les angines syphilitiques.

La forme chronique commune de Ja tuberculose bucco-pharyngée est la forme ulcéreuse; mais, à côté d'elle, il en est uneassez rare sur laquelle le professeur llieulafoy a récemment attiré l’attention et qu'il importe d’autant plus de connaître qu’elle peut donner lieu à des erreurs de diagnostic et qu elle doit être traitée énergiquement pour prévenir la généralisation de la tuberculose.

Cette forme est constituée par l’hypertrophie simple des amygdales et par des végétations adénoïdes dont la spécificité ne se traduit par aucun caractère objectif. Les inoculations au cobaye de tissu amygdalien et de débris de végétations adénoïdes ont fréquemment déterminé la tuberculose chez les animaux. Chez 61 cobayes, inoculés avec des fragments d'amygdales, 8 fois la tuberculose a été obtenue (soit 12 pour 100) ; chez 55 autres, inoculés avec des fragments de tissu adénoïde, la tuberculose s’est développée 7 fois (soit 20 pour 100).

Le bacille dégluti avec les aliments ou aspiré se fixe dans l’amygdale où il détermine une hyperplasie du tissu lymphoïde; souvent la réaction phagocytaire prend le dessus, l’amygdale devient fibreuse et le sujet peut guérir; mais souvent aussi l’infection peut s’étendre et de l’amygdale le bacille pénètre dans le réseau lymphatique; des ganglions apparaissent à la région cervicale et sous-maxillaire et finalement le bacille peut arriver dans le poumon par le canal thoracique et le cœur droit. On conçoit l’importance d’arrêter l’invasion bacillaire à sa première étape.

Tout d’abord, pour prévenir, dans la mesure du possible, la contamination

MALADIES DE LA BOUCHE ET DU PHARYNX

par les aliments et notamment par le lait, véhicule fréquent du bacille de Koch, il convient de recommander la stérilisation du lait et la cuisson prolongée des viandes.

Quant à la thérapeutique, elle doit être à la fois médicale et chirurgicale. Les enfants doivent être traités comme de véritables tuberculeux et être soumis à la médication par I huile de foie de morue , par les iodures et Y iode, les bains salés, le séjour au bord de la mer, par une alimentation riche en substances grasses (graisse, beurre, lait, caviar, foie gras, sardines, thon mariné, etc.).

Si le traitement médical ne suffit pas, si l’hypertrophie amygdaliennc persiste, il faut recourir au traitement chirurgical qui, suivant les cas, pourra être Yignipuncture, Y abrasion, le curettage-, en tout cas, on ne saurait se passer du traitement médical anté- et post-opératoire.

Dans les formes communes, c’est-à-dire ulcéreuses, de la tuberculose bucccpharyngée, le traitement est beaucoup moins efficace que dans la forme précédente, d’autant moins qu’il existe toujours, simultanément des lésions tuberculeuses viscérales. On s’efforcera de modifier les ulcérations et l'on y parviendra fréquemment à l’aide du galvano-cautère, des attouchements de teinture d'iode, de naphtol camphré, d'acide lactique au tiers-, mais le passage incessant des produits virulents de l’expectoration est une cause de réinfection contre laquelle on est impuissant à lutter.

Le traitement des syphilides bucco-pharyngées sera indiqué dans le chapitre consacré à la syphilis.

MALADIES DE L’ŒSOPHAGE

ŒSOPHAGISME

L’œsophagisme est assez fréquent et peut être traité avec succès, si l’on a soin do déterminer sa cause occasionnelle. En effet, le rétrécissement spasmodique de l'œsophage n’est que rarement idiopathique. Le plus souvent il survient sous l’influence d’une cause que l'on devra combattre, tout en traitant, dans tous les cas, le nervosisme ou l'hystérie confirmée que l’on retrouve à l’origine de tout œsophagisme.

