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liorées, car elles sont le j > 1 u s souvent symptomatiques d’une affection incurable. 11 est à remarquer que l'anémie prétuberculeuse s’atténue spontanément, tandis que les lésions pulmonaires progressent; elle n’est pas, en toul cas, justiciable du traitement ferrugineux d’une façon générale. Depuis longtemps l’attention des médecins a été appelée sur les dangers que peut présenter l’administration du fer aux tuberculeux; peut-être ces dangers ont-ils été exagérés, car l'on peut administrer sans inconvénient l’iodure de fer dans la scrofulo-tuberculose ; il est incontestable cependant, que l usage du fer peut •entraîner des phénomèmes congestifs et qu’il est contre-indiqué d'une façon absolue dans la tuberculose éréthique ; les eaux d 'Erns, de Royal, du Mont- Dore, de La Bourboule conviennent chez les anémiques suspects de tuberculose.
L’anémie syphilitique disparaît également au bout d’un temps variable, soit spontanément, soit le plus souvent sous l'influence du traitement hydrargyrique, bien (pie le mercure soit rangé au nombre des médicaments qui altèrent le sang : dans certains cas cependant il est nécessaire de faire prendre du fer au malade ; les frictions et les injections mercurielles, en laissant libre la voie stomacale, permettent l’administration du fer. Les eaux chlorurées de Salins, Bourbonne, les eaux sulfureuses des Pyrénées sont indiquées chez les syphilitiques.
L’anémie du mal de Bright est due aux altérations hématiques qui existent dans cette maladie ; mais elle paraît entretenue parfois, suivant certains médecins, par l’usage prolongé du régime lacté exclusif; aussi convient-il, dans les périodes de calme de cette maladie, d'instituer le régime mixte.
L'anémie post-hémorragique peut guérir spontanément si la perte du sang a été légère, si le sujet qui en est atteint était bien portant auparavant. Elle nécessite au contraire un traitement actif chez les sujets déjà débilités, par exemple chez un tuberculeux , un syphilitique, une parturiente dont la grossesse a été traversée par divers incidents hémorragiques, etc.
Dans ces cas le fer est rigoureusement indiqué pour favoriser la rénovation qualitative et quantitative des éléments du sang.
Quand l’hémorragie est très abondante et compromet l’existence à bref délai, il ne faut pas hésiter à s’adresser à la transfusion vasculaire que l'on peut pratiquer avec du sang ou du sérum artificiel ; aux injections souscutanées de ce sérum, ou même à la transfusion péritonéale.
Pour pratiquer la transfusion du sang, il faut se servir de sang non défibriné; on avait proposé de défîbriner le sang pour éviter la formation de caillots au contact des instruments et la production d’embolies, mais ce danger n’est guère à redouter avec les dispositifs dont on se sert, tandis que l’injection du sang défibriné peut au contraire présenter des dangers; ce sang ne contient plus d’hématoblastes ; le nombre des leucocytes s'y trouve diminué : de plus, les globules rouges s’y détruisent en masse, ce qui peut devenir dangereux, si le sang est injecté à hautes doses.
Le plus simple des transfuseurs (appareil de Collin) se compose d’un corps de pompe terminé par un réservoir métallique sur lequel se visse un enton-
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noir; c’est dans cet entonnoir qu'est recueilli le sang provenant de la saignée faite cà l’individu qui donne son sang; la partie inférieure du réservoir de distribution porte un prolongement métallique sur lequel s’ajuste le tube de caoutchouc armé de la canule.
Le corps de pompe ayant une capacité de 10 centimètres cubes, on peut calculer la quantité de sang transfusé.
Après dénudation de la veine, on introduit la canule armée d’un mandrin, qui est retiré lorsque l’appareil, rempli de sang, est prêt à fonctionner.
On n’a pas à craindre la coagulation du sang dans l’instrument, car cette coagulation du sang veineux ne se produit qu’au bout d’un quart d’heure, temps qui est plus que suffisant pour mener à bien la transfusion.
La transfusion repose sur cette remarque que, lorsqu’un animal meurt d’hémorragie, il reste encore en lui une notable quantité de sang, mais que la vacuité des vaisseaux en empêche la circulation. L’injection de liquide dans les veines a pour but de rétablir la circulation. Depuis les expériences de Jolvet et Lafont, de Kronecker et Sander, on utilise les solutions salines (solutions de chlorure de sodium à 7 pour 1000) pour l’injection intraveineuse ou sous-cutanée. Cette transfusion saline rend les plus grands services dans les cas — ce sont les plus fréquents — où la transfusion ne peut être pratiquée.
