I. — Traitement général
Lorsque la chlorose est constituée, l’observation des mêmes règles hygiéniques est indispensable au rétablissement de la santé; prescrire d’une façon banale un traitement ferrugineux, sans plus s’occuper de la réglementation de l’existence des chlorotiques, serait s’exposer à un échec complet.
Pour être suivi de succès, le traitement de la chlorose exige l’emploi de trois ordres de moyens, qui ont chacun leur importance; la cause des échecs thérapeutiques réside le plus souvent dans l’inobservance de l’un d’eux. Ces moyens sont : le régime, le repos, le fer donné sous une forme convenable.
Le régime à prescrire doit être la première préoccupation du médecin, alors même que n’existe pas encore cette dyspepsie qui complique si souvent la chlorose. Trop souvent on gorge les malades de viandes fortes, de viande crue, d’œufs, de vins généreux, de vin de quinquina, ce qui n’a d’autre effet que d’aggraver la dyspepsie ou d’en provoquer l’apparition. De plus, la plupart des médecins prescrivent le fer ou l’arsenic sous des formes qui contribuent à irriter le tube digestif. L’alimentation doit donc être minutieusement réglée et la préparation ferrugineuse choisie avec discernement. Voici les prescriptions faites par M. le professeur Ilayem, relativement au régime : « Je me suis bien trouvé de supprimer tout d’abord les boissons stimulantes : le vin, la bière, le café et le thé, et d’attendre avant d’instituer une alimentation fortement réparatrice, que l’appétit se développe sous l’influence de l’emploi du fer. Au lieu d’eau rougie ou de vin pur, je fais boire au repas du lait pur non bouilli en quantité modérée, c’est-à-dire au plus un tiers de litre par repas, et, lorsque je rencontre une répugnance marquée pour le lait, je donne la préférence à l’eau pure sur toutes les autres boissons.
« Les aliments solides, pris d’abord en petites quantités et sous une forme simple, se composent de viandes de boucherie, de volailles, d’œufs, de poissons à chair maigre. Je restreins considérablement l’usage du pain et des féculents et je recommande aux malades de manger à leur appétit, en ayant soin de boire peu et de rester dans la position horizontale pendant un quart d’heure à vingt minutes après chaque repas. » Il faut encore interdire les aliments vinaigrés, la salade, bien que les chlorotiques aient une prédilection pour cet aliment.
Il n’est pas indifférent de rappeler ici la teneur en fer des principaux aliments :
Pour 100 grammes.
Avoine 13 milligr. 0 de fer.
Lentilles 8 milligr, 5 —
Fèves 7 milligr. 4 —
Pain (de blé) 4 milligr. 8 — -
Œufs 5 milligr. 7 —
Viande 4 milligr. 8 —
Lait 1 milligr. 8 —
CHLOROSE ; ANÉMIES
L'exercice doit être réglementé comme l’alimentation. Dans les formes légères les courses au grand air, la gymnastique ne présentent que des avantages, mais « lorsque l’anémie est prononcée et accompagnée d’un alanguissement de toutes les fonctions, l’exercice est une cause de déglobulisation, capable d’aggraver la situation ; la preuve en est fournie par les examens de l’urine qui montrent que les pigments d’origine hépatique sont éliminés en plus grande quantité les jours où les malades marchent que ceux où elles sont au repos. Il faut, au contraire, prescrire le repos et attendre, pour conseiller la gymnastique, les marches un peu fatigantes, que 1 intervention médicamenteuse ait produit une amélioration très notable.
« Le séjour à l’hôpital est loin d’être hygiénique. Cependant j’ai constamment vu les chlorotiques de la classe pauvre, qui travaillent jusqu’à épuisement des forces, être rapidement soulagées pendant les premiers jours de leur hospitalisation, et avant tout traitement. J attribue ! amélioration dans leur état simplement à la cessation de tout travail, au repos du corps et de l’esprit. Dans les cas d'anémie du troisième degré, je n’hésite pas à prescrire le séjour au lit » (M. Hayem). On 11e perdra pas de vue ces sages préceptes dont la pratique journalière confirme la justesse; c’est dans leur inobservance que l’on doit chercher le plus souvent la cause de l'échec du traitement. L'heureuse influence du repos s’explique aisément par ce fait que le repos s’oppose à la déglobulisation, fait disparaître les sensations de fatigue, améliore les fonctions digestives. Nous avons l’habitude de prescrire quinze jours à trois semaines de séjour au lit à toute chlorotique qui commence son traitement. Dans les formes intenses de chlorose, le repos au lit doit être de plus longue durée, d’au moins six semaines à deux mois. Un ne permettra aux malades de 11e passer que progressivement du repos complet à l’état ordinaire. Elles ne se lèveront d’abord que pour les repas, puis sortiront en voilure, enfin feront des marches d’abord très courtes. Les bons effets de la cure de repos, confirmés par Nothnagel, Ziemssen, Quincke, etc., sont aujourd’hui admis par tous les praticiens.
