RACHITISME
n’ont pas obtenu, à beaucoup près, des résultats aussi favorables que ceux qui avaient été annoncés; ils ont d’ailleurs constaté que l’usage du phosphore pouvait présenter des inconvénients. M. Comby a fait connaître les résultats de sa pratique ; il a traité comparativement 40 rachitiques par le phosphore ( I à 5 cuillerées à café, suivant l’âge, d’huile de foie de morue phospliorée, contenant 10 centigrammes de phosphore par litre), et 40 autres rachitiques par les moyens usuels (bains salés, phosphates, huile de foie de morue simple,
Ietc.) ; chez ces derniers, l’amélioration fut plus rapide; M. Comby a d ailleurs constaté que le phosphore ne déterminait pas d’accidents sérieux. Il est donc difficile, jusqu’à plus ample informé, d’avoir une opinion exacte sur la valeur du traitement de Kassowitz.
L huile de foie de morue, employée depuis Bretonneau dans le traitement du rachitisme, rend les plus grands services; elle n’agit pas certainement par ses phosphates, qui sont en trop faible quantité, mais peut-être facilile-t-elle l’assimilation de ceux qui sont absorbés (Rabuteau). Il faut toujours coin mencer par de petites quantités (une cuillerée à café) et augmenter progressivement les doses jusqu’à l’administration quotidienne de plusieurs cuillerées à soupe ; si l’huile n’est pas tolérée, on peut lui substituer le sirop iodo-tannique, le sirop de raifort iodé. Le fer, sous forme de sirop d’iodure de fer, peut être prescrit avec avantage.
La lécithine est un bon moyen d’introduire dans l’économie du phosphore à l’état organique; on peut la prescrire sous forme de granulé ou mieux encore incorporée à l’huile de foie de morue :
Huile de foie de morue Lécithine
Une cuillerée à soupe contient 0 gr. Oo de lécithine.
Tels sont les différents agents modificateurs de la nutrition qu’on peut utiliser chez les rachitiques, le plus eflicace étant incontestablement l’huile de foie de morue.
11 faut y joindre un traitement local dirigé contre les atrophies musculaires (électrisation, massage) et contre les déviations (réduction du genu valgum sous le chloroforme chez les enfants très jeunes, plus tard l'ostéoclasie ou l’ostéotomie).
Quant au traitement hygiénique, il joue un rôle au moins aussi considérable que le traitement médicamenteux. Les petits rachitiques se trouvent à merveille du séjour au bord de la mer, sur les plages de sable, des bains salés (2 à 5 kilogrammes de sel marin par bain), du séjour à Salies-de-Béarn, à Salins-du-Jura, à Bex (Vaud), etc., mais il n’y a d’avantage à faire bénéficier du séjour au bord de la mer que les enfants dont le rachitisme est en voie d’évolution et dont les déformations ne sont pas irrémédiables.
D’autre part, pour être efficace, le traitement doit être prolongé au moins pendant un an et demi à deux ans.
Au sortir du bain, on doit leur faire des frictions stimulantes avec de la
1 000 grammes.
4 gr. 1 1)
MALADIES DE LA NUTRITION
flanelle imbibée d’eau de Cologne, d’alcool de lavande ou d’eau vinaigrée, caria stimulation de la peau est le meilleur moyen d’exciter le système neurotrophique.
Les bains de sable chaud , tels qu’on les administre à Lavey, peuvent être très utiles aux jeunes rachitiques.
Les enfants rachitiques ne doivent pas marcher, tant que leurs jambes encore flexibles s’incurvent sous leur poids ; on ne doit pas non plus les porter sur les bras. On les maintiendra au repos, étendus sur des matelas un peu durs; et quand on les sortira, on les couchera dans une petite voiture. Ceux qui sont atteints de cranio-tabes reposeront leurs tètes sur un coussin percé d’un trou à son centre, pour éviter la pression sur l’occipital ou le pariétal.
MALADIES DE CROISSANCE
La grande activité de la croissance atteint son maximum entre douze et quinze ans; bien que l’on ait beaucoup exagéré son rôle pathogénique, il est incontestable d’une part que l'accroissement rapide et excessif du corps prédispose aux maladies infectieuses, notamment à la tuberculose, l’ostéomyélite, et d’autre part qu’il peut engendrer certains troubles du système nerveux, du système circulatoire et du système osseux.
