I.jôô
Le traitement mercuriel (injection de sels solubles : biiodure ou benzoate) pourra être tenté dans les cas où l’on suspectera l’inlluence de l’hérédosy phi lis .
Le traitement thyroïdien a été prescrit dans quelques cas de rhumatisme chronique lié à l’artério-sclérose par Lancereaux et Paulesco.
Le traitement externe est surtout efficace dans la forme de rhumatisme chronique qui succède au rhumatisme articulaire aigu et qui procède par poussées successives.
« Le massage, les frictions sèches sur les régions épargnées par le travail morbide seront utiles pour entretenir l’activité fonctionnelle du tégument externe, la nutrition des muscles, et en même temps pour suppléer autant que possible à l’exercice actif dont les malades sont privés » (Guéneau de Mussy). Le massage est particulièrement efficace quand il est combiné à un traitement thermal, comme celui d’Aix-les-Bains, par exemple, où les malades sont massés sous la douche.
Les courants continus ont été proposés ainsi que Y électrisation statique ; celle-ci, d’après les recherches de Vigouroux, exerce sur les fonctions d'innervation et de nutrition une influence à la fois stimulante et régulatrice (V. Lecoconnier, Thèse de Paris, 1902). Le I)r Massy ( Archives d'électricité médicale, n° 4, 1895) préconise un traitement général par le courant continu alternatif (méthode hydro-électrique ou méthode par auto-conduction de d’Arsonval) et un traitement local; celui-ci doit varier suivant les formes du rhumatisme chronique et suivant les symptômes (douleurs, atrophie musculaire, contractures) que l'on veut combattre.
Les applications locales de teinture d'iode peuvent exercer une révulsion utile; on a proposé d’autre part l’emploi des liniments contenant de l’acide salicylique ou du salicylate de soude: Staple fait appliquer sur les articulations malades un Uniment composé à parties égales d 'huile d'olive et d'essence de Wintergreen; on recouvre le membre d’une épaisse couche d’ouate après ces onctions (l’essence de Wintergreen contient 90 pour 100 environ de salicylate de méthyle). On peut encore employer la pommade suivante :
Acide salicylique )
Lanoline > ;ïïi 10 grammes.
Essence de térébenthine )
que Bourget (de Lausanne) a recommandée dans les cas de rhumatisme articulaire aigu (1895).
L’acide salicylique étant généralement irritant pour la peau, on lui substitue généralement aujourd’hui le salicylate de méthyle dont MM. Linossier et Lannois ont démontré l’absorption par la peau. MM. Lemoine, Siredey ont vulgarisé ce mode de traitement qui rend de réels services. Le salicylate de méthyle est préférable à l’essence de Wintergreen, dont il a été question plus haut et qui est sensiblement plus irritante et d’une odeur plus désagréable. On peut l’employer pur ou incorporé à une pommade (à base de lanoline), mais le premier mode d’emploi est préférable : M. Linossier a démontré en effet
MALADIES I)E LA NUTRITION
qu’après application directe sur la peau de 2 gr. 50 de salicylate de méthyle pur on trouve dans les urines 50 centigrammes d’acide salicylique, tandis qu’on trouve seulement 15 à 20 centigrammes de cet acide, quand le médicament est incorporé à de la vaseline, de la lanoline ou de Paxonge ; si la région n’est pas enveloppée après application de la pommade, la quantité d’acide salicylique trouvée dans l’urine tombe à 1 centigramme. Il est donc nécessaire d’employer les badigeonnages et d’envelopper hermétiquement la région badigeonnée. M. Lemoine emploie de fortes doses de salicylate de méthyle (10 à 12 grammes); il fait verser le médicament sur un carré de tarlatane et le fait recouvrir par une toile imperméable, après application sur la région malade; on emploie aujourd’hui des doses moins élevées ne dépassant guère 60 à 80 gouttes (3 grammes environ); on fait tomber goutte à goutte le médicament sur les téguments de l’articulation- malade en ayant soin de l’entourer immédiatement d’une feuille de gutta-percha. Une bande de flanelle maintient le pansement, qui peut être renouvelé deux fois en vingt-quatre heures, lorsque les douleurs sont très vives. Le grand avantage du traitement est l’absence presque totale d’accidents généraux dus à l’acide salicylique, bien que le salicylate de méthyle contienne 90,75 pour 100 de cet acide.
D’après Teissier et Roques, la pommade au dermatol (5 grammes de derinatol pour 25 grammes de vaseline) serait utile contre les douleurs.