Lorsque la malade quitte le lit, on lui prescrit les frictions sèches ou faites avec un alcoolat aromatisé, les bains salins.
Les enveloppements dans le drap mouillé constituent le premier^ rocédéhijdrothérapique à employer; on n’aura recours aux douches qu'à la lin du traitement.
Le changement d'air , le séjour à la campagne sont des adjuvants utiles du traitement, mais 11e suffisent pas, à eux seuls, à guérir la chlorose; l'effet en serait annulé si les chlorotiques, prenant prétexte du séjour à la campagne, s’imposaient les fatigues (pie nous venons de proscrire.
Le choix de la résidence importe peu; cependant les climats de montagne sont préférables, à la condition que l’altitude moyenne de 1000 mètres ne soit pas dépassée; si les chlorotiques vont à la mer, elles devront en général s’abstenir de prendre des bains; mais, d’une façon générale, le séjour au bord de la nier est nuisible aux chlorotiques.
L'altitude provoque une crise hématique qui se traduit par l’augmentation des «lobules routes.
MALADIES DE LA NUTRITION
Les inhalations d'oxygène (10 à 12 litres par jour) constituent un bon moyen de stimuler la nutrition, ce que prouve l’augmentation de l’urée dans es urines.
L’emploi du fer dans la chlorose n’est pas nouveau; il remonte à une époque où la place de la maladie dans le cadre nosologique était encore mal définie. C’est en 1852 que Fœdisch lit la preuve de la diminution du fer dans le sang des chlorotiques. Le fer est le spécifique de la chlorose, et, s’il n’a pas toujours donné des succès, cela tient à la nature de la préparation martiale employée ou au mode défectueux d’administration des médicaments; les cas de chlorose rebelles au fer ne sont que des cas qui n'ont pas été traités dès le début d’une façon convenable.
La masse du sang chez I homme renferme environ 5 grammes de fer. Or, chez les chlorotiques, la valeur globulaire, c'est-à-dire la richesse en hémoglobine et par suite en fer des hématies est notablement abaissée puisqu’elle est diminuée au moins de moitié dans la chlorose de moyenne intensité, des deux tiers et même des trois quarts dans les formes intenses qui ne sont pas rares. Pour combler ce déficit, il faut, d'après M. Ilayem, que les globules rouges fixent 1 gr. 50 de fer dans les cas ordinaires, 1 gr. 95 à 2 gr. 25 et même 2 gr. 50 dans les formes intenses.
À l’état, normal, il y a chaque jour dans l’économie dépense de fer. c’està-dire usure des globules rouges; on a calculé que la quantité journalière de fer éliminée par les diverses voies atteint en moyenne 5 centigrammes;
I élimination a lieu par les sueurs, le suc gastrique et surtout le suc pancréatique et la bile : cette dernière élimine 428 décimilligrammes de fer, d’après Paganuzzi.
Cette perte est compensée normalement par le fer qu’apportent les aliments et les boissons; il n’en est pas de même dans les cas où l’organisme a besoin d'un excès de fer; l'alimentation ne peut alors parfaire la quantité de fer nécessaire à la réparation sanguine, à la fixation de l’oxygène; il résulte en effet de diverses expériences que la quantité de fer retenue par l’organisme n’augmente d’une manière sensible (pie si l’on a soin d’administrer des doses relativement élevées, soit de 40 à 50 centigrammes par jour; la quantité de fer contenue dans la ration alimentaire normale étant en moyenne de 0 à 8 centigrammes (Boussingault), il faudrait donc quadrupler ou quintupler la ration alimentaire, ce qui es! impossible chez les chlorotiques : de sorte que 1 emploi du fer médicamenteux est indispensable pour compenser chez ces malades 1 insuffisance du fer alimentaire.
Nous avons rappelé sommairement les lésions hématiques de la chlorose; en indiquant à cette place les modifications que présente le sang sous l’influence du traitement ferrugineux, nous justifierons amplement 1 épithète de spécifique attribuée au fer.