Du côté des os, on peut observer de simples douleurs, sans modifications de forme ni de volume; ces douleurs occupent surtout les membres inférieurs et ont pour siège les épiphyses et la région du cartilage conjugal.
D’autres fois il existe de la lièvre en même temps que les douleurs (il s’agit dans ces cas d’une ostéite juxta-épiphysaire très atténuée, dite encore fièvre de croissance).
Signalons encore les exostoses ostéogéniques qui se trouvent surtout aux extrémités des os longs ; la tarsalgie et, d'une façon générale, les arthralgies douloureuses rentrent dans le cadre des maladies de croissance.
La production de la scoliose est favorisée par la croissance chez les adolescents soumis à une vie sédentaire, au surmenage scolaire.
Du côté de l’appareil circulatoire, on peut observer des palpitations accompagnées souvent de dyspnée cardiaque ; quant à l’hypertrophie cardiaque, décrite par le professeur G. Sée (1885), son existence n’est pas admise par tous les médecins.
M. Blache, qui lui a consacré une étude (Revue des maladies de l'enfance, p. 529, 1891), en distingue trois types principaux : un type tachycardique avec palpitations répétées, douloureuses, apparaissant au moindre effort ; un type dyspnéique, simulant l’asthme; enfin un troisième type uniquement caractérisé par l’existence de céphalées persistant pendant de longs mois.
Des travaux récents tendent à mettre en doute l’existence de l’hypertrophie cardiaque de croissance ; suivant MM. Iluchard, Potain et Vaquez, lorsque l’hypertrophie s’observe «à l’époque de la croissance, elle tient à d’autres causes que la croissance : ce sont le plus souvent les affections de l’estomac ou de l’intestin provoquées par une alimentation défectueuse, par l'insuffisance du temps consacré aux repas, le défaut d'exercice, la masturbation, etc.; ou bien il s’agit de ces troubles cardiaques prémonitoires delà tuberculose, que l’on observe si fréquemment chez les jeunes gens; l’hypertrophie cardiaque peut encore être provoquée par une déformation du thorax
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(Huchard), ou bien dépendre de troubles utéro-ovariens. Les nombreuses mensurations faites par Polainet Vaquez établissent nettement qu’en dehors des étals pathologiques, des exercices violents, le cœur rie présente pas de développement anormal au moment de la croissance; son augmentation de volume est en rapport avec l'accroissement des autres organes.
M. Comby admet une anémie de croissance, à laquelle pourraient se rattacher le purpura, les épistaxis, la dyspepsie, etc. La chlorose vraie ne saurait être décrite parmi les maladies de croissance, mais son évolution est parfois liée indirectement au travail de croissance.
Les manifestations nerveuses résultant de la croissance ou, pour mieux dire, se produisant à l’époque delà croissance, sont fréquentes et multiples; elles apparaissent chez les enfants de souche nerveuse. Au premier rang il faut placer la céphalalgie qui se produit sous l’influence du travail intellectuel, d’un effort cérébral; elle devient telle que les études se trouvent interrompues. Sa durée est toujours longue, n’est jamais moindre que six mois et peut atteindre souvent quinze mois à deux ans. L'interprétation de cette céphalée est des plus délicates, en raison de l’association fréquente du mal de tète avec d'autres manifestations morbides, telles que les troubles digestifs, dont elle peut dépendre. G. Sée, M. Blache rattachent la céphalée à l’hypertrophie cardiaque admise par eux (?) ; d’autres l’attribuent uniquement au surmenage scolaire, quelques-uns à l’asthénophie accommodatrice (Maurice Perrin). 11 est probable qu’elle peut ctre due, suivant les cas, à des causes différentes. L’influence du travail intellectuel exagéré, jointe à la sédentarité, est incontestable et paraît être la plus fréquente des causes, surtout quand s’associent des troubles digestifs dus à l’alimentation surabondante et trop riche en matériaux azotés.
Outre la céphalalgie, on peut observer des névralgies intercostales, une courbature générale avec lassitude, besoin de repos et de sommeil. Enfin l’hystérie et la chorée apparaissent souvent au moment de la croissance.
Le traitement des différentes manifestations morbides qui viennent d’être rapidement énumérées consiste surtout en l’hygiène prophylactique, il faut, au moment de la croissance, s’appliquer à maintenir chez les enfants un juste équilibre entre les exercices physiques et le travail intellectuel; leur assurer la vie au grand air et en pleine lumière, des locaux scolaires spacieux et bien ventilés , des exercices musculaires, à la condition qu’ils soient judicieusement réglés .