Les bains d'air surchauffe à 120-170° suivant la méthode de Tallermann procurent aux malades un grand soulagement. On peut aussi employer le bain de chaleur radiante lumineuse avec l'appareil Dowsing, où la température peut être portée sans danger jusqu’à 200° en application locale.
Les bains sulfureux sont indiqués à titre d’excitants des fonctions cutanées, mais ils peuvent exaspérer les douleurs. Guéneau de Mussy ne dépassait pas la dose de 40 grammes de polysulfure de sodium par bain ; on emploie habituellement 100 .grammes de D isulfure de potassium.
Les bains de vapeur térébenthines sont utilisés depuis fort longtemps. Guéneau de Mussy était très partisan des bains arsenicaux qu’il employait dans les cas franchement chroniques, avec phénomènes réactionnels nuis ou peu accentués. II prescrivait des bains dans lesquels on faisait dissoudre le mélange suivant :
Sous-carbonate de soude 1 00 à 150 grammes.
Arséniate de soude là <S —
Chez les malades à système nerveux impressionnable, il employait l’arséniate de soude seul etajoutait quelquefois 250 grammes de gélatine. Les bains étaient pris tièdes (36°), tous les deux jours; il laissait reposer le malade après une série de 5 ou 4 bains. Il exigeait que les malades gardassent le lit pendant une heure ou deux après chaque bain.
Si ces bains provoquaient une exacerbation des douleurs, il prescrivait des applications topiques calmantes. Lasègue ne croyait pas à l’action des substances ajoutées à l’eau du bain (sulfure, alcalins, arsenic); il rejetait les bains composés, pensant que l’action favorable de la balnéation est unique*
RHUMATISME CHRONIQUE ; OSTÉOPATHIES.
ment due à la température. Il prescrivait tous les deux jours des bains simples à 40-45°. 11 va sans dire que la température d’entrée doil ctre inférieure à la température de sortie: que les malades se remettront au lit immédiatement après le bain, pour favoriser la sudation; aussi ces bains ne peuvent être pris qu’à domicile.
Les bains de sable chaud, déjà recommandés par Trousseau, plus récemment par Grawitz et employés d’ailleurs depuis longtemps à Lavey (Suisse) par le Dr Suchard, donnent de très bons résultats dans le rhumatisme noueux; les malades supportent aisément une température de 50°. Les bains de sable partiels sont plus efficaces que les bains généraux qui débilitent souvent en raison de la sudation exagérée qu’ils provoquent.
Le traitement thermal consiste en l’emploi des eaux à température élevée, faiblement minéralisées comme celles de Nëris, Luxeuil, Bourbonne-les- Bains, Bourbon-V Archambault, Plombières , Ragatz-, ces eaux conviennent particulièrement aux malades atteints de rhumatisme noueux. Les eaux sulfureuses à' Aix-les-Bains sont très excitantes et pe conviennent qu’aux formes franchement torpides; il en est de même, mais à un degré moindre, des eaux sulfurées sodiques des Pyrénées : Amélie-les- Bains, Bagnères-de-Luchon, Saint-Sauveur, Barèges, etc.; ces eaux sont surtout indiquées dans le rhumatisme lié à l’arthritisme; à la même variété d’arthropathie s’appliquent les eaux de Royat et à'Ems. Le traitement par les boues de Dax, Barbotan, Balaruc ou de Saint-Amand peut donner de très bons résultats dans le rhumatisme noueux. A Dax, les rhumatisants peuvent utiliser soit les bains et les douches ou les bains pris dans des étuves naturelles chauffées par les vapeurs des eaux qui sont hyperthermales (64° environ), soit les bains de houes végétominérales qui sont la véritable caractéristique de la station de Dax.
Ces houes sont utilisées sous forme de bains entiers, de demi-bains et d’applications locales (dans les cas de localisation du rhumatisme aux mains, aux pieds, aux genoux, et toutes les fois (pie l'état général du sujet, l’existence d’une cardiopathie rendent I immersion de tout le corps dans la boue inutile ou dangereuse). Pour ces applications, on emploie de la houe à une température variant entre 57° et 45° centigrades.
Le traitement climatérique n’est pas sans importance; les malades aisés devront être envoyés pendant l'hiver dans les localités de la zone méditerranéenne, en été dans les stations de montagne d’altitude modérée et éloignées des glaciers.