Dans une première phase les hématies se multiplient; elles tendent à revenir à leur nombre normal. Par contre les hématoblastes diminuent non pas progressivement, mais par poussées variables d’un jour à 1 autre. Les globules rouges néoformés sont, à ce moment, très pauvres en hémoglobine. En même
CHLOROSE; ANÉMIES
temps que ces modifications se produisent, les éléments anormaux du saut» en subissent de leur côté : les globules géants disparaissent, le sang devient très riche en globules nains, c’est-à-dire en formes jeunes d'hématies.
La deuxième phase, celle de perfectionnement des hématies, commence quand le nombre de celles-ci atteint la normale; à ce moment la richesse globulaire tend à se rapprocher de l imité; en même temps les globules rouges prennent peu à peu leur forme et leurs dimensions normales. Dans les chloroses de moyenne intensité, la première phase a une durée moyenne de quinze jours .à trois semaines, d’après M. Hayem; la deuxième phase a une durée de quatre à cinq semaines; de telle sorte que le traitement doit se prolonger pendant six à huit semaines.
La question de l’absorption du fer médicamenteux par les voies digestives est très controversée.
Pour CL Bernard, Trousseau et Pidoux, Bungc, le fer médicamenteux n’est pas absorbé; il ne serait assimilé que quand il se trouve eu combinaison organique dans les aliments. Cependant la plupart des physiologistes admettent T absorption du fer. Les recherches de Becquerel, de Jehring, d'Hamburger avaient fait penser que le fer des urines n'augmente pas pendant l'administration des préparations martiales; mais Ivollicker et Muller ont vu ipie les urines en éliminent une petite quantité pendant les premières heures qui suivent l’administration du médicament. Celte augmentation du fer éliminé est encore plus nette dans d’autres sécrétions; Lewald l’a encore constatée dans le lait, après quarante-trois heures; d’autres dans la bile ( Dastre) ; Bistrow a constaté que l’administration .à une dose croissante de lactate ferreux (1 à 5 grammes) fait augmenter la proportion du fer dans le lait et Nasse a montré que la richesse du sang en fer s’accroît chez les chiens qui ingèrent du lactate de fer.
La muqueuse intestinale parait être aussi l’une des voies de I élimination du fer désassimilé. Le fer est emmagasiné dans le foie, avant d’être éliminé (Gottlieb); d’autre part les expériences de Macallum (1894), celles plus récentes de Cloctta permettent de considérer comme démontrée l’absorption du fer par l’intestin. Les mêmes expériences du même auteur montrent encore (pie non seulement le fer est résorbé, mais encore qu’il est assimilé par l’organisme; et ces expériences ont été confirmées par Abderlialden (Zeitschrift fiir Biologie, 1900); toutefois Abderlialden fait des réserves au sujet de l’assimilation du fer médicamenteux; celui-ci n’agissant que comme stimulant des fonctions hématopoiétiques, le fer organique des aliments étant seul assimilé.
Malgré les contradictions des physiologistes, on peut conclure légitimement qu’une partie du fer médicamenteux est absorbée et sert à la réparation du sang.
Au Congrès de médecine interne de 189b, Bunge a contesté de nouveau la réalité de l’absorption du fer, mais son opinion n’a rencontré que des contradicteurs (Quinckc, Immermann, von Ziemrnscn, etc.), qui tous ont plaidé la cause du fer médicamenteux. A la Société médicale des hôpitaux (avril 1895i,
MALADIES DE LA NUTRITION
le professeur Hayeiii a rappelé une fois de plus qu’en faisant intervenir le fer dans les conditions indiquées par lui et reconnues nécessaires par tous, on comptait autant de succès «pie de cas.
Il reste à déterminer sous quelle forme le fer est absorbé, et, par suite, quelles sont les préparations ferrugineuses qui méritent la préférence.
Trois hypothèses ont été faites :
1° On a admis la pénétration directe dans le sang d’un sel organique qui se combinerait avec les matières albuminoïdes du sang;
2° La combinaison directe du fer et des albuminoïdes dans l'estomac et dans l’intestin, puis l’absorption;
L’absorption par ces deux procédés à la fois (Scherpf).
Si l’on emploie une préparation insoluble, le fer métallique par exemple, il y a d’abord oxydation du fer, puis combinaison soluble en présence de l’acide chlorhydrique du suc gastrique, en un mot formation de chlorure ferreux (Rabuteau).
