IG
Graines de fèves, pois, seigle, froment. . .
Carotte, maïs, patates
Haricots, lentilles
Riz décortiqué
1 gr. 45 à 0 gr. 92
En somme, presque tous les farineux nécessitent un travail considérable de l’estomac, parce que, étant peu nourrissants, ils doivent être absorbés en grande quantité: aussi doivent-ils être proscrits dans le cas de dilatation ou quand il existe des fermentations anormales avec production abondante de gaz; chez les hyperchlorbydriques, en raison de l’existence constante d’acide libre dans l'estomac, ils ne subissent pas ou ne subissent qu incomplètement l’action de la diastase et séjournent longtemps dans cet organe; de plus. M. llayem a constaté que la purée de pomme de terre exagère l’hyperchlor- 1ml rie.
Les farineux seront donc défendus aux hyperpeptiques; chez les autres dyspeptiques ils seront prescrits, à l’état de purée; la purée de pomme de terre est en général celle qui est le mieux supportée; on peut l'accommoder au lait et y ajouter des œufs pour augmenter sa valeur nutritive. Les purées de pois et de lentilles sont également bien digérées, en général. Les purées préparées avec des farines finement moulues sont supérieures au point de vue de la digestibilité à celles préparées avec les farineux en nature.
Les truffes, les champignons constitués en grande partie par une trame ligneuse ne conviennent pas aux dyspeptiques, non plus que les hors-d'œuvre (cornichons, radis, concombres, olives, etc.).
Les condiments, utiles dans certaines conditions, notamment dans les climats chauds, pour ranimer l’appétit languissant, sont à supprimer chez les dyspeptiques. On interdira donc le piment, le poivre, les câpres, les anchois, le caviar, le raifort, la moutarde, et tous les mets relevés avec de la girofle, de la muscade, de la cannelle, etc. On autorisera seulement le thym, le laurier dans les assaisonnements. Le sel sera rationné chez les hyperpeptiques.
La plupart des sauces doivent être proscrites, parce qu elles exigent l’addition de beurre, d’épices, de vins, etc. On interdira donc les sauces au roux, la mayonnaise, les sauces tomate, crevette, vinaigrette, bercy, an beurre d’anchois, etc. On autorisera seulement la sauce blanche mousseline (pour la préparer, on doit délayer de la farine et la faire cuire en tournant; puis ajouter du lait crémeux, bien délayer à nouveau et réduire en tournant toujours; casser un œuf, ajouter et mêler le jaune, remettre un peu au feu, saler: battre le blanc en neige et l’incorporer très rapidement à la sauce).
Parmi les fruits, un certain nombre sont habituellement bien supportés par les dyspeptiques, lorsqu'ils sont parvenus à un degré suffisant de maturité : les pèches, le raisin, les prunes, les mirabelles, les petites fraises peuvent donc être permis à la condition que les pellicules, les pépins et les noyaux soient soigneusement rejetés. Le melon est particulièrement indigeste. Parmi les fruits acides, les oranges peuvent être utiles aux hypopeptiques ; mais d'une façon générale les fruits acides devront être soumis à la cuisson et pris en compote ou en gelée, ou cuits au four, comme les pommes. Les compotes
DYSPEPSIES ClIIMini ES.
de pruneaux, de pêches, de poires, de pommes sont celles «pii conviennent le mieux aux dyspeptiques. Les amandes, les noix, 1rs noisettes doivent être laissées de côté en raison des huiles grasses qu’elles contiennent.
Les fruits doivent être interdits dans les cas de flatulence et de diarrhée : ils sont utiles chez les dyspeptiques constipés.
La cure de raisin est utilisée depuis longtemps pour le traitement de la constipation habituelle, des cirrhoses, de certaines dermatoses et des manifestations de l’arthritisme en général. Elle peut se faire partout, bien que certaines ■dations soient renommées pour cette cure, notamment lleiden, Ycytaux, Aigle, en Suisse, Méran dans le Tyrol et Celle-les-Bains dans l’Ardèche. Sous l’inlluence de la cure, les fonctions digestives se régularisent en général, la diurèse s’établit, etc. ; ajoutons (pie la vie au grand air, l’exercice, le repos de l'esprit ne sont pas étrangers à l’amélioration de l’état des malades.
La pulpe de raisin contient 72 à 80 parties d’eau, 1 \ à In de sucre: 0.5 à 0,6 de tartrate acide de potasse; 0,5 à 0,5 d’acides tartrique et malique: 1 ,2 à 1,0 de matières albuminoïdes, etc. D’après Moreigne, «pii a étudié expérimentalement les effets de la cure de raisin ( Archives de médecine expérimentale, mai 1902) avec la diurèse, on observe une diminution du degré d’acidité des urines, une diminution en valeur absolue et relative de l’acide urique, une diminution des fermentations intestinales et d autre part une action d’épargne vis-à-vis des matières azotées (d’où une augmentation de poids des malades). De ces effets on peut conclure à l’utilité de la cure dans les cas pathologiques visés plus haut. Il y a une certaine analogie de composition et d'effets entre le raisin et le petit-lait.
Pour réaliser une cure de raisin on doit en manger suivant la tolérance individuelle, de 500 grammes à 5 kilogrammes par jour, de préférence le matin à jeun.
Le pain joue un rôle capital dans notre alimentation; on en fait même un réel abus, si l’on songe aux inconvénients qu'il présente, en dépit de sa grande valeur nutritive. Le pain, qui séjourne assez longtemps dans l’estomac, détermine en effet une excitation stomacale assez grande et facilite la mise en liberté d’il Cl libre (M. llayem ); il constitue surtout un bon milieu pour les fermentations anormales, notamment pour la fermentation acétique. Tous les dyspeptiques qui fermentent accusent l’aggravation du pyrosis, des aigreurs à la suite de l’ingestion du pain.
La suppression du pain est nécessaire dans les cas d’hyperpepsie, surfout dans riiypercblorbydrie; d’autre part, le rationnement est indiqué dans l'hypopepsie, quand il existe de la dilatation avec fermentation.
Le pain chaud est particulièrement indigeste. On ne doit autoriser (pie le pain très cuit et rassis, en faible quantité (50 grammes en moyenne par repas).
Le pain complet, vanté dans ces dernières années, en temps qu’alimcnt de valeur nutritive plus grande est très indigeste; d’ailleurs cette valeur nutritive est contestable, car le pain complet, c’est-à-dire préparé avec le produit de la mouture du grain de blé entier, laisse 20 pour 100 environ de résidus, tandis que le pain blanc, préparé avec la farine très blutée, c’est-à-dire privée
MALADIES DE L’ESTOMAC
île la partie corticale du grain, n’en laisse que 5 pour 100. Le seul avantage du pain complet est d’être laxatif. Au lieu du pain rassis, on peut encore prescrire les pains légers grillés, les biscottes, les grissini, les gondolos, etc.