B. — Rhumatisme musculaire ; myalgies.
L épithète de rhumatismale, longtemps accolée à toutes les myalgies, était de pure convention ; on sait aujourd’hui que les myalgies peuvent reconnaître des causes très diverses, qu’elles sont souvent la conséquence d’un état infectieux ou d’une intoxication. On réserve donc le nom de rhumatismales uniquement à celles (pii ne relèvent pas de ces causes; encore est-il probable que l'on qualifie à tort de rhumatismales certaines myalgies dont la véritable nature nous est inconnue. En somme, c’est par exclusion que l’on doit porter le diagnostic
MALADIES DE LA NUTRITION
do rhumatisme musculaire, lorsque l'on s’est assuré que la myalgie n’est pas due à une intoxication (saturnisme), à une maladie infectieuse (blennorragie, fièvre puerpérale, syphilis), à une auto-intoxication (surmenage), à un état diathésique (goutte), à une affection du système nerveux, à un traumatisme.
Il importe d’autre part d’éviter les erreurs de diagnostic, c’est-à-dire de prendre pour un lumbago, pour un état douloureux des muscles de la région lombaire une néphrite aiguë, une méninge-myélite au début, des coliques néphrétiques (calculeuses ou non), une affection utéro-ovarienne d’ordre congestif, etc.
Rien de plus variable que les formes cliniques du rhumatisme musculaire. Tantôt et le plus souvent il est apyrétique, localisé, mono-musculaire ou du moins n’occupant qu’une région musculaire (sterno-cléido-mastoïdien, muscles du thorax ou de la masse lombaire, etc.); tantôt il est accompagné de fièvre, plus ou moins généralisée, et mobile comme les manifestations articulaires du rhumatisme aigu.
Le traitement interne de la forme aiguë ne diffère pas beaucoup de celui du rhumatisme articulaire aigu ; le salicylale de soude , le sulfate de quinine et Y antipyrine donnent de bons résultats; toutefois, en ce qui concerne notamment le salicylate de soude, les effets sont moins nets que dans le rhumatisme articulaire aigu.
Dans le rhumatisme musculaire subaigu ou chronique, apyrétique, localisé, l’action du salicylate est à peu près nulle, et c’est à Y antipyrine, à Y aspirine, au salol, qu’il faut avoir recours de préférence.
D’après A. Robin etLondc, le torticolis et le lumbago aigus résulteraient le plus souvent d’un rhumatisme articulaire ou périarticulaire; en examinant les malades atteints de ces affections, ils ont pu constater que c’est au niveau des articulations vertébrales que l’on perçoit le maximum de douleur (points intervertébraux et interépineux) et que les attitudes vicieuses sont dues dans ces cas à une contracture musculaire, non pas primitive mais secondaire, immobilisant les articulations douloureuses. Le meilleur traitement consisterait, d’après ces auteurs, dans l’administration du jaborandi. lorsqu’il n’existe pas de contre-indications à son emploi, relevant de l’existence de lésions cardiaques ou pulmonaires. Le malade doit prendre le matin, à jeun et en une seule fois, une infusion préparée avec 4 grammes de feuilles de jaborandi que l’on aura fait macérer d’abord pendant 8 à 12 heures dans 10 grammes d’alcool, et infuser ensuite dans 150 grammes d’eau bouillante; le malade devra garder le lit; une seule dose suffit souvent pour obtenir la guérison; parfois on est obligé de la renouveler au bout de 24 heures.
Chez les enfants de 10 à 15 ans, on réduit la dose à 1 gr. 50.
Les injections sous-cutanées de glycérophosphate de soude (20 centigrammes, deux fois par jour) donneraient aussi d’excellents résultats, quand le jaborandi ne peut être employé.
Les injections intra-araclmoïd iennes de cocaïne, à petites doses (0.005 à 0 gr. 01) ont été utilisées dans certains cas de lumbago (P. Marie et G. Guil-
RHUMATISME CHRONIQUE; OSTEOPATHIES.
lain, Société médicale des hôpitaux , 19 avril 1901) et ont donné des résultats surprenants, les malades pouvant, immédiatement après l'injection, se lever, s’habiller sans aucune gène et marcher.
Les injections épidurales donnent avec moins de risques, des résultats non moins satisfaisants.
En cas de syphilis il sera tout indiqué de prescrire le traitement mixte.
Le traitement local est plus efficace que le traitement interne; on a utilisé toutes les applications révulsives ou calmantes.
Le massage, employé dès le début, est incontestablement le moyen le plus simple et le plus efficace avec les ventouses sèches ou scarifiées.
