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II. — Traitement de la goutte articulaire chronique

Quand la goutte passe à l’état chronique, c’est-à-dire quand les accès deviennent très rapprochés, que les arthrites sont multiples et se résolvent lentement, le traitement des arthrites doit être plus énergique et plus varié que dans les cas de goutte aiguë. D’autre part, l’état général subit des modifications profondes et réclame des soins particuliers. Si chez beaucoup de goutteux la santé reste bonne dans l’intervalle des attaques, chez d’autres

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s’accuse peu à peu une déchéance de l’organisme, caractérisée par l’amaigrissement, la perte de l’appétit ou par l’apparition de manifestations viscérales diverses.

Si le goutteux a conservé une santé générale relativement satisfaisante, il faut surtout s’appliquer à modifier l’état local, soit avec des médicaments, soit par les moyens externes; si l’état général est mauvais, il faut employer la médication tonique.

Contre la goutte articulaire chronique, le colchique peut encore être employé, mais pendant un temps très court; car il a une influence déprimante et chez les goutteux chroniques toute cause de débilitation doit être évitée; cependant certains médecins ne craignent pas de le prescrire encore dans l’intervalle des attaques et lui attribuent la propriété d’éloigner les paroxysmes douloureux.

Le salicylate de soude est préférable, donné à la dose de 5 «à 4 grammes par jour, pendant quatre à cinq jours consécutifs, avec des repos de trois à quatre jours; on peut en continuer l’usage, de cette façon, dans l’intervalle des attaques. Grasset prescrit le salicylate de lithine :

Eau 500 grammes.

Salicylate de lithine 10 —

I cuillerée à bouche à chaque repas.

Mais habituellement, pendant les phases intercalaires, si la santé générale ï reste bonne, si les malades ne présentent pas les signes de la cachexie goutteuse, on soumet les malades à la médication alcaline. Pendant quinze jours par mois, ils doivent prendre, soit de l’eau de Vichy, soit du carbonate de lithine; et dans la saison d’été on les envoie faire une cure à l’une des stations thermales précédemment signalées.

II est indiqué de purger fréquemment les malades soit avec du sulfate de soude ou de magnésie, soit avec des drastiques à petites doses ; coloquinte (0,05 à 0,10), aloès, etc.

Lorsque l’état général devient mauvais dans l'intervalle des attaques, lorsque les malades présentent des troubles digestifs et d’autre part des signes d’anémie et d’asthénie, on emploie les moyens suivants ;

Contre les troubles digestifs, outre le régime, qui doit être l’objet des principales préoccupations du médecin, on prescrit la strychnine , les divers amers. Rendu conseille, dans quelques cas, l'emploi de Y acide chlorhydrique, chez les goutteux atoniques, et associe ce médicament à la strychnine :

Acide chlorhydrique I gramme.

Sulfate de strychnine 5 centigrammes.

Sirop d’écorces d’oranges amères 100 grammes.

Eau 200 —

1 cuillerée à bouche à chaque repas.

GOITTE.

On combat la constipation, ainsi qu’il « été dit ; on remédie à L anémie par les préparations de quinquina et de fer ; on peut prescrire par exemple les pilules suivantes :

Extrait de quinquina 10 grammes.

Tartrate de fer et de potasse 5 —

Glycérine X gouttes.

Poudre de quinquina q. s.

pour 100 pilules; 4 à 6 par jour; — ou bien les eaux minérales, comme Saint-Alban, Reniai que. Royal et Orezza qui contiennent à la fois du fer et des sels alcalins. Le massaqe . les frictions sèches sont nécessaires au bon fonctionnement de la peau.

Plus souvent encore que l’état général, l’état local réclame des soins particuliers ; les déformations et les raideurs articulaires, ainsi que les dépôts topbacés sont en effet des plus fréquents et constituent des infirmités pénibles, mais il faut bien savoir que chez certains goutteux toute intervention locale, même simplement un bain, peut provoquer un accès aigu. D’autre part, les bains sont contre-indiqués chez tous ceux qui ont dépassé la cinquantaine.

Les bains d'air surchauffé, les bains de chaleur radiante lumineuse calment la douleur et favorisent la résorption des exsudats.

De nombreux moyens ont été proposés pour combattre les déformations articulaires. On a préconisé les fomentations chaudes avec les liquides stimulants (Uniment ammoniacal camphré. Uniment de Rôsen, essence de térébenthine, etc.); les douches chaudes, les bains à V étuve sèche, les lutins térébenthines, etc. Le massaqe constitue l'un des meilleurs moyens de favoriser la résorption des incrustations tophacées péri-articulaires ; Y électrisation (courants continus), remédie à l’atrophie des muscles voisins de l’articulation. Les bains qénéraux électriques lithinés ont été employés avec succès contre les artbropathies ainsi que les bains hydro-électriques sinusoïdaux. Nous avons précédemment énuméré les eaux minérales qui conviennent dans les cas de goutte chronique avec déformations (Plombières, Néris, Aix-la-Chapelle, Luchon, Barèges, Aix, Bourbonne, Bourbon-Lancy, Bourbon-l’Archambault).

Pour combattre les tophi, on a proposé l’emploi de Yiodure de potassium à petites doses (50 à 50 centigrammes) ou de Yiodure de lithium (Bouchard), qui est particulièrement recommandé. D’après Lécorché, le salicylate de soude peut amener la résorption des tophi.

Est-on autorisé à tenter Y extirpation des tophi, dans certains cas? La plupart des médecins les laissent s’ulcérer spontanément; tout ce que l’on peut dire, c’est que, pratiqué antiseptiquement, le curettage de la cavité incrustée d urâtes ne comporte pas de dangers.

L’ électrolyse a été préconisée pour obtenir la résolution des tophi; elle n’a été employée qu’exceptionnellement (Edison).

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