Ce chlorure, dit M. Hayem, peut être absorbé en produisant, au fur et à mesure de sa pénétration dans le sang, un albuminate rendu soluble par les bases alcalines du sang. Il peut aussi, au moins partiellement, former de l’albuminate ou du peptonate de fer dans l’estomac et dans l’intestin, produits qui, en présence des alcalis du tube digestif ou du sang, passent à l’état d’albuminate ou de peptonate de fer et d’alcali, c’est-à-dire de sels doubles «pii, d’après les travaux de Mitscherlich, de Buchheim, de Dietl, de Scherpf, sont inoffensifs pour le sang et d'une facile assimilation.
fous les composés insolubles se comportent vraisemblablement de la même manière, de sorte qu’il est théoriquement avantageux d’administrer d’emblée le chlorure ferreux ou protochlorure; en effet, les composés ferreux en général donnent d’emblée des albuminates, au contact des liquides albumineux, tandis que les sels ferriques déterminent des précipités; il est vrai «pie, d’après Buchheim et Meyer, ces précipités peuvent se redissoudre dans le suc gastrique.
D’après ce qui vient d’être dit, aux sels de sesquioxvde de fer ou persels, qui sont irritants, il faut préférer les protosels ou sels ferreux, solubles ou facilement solubilisés par le suc gastrique. Le chlorure ferreux, le protoiodure, le Iactale de fer et surtout le protoxalate de fer sont les préparation recommandées par M. Hayem; ce dernier aurait l’avantage de ne pas déterminer la constipation.
Le proto-iodure de fer occupe une place à part parmi les préparation ferrugineuses; car, en raison de l’iode qu’il contient, il exerce une action élective chez les lymphatiques et les scrofuleux; aussi convient-il particulière ment chez les jeunes tilles aux chairs flasques, bouffies, à celles qui, dans leur enfance, ont présenté diverses manifestations strumeuses.
Le proto-iodure de fer s’emploie en sirop ou en pilules; le sirop se prescrit à la dose moyenne de deux cuillerées à bouche par jour (20 grammes contiennent 10 centigrammes d’iodure de fer); il a l'inconvenient de noircir les dent, et détermine parfois de la dyspepsie et la constipation. Pour remédier à cette
CHLOROSE; ANEMIES.
dernière, on peut lui associer I extrait de noix vomique (10 centigrammes pour 100 grammes de sirop), la rhubarbe :
Sirop de sucre. . .
Extrait de rhubarbe lodure de fer . .
2 cuillerées à bouche par jour.
Les pilules doivent être préférées au sirop; mais elles ont l'inconvénient d’être facilement altérables; les pilules du codex renferment 5 centigrammes d'iodure de fer par pilule; toujours pour remédier à la constipation on peut leur associer 20 centigrammes de poudre de rhubarbe ou 2 centigrammes d’extrait, ou bien encore le cascara sagrada :
lodure de fer . .
Cascara sagrada .
Extrait de gentiane
Pour 1 pilule; en prendre 2 à 5 par jour.
Le protochlorure de fer a été très vanté par Rabuteau, qui pensait qu’il était immédiatement absorbé en nature; mais nous avons vu (pie les recherches contemporaines doivent faire plutôt admettre l’absorption du 1er sous forme de composé chloro-albumineux. Le protochlorure se donne exclusivement en pilules .
Protochlorure de fei Extrait de rhubarbe Savon médicinal .
Pour 1 pilule; 2 à 4 par jour.
Le protochlorure est irritant pour l’estomac et inférieur aux autres protosels.
Le lactate de fer se donne en sirop.
Lictate de fer 5 grammes.
*> ro[> de gentiane 250 —
. cui.xtées à bouche par jour; en pilules de 10 centigrammes :
Lactate de fer 0 gr. 10
Aloès 0 gr. 0!
Extrait de rhubarbe q. s.
Pour 1 pilule; 2 à G par jour;
10 centigrammes.
10 centigrammes.
500 grammes.
MALADIES DE LA NUTRITION
en poudre :
Lactate de fer \
Poudre de rhubarbe £ ;îu 0 gr. 50
— de sucre )
Pour J paquet; 1 à chaque repas.
Le protoxalate est la préparation ferrugineuse préférée par M. Hayem, qui le prescrit en cachets à la dose de 20 à 40 centigrammes par jour.
Outre les préparations ferrugineuses que nous venons d’énumérer, il en est d’autres encore qui sont très employées, tel est le tartrale ferrico-potassique.
Ce sel peut se donner à hautes doses, de 50 centigrammes à 4 grammes, car 50 centigrammes de tartrate ferrico-potassique ne correspondent qu’à 10 centigrammes de fer métallique.
La teinture de Mars, tartarisée, fréquemment utilisée autrefois, est une solution aqueuse au 5e; elle doit avoir été récemment préparée, sinon elle se trouble par dépôt d’une matière terreuse contenant de l’oxyde de fer. On prescrit le plus habituellement le tartrate en sirop ou en pilules.
