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TÉTANOS

C’est en 1884 que Nicôlaier découvrit l’agent infectieux du tétanos, lequel fut isolé et cultivé par Kitasato; ces découvertes furent complétées par celle de la toxine tétanique, isolée en 1890 par Kimd Faber et étudiée par Vaillard. Cette dernière découverte fut le prélude de la sérothérapie tétanique qui est l'œuvre de Behring et Kitasato, Tizzoni et Cattani, Roux et Vaillard.

On sait maintenant de façon assez précise ce qui se passe depuis le moment où l’agent infectieux est mis au contact des téguments ou des muqueuses jusqu’à celui où éclatent les accidents tétaniques.

Microbe anaérobie, le bacille de Nicôlaier végète dans les profondeurs de la plaie, mais a très peu de tendance à envahir l’organisme. Il y sécrète, probablement à la faveur d’associations microbiennes, une toxine, de nature extraordinairement virulente, qui se répand dans l’organisme, non par l’intermédiaire des voies de la circulation, mais en suivant le trajet du nerf pour arriver au bout d’un certain temps aux cellules de la moelle et du bulbe.

Au bout d’un temps variable (qui oscille entre 4 et I 1 jours en moyenne) éclatent les premiers accidents tétaniques.

il y a donc trois phases dans le tétanos : l’une d’infection par le bacille de Nicôlaier, l’autre d intoxication au cours de laquelle les toxines sécrétées se fixent sur les cellules nerveuses, la Iroisièmc de réactions pendant laquelle les cellules nerveuses manifestent leur hyperexcitabilité.

A chacune de ces trois phases s’adapte un traitement différent :

A la première l’antisepsie de la plaie, ou mieux l’exérèse du foyer où le poison s’élabore; à la seconde la sérothérapie préventive (pii neutralise le poison virulent; à la troisième le traitement palliatif par les antispasmodiques : chloral, bromure, etc., et la sérothérapie curative, bien que 1 efficacité de cette dernière soit malheureusement très douteuse.

Sur le traitement chirurgical du début, il est inutile d’insister : rappelons qu’il ne suffit pas de rendre aseptique une plaie suspecte, d’autant <|ue les spores tétaniques opposent une grande résistance aux agents les plus actifs; la question se pose de supprimer le foyer d’où partent les toxines tétaniques. Le curettage de la plaie, le badigeonnage à l’iode, l’ablation des corps étrangers, etc., ne suffisent pas toujours; l’excision totale du foyer a des elfets plus positifs (expériences de Roux et Vaillard).

Le traitement sérothérapique est entré dans la pratique à la suite des travaux de Behring et Kitasato qui ont établi que le sérum des animaux immunisés neutralise in vitro le poison tétanique; qu’injecté primitivement, il préserve l’animal contre les effets toxiques du poison.

Quant à la valeur curative sur le tétanos déclaré, affirmée par Behring et Kitasato, elle a été niée par Vaillard et E. Roux. Le sérum injecté rend inoffensive la toxine qu’il rencontre, mais il est sans action sur les lésions déjà constituées des éléments nerveux. Cependant si le sérum se montre impuissant contre le tétanos aigu, du moins il paraît exercer une action favorable dans les cas à marche moins rapide où l’intoxication est modérée an début et se produit lentement, progressivement, par l’action successive de petites doses de poison (Vaillard).

MALADIES I INFECTIEUSES

On a eu recours, pour l’injection préventive, aux injections sous-cutanées, à la dose de 10 centimètres cubes, répétées en cas de besoin dix jours après la première injection; aux injections intra-cérébrales, aux injections sous-arachnoïdiennes.

Les premières constituent la méthode de choix et celle aussi dont l’application est à la portée de tous.

La méthode des injections intra-cérébrales a été proposée par Roux et Borrel (1898) qui ont pensé obtenir des résultats meilleurs, en portant directement l’antitoxine au contact des éléments nerveux. Employée lors de l’apparition des premiers symptômes, elle n’a cependant donné le plus souvent que des insuccès. D’ailleurs elle est susceptible de déterminer des accidents cérébraux mortels.

Quant aux injections sous-arachnoïdiennes elles n’ont eu également que des résultats négatifs dans trois cas où Sicard les a employées.

A la période de tétanos confirmé la médication par le chloral (4 à 6 grammes au plus par jour), par la bouche ou en lavement, permet de soulager les malades; on pourra y joindre les injections de morphine. Les cas de guérison obtenus par le chloral correspondent certainement à des cas de tétanos bénins qui auraient guéri spontanément.

Quant à la valeur curative de l’injection du sérum antitétanique à cette période, elle est, nous l’avons dit, fort douloureuse. Néanmoins, il paraît résulter de la statistique de Lœper et Oppenheim (Archives générales de médecine, 1900) que la mortalité du tétanos a diminué sous l’influence du sérum.

Leur statistique donne, pour 144 cas traités par les injections sous-cutanées, 51 décès, 95 guérisons, soit une mortalité globale de 55,4 pour 100 alors <pie la mortalité, d’après les statistiques de Brunner, est de 90 pour 100 dans les cas où l'incubation est de 1 à 5 jours, de 70 pour 100 lorsqu’elle est de 5 à 10 jours.

SYPHILIS

Nous savons quand la syphilis commence, nous ne savons pas quand elle finit on même si l’infection peut s’éteindre. Ne voit-on pas en effet des accidents se produire chez des malades quinze, vingt, trente ans et plus, après l’accident initial? Dans ces conditions, le médecin est-il autorisé à parler de guérison « définitive » au malade qui lui pose la question de savoir s’il est guéri? Est-il en droit surtout d’attribuer une efficacité souveraine aux médications dont il dispose contre la vérole ?

Si dès ce début nous soulevons ce débat, c’est qu’il domine toute la thérapeutique de la syphilis.

En ce qui concerne l’efficacité du traitement mercuriel ou du traitement mixte sur les accidents en évolution, tout le monde est d’accord ; mais quand il s’agit d’apprécier

SYPHILIS

la valeur préventive de ce traitement, des dissidences sc produisent. A la vérité, la tendance actuelle du plus grand nombre, à l’exemple du professeur Fournier, est de reconnaître au traitement spécifique prolongé une influence marquée sur l'évolution ultérieure de la syphilis; on constate seulement, que cette influence n’est pas absolue, qu’elle ne met pas sûrement à l’abri du tertiarisme.

Ce que l'on peut affirmer, c'est que les accidents tertiaires sont moins fréquents et moins graves. Il nous faudra revenir sur ce point que nous ne faisons qu’effleurer, quand nous aurons à nous occuper de la direction à donner au traitement.

Il nous faut encore noler que l’on a, depuis quelques années, une tendance de plus en plus marquée à faire usage de doses de mercure sensiblement supérieures à celles qui ont été employées jusqu'ici et à faire une beaucoup plus large part, dans le traitement normal de la syphilis, à la méthode des injections que l’on utilisait habituellement pour combat tre des accidents immédiatement menaçants ou rebelles aux méthodes classiques du traitement par ingestion, par frictions.

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