Les décodions de céréales , employées de temps immémorial, ont été vivement recommandées par Springer, qui en a légitimé et systématisé l’usage; riches en phosphates minéraux et organiques (lécithine), en hydrates de carbone, en albumine, elles constituent un aliment de premier ordre chez les malades atteints d’affections fébriles, chez ceux notamment qui supportent mal le lait, chez les dyspeptiques, les convalescents, les enfants en voie de croissance.
On prépare une décoction de céréales en faisant bouillir dans un litre d’eau une cuillerée à soupe de chacune des céréales suivantes : froment, seigle, avoine, orge, maïs, son, torréfiées légèrement au four ou sur une tôlerougie et broyées ensuite dans un moulin à café.
Après ébullition suffisante pour réduire de moitié le liquide (environ deux heures), on passe sur une étamine et on ajoute une quantité d’eau suffisante pour un litre. On l’administre pur ou dans du lait, dans la proportion d’un tiers. Le sucre et la glycérine augmentent le pouvoir nutritif de la décoction; on peut encore la transformer en eau albumineuse par addition de deux blancs d'œuf frais et bien battus (aromatiser avec quelques tranches de citron ou deux cuillerées de champagne).
Les pâles d'Italie sont assez facilement digérées, si leur cuisson est suffisante; cependant les nouilles, les macaronis ne sont pas toujours bien tolérés, aussi vaut-il mieux les remplacer par les diverses farines : semoule, gruau d’orge, d’avoine, de riz, de mais, arrow-root, salep, tapioca, etc., que l’on fait prendre en potages au lait ou au bouillon. La farine d’avoine, riche engraisse et contenant une quantité appréciable de fer (0,015 pour 100) est particulièrement recommandée.
En fait de potages, outre les potages épais au lait ou au bouillon dégraissé, avec farine ou pâtes, on autorisera les panades bien passées, les potages aux légumes écrasés (pommes de terre), à l’oignon, les potages à la purée de volaille (potage à la reine); les potages relevés, comme la bisque, seront interdits.
Les pâtisseries et les sucreries (bonbons, confitures) ne conviennent pas aux dyspeptiques, quels qu’ils soient: elles sont surtout nuisibles chez les hvperchlorhydriques et dans tous les cas où existent des fermentations anormales. Des expériences récentes de Aldor et de Cleinin tendent, il est vrai, à démontrer que l’addition de sucre au lait, à la dose de 20 pour 100, diminue de moitié la sécrétion gastrique et en abaisse l’acidité des neuf dixièmes (?) : toutefois la clinique démontre que le sucre est en général mal supporté parles hvperchlorhydriques; on n’en permettra que de petites doses.
Le miel est utilisé pour ses propriétés laxatives.
Dans quelques cas on pourra permettre de très légères pâtisseries, comme les meringues.
Le dessert d’un dyspeptique doit se composer des fruits crus ou cuits dont
DYSPEPSIES CIIIMIQI ES.
I il*
il a été question, do crèmes cuites, d’œufs à la neige, «le souillés, de parfaits.
• le gâteaux de riz ou de semoule bien cuits, de gâteaux secs, de croûte à la brioche grillée et à la compote de fruits. Les fromages mous et Irais (Gervais. à la crème) seront seuls permis aux dyspeptiques, â 1 exclusion des fromages faits, aliments essentiellement fermentescibles, qui introduisent dans l’organisme une grande quantité de toxines. Au point de vue alimentaire, les fromages ont une grande valeur nutritive, au moins égale à celle de la viande Certains d’entre eux (gruyère, parmesan) contiennent de 3(1 â 40 pour 1(1(1 do matières azotées; les substances grasses sont, dans le fromage, en quantité â â peu près égale à celle des substances azotées.
La question des boissons- est des plus importantes à régler. D'une façon générale le vin est mal supporté par les dyspeptiques; il augmente toujours I acidité, provoque des aigreurs ; il est formellement contre-indiqué chez les hyperchlorhydriques, et dans les cas de fermentation acétique. Peut-être seraitil mieux toléré par quelques malades s'il n était si souvent l'objet de falsilirations. Le vin blanc est préférable au vin rouge parce qu il est moins acide (2 â 3 pour 1000), moins riche en tanin et en tartrales; les vins mousseux seront toujours interdits.
On préconise assez souvent le remplacement du vin par I eau-de-vie mêlée â l eau en très petites proportions (une cuillerée à café par verre). (Jiianl aux ligueurs étaux boissons dites « aperilives », elles doivent être toutes supprimées. sans exception, car elles contribuent à entretenir l’excitation de la muqueuse gastrique.
La bière légère ne serait pas une mauvaise boisson pour les dyspeptiques, si I on pouvait sc mettre en garde contre les falsifications, plus nombreuse' encore que celles du vin, dont elle est l’objet. Cependant on fabrique en I rance, depuis quelques années, des bières peu alcoolisées (ayant seulement deux degrés et demi à trois degrés d alcool) et soigneusement pasteurisées, que I on peut autoriser chez les hvpopeptiques et les hvporpcptiqucs légèrement atteints.
Le cidre n’est pas toléré lorsqu'il existe des fermentations.
Pour le professeur G. Sée la meilleure boisson digestive est le thé. â la condition d’en faire une infusion légère, d’en prendre au moins un demi-litre, et â une température modérée (40° ) ; il remplace le vin avec toutes sortes d’avantages; il ne fermente pas ; il ne contient que des traces de tanin, tandis (pie le café en contient infiniment plus, qui coagule les albumines.
Les infusions de camomille, de /hoirs de tilleul, de menthe, de feuilles d'oranger, etc., pourraient remplacer le thé dans les cas où les malades sont particulièrement sensibles à I action excitante du thé.
Les boissons chaudes présentent plusieurs avantages; elles sont utiles pour restreindre la quantité de liquide ingéré, elles calment les douleurs, enfin elles excitent la motricité de l’estomac, en stimulant la contraction des libres musculaires de cet organe. « Le calorique a une action stimulatrice qui double les aptitudes digestives de I estomac » (Gliomel). Les boissons chaudes sont particulièrement utiles chez les hyperchlorhydriques.
MALADIES DE L’ESTOMAC
Chez les malades qui ne veulent pas boire de l'eau ou des infusions, on recommandera l’usage du lait aux repas, coupé avec un tiers d’eau d’Êviau ou d'Alet; mais le lait ne convient pas chez les tlatulents.