L’ hydrothérapie est fort utile, par la stimulation nerveuse qu’elle détermine et l’influence générale qu’exerce cette stimulation sur les échanges nutritifs. Il en est de même des frictions sèches ou des frictions faites avec Y alcool camphré, Veau de Cologne, etc. Les bains salés, les bains de mer sont presque toujours indiqués, sauf chez les névropathes.
L’ alimentation doit être l’objet de soins particuliers. Souvent les malaises mis sur le compte d’une croissance trop rapide ne reconnaissent d’autre cause que la dyspepsie provoquée par une alimentation surabondante et mal dirigée. Beaucoup de parents ont la déplorable habitude de faire une part prépondérante, dans l’alimentation de leurs enfants, à la viande et aux autres aliments azotés; ils croient que l’alimentation azotée est particulièrement indiquée, quand l’organisme doit faire les frais d’un développement rapide; en réalité,
MALADIES DE LA NUTRITION
elle engendre la dyspepsie et par contre-coup les autres troubles morbides attribués à la croissance.
Quand, au moment de la croissance, un adolescent est atteint d’une maladie aiguë fébrile, il est indiqué de lui fournir des matériaux nutritifs, propres à diminuer les phénomènes de désassimilation, tout en étant appropriés à l’état de ses fonctions digestives.
lia ns ce but, Springer a proposé l’emploi des décoctions de céréales', il recommande de faire cette décoction en ajoutant à trois litres d’eau deux cuillerées à bouche de chacune de ces substances : blé, orge, avoine, seigle, maïs, son; on doit faire bouillir pendant trois heures, laisser refroidir, puis passer à travers un tamis fin. On obtient ainsi un litre environ d’une décoction que l'on fait absorber en totalité dans les vingt-quatre heures, pure ou coupée par moitié avec du lait. On peut l’aromatiser avec du sucre, du cognac, du kirsch, de la fleur d’oranger, de la menthe, du citron. Cette décoction renferme de 15 à 20 grammes par litre de matière en dissolution où prédominent la chaux, l’acide phosphorique, la potasse.
D’ailleurs les céréales contiennent de la lécithine qui exerce une action des plus favorables sur la croissance en excitant les échanges nutritifs. La teneur des graines sèches en lécithine est la suivante : froment, 0,52 pour 100 ; seigle, 0,57 ; avoine, 0,74 (Schulze et Steiger). L’adoption de la décoction prolongée est justifiée par ce fait qu’elle met en liberté et solubilise les substances azotées contenues en majeure partie dans l’écorce des graines; les lécit bines, sous l'influence de l’eau bouillante, se scindent en composés plus simples renfermant de l’acide phosphorique.
On peut également employer la lécithine d’origine animale, Y ovo-lécithine qui détermine l’augmentation du poids, de la taille (Carrière).
Les médicaments toniques, que l’on a une très grande tendance à faire prendre aux enfants à l’époque de la croissance et sans l’avis du médecin, sont plus nuisibles qu’utiles, car ils provoquent ou entretiennent les troubles digestifs. Sans doute le fer peut rendre des services quand il existe une anémie accentuée, mais son emploi a besoin d’étre surveillé et l’on doit en supprimer l’usage s’il est mal toléré.
Lorsque les différentes règles hygiéniques qui viennent d’étre énoncées ont été observées, on n’obsene pas de troubles morbides au moment de la croissance. Si, au contraire, l’adolescent est soumis au surmenage physique ou intellectuel, à une alimentation vicieuse, etc., on peut voir survenir chez lui les diverses manifestations morbides que nous avons énumérées.
Existe-t-il des troubles cardiaques? On se rappellera que la croissance proprement dite ne doit pas être incriminée et qu’il faut en chercher la cause, soit dans l’abus des exercices physiques, soit dans les troubles digestifs, soit dans l’anémie produite par le séjour à l’air confiné, la masturbation, etc.
Le traitement de ces troubles sera donc essentiellement variable, suivant la cause que l’on trouvera dans chaque cas en particulier. On soumettra les malades au renos, on les enverra à la campagne, on s’appliquera à traiter la dyspepsie.