Les frictions excitantes faites avec le Uniment ammoniacal camphré, le baume de Fioraventi, les mélanges térébenthines sont d’usage banal.
M. Bouchard emploie comme révulsif un mélange d'une partie de chloroforme pour trois parties de baume de Fioraventi ; on imbibe de ce baume une compresse préalablement trempée dans l’eau chaude, puis exprimée, et on l’applique sur la région douloureuse. On ne doit pas laisser en place cette compresse plus de dix minutes, car elle détermine une révulsion assez intense.
En applications calmantes, on utilise des liniments à base de laudanum, de chloroforme, de menthol , etc. :
a) Baume de Fioraventi . .
Alcool camphré
Laudanum de Rousseau .
Essence de térébenthine Chloroforme
(Sous Coiien.)
| ;îâ 100 grammes.
(Gapitan.)
On peut encore utiliser les applications locales de salicylate de méthyle précédemment mentionnées.
Les applications très chaudes, sous forme de flanelle chaude, de sacs de sable chauffés au four, de briques chauffées, de sacs à eau chaude, de cataplasmes sinapisés, ou tout simplement décompresses trempées dans l’eau très chaude et recouvertes de taffetas gommé, peuvent suffire à faire disparaître la douleur du lumbago.
A ces moyens d'application de la chaleur, il est préférable de substituer l einploi plus efficace du bain local d'air surchauffé (appareil de Tallerman) et du bain de chaleur radiante lumineuse (appareil de Dowsing).
La réfrigération par les pulvérisations de chlorure de méthyle est un bon moyen.
b) Menthol
Camphre
Hydrate de chloral . .
c) Alcoolat de mélisse .
de Fioraventi Menthol
20 grammes.
G. -R. LYON. — 5e ÉDITION.
MALADIES DE LA NUTRITION
La faradisation cutanée donne des résultats inconstants; elle est d’ailleurs parfois assez douloureuse.
Les injections d'eau distillée ne font cesser la douleur persistante du rhumatisme musculaire, qu’en lui substituant une douleur, momentanée, il est vrai, mais fort vive. Elles ne sont pas d’ailleurs dépourvues de tout inconvénient; Potain a vu survenir une syncope à la suite d’une injection souscutanée d’eau distillée, faite chez un malade atteint d’un rhumatisme musculaire très douloureux de l’épaule.
Par contre les injections de sérum artificiel à petites doses (5 à 10 centimètres cubes) sont indolores et calment fréquemment les souffrances.
Les injections d' antipyrine sont également douloureuses et peuvent déterminer des accidents que l’on peut d’ailleurs éviter en ayant bien soin de faire la piqûre profondément.
Les injections de morphine seront réservées pour les cas où la douleur est intolérable.
Une fois les douleurs apaisées, il est bon de prescrire au malade, pour faire disparaître l'endolorissement, la raideur dans les mouvements qui persistent souvent, l’usage des bains d'étuve sèche ou des bains de vapeur simples ou térébenthinés.
Les douches chaudes sont également fort utiles, surtout lorsqu’elles sont suivies de massage. Le séjour aux eaux thermales, telles que Bourbon-Lancy, Plombières, Ludion, Aix-les-Bains, etc., complète avantageusement le traitement.
G. — Ostéopathies diverses.
Nous ne citerions p is dans cet ouvrage l'ostéopathie hypertrophiante pneumique (maladie de Marie), non plus que les autres ostéopathies que l’on a décrites dans ces dernières années : acromégalie, maladie osseuse de Paget, etc., si l’on n’avait récemment proposé pour trois d’entre elles, la maladie de Marie, l’acromégalie et l’ostéomalacie, des traitements nouveaux qu’il convient de signaler.
On sait (pie l'ostéopathie hypertrophiante pneumique est caractérisée par des troubles trophiques du système osseux des extrémités digitales, parfois des côtes, de la clavicule, etc., consécutifs à des affections chroniques pleuropulmonaires, avec processus suppuratif; que dans certains cas exceptionnels elle peut être due à d’autres causes très différentes des premières, telles que la syphilis (Heinrich, Schmidt, Smirnoff), la pyélo-néphrite chronique. Marie met les déformations sur le compte des toxines provenant du foyer suppuratif, lesquelles viendraient provoquer un travail lent d’irritation.