Le traitement de l’anémie pernicieuse progressive est des plus limités. Le plus souvent les malades succombent, en dépit de tous les soins dont on les entoure; cependant il existe des cas de guérison.
Lorsque l’anémie survient chez une femme enceinte, on peut discuter l’opportunité de l’accouchement provoqué, bien que les résultats soient loin d’avoir été toujours favorables.
L alimentation des malades doit se composer de lait, d’œufs peu cuits, de viandes grillées ou de viande crue pulpée ; mais dans un grand nombre de cas l’intolérance absolue de l’estomac met obstacle à l’alimentation; il faut alors prescrire la diète képhirique qui peut donner des résultats remarquables, assurer même la guérison de malades dont la situation avait été jugée désespérée. Peter a rapporté un cas de ce genre.
Le fer ne détermine pas, dans l’anémie pernicieuse progressive, ces améliorations que l’on obtient, par son usage, chez les chlorotiques; cependant, on peut l’employer avec avantage dans les périodes initiales de la maladie; mais lorsque le pouvoir de rénovation hématoblastique se suspend, il devient inutile. Au-dessous d’un million de globules, il est inutile de prescrire le fer, car, s’il augmente la valeur globulaire en hémoglobine, il ne peut en aucune façon exciter le processus de sanguification.
L 'arsenic est alors indiqué; d’après Padley, sur ‘2‘2 cas où l’arsenic fut employé, 16 se terminèrent par la guérison, tandis que, sur 48 malades soumis à d’autres traitements, un seul guérit. Bien que cette statistique paraisse bien optimiste, on ne peut nier les bons effets du traitement arsenical. On doit prescrire l’arsenic sous forme de liqueur de Fowler, à la dose quotidienne de 10 à ‘20 gouttes.
CHLOROSE ; ANÉMIES
Si l’état (le l’estomac s’oppose à son administration par la bouche, on doit user des injections sous-cutanées faites avec un demi ou 1 centimètre cube de liqueur de Fowler modifiée par la substitution d’eau de laurier-cerise à l’eau de mélisse. Rummo ( Ri forma medica, n° 98, 1894) propose de substituer aux injections de liqueur de Fowler celles d’arséniate de soude en solution à 1 pour 100 dans l’eau distillée; la proportion d’arsenic contenue dans cette solution étant de moitié moins forte que celle contenue dans la liqueur de Fowler, on devra employer une dose double de celle indiquée pour les injections de liqueur de Fowler; les doses maxima employées par Rummo ont été de 50 à 60 gouttes de cette solution; la dose initiale était de 5 gouttes.
Aujourd’hui les injections sous-cutanées de cacodylate de soude paraissent devoir être substituées à l’usage de l’arsenic métallique.
Si la marche progressive de la maladie est enrayée par l’arsenic, on peut revenir au fer, qui retrouve ses indications pour mener les hématohlastes à l’état de globules rouges adultes.
La transfusion a été souvent pratiquée à la période ultime; elle a donné des résultats fort variables, peu encourageants d’une façon générale.
Les troubles digestifs occupent le premier plan dans le cadre symptomatique de la maladie; on s’efforcera de remédier aux vomissements par l’emploi du képhir , des inhalations d'oxygène.
Le repos absolu est une condition indispensable du traitement; d’ailleurs les malades ne pourraient pas songer à s’y soustraire, en raison de leur état de faiblesse.
Nous avons indiqué plus haut que les moyens dont on dispose pour lutter contre l’anémie pernicieuse progressive sont assez limités; aussi croyonsnous devoir citer un nouveau mode de traitement de cette maladie sur lequel les documents sont assez rares, mais qui mérite de retenir l’attention ; nous voulons parler du traitement par l’ingestion de la moelle osseuse proposé par le professeur Fraser (d’Edimbourg) et essayé, à son exemple, par plusieurs médecins anglais.
Fraser a obtenu une guérison radicale, en quelques semaines, chez un malade atteint d’anémie pernicieuse, au moyen de la moelle osseuse crue de bœuf et de veau administrée à la dose de 100 grammes par jour.