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S’il existe un état anémique accentué, les préparations ferrugineuses seront utiles, si toutefois l’état de l’estomac en permet l’emploi. On se méfiera des troubles cardiaques qui ne céderont pas au repos, à une hygiène appropriée et l’on devra toujours craindre l’éclosion plus ou moins prochaine d’une tuberculose restée latente jusque-là. Chez les sujets issus de parents nerveux, les palpitations rebelles, la céphalée peuvent être les indices précurseurs de l'hystérie, surtout s’il s’y joint des modifications du caractère. On s’efforcera, par l’observation des règles hygiéniques précédemment énumérées, par l’emploi judicieux de l’hydrothérapie, de prévenir, d’enrayer le développement de la névrose.
Les considérations que nous avons émises, à propos de l’hypertrophie dite de croissance, sont applicables également à la céphalée, c'est-à-dire qu’il faut se garder de considérer comme une céphalée due directement à la croissance toute céphalalgie observée chez un adolescent. C’est donc après avoir éliminé, par un examen méthodique, les causes habituelles de céphalalgie des adolescents (vices de réfraction, affections nasales ou pharyngées, chlorose, dyspepsie, constipation, albuminurie intermittente, hystérie, neurasthénie, etc.), que l’on sera autorisé à incriminer la croissance.
Dans le cas de douleurs osseuses accompagnées de fièvre, h* repos au lit est la première et principale indication.
Le repos intellectuel, le séjour au grand air, l’hydrothérapie, une alimentation judicieusement réglée conviennent d’autant mieux aux jeunes gens pendant la période de la croissance (pie chez presque tous, on peut incriminer l’influence nocive du travail intellectuel forcé, de la vie sédentaire, de l'alimentation mal dirigée, etc.
Si l’on veut faire une prescription, il faut s’en tenir aux modificateurs de la nutrition comme les préparations phosphatées (notamment les glycérophosphates), ou bien avoir recours aux agents qui stimulent le système nerveux comme la strychnine. Legendre conseille de faire prendre la solution suivante :
Sulfate de strychnine I à 4 centigrammes.
Phosphate de soude 5 à 10 grammes.
Eau 100 —
2 à 5 cuillerées à café par jour.
Une question qui était intéressante au point de vue de la pathologie générale, mais qui ne paraissait pas devoir l’être au point de vue thérapeutique, est celle des arrêts de croissance. Des travaux récents ont démontré que la thérapeutique peut exercer une action pour ainsi dire spécifique sur certains arrêts de croissance :
[hissons d’abord en revue les différents types d’enfants retardataires; à vrai dire, il est difficile d’indiquer avec précision un certain nombre de types nettement distincts les uns des autres, car les différentes anomalies dans le développement physique et psychique peuvent se combiner de façon très diverse. Ces réserves faites, on peut distinguer les types suivants :
MALADIES DE LA .NLJTKITION
a) Le ty |jc d'enfant retardataire avec myxœdème : taille au-dessous de la moyenne; tète grosse, thorax peu développé et membres courts relativement au tronc, abdomen proéminent. Absence de développement génital. Infiltration mucoïde de la peau, icbtyose, cyanose, altération des poils et des jambes, lenteur des mouvements. Développement intellectuel nul.
Ceci s’applique uniquement au myxœdcme congénital ; quand le my.xœdème est acquis l’arrêt de la croissance est variable suivant l’àge
b) Type complet de retardataire sans myxœdcme.
Le développement physique et intellectuel au moment de l’adolescence est celui d’un enfant plus jeune de quelques années; en ce qui concerne l’intelligence, celle-ci peut être assez développée, mais le sujet est incapable d’attention, d’un travail suivi, se livre à des jeux puérils, etc.
Il y a dans ces cas un retard simple, sans anomalie de conformation, sans trouble particulier du développement. « Le sujet est, à un âge avancé, conformé comme un enfant, mais comme un enfant bien conformé; il a une intelligence qui est celle d’un enfant, mais d’un enfant intelligent» (Àpert, Les enfants retardataires, 1902).
A côté de l’arrêt absolu de développement par myxœdème et du retard simple, sans altérations morbides ou anomalies de conformation, existent d’autres types d’enlanls retardataires avec retard de développement portant sur certains organes (notamment les organes génitaux) ou sur certaines fonctions en particulier. Tantôt ce sont les déviations physiques qui prédominent, tantôt les troubles intellectuels :
c) Type d’enfant retardataire avec obésité
Obésité précoce; organes génitaux infantiles, cryptorchydie, voix eunuchoïde; intelligence moyenne, mais caractère enfantin.
d) Types d’enfants retardataires avec féminisme et virilisme.
Tantôt le jeune garçon a les attributs de l’autre sexe : membres potelés, forme arrondie du visage, développement des seins, largeur du bassin, finesse de la peau, caractère féminin.