Le café au lait pris avec des biscottes, ou du pain grillé, sans beurre, ou le tlié noir léger, avec un nuage de lait ou crème constituent le meilleur repas du matin pour le dyspeptique; pris après le repas, le café neur doit être interdit aux hyperchlorhydriques.
Le chocolat est souvent mal digéré en raison de la grondé quantité de substance grasse (environ 50 pour 100) qu'il contient. .Mais il constitue un aliment et un tonique de premier ordre. Une tasse de chocolat préparée avec 20 grammes de celte substance contient 0,25 de théobrominc ; 2 gr. 5 d’albumine, 5 grammes de graisse et 10 grammes de sucre.
Les poudres de cacao , moins nourrissantes que le chocolat, sont bien supportées (parce que le beurre en est extrait en partie par expression à chaud) et peuvent être permises chez la plupart des dyspeptiques.
Les eaux minérales dites de table ne conviennent pas aux dyspeptiques; (dles contiennent presque toutes de l’acide carbonique (pii augmente les gaz et «pii excite la muqueuse. L’eau de Seltz est incontestablement la plus mauvaise des eaux de table. On ne doit autoriser que les eaux indifférentes comme
l’eau d’Alet, l’eau d’Kvian, etc Certains malades ont tendance à faire abus,
aux repas, des eaux alcalines de Vichy, Vais, etc. Ces eaux doivent être prises de préférence à jeun, quelque temps avant les repas, et pendant un laps de temps (pie le médecin doit fixer.
Pour résumer ce qui a trait aux boissons, disons que la meilleure et la plus simple des boissons est Veau de source. Beaucoup de malades se résignent à ne boire que l eau et se trouvent à merveille de ce régime. L'eau doit être filtrée sous pression, à l’aide du filtre Chamberland, mais ne doit pas être bouillie, car l’eau privée d’air est difficilement digérée.
L’usage de l eau glacée doit être proscrit; l’eau à basse température congestionne la muqueuse dont elle excite le fonctionnement d’une façon anormale : les dyspepsies par abus d’eau glacée sont fréquentes aux États-Unis, où l’usage des boissons froides est universellement répandu.
Quelle quantité de boisson doit être permise aux dyspeptiques? La restriction des boissons a été très en faveur, il y a quelques années, sous l’inlluence des idées émises par le professeur Bouchard qui a mis à la mode le régime sec pour combattre la dilatation de l’estomac. La conception différente «pie Ton se fait aujourd’hui des causes de la dilatation nous autorise à réagir contre les préceptes trop absolus de M. Bouchard. 11 est certain que le rationnement des boissons est nuisible chez un grand nombre de malades, chez ceux comme les graveleux, les goutteux, qui ont besoin d’un « lavage » de l’organisme ; d’autre part les hyperchlorhydriques ont besoin de diluer leur suc gastrique trop acide.
11 convient donc de ne pas être trop rigoureux dans le rationnement des boissons; d’ailleurs les malades, fort nombreux, (pii font habituellement usage des infusions chaudes, n ont pas tendance à boire au delà de leurs
DYSPEPSIES CHIMIQUES
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besoins. En Ions cas on rcconnnandora de boire peu pendant les repas, de boire de préférence à la fin et jamais dans I intervalle.
Le nombre des repas doit être de trois, chez les dyspeptiques comme chez Ses gens bien portants: la méthode des repas légers, mais multipliés, ne nous parait guère rationnelle; quant au goûter dont l'usage esl si répandu, il est à proscrire dans l'immense majorité des cas, parce que chez les dyspeptiques la digestion du repas du midi n’est pas terminée à l'heure où se prend habituellement le goûter et parce que les aliments usités au goûter, pâtisseries, confitures, souvent arrosés de vins sucrés sont dos facteurs de fermentations. \uv malades qui ne peuvent se passer de faire une collation, chez les hyperchlorhydriques atteints de fringale, on conseillera de prendre à quatre heures une tasse de thé étendu de lait, accompagné de quelques biscuits sers, ou bien une gelée de fruits prise avec des biscuits à la cuiller.
Le premier déjeuner se composera d'un ou deux œufs à la coque avec du pain grillé, arrosés d’une tasse de thé, ou bien de café au lait ou d un potage au lait. En général le repas du soir doit être moins copieux que le déjeuner, chez les malades dont le sommeil est interrompu par des douleurs, agile par des rêvasseries, qui indiquent une digestion traînante.
Il va sans dire que la quantité des aliments doit varier dans chaque cas en particulier, suivant l’appétit du malade, suivant la nécessité de soumettre I estomac à un repos plus ou moins grand. Tout régime un peu sévère détermine l’amaigrissement, en raison de la réduction du pain, des féculents, de la quantité des boissons et de la suppression de l’alcool. Il y aura lieu d avertir les malades de cet amaigrissement, de les prévenir qu il sera momentané et ■mm au contraire d’une reprise de l'embonpoint, quand I assimilation se fera mieux. Il est indiqué d ailleurs, au début d’un régime, de soumettre les malades au repos qui épargne les forces, exerce ]' influence la plus heureuse sur les symptômes d’ordre neurasthénique, etc.
Si la réduction de la quantité des aliments est indiquée au début d un traitement chez les dyspeptiques qui souffrent, dont l’estomac est atteint d’une insuffisance motrice manifeste, il est toute une. catégorie de dyspeptiques chez qui, au contraire, il faut procéder à Va suralimentation ou pour mieux dire à la ré alimentation, car ces malades ont perdu peu à peu l'habitude de s alimenter <1 une façon suffisante; ce sont les malades atteints de ptoses, d’entéro-colile muco-mcmbraneuse, les dyspeptiques nerveux en général; 1 inanition relative à laquelle ils se condamnent exagère l’état, nerveux, amène des troubles graves delà nutrition qui ne prennent fin qu'avec la réalimentation.
Plus les malades souffrent moins ils mangent, et moins ils mangent plus ils souffrent. Il y a là un cercle vicieux à briser si l’on veut enrayer les progrès de la dénutrition et de l’état nerveux.
Les régimes peuvent être exclusifs ou mixtes. Avant de les passer en revue nous devons mentionner à cette place la diète hydrique, surtout usitée dans le traitement des toxi-infections gastro-intestinales infantiles (voir ce chapitre), mais qui trouve également son application dans un certain nombre de cas chez 1 adulte. La diète absolue, mitigée par l’usage de l’eau pure à doses variables.