Tout d’abord, avant d’instituer le traitement, il importe de s’assurer que J'œsophagisme ne complique pas un cancer de l’organe ou n’est pas symptomatique d'un anévrysme aortique. Un conçoit les dangers du cathétérisme en pareil cas. Quand il existe un néoplasme, le spasme ne survient pas brusquement ; il est toujours précédé d’une période pendant laquelle la sténose s’accentue progressivement; les aliments solides, les grosses bouchées ont d’abord de la difficulté à passer, puis ce sont les aliments demi-liquides, les bouillies, les purées, les œufs, et finalement les liquides euxmêmes. Kien de semblable dans l’œsophagisme qui débute brusquement et peut d'emblée déterminer une sténose passagère, mais absolue. D’autres considération" tirées de l’âge, de l'absence d’antécédents ou de stigmates nerveux, facilitent le diagnostic. Mais il importe de savoir qu'il y a des cas d'interprétation difficile, ceux où l’ œsophagisme se prolonge, où, d'abord peu marqué, il s’accentue progressivement comme la sténose cancéreuse. En un mot, il existe des cas d’œsophagisme qui simulent, à s’y méprendre, une affection organique de l’œsophage, de même que l’hystérie peut simuler la sclérose en plaques, la péritonite, l’appendicite, la méningite, etc. Inversement, certains cancers de l’œsophage, survenant chez des sujets jeunes, cl déterminant, au début de leur évolution, des accès d’œsopbagisme intermittent, dans l'intervalle desquels la perméabilité de l’œsophage est à peu près complète, peuvent induire en erreur et faire croire à l'existence d’œsophagisme pur et simple.

Celui-ci est rarement idiopathique, c’est-à-dire survenant sans cause connue ou bien à la suite d’une influence psychique: émotion, colère, morsure de chien; dans ce dernier cas le malade se croit atteint ou menacé de rage et devient hydrophobique par auto-suggestion.

Dans quelques cas, I’œsophagisme survient à la suite d'un empoisonnement par la belladone, l’arsenic, les champignons; mais habituellement il survient à titre de phénomène réflexe, déterminé soit par une affection de l’œsophage : ulcérations tuberculeuses, syphilitiques, œsophagite, soit par une affection de l’estomac, gastrite, cancer du cardia. L’œsophagisme est fréquent chez les dyspeptiques nerveux, et l’on peut obtenir sa disparition, assez rapidement, par un traitement gastrique, combiné à l'emploi de l’hydrothérapie.

On peut encore observer l'œsophagisme à la suite d'une angine, d’affections laryngées, de vers intestinaux, dans le cours de la grossesse.

MALADIES DE L’ŒSOPHAGE

Avant de traiter l’œsophagisme lui-mème, il est bien entendu que l’on doit traiter la maladie qui entretient le spasme de l’œspphage; d’autre part, et surtout dans les cas où la cause échappe, instituer un traitement général, consistant dans l'emploi méthodique de Y hydrothérapie, dans l’usage à l’intérieur des bromures, des valérianates, sans d’ailleurs accorder trop de confiance aux moyens médicamenteux.

Si le spasme persiste, élans les formes où il existe en permanence, et se prolonge pendant des mois et même des années (nous avons traité avec succès un malade qui, depuis trois ans, était atteint de spasme œsophagien), il faut s’attaquer directement au spasme. Deux ordres de moyens peuvent être employés : la dilatation, l’électrothérapie.

Depuis Mondière on emploie la dilatation méthodique, faite soit au moyen de bougies en gomme ou en caoutchouc durci de calibre variable, soit au moyen d’olives vissées sur une tige flexible de baleine. Nous préférons les olives aux bougies.

Pour obtenir de bons résultats, il faut procéder avec prudence et méthode : on se servira d’abord des olives du plus petit volume et l'on retirera de suite l’olive après avoir franchi l’obstacle.

Peu à peu on emploiera des olives de plus en plus grosses, qu’on laissera (in contact avec la partie rétrécie, pendant un temps de plus en plus long.

Il arrive souvent, au début d’un traitement, que le cathétérisme dilatateur exagère le spasme, au lieu de l’atténuer; ce sont là les cas défavorables, opposés à ceux où une seule dilatation suffit à triompher définitivement du spasme, Il convient cependant de ne pas renoncer au traitement, en présence de ce résultat paradoxal ; il faut persévérer dans l’emploi de la dilatation, en ayant soin d’agir en même temps par suggestion sur le malade, en lui persuadant que l’exagération du spasme est la règle au début du traitement, qu’elle ne doit pas l’inquiéter et que les séances ultérieures de dilatation feront au contraire cesser complètement le spasme, ce qui est effectivement la règle.

L 'électrothérapie est plus difficile à appliquer. On utilise la méthode d’électrisalion indirecte consistant à influencer le nerf vague de chaque côté du cou, au moyen du courant galvanique, et l’électrisation directe qui comprend ellemême trois procédés : 1° la franklinisation hertzienne; 2° la faradisation; 3° la galvanisation. Nous n'insisterons pas sur la description de la technique à employer qui est du ressort delà médecine spéciale.

MALADIES DE L'ESTOMAC

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