Tantôt la fillette présente des signes de virilisme.
e) Type des enfants retardataires par anomalie du développement de la taille.
Le gigantisme comme le nanisme se rattachent notamment à l’infantilisme (influence fréquente de Tbérédo-syphilis).
/’) Type d’enfant retardataire avec sénilisme.
Ce type assez rare est fort intéressant ; la peau est ridée, sèche, flétrie comme celle des vieillards.
a) Type d’enfant retardataire avec stigmates de dégénérescence.
Asymétrie faciale, conformation irrégulière du pavillon de l’oreille; irrégularité d’implantation, de volume, de forme, des dents; bec-de-lièvre, absence des amygdales, etc.
Ces stigmates coexistent le plus souvent avec la dégénérescence psychique.
h) Type d’enlant retardataire avec arrêt de développement intellectuel.
L’enfant est un imbécile, c’est-à-dire un arriéré psychique, au degré le plus complet (ne pas confondre avec l'idiotie qui, elle, coïncide avec des lésions cérébrales diverses (porencéphalie, etc.), des troubles nerveux organiques multiples (strabisme, paralysies, cécité, surdité, etc.).
Le type le plus atténué est représenté par de simples anomalies du caractère : les sujets sont des naïfs, des gobeurs, sans pour cela être des inintelligents. Certaines facultés psychiques peuvent même être remarquables : telles la mémoire, l’aptitude aux mathématiques.
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Les causes des arrêts de croissance sont multiples : elles sont congénitales ou acquises.
Les causes congénitales sont les intoxications ou les toxi-infections héréditaires : alcool, plomb, syphilis, tuberculose, paludisme, lèpre.
Parmi les causes acquises il faut citer les cardiopathies (nanisme mitral, Gilbert et Rathery; Ferrannini, Delpeuch) ; les affections des poumons (tuberculose), les affections des vaisseaux (aplasie artérielle : mais s’agit-il d'une cause ou d'un effet?), les affections des organes hématopoiétiques, c'est-à-dire du foie et de la rate (cirrhose biliaire splénomégalique), les affections des organes génitaux (destruction ou annihilation fonctionnelle des testicules, de l’ovaire à la suite de castration, d'orchites infectieuses), les affections de la glande pituitaire (acromégalie), les affections du nasopharynx (végétations adénoïdes dont l'influence est hors de toute contestation), enfin et surtout les affections ou l’insuffisance fonctionnelle du corps thyroïde; tantôt elles déterminent le myxœdème classique, tantôt l’infantilisme pur, sans myxœdème, sans que l'on puisse constater une altération palpable du corps thyroïde.
Nous sommes conduits à rechercher la pathogénie des arrêts de développement ; M. Brissaud distingue deux espèces d’infantilisme, l'une due aux diverses causes autres i[uc la dysthyroïdie, et auquel il donne le nom d’infantilisme type Lorain; l’autre liée aux troubles de la sécrétion thyroïdienne ou infantilisme disthyroïdien. M. Brissaud (Leçons sur les maladies du système nerveux, 2° série, 1899), et avant lui Hertoghe (Académie royale de Relgique, 1897) ont montré qu’un certain nombre d'états caractérisés par un retard dans le développement physique et intellectuel de l’individu sont incontestablement liés à l’insuffisance du fonctionnement de la glande thyroïde.
On a été plus loin encore; certains médecins admettent que les différentes causes énumérées plus haut : intoxications, infections, n’exercent leur influence néfaste que parce qu'elles ont au préalable adultéré l’organe régulateur de la nutrition, c’està-dire le corps thyroïde, de telle sorte qu'il n’y aurait, en dernier ressort, qu’une cause unique d’infantilisme, la dysthyroïdie. C’est là une hypothèse, séduisante, sans doute, mais ce n’est qu’une hypothèse.