MALADIES DE L'ESTOMAC
est nettement indiquée dans l'indigestion vulgaire, dans les intoxications alimentaires, dans les crises gastriques intenses, d’origine gastrique primitive ou liées à une affection des centres nerveux (tabes), dans les vomissements incoer cibles de la grossesse, dans l’appendicite, où elle doit être prolongée pendant un temps plus ou moins long, dans les entérites graves, où l’usage du lait entretient souvent la toxi-infection, etc Elle est, en général, admirablement
supportée par l’adulte comme par l'enfant, même quand elle est prolongée au delà d un jour ou deux, à la condition (pi on lui associe, ce qui se fait couramment aujourd'hui, les injections sous-cutanées de sérum.
Le seul régime exclusif est le régime lacté, classique depuis l’application (pie Cruveilhier en a faite au traitement de l’ulcère de l’estomac.
La cure lactée convient à nombre de cas, ce qui se conçoit aisément puisque le travail digestif de l’estomac se trouve par elle réduit au. minimum. Indispensable chez les hyperpeptiques, surtout chez les hyperchlorhydriques avec ulcère, le lait rend de grands services chez les hypopeptiques en adaptant le régime à la capacité du pouvoir digestif; M. flayem commente d’une façon ingénieuse l'effet du régime lacté, chez certains hypopept iques. Ayant constaté qu’à la suite du régime lacté, certains malades deviennent hyperpeptiques (ce seraient ceux qui sont atteints de gastrite mixte), il croit que le retour à l’irritation glandulaire simple doit être considéré comme un acheminement vers la guérison.
Pour rester sur le terrain de la clinique, nous nous bornerons à constater les heureux résultats que détermine le régime lacté chez la plupart des dyspeptiques.
Alin d habituer le malade à ce régime. Karel I ne lui permet de prendre au début, qu’une très petite quantité de lait écrémé, c’est-à-dire 60 à 200 grammes, trois ou quatre fois dans les vingt-quatre heures, à des intervalles égaux ; mais c'est là un véritable régime d inanition recommandable seulement dans le cas d ulcère. La quantité ininima de lait que doit prendre en vingt-quatre j>\ heures un adulte soumis au régime exclusif est de 5 litres; chez certains malades, habitués à une alimentation substantielle, celle quantité est souvent insuffisante et l’on doit leur permettre de prendre 4 litres de lait; mais à cette dose la limite de tolérance est atteinte.
Le lait de bonne qualité détermine habituellement la constipation, lorsqu il esl bien supporté; cette constipation doit être combattue par des lavements. L'apparition de la diarrhée indique toujours une mauvaise digestion du lait et peut tenir à ce (pie le lait est trop gras, pris en trop grande quantité ou altéré; l'intolérance peut se traduire en outre par l'existence de ballonnement, d'aigreurs, parfois de vomissements. Les matières vomies renferment des caillots de caséine, (pie I on retrouve également dans la diarrhée lientérique.
Les causes des vomissements sont multiples. Tout d’abord il peut s'agir d’une simple répugnance du malade, répugnance instinctive que ne justifie aucun motif plausible. Le médecin usera de toute son influence morale pour la combattre. D’autres fois l'intolérance est due à 1 existence d'un obstacle mécanique à l’évacuation de l'estomac, occasionnant le séjour prolongé du lait dans
DYSI'KI'SIUS CHIMIQUES.
(estomac et sa fermentation (ptose, sténose) ou bien le malade esl atteint d’une dilatât ion atonique ancienne.
Dans quelques cas il n’existe ni aigreurs, ni vomissements, et ce n'est que lois du passage du lait dans l’intestin que se manifestent des signes d’intolérance (coliques, borborygmes, diarrhée lientérique) ; ici l’intestin seul doit rire incriminé; il est vraisemblablement, dans ce cas. le siège de fermentations intenses donnant lieu à la production d acides et s’opposant à l’action des ferments intestinaux, ou bien peut-être s’agil-il d'insuffisance de la sécrétion pancréatique.
Quoi qu’il en soit, l’addition au lait de bicarbonate de soude ou d’eau de Vais, de Vichy est des plus utiles pour assurer la tolérance du lait, ainsi que la pratique l’a révélé depuis longtemps: on fait également dans le même lent, usage d’eau de chaux (une cuillerée à soupe par bol de lait). Son emploi, qui relevait exclusivement de I empirisme, a été justifié par les expériences récentes d’Hammarsten qui a montré que les sels de chaux jouent un rôle important dans le processus de la caséification.
Le chlorure de calcium serait encore plus efficace; associé à chaque litre de lait, à raison d'une cuillerée d’une solution à 1 pour 100, il permet de combattre les troubles digestifs, probablement en neutralisant les acides organiques.
Il est impossible de déterminer a priori la durée du traitement par le régime lacté exclusif; dans certains cas cette durée ne doit pas être inférieure à plusieurs mois, si les malades ne sont pas pris d'un dégoût invincible pour ce régime.
Le lait doit être pris à intervalles égaux, à la dose de "JbO grammes environ toutes les heures, pendant dix heures consécutives, si la dose quotidienne est de trois litres. Les malades, les heures consacrées au sommeil mises à part, pourront laisser un intervalle de trois heures dans la matinée et dans la journée, entre deux prises de lait consécutives. Certains malades préfèrent absorber un demi-litre de lait toutes les deux heures et demie.
A côté du régime lacté exclusif, il convient de citer la cure de képhir proposée par M. Hayern. Il est nécessaire que le malade prenne par jour b à 6 bouteilles de képhir représentant environ 5 à 4 litres. Comme le lait, le képhir sera pris à petites doses et à intervalles égaux. La cure de képhir est parfois bien tolérée par les malades qui refusent de continuer le régime lacté : elle est d'un secours précieux dans le cas d’anémie pernicieuse progressive liée à l’atrophie généralisée des glandes de l’estomac et de l'intestin: elle est également très utile chez les brightiques apepliques (pii digèrent mal le lait et dans les cas d’entérite chronique 'M. Hayem).
Tous les autres régimes que l’on peut prescrire aux dyspeptiques sont des régimes mixtes. Ce que nous avons dit au sujet de la digestion dos végétaux permet de concevoir que le régime exclusivement végétarien n’est pas applicable aux dyspeptiques. $ il est exact que l’équilibre nutritif peut se maintenir parfois, avec un régime végétarien exclusif, comme a pu le constaterai. Allai chez une femme qui, depuis six ans, se nourrissait exclusivement de végé-
MALADIES DE L'ESTOMAC
taux (Soc. île Médecine berlinoise, février 1901), comme d'ailleurs on peut en trouver la preuve dans certains ordres monastiques, dans certaines populations (Japonais de quelques provinces de I intérieur des îles, etc.), il n'en est pas moins vrai que chez les dyspeptiques le régime végétarien est contreindiqué, parce que chez eux l’estomac ne peut tolérer la quantité considérable de légumes et de fruits qui serait nécessaire pour parfaire la ration d’entretien. Les déchets atteignent pour certains végétaux : salades, radis, concombres, le taux de 70 pour 100 alors que ces aliments contiennent 1 pour 100 d’albumine. Le régime végétarien, non exclusif d’ailleurs, mais associé à l’usage du lait, des œufs, peut être utile dans certains cas d’cntéro-colite inuco-membraneuse; l iiez les artério-scléreux et les neurasthéniques arthritiques (parce qu’il est dépourvu de tout élément toxique et riche en sels minéraux) ; chez les obèses, parce que tout en apaisant la faim, il apporte peu d’albumine à l’organisme; enfin chez les malades atteints de dermatoses, comme l’eczéma, l’urticairel liées à des fermentations d’origine digestive.