Chez un homme qui, à la suite d’une pleurésie purulente, avait été atteint d’ostéopathie hypertrophiante, MM. Démons et Binaud [Archives générales de médecine, août 1894) ont pu déterminer un arrêt dans l’évolution des lésions osseuses en pratiquant des injections de liquide pneumique. Ce liquide fut préparé par le professeur Ferré, de Bordeaux, qui indique la technique suivante : « Prendre 20 grammes de poumon de mouton que l’on coupe en tout
RHUMATISME CHRONIQUE; OSTÉOPATHIES.
petits morceaux avëc de lins ciseaux; laisser macérer pendant une demi-heure ' dans 60 grammes de glycérine; ajouter 120 grammes d’eau bouillie napHtolisée à saturation et laisser macérer le tout pendant une demi-heure. Filtrer et introduire dans l’appareil de d’Arsonval. Filtrer de nouveau à la pression de 60 atmosphères après avoir laissé la solution en contact avec CO* pendant vingt-quatre minutes ». 29 injections lurent faites chez le malade; le trajet fistuleux pleural, qui existait depuis onze mois, s’oblitéra définitivement après la vingt-neuvième injection; l’affection ostéo-arlhropathique sembla s’arrêter dans son évolution. L’état général s’était sensiblement amélioré; certains mouvements, qui étaient presque abolis, revinrent; enfin la pression dynamométrique qui, avant le début du traitement, était tombée à 19 kil. 5 se releva sensiblement.
M. Arnozan a traité de la même façon des cas analogues.
Pour enrayer les progrès de la maladie, il faut avant tout s'adresser à sa cause, c’est-à-dire combattre la maladie pulmonaire par les moyens appropriés. Si l’on soupçonne la syphilis, on n’hésitera pas à prescrire le traitement spécifique qui a donné un succès (Schmidt).
Le traitement thyroïdien a été récemment préconisé contre 1 acromégalie. M. Marinesco a traité trois acromégaliques par les tablettes de corps thyroïde et a constaté chez eux des modifications consistant en la diminution de la céphalalgie et des douleurs névralgiques des membres, dans l'augmentation de la diurèse; les extrémités n’ont pas subi de diminution de leur volume. Récemment M. de Cyon a relaté un cas d’amélioration par l’emploi de 1 hypophysine (extrait de la glande pituitaire).
L ostéomalacie s’observe presque exclusivement au cours ou à la suite de la grossesse, pendant l’allaitement; bien que sa pathogénie soit encore des plus obscures, il parait prouvé que la misère et les mauvaises conditions hygiéniques sont les causes prédisposantes de cetle affection. M. Bouchard et d'autres médecins à sa suite ont voulu voir dans l'ostéomalacie la conséquence de troubles généraux de la nutrition, et notamment de la présence d’acide lactique en excès dans les os. D’autre part, Fehling a émis I hypothèse que l’ostéomalacie est provoquée par une hyperactivité pathologique des ovaires amenant toute une série de troubles réflexes et finalement la résorption du tissu osseux. Fondée ou non, cette hypothèse l a conduit à employer la castration chez les femmes atteintes d’ostéomalacie, pratique qui a été suivie de succès incontestables.
Le traitement hygiénique doit jouer un grand rôle ; une alimentation saine et substantielle, particulièrement riche en phosphates (œufs, lait, céréales), les bains salés, Y aération, le séjour dans un milieu chaud et sec sont des adjuvants indispensables du traitement médical; celui-ci varie quelque peu suivant la conception que l'on se fait de la maladie.
Partisan de la doctrine de l’acidité des humeurs, M. Bouchard préconise l’emploi des alcalins en même temps que des phosphates; il préfère les phosphates alcalins aux phosphates terreux. Les phosphates seraient, d’après Sternberg, un véritable spécifique de l’ostéomalacie; cet auteur prescrit
MALADIES DE LA NUTRITION
te phosphore associé à 1 huile de foie de morue dans la proportion de :
Phosphore 15 centigrammes.
Huile de foie de morue 100 grammes.
et donne des doses progressives de façon à arriver graduellement à l’administration journalière de 5 milligrammes de phosphore.
La castration préconisée par Fehling 1/1887) a donné de nombreux succès, et, en 1895, Winckel en publiait 41 cas. L’année suivante, Orthmann (de Berlin) a réuni 15 nouveaux cas dont 12 suivis d’un succès complet.
Avant de proposer la castration il faudra mettre en œuvre les moyens hygiéniques et médicamenteux signalés plus haut; ce n'est qu’en cas d’insuccès ou d’ostéomalacie invétérée que l’on en viendra à la castration.