Ce qui est démontré, soit par l’observation des faits cliniques, soit par l’expérimentation, soit encore par l’épreuve du traitement, c’est que la sécrétion thyroïdienne est un puissant excitant de la nutrition et que le trophisme général est profondément troublé quand cette sécrétion est supprimée; les organismes en voie de développement sont principalement influencés par toute altération de la glande : Roger et Garnier (Société de Biologie, 21 décembre 1901 ) ont réalisé l’infantilisme expérimental en déterminant chez de jeunes chiens des scléroses thyroïdiennes au moyen del injection de naphtol dans les vaisseaux de la glande; ces lésions sont suivies d’un arrêt de développement. La suppression totale de la sécrétion thyroïdienne donne lieu au myxœdème, sa perversion à un degré quelconque peut donner lieu aux diverses variétés d’infantilisme qui ont été indiquées plus haut. L’infantilisme n’implique pas toujours un arrêt dans la croissance du squelette; celui-ci peut être développé normalement et le sujet rester infantile par certains côtés; on pourrait distinguer des infantiles de l’appareil vocal, de l’appareil génito-urinaire, etc. (Ausset). L’obésité précoce paraît dépendre de l’insuffisance thyroïdienne, ainsi qu’en témoignent les heureux effets du traitement thyroïdien.
Le rôle important joué dans la nutrition, le développement de l’organisme, qui est dévolu au corps thyroïde, n’est pas exclusif à cette glande; les autres organes à sécrétion interne : la rate, le foie, le testicule, l’ovaire, les glandes surrénales, l’hypophyse, c’est-à-dire ceux dont les altérations coïncident le plus souvent avec les arrêts de la
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croissance et les troubles du développement, paraissent également jouer un rôle dans le développement du corps.
En ce qui concerne le testicule, on a admis une dystrophie dysorchidienne (Variot, Dalché) qui prendrait place à côté de la dystrophie dysthyroïdicnne. On a attribué l’état, eunuchoidc à l’absence de sécrétion interne du testicule; quelques cryptorchides ne sont pas des infantiles, ils sont bien développés ; il y a chez eux développement génital incomplet, mais non arrêt de croissance et l’on a proposé l’opothérapie orchidienne dans les cas de ce genre. 11 semble bien toutefois que, même dans ces cas, l’influence du corps thyroïde soit prépondérante, si l’on en juge par les résultats du traitement. Des observations d’Apert sont particulièrement significatives à cet égard : l’une d’elles ( Bulletin médical, n° 51, 1901) concerne un jeune homme de quinze ans, obèse, présentant l’aspect eunuchoïde (verge minuscule, testicule dans le trajet inguinal, voix grêle, etc.). L’intelligence, assez développée, n’était cependant pas en rapport avec l’àge et ne s’appliquait qu’aux choses enfantines. Les modifications obtenues par le traitement thyroïdien poursuivi du 13 avril au 5 octobre 1899, furent les suivantes : l’air enfantin et placide fit place à un aspect plus viril, les joues devinrent moins bouffies, le corps moins épais, la verge augmenta notablement de longueur et volume; les testicules, au bout de deux mois de traitement, prirent place dans les bourses et quelques poils apparurent au pubis; l’enfant, enfin, se développa au point de vue du caractère et de l’énergie physique.
Le traitement thyroïdien est surtout indiqué dans les cas où l’arrêt de développement est sous la dépendance directe d’un trouble de la fonction thyroïdienne ; bénéficient donc de ce traitement les infantiles maigres, élancés, paraissant immobilisés dans une perpétuelle adolescence, les obèses eunuchoïdes à face arrondie, à graisse exubérante, à développement génital nul; d’autres sujets encore, des efféminés, des gynécomastes, à sexe indifférent; certains nains avec ou sans chondrodystrophie.
Lorsque l’infantilisme se complique de cryptorchidie, ce traitement est également efficace contre la cryptorchidie et on voit les testicules venir prendre leur place normale dans les bourses.
On constate même que la descente des testicules est le premier résultat du traitement, les modifications physiques et cérébrales ne se produisant que plus tard.
Dans les cas où l’arrêt de croissance semble indépendant de toute lésion thyroïdienne (rachitisme, anangioplasie, hérédo-syphilis, tuberculose, etc.), le traitement thyroïdien exerce encore une influence favorable, mais beaucoup moins marquée à la vérité que dans l’infantilisme des hypothyroïdicns.
On emploie soit la glande fraîche en nature, soit les préparations de glande desséchée, soit 1 iodothyrine.
li importe de n’employer au début les préparations thyroïdiennes ou la glande fraîche, qu’avec une grande prudence, à doses minimes, pour tâter la susceptibilité de l’enfant. On commencera par 0 gr. 25 de glande fraîche ou d’iodothyrine et on augmentera progressivement les doses jusqu’à 1 gramme environ. Quant aux préparations de poudre desséchée, on les donnera à doses correspondant à celles de glande fraîche qui viennent d’être indiquées; on
MYXŒDEME.