D’autre part, l’usage exclusifdu régime carné n'est pas compatible avec les conditions de l’existence; il mène sûrement à l’inanition, ainsi que Bischolï et Voit l’ont constaté dans leurs expériences sur les chiens; ces expérimentateurs ont remarqué que l’élimination de l’urée, indice de la désintégration organique, augmente dans une proportion considérable sous l’influence de l'alimentation carnée exclusive.
Les hydrocarbonés et les graisses sont indispensables à la nutrition. Dans quelles proportions les matières albuminoïdes, les graisses et les hydrates de carbone doivent-ils être combinés pour constituer la ration d’entretien ? On a calculé que l'homme perd en moyenne, par les diverses voies, 20 grammes d'azote et 510 grammes de carbone; il faut donc compenser ces pertes par 1 absorption d’aliments renfermant une proportion au moins équivalente de. principes azotés et hydrocarbonés; aussi a-t-on calculé sur ces bases la ration d'entretien; d’après Voit, un adulte doit absorber par jour 118 grammes d'albuminates, 50 grammes de graisse et 550 à 100 grammes d’hydrates de carbone.
Le professeur G. Séc a évalué l’équivalence thermique des différentes classes d’aliments, c'est-à-dire leur valeur en calories. Il a rappelé
Qu’un gramme d'albumine fournit 4,1 calories.
— de graisse — 9,5 —
d’hydrate de carbone (fécule ou sucre). 4,1
El que le travailleur dépense environ 5400 calories par jour.
Prenant d’autre part en considération ce fait que les graisses et les hydrates de carbone peuvent enrayer la destruction de l’albumine corporelle, il a montré que l’on pouvait, en augmentant légèrement la proportion des graisses cl des hydrates de carbone, diminuer de moitié environ la quantité d’albumine (pii rentre dans la composition de la ration d’entretien; avec un régime comprenant 50 à 70 grammes d’albumine, 500 grammes d’hydrate de carbone,
DYSPEPSIES CHIMIQUES
60 grammes de graisse, l’homme adulte pourrait récupérer l’équivalence des calories dépensées.
Ces recherches sont fort intéressantes, mais elles s’appliquent surtout à l’homme sain, et d’ailleurs n’ont guère qu’une portée théorique, car il esl impossible de contraindre les individus bien portants à établir leur alimentation sur des hases scientifiques; aussi revenons-nous à l’étude des régimes mixtes, après avoir montré que les régimes végétarien ou carné exclusifs ne peuvent être adoptés.
Voici les régimes mixtes établis par Leube; ces régimes sont fondés uniquement sur l’estimation de la durée du séjour des aliments dans l'estomac; ils sont rationnels néanmoins, car ils représentent une graduation judicieusement établie de l’alimentation pour les dyspeptiques.
Les régimes de Leube sont au nombre de 4.
Le premier comprend les aliments dont la digestibilité est la plus facile, c’est-à-dire :1e bouillon, la solution de viande, le lait, les œufs mollets et crus, les biscuits non sucrés. De ce régime G. Sée ne retient que le lait qui constitue en effet l’aliment le moins irritant pour l’estomac du dyspeptique.
Le second régime comprend la cervelle de veau bouillie, le i is de veau bouilli, le poulet et le pigeon bouillis, les pieds de’ veau, les soupes bien trempées, les bouillies au lait préparées avec du tapioca ou des œufs
battus.
Du troisième régime font partie la viande de bœuf crue et pulpée, le jambon maigre également divisé, le pain blanc rassis, la purée de pommes de terre.
le thé ou le café.
Le quatrième régime, le plus substantiel, ne diffère guère de celui do I homme sain, puisqu’il admet le poulet et le pigeon rôtis, le veau rôti, le roastbeef saignant, le macaroni, la bouillie de riz au lait.
Leube ne prescrit le vin qu’en dernier lieu. II interdit les sauces, les salades, la plupart des légumes, car il ne permet que les épinards jeunes et finement hachés, rarement les asperges.
Ces régimes ne doivent pas être suivis au pied de la lettre, mais ils donnent quelques points de repère qu’il est utile de connaître. Ce qu’il importe surtout de retenir, c’est que chez la plupart des dyspeptiques, qu’ils soient hvpopeptiques ou hyperpeptiques, on peut instituer le même régime, à la condition qu’il soit progressif, autrement dit qu’on laisse d’abord reposer l’estomac par une alimentation restreinte au minimum, c’est-à-dire par le régime lacté, puis qu’on revienne lentement à l’alimentation mixte, en commençant par les aliments dont la digestion est le plus facile, c’est-à-dire par les potages au lait et aux pâtes, les œufs peu cuits, puis la viande pulpée, la viande cuite de volaille jeune, le ris de veau, le maigre de jambon, la sole, le merlan; en dernier lieu on autorisera le filet de bœuf, les côtelettes d'agneau, le gigot d’agneau, les purées de pommes de terre, de lentilles au lait, les crèmes cuites, les compotes de fruits, le pain grillé, etc.
Voici d’ailleurs comment nous avons coutume de régler le nombre et la
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nature des repas, après la période de régime lacté absolu, si ce régime a été nécessaire :
Cas graves. déjeuner. Un demi-litre de lait avec un peu
de café.
2r déjeuner. Deux œufs à la coque ou deux œufs crus, battus, puis additionnés de deux cuillerées à soupe de jus de viande et d une tasse de bouillon; le tout étant placé dans un récipient d’eau très chaude, pour être tiédi. Lait.
A 4 heures. Lait.
Dîner. Potages avec pâtes ou farines, deux œufs comme à midi; plus tard on ajoute à midi 40 ou 50 grammes de viande crue pulpée et l'on augmente peu à peu la quantité de cette viande crue (10 gr. par jour) ; puis tous les deux jours ou remplace la viande crue par la viande cuite, moulinée, puis par de la volaille, du maigre de jambon, de la cervelle, du poisson léger (sole, merlan).