Plus récemment le D' Barrs (de Leeds) et le Dr Dauforth ont publié des observations qui confirment de tout point les faits précités. L’observation de Barrs a trait à un homme de quarante-trois ans, atteint d’une anémie pernicieuse de cause inconnue. Le malade, (pii était arrivé au dernier degré de l’épuisement, avait été traité par l’arsenic à haute dose sans autre résultat que de provoquer une paralysie des quatre membres par polynévrite périphérique arsénicale. On lui fit alors ingérer de la moelle osseuse de bœuf à la dose de 90 grammes par jour et l’on put bientôt constater une amélioration manifeste qui alla s’accentuant chaque jour. Au bout de cinq mois la guérison complète était obtenue.
Le Dr Caccini a publié ( Riforma medica, 2, 5 et 4 juillet 1900) les observations de trois personnes appartenant à la même famille, qui furent atteintes
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•d’anémie pernicieuse progressive. Le père et l’un des fils traités par les préparations arsenicales et ferrugineuses succombèrent; la fille au contraire guérit à la suite d’un traitement par la moelle osseuse rouge de bœuf. L’au teur pense que l’anémie pernicieuse est une affection myélogène due à un défaut de sécrétion interne ayant sa source dans la moelle osseuse et justiciable de l’ingestion de moelle.
B. — Traitement de la chlorose.
La pathogénie de la chlorose est encore entourée d’obscurité. De nombreuses hypothèses ont été émises jusqu’à ce jour pour en expliquer le développement, mais aucune n’a rallié la majorité des suffrages. La théorie nerveuse soutenue par Sydenham, Morton et Trousseau, la théorie digestive soutenue par Beau et Mongour n’ont eu qu’une vogue fugitive; la théorie vasculaire elle-même, édifiée par Rokitanski, reprise et modifiée par Virchow, n’a pu trouver grâce devant les critiques, bien que l’anatomie pathologique ait semblé lui donner une base solide. S’il est vrai que l’hypoplasie vasculaire, celle de l’aorte en particulier, soit fréquente chez les chlorotiques, ces lésions ne sont rien moins que constantes.
Une autre théorie, celle que 1 on peut qualifier de génitale, a trouvé de nombreux défenseurs depuis Hippocrate jusqu’à nos jours. A priori elle paraît très séduisante, et l'on s’explique aisément qu'elle ait de chauds partisans; tout semble en effet la confirmer : l’existence exclusive de la chlorose chez la femme, son apparition au moment de la puberté, enfin les connexions qu’elle présente avec la suppression des règles. Charrin, puis Spillmann et Étienne, l’ont rajeunie dernièrement en la présentant sous un nouveau jour; la suppression de l’ovulation et de la menstruation ne serait pas seule en cause; il faudrait encore et surtout incriminer la suppression de la sécrétion interne de l’ovaire; en d’autres termes, la chlorose serait l’expression d’une intoxication d’origine ovarienne. Suivant Charrin, les altérations globulaires n’auraient chez les chlorotiques pas plus de valeur que dans la plupart des autres intoxications. De cette théorie est née la médication ovarienne de la chlorose; mais cette théorie, pour séduisante qu’elle soit, est cependant passible de nombreuses objections. Il en est une qui paraît irréfutable : comment expliquer la non-apparition de la chlorose chez les femmes qui ont subi la castration? Comment expliquer l’absence de chlorose chez des aménorrhéiques ?
11 reste une dernière théorie à citer, c’est la théorie hématique suivant laquelle les lésions primitives et essentielles de la chlorose résident dans le sang. Ces lésions consistent dans la diminution de la richesse globulaire et du pouvoir réducteur de l’hémoglobine; dans l’accroissement du chiffre des hématoblastes, dans les modifications de nombre, de dimension, de forme, de couleur, de réaction histochimique des hématies : de 5 000 000 le nombre des globules rouges peut tomber jusqu’à 1 000000 (chiffre extrême); à côté de globules ayant le diamètre moyen des hématies (7 g, 5) ou les diamètres extrêmes (6 et 9 p.) que l’on rencontre à l’état normal, le sang peut contenir des globules nains de 5 à 6 p. de diamètre ou des globules géants de 9 à 14 p.. (Les globules nains sont plus nombreux que les géants, sauf dans les cas extrêmes.) Les modifications de forme (forme ovalaire, fusiforme, piriforme, en raquette, etc.) sont des plus fréquentes; enfin les hématies sont plus pâles que normalement.