Cas de moyenne intensité. 1 1 déjeuner. Lait avec café, thé ou cacao; ou
potage au tapioca, à la semoule.
21' déjeuner. Deux œufs à la coque ou brouillés à la crème fraîche. Une viande : filet grillé ou rôti, côtelettes de mouton grillées , gigot rôti, bouilli ou à l’étuvée, langue, épaule, de mouton à l’étuvée, poulet rôti, maigre de jambon, ris de veau au jus ou un poisson : sole, barbue, turbot, etc.., avec sauce mousseline. 50 grammes de pain rassis ou deux biscottes. Fromage frais. Thé à la fin du repas.
Dîner. Potage avec jaune d’œuf ou bouillie, viande grillée ou rôtie. Purée de pommes de terre au lait. Fruits cuits ou crème, biscottes. Infusion non théique à la fin du repas.
Avant d'aborder l’étude du traitement hygiénique et médicamenteux, nous devons mentionner Y alimentation rectale dont Futilité est mise hors de doute par des travaux récents.
L'alimentation par la voie rectale est indiquée surtout dans deux cas, lorsqu’un cancer de l’eslomac envahissant a déterminé une intolérance gastrique absolue, et d’autre part lorsqu'il y a intérêt majeur, comme dans le cas d’ulcère, à supprimer toute cause d’excitation pour la muqueuse, c’est-à-dire
DYSPEPSIES CIIIMIQI ES.
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tout apport d’aliment. Exceptionnellement elle peut être utilise.' > i ni- les vomissements incoercibles des hystériques, des tuberculeux.
Depuis longtemps on faisait usage des lavements alimentaires, mais avec une certaine réserve, car on ne pensait pas que l’alimentation rectale exclusive puisse suffire à assurer la nutrition, et parce (pie l’on craignait de déterminer, par l’usage prolongé des lavements alimentaires, la production d une redite fort pénible.
En ce qui concerne la- possibilité de soutenir suffisamment les forces a l’aide du seul usage des lavements alimentaires, le doute n’est plus admis. Il existe actuellement de nombreuses observations de malades ayant pu être alimentés exclusivement par la voie rectale, sans déperdition notable de loinpoids. M. Tournier (Province médicale, 1805) a relaté les observations de cinq malades alimentés par le rectum sans difficultés et sans aucun trouble de leur nutrition (excepté pour l’un d’eux), trois pendant un mois, un pendant treize jours et l’autre pendant 17 jours. Le premier malade atteint d'hvpersécrétion permanente avec hyperchlorhydrie vit ses douleurs stomacales et ses vomissements cesser dès le premier jour et l’hypersécrétion disparaître du quinzième au vingtième jour. Nous avons soumis à l'alimentation rectale exclusive, pendant 15 jours, une jeune lillcatlcinted ulcère chronique de l’estomac, sans <pie ce mode d’alimentation eut entraîné le moindre malaise ou inenie une perte de poids appréciable; deux jours après le début du traitement, les douleurs et les vomissements qui jusqu’alors avaient résisté à tous les moyens employés, cessèrent pour ne plus reparaître. La durée movenne de l’alimentation rectale exclusive est de sept à huit jours.
Sans doute, on ne pourrait au moyen de l’alimentation rectale, assurer la réparation des forces, chez des individus bien portants, se livrant à leurs occupations ordinaires; mais il ne faut pas perdre de vue qu'elle s'adresse uniquement à des malades, condamnés au repos au lit, par la nature do leur allcction, ne prenant depuis longtemps qu’une petite quantité de nourriture, restreinte encore par la fréquence des vomissements.
Quelles sont les substances absorbées par le gros intestin? L’absorption le I eau n’est pas douteuse; aussi donne-t-on fréquemment de petits lavements d’eau bouillie aux hyperchlorhydriques et surtout aux hypersécréteurs pour calmer la soif, pour parer à la déperdition aqueuse de l’organisme provoquée par les vomissements. Mais les lavements alimentaires n’agissent-ils simplement qu’en permettant l’introduction dans l’organisme d’une certaine quantité d’eau? Non, si l’on en croit les différents expérimentateurs : Voit et llauer. Eichhorsl admettent l’absorption de la peptone et de l’albumine de l'œuf; lrœufs, les peptones peuvent donc être utilisés pour servir à l’alimentation rectale. L’addition de chlorure de sodium favorise l’absorption de l’albumine de l’œuf (Armin Iluber); d’après ce dernier le gros intestin absorbe environ 7d pour 100 de l’azote des œufs additionnnés de chlorure de sodium.
Les lavements de peptones ont d’abord été employés exclusivement : aujourd’hui, depuis les travaux d’Ewald, on leur préfère les lavements d’œufs.
Pour préparer un lavement aux œufs, on bat soigneusement, jusqu'à ce que
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le blanc ne lilo plus, deux œufs dans une petite quantité d'eau froide; on ajoute ensuite environ 250 grammes d’eau tiède et 2 grammes de sel par œuf: pour assurer la tolérance, on peut ajouter quelques gouttes (V à VI) de laudanum par lavement; on peut donner 4 à 5 lavements semblables par jour.
Au lieu de se servir d’eau simple comme véhicule, on peut battre les œufs dans du bouillon salé ou dans du lait. Au mélange on peut ajouter encore line cuillerée à café de peptone sèche.
I ne formule moins recommandable de lavement nutritif est la suivante :
Bouillon dégraissé 55 grammes.
Vin T) —
Pcptones liquides Deux cuillerées à soupe.
Leube recommande vivement les lavements pancréatisés que l’on prépari» ainsi : on hache finement d'une part 150 à 500 grammes de viande de bœuf de bonne qualité, d’autre part 50 à 100 grammes de pancréas de bœuf: on agite vivement avec 75 à 150 grammes d’eau tiède de façon à obtenir une consistance de bouillie claire.
Le premier lavement nutritif du matin doit être précédé d’un lavement évacuaient -, on l’administre à l'aide d'une seringue ordinaire ou d une poire en caoutchouc, auxquelles on adapte une longue canule, ou bien à l aide d'un réservoir tel que le bock à injections.
L’addition de quelques gouttes de laudanum à chaque lavement nutritif est utile pour prévenir le ténesme rectal.
Si ce mode précieux d alimentation est toléré par beaucoup de malades pendant une assez longue période, il ne faut pas se dissimuler que, chez d'autres, il détermine très rapidement une redite telle que l’on est obligé de le supprimer au bout de quelques jours.
2U Hygiène générale des dyspeptiques- — - Chomel a dit, non
sans raison, que « I on digère autant avec scs jambes qu'avec son estomac ».
II est admis par tout le monde que Yexercice est une condition nécessaire de bonne digestion, pourvu que l’on ne dépasse pas certaines limites; la vie sédentaire prédispose à la dyspepsie, d’autant plus aisément que les individus dont la vie est inactive ont une tendance paradoxale à se nourrir copieusement.
On doit donc recommander aux dyspeptiques qui ne prennent pas»un exercice suffisant de réagir, autant que possible, contre leur tendance à l inaclion. La marche, l’exercice modéré de la bicyclette, la pratique de l’escrime, de la gymnastique suédoise ont une influence salutaire chez nombre de dyspeptiques, chez ceux notamment qui ont de la tendance à l’obésité, des occupations sédentaires et dont la dyspepsie n’est pas douloureuse. Il est mauvais de se mettre au travail après le repas, surtout quand on travaille dans la position assise, le corps ployé.
On ne saurait d'ailleurs ériger la prescription de l’exercice en règle abso-
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lue; dans certains cas, au contraire, le repos Complet est nécessaire. On doit le prescrire chez les ulcéreux ou chez les hyperchlorhydriques avec gaslro-sm corrhée, d’une façon générale chez tout dyspeptique en état de crise, atteint de douleurs et de vomissements. On doit encore le faire observer aux personnes qui sont soumises au régime lacté, afin de régler les dépenses corporelles sur la ration alimentaire restreinte.
Enfin le repos est une condition indispensable pour le succès dans le traitement de la neurasthénie grave avec dyspepsie, et dans celui de l'anorexie hystérique, de la chlorose avec dyspepsie, etc.
Le repos partiel dans le décuhitus horizontal, après le repas, est surtout utile chez les malades atteints de ptose.
La question de l'opportunité de la sieste après les repas est assez controversée. On sait d’ailleurs que beaucoup de dyspeptiques, pris de somnolence après les repas, se laissent gagner par un sommeil auquel ils ne peuvent résister, sans se préoccuper de savoir si ce. sommeil est nuisible ou utile pour la digestion. Souvent il suffit d’un très court sommeil pour les ramener à leur état normal. Si la sieste de midi ne présente pas trop d’inconvénients, en revanche il est mauvais de se mettre au lit immédiatement après le dîner : il semble bien, en effet, que le sommeil du soir prématuré a pour effet de suspendre l’évacuation gastrique.
Nous ne mentionnerons la gymnastique que pour condamner d’abord les exercices violents qui sont plus nuisibles qu’utiles, mais I ostracisme ne s’étend pas à la gymnastique des mouvements d’opposition, faite à l’aide d appareils spéciaux, et permettant de mettre en jeu un groupe déterminé de muscles.
Le changement d'air exerce une influence des plus favorables sur la dyspepsie; les malades peuvent indifféremment se rendre* à la campagne, au bord de la mer ou dans les pays montagneux; néanmoins ils se trouvent particulièrement bien du séjour à des altitudes moyennes (800 à 1200 mètres). D’autre part, le séjour au bord de la mer est parfois nuisible aux hyperchlorhydriques nerveux. La respiration d’un air léger et pur, la tranquillité de l’esprit, l’exercice, l’usage d’une nourriture moins annualisée sont autant de conditions favorables pour l’amélioration du dyspeptique en villégiature. Les dyspeptiques doivent de préférence rechercher les stations modestes, relativement peu fréquentées, éviter au contraire les grands hôtels où la table est compliquée... « tout cela manque dans les chalets de la montagne : c’est là qu’il faut aller » (Regnard. La cure d'altitude, 1897). Vie tranquille, horizons reposants, promenades variées, cuisine simple, toutes ces conditions se trouvent réalisées dans les stations du Haut-Valais : Evolène, Yissoie, Saint- Luc, Zinal. Chandolin, Saint-Nicolas, Zermatt, Saas-Fee, Vallée de Binn, Eggishorn, etc.
L’ entretien des fondions de la peau doit faire l’objet de soins tout particuliers; on prescrira les lotions froides, les lotions avec l’eau de Cologne ou I alcool à 90u, suivies de frictions au gant de crin, ainsi que les bains fréquents (bains simples ou bains alcalins, sulfureux, salés).
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L’observation de ces règles hygiéniques est d’autant plus indispensable que chez les dyspeptiques les téguments sont éminemment irritables par suite de l’élimination d’acides gras et de principes irritants dont il faut faire remonter l’origine aux fermentations du tube digestif.
On sait quelle est l’influence nocive des excès vénériens et des veilles répétées sur l’entretien des troubles digestifs; aussi devra-t-on veiller à la stricte observation d’une vie calme et régulière.
11 importe également de porter son attention sur la question des vêtements. On exigera que le corset n’exerce pas la constriction exagérée que s’imposent trop souvent les femmes coquettes ; chez l’homme, on interdira l’usage des ceintures à boucles qui compriment à l'excès la région épigastrique.
On insistera auprès des malades pour qu’ils apportent la plus grande régularité dans les heures de repas et qu’ils y consacrent un temps suffisant. I nc mastication complète est la première condition d’une bonne digestion ; nombre de dyspepsies sont occasionnées ou entretenues par une mastication insuffisante.
Les dents qui manquent seront remplacées par des dents artificielles.
Le renoncement au tabac est obligatoire chez tous les malades.
5° Médicaments. — Les alcalins et les acides ont été les médicaments de beaucoup les plus employés dans le traitement des gastropathies, surtout les premiers.
Nous étudierons d’abord les alcalins, en particulier le bicarbonate de soude, qui peut être considéré comme le type des alcalins.
Le bicarbonate de soude, soit pur, soit dissous dans les diverses eaux minérales à la composition desquelles il prend part, est utilisé empiriquement depuis fort longtemps, dans les diverses formes de dyspepsie. Lors des premières recherches faites sur les sécrétions de l’estomac, on chercha à préciser les règles de son emploi ; dès le début on avait constaté que certaines dyspepsies sont caractérisées par la présence d’acide chlorhydrique en excès dans le suc gastrique, que d’autres au contraire ont pour caractère distinctif l’insuffisance de la sécrétion chlorhydrique, aussi résena-t-on l’usage du bicarbonate de soude pour le traitement de l 'hyperchlorhydrie, l’acide chlorhydrique convenant, au contraire, pour le traitement de l’hypochlorhydrie ; mais lorsque les procédés appliqués à l'étude des sécrétions de l’estomac eurent acquis plus de précision, on ne tarda pas à reconnaître que l'action du bicarbonate de soude est essentiellement différente suivant les doses auxquelles il est prescrit, suivant le moment de son administration (avant, pendant, ou après les repas) et que l’on peut en obtenir de bons effets, aussi bien dans l’hypochlorhydric <pie dans ('hyperchlorhydrie, h la condition de varier les doses et le moment de l’administration. 11 s’en faut d’ailleurs de beaucoup, nous devons le constater, pour (pie l’accord parfait soit établi entre les différents médecins qui ont étudié l’action du bicarbonate de soude sur la sécrétion; des médecins également autorisés, Jaworski, Ilayem, Bouveret, Gilbert, A.’ Mathieu, Reich-
DYSPEPSIES CHIMIQUES. lôl
mann, Linossier et Lemoine, etc., sont arrivés à des conclusions très dill'érentes.