Le protoplasma des hématies, chez les chlorotiques, a de l’affinité pour les couleurs
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basiques d’aniline et pour l’hématoxyline, alors que normalement il se laisse imprégner par les couleurs acides.
Si les hématoblastes sont nombreux, cela tient à ce qu'ils se transforment difficilement en hématies.
Les hématies sont diminuées de nombre, non seulement parce que leur formation est amoindrie, mais encore parce que, leur vitalité étant faible, elles se détruisent facilement avant d’avoir parcouru leur cycle évolutif normal. Par suite de leur destruction, leur hémoglobine est mise en liberté et les reins l’éliminent sous forme d’urobiline et d’urohématine.
’ Ces lésions hématiques de la chlorose ne doivent pas être attribuées à des causes acquises, bien que l’on ait incriminé les diverses maladies infectieuses de l’enfance et, d’autre part, les conditions hygiéniques défectueuses (manque d’air, alimentation insuffisante, etc.). Sans doute, ces dernières causes peuvent favoriser le développement de la chlorose, mais elles ne la créent pas de toutes pièces; car si la chlorose est fréquente chez les jeunes filles entassées dans les ateliers, chez les servantes de restaurants, etc., elle n’épargne pas non plus les jeunes filles des classes aisées, placées dans de bonnes conditions d’aération et d’alimentation. C’est à une source plus éloignée qu’il faut remonter pour trouver la cause réelle de la chlorose, c’est l’hérédité qui doit être accusée, non pas l’hérédité directe (bien que celle-ci ne soit pas rare), mais l'hérédité tuberculeuse. C’est un fait clinique bien établi depuis longtemps, par de nombreux observateurs, que la fréquence de la chlorose dans les familles entachées de tuberculose. Trousseau l'avait mis en lumière; récemment MM. Hanot, Gilbert l’ont confirmé de nouveau. Dans une thèse inspirée par M. Gilbert, M. Jolly a relevé que, sur 54 chlorotiques, 25 étaient issues de parents qui avaient succombé à la tuberculose et que, dans 7 autres cas, les grands-parents, les oncles ou tantes, les frères ou sœurs avaient été atteints du même mal; qu’enfin, dans 8 cas, ces malades elles-mêmes avaient présenté des manifestations bacillaires. Ainsi, 46 fois sur 180, la chlorose se développerait chez des jeunes filles issues de phtisiques et 74 sur 100 dans des familles contaminées par la tuberculose.
« La chlorose présente donc avec la tuberculose d’étroites affinités. L’interprétation du fait est malaisée. Si l’on veut bien, toutefois, reconnaître que la tuberculose est héréditaire, que son hérédité git, non dans la transmission de la graine, mais dans celle du terrain, pourra-t-on concevoir, sans pénétrer dans l’intimité des phénomènes, que les enfants issus de souche tuberculeuse traduisent la décadence de leur race, entre autres façons, soit par l’aptitude à la tuberculisation, soit par l 'hypoplasie hématique qui constitue le substratum anatomique de la chlorose? » (Gilbert, Congrès de Moscou, 1897.)
Si l’on adopte cette théorie qui fait de la chlorose une maladie de déchéance, il n’y a pas lieu de s’étonner qu’à côté des lésions constantes du sang on constate fréquemment chez les chlorotiques l’angustie de l’aorte et des autres artères, le rétrécissement mitral pur, l’atrophie rénale, celle des organes génitaux, enfin l’hystérie.
Que faut-il donc faire pour prévenir l’apparition de la chlorose à l’approche de la puberté? Les considérations qui précèdent conduisent à conseiller rationnellement le grand air, Y hydrothérapie, une bonne alimentation, le repos-, les longues veillées doivent être formellement interdites. Chez les jeunes filles issues de parents tuberculeux, l’usage prolongé de Y huile de foie de morue, du siro p iodo-lannique exercera une influence favorable sur la nutrition. Telles sont, brièvement énoncées, les règles hygiéniques à mettre
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G. -R. LYON
5e ÉDITIO.V.
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en œuvre comme moyens prophylactiques de la chlorose, mais il est bien certain que l’inégalité des conditions sociales met obstacle à la généralisation de leur application.