Depuis les recherches de Blondlot et celles de Cl. Bernard, on admettait généralement que le bicarbonate de soude pris à petites doses, avant les repas, excite la sécrétion acide et que ses effets se traduisent par I augmentation de l’appétit, parla disparition des phénomènes pénibles qui accompagnent les digestions ralenties. Les doses fortes, prises pendant et après les repas, entraveraient au contraire la sécrétion du suc gastrique et neutraliseraient l’acide libre.
Les recherches de M. Gilbert confirment dans leur ensemble l'opinion des éminents physiologistes; de son côté M. llayem a constaté que chez les hyperpeptiques les doses moyennes de bicarbonate de soude, administrées une heure avant l’ingestion des aliments, déterminent une excitation stomacale plus ou moins prononcée qui se traduit par une augmentation de la chloruric (T), de la chlorhydrie (11 + C) et surtout d’il, C pouvant être au contraire diminué; les doses fortes (de 10 à 10 grammes), administrées dans le cours des digestions, amènent presque invariablement la diminution de la ehlorurie (T) et de la chlorhydrie (H + C), Il étant presque sûrement affaibli et C beaucoup plus souvent augmenté qu’abaissé; le plus souvent l'acidité totale diminue enfin et la digestion parait se faire plus rapidement.
En somme, MM. Hayem et Gilbert admettent une action excitante dos petites doses prises à jeun, une action dépressive des doses fortes prises pendant et après le repas. Suivant MM. Mathieu et Laboulais les petites doses de bicarbonate de soude prises avant le repas n’augmentent pas la sécrétion chlorhydrique, mais accélèrent l’évacuation du contenu stomacal ; l’excitation est donc plutôt motrice que sécrétoire ; avec des doses moyennes, mais variables suivant les cas (3 à 5 grammes par exemple), on obtient l’excitation sécrétoire.
Reichmann conteste, au contraire, le pouvoir attribué au bicarbonate de soude de modifier la sécrétion ; il lui refuse, en d’autres termes, une action physiologique et ne lui reconnaît que le pouvoir de neutraliser l’acide formé, c’est-à-dire l’action chimique. Suivant cet auteur le bicarbonate de soude n’a aucune influence sur la sécrétion gastrique.
« Les doses faibles, comme les doses fortes de bicarbonate de soude, prises un certain temps avant le repas, n’ont aucune influence sur la sécrétion du sur gastrique » ; ces conclusions résultent de 22 expériences faites par Reichmann sur 4 sujets ( Tlierapeutische Monatshefte, mars 1895). D’autre part, Reichmann a constaté que le bicarbonate de soude administré après le repas détermine d’une façon très marquée une diminution île l’acidité totale, ainsi que de la teneur en acide chlorhydrique libre, diminution d’autant plus grande que la dose administrée est plus élevée; mais le bicarbonate de soude n’agit pas sur la sécrétion pour produire cet effet ; son rôle consiste uniquement à neutraliser l’acide préformé.
I ne troisième opinion est celle que M. Linossier a formulée dans diverses publications et qui diffère notablement des deux autres; M. Linossier admet
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que le bicarbonate de soude exerce toujours une excitation de la sécrétion, tandis que M. Hayem admet une action dépressive et que pour M. Reichmann l’action est nulle. Suivant M. Linossicr, quand on introduit du bicarbonate de soude dans un estomac, il se passe deux choses :
1° Une alcalinisation immédiate, totale ou partielle, suivant la dose, du contenu gastrique : c’est l’action chimique du médicament. Elle se produit dans l’estomac, comme elle se produirait dans un verre à expérience ; elle ne saurait être l’objet d’aucune contestation.
2° Vis-à-vis de l’alcalinité produite, la muqueuse réagit : c’est l’action physiologique. Elle consisterait toujours en une excitation de la sécrétion.
S'il existe des contradictions au sujet de l’action immédiate du bicarbonate de soude, il n’en existe pas moins relativement à son action éloignée, c’eslà-direaux modifications plus ou moins durables qui peuvent se produire dans la sécrétion gastrique, à la suite de l’administration prolongée du bicarbonate de soude. Les uns admettent une action excitante, les autres une action dépressive, d’autres encore une action nulle; enfin elle pourrait être tantôt excitante et tantôt dépressive. Cette dernière opinion est peut-être celle qui se rapproche le plus de la vérité. Suivant M. Hayem [Soc. méd. des Hôpitaux, 15 avril 1898), l’emploi à doses élevées et suffisamment prolongées du bicarbonate de soude détermine chez certains sujets la plus forte hyperchlorhydrie qu’on puisse observer: mais, pour que les alcalins produisent de l’hyperchlorhydrie, il est nécessaire que la muqueuse stomacale renferme des glandes nombreuses et actives. De là résulte qu’un semblable effet ne peut être observé (pic chez certains malades.
Chez les sujets dont la muqueuse gastrique est dégénérée ou atrophiée, et par suite dont le suc stomacal donne un type hypopeptique, l’usage des alcalins, loin de produire un relèvement du type chimique avec tendance à I hyperchlorhydrie, amène une dépression pouvant aller jusqu’à l’apepsie. En somme les alcalins tendent toujours à exagérer le type chimique primitif. Ils agiraient plutôt par absorption que par effet topique, et, par suite, les eaux minérales qui les contiennent et qui en facilitent U absorption peuvent être plus nuisibles que le bicarbonate de soude en nature, bien que la dose de celui-ci prise par les malades soit généralement très supérieure à celle que renferment les doses cl’eau minérale prise habituellement.
Les discussions sur l’action qu’exeree le bicarbonate de soude sur la sécrétion ont fait un peu perdre de vue son action excito-motrice qui n’est pas à négliger dans la pratique.
Envisager seulement l’action locale du bicarbonate de soude sur l’estomac serait une erreur. Il faut encore tenir compte de l’action exercée par ce sel dans l’intestin, de son action sur la sécrétion biliaire, enfin de son action générale.
D’après Hcindenhain, le bicarbonate de soude et les alcalins en général facilitent la digestion pancréatique; d’où l’habitude de prescrire la pancréatine associée au bicarbonate de soude, lorsqu’on suppose que la digestion intestinale est en souffrance.
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