Tartrate ferrico-potassique. . .
Extrait de quinquina
— de rhubarbe
de gentiane
— de noix vomique . . .
Glycérine '
Huile essentielle d’anis ....
Pour 1 pilule; 2 à chaque repas.
^ dâ 0 gr. 05
5 milligrammes, q. S.
V gouttes.
(Huchard.)
Tartrate ferrico-potassique Extrait de gentiane. . .
— ■ de noix vomique .
— thébaïque ....
0 gr. 01 0 gr. 08
| ;ïa 5 milligrammes.
Pour 1 pilule. Mêmes doses (chlorose avec gastralgie).
Tartrate ferrico-potassique 0 gr. 10
Extrait d’armoise ) A .
Poudre d’aloès 0 gr. 02
Huile essentielle d’anis q. s.
Pour 1 pilule. Mêmes doses (chlorose avec aménorrhée).
Tartrate ferrico-potassique J ~ q rr[
Ergotine )
Huile essentielle d’anis q. s.
Pour I pilule. Mêmes doses (chlorose et ménorragie, etc).
CHLOROSE; ANÉMIES. 1505
On peut encore prescrire le tartrate (le fer et de potasse en sirop :
Tartrate ferrico-potassique ) ~ r „
11 ! aa 5 grammes.
Eau distillée )
Sirop de gentiane j ~ 0m\ „
r 0 . aa 200 grammes.
— d eeorces d oranges ameres ;
2 cuillerées à bouche par jour.
On a aussi associé le tartrate ferrico-potassique à la liqueur de Fowler :
Liqueur de Fowler ) , A
m , , . . [ aa 10 grammes,
tartrate lerrico-potassique )
X gouttes avant le repas; ou bien :
Eau 540 grammes.
Sirop de menthe . . 60 —
Tartrate ferrico-potassique 4 —
Liqueur de Fowler 2 à 4 —
1 cuillerée à bouche à chaque repas; ces deux dernières formules ne peuvent guère être utilisées chez les chlorotiques, car elles sont trop irritantes pour l'estomac.
Le sous-carbonale de fer (ou sesquioxyde de fer hydraté, safran de Mars apéritif) est encore assez souvent prescrit :
Poudre de quinquina 10 grammes.
Craie préparée 10 —
Rhubarbe en poudre 4 —
Sous-carbonate de fer 5 —
1 pincée à chaque repas.
Sous-carbonate de fer ) A <A
aa 0 gr. 10
Poudre de gentiane ) °
Aloès 0 gr. 02
Pour I pilule ; 1 à 6 par jour;
ou :
Sous-carbonate de fer 0 gr. 25
Poudre de gentiane 0 gr. 45
Magnésie calcinée 0 gr. 10
Pour 1 cachet; 2 par jour.
Les pilules de Blaud et de Vallet (carbonate ferreux) sont toujours très employées.
MALADIES l)E LA NUTRITION.
Citons encore le citrate de fer ammoniacal :
Elixir de Garus
Citrate de fer
500 grammes.
I verre à liqueur après le repas (Audhoui).
Sirop d’écorces d’oranges amères 500 grammes.
Citrate de fer ammoniacal 5 —
Teinture de rhubarbe 4 —
1 cuillerée à chaque repas.
Citrate de fer ammoniacal Eau distillée de menthe.
Eau distillée
10 grammes.
q. s. pour 200
1 cuillerée à café à chaque repas (0 gr. 25 de sel par cuillerée).
Et le glycérophosphate de fer préconisé par M. Albert Robin :
Glycérophosphate de fer 5 à 10 centigrammes.
Poudre de rhubarbe 5 —
Extrait de quinquina q. s.
Pour 1 pilule; 1 au milieu de chaque repas.
MM. Gilbert et Lereboullet ont expérimenté le cacodylate de fer (XIII1 Congrès international des Sciences médicales, août 1900) qui peut être employé par la voie stomacale ou en injections hypodermiques. Le cacodylate ferrique, facilement soluble, est injectable sous la peau en solutions titrées à 5 centigrammes par centimètre cube (une solution plus concentrée peut amener des nodules d induration douloureux et persistants); de cette solution on injecte 2 et 3 centimètres cubes; par la voie gastrique on peut administrer de 5 à 30 centigrammes de sel en solution aqueuse. Sous l’influence de la médication se produit une augmentation rapide, notable et persistante de l’hémoglobine.
On a beaucoup préconisé, dans ces dernières années, le peptonate et V albuminate de fer. L’emploi de ces préparations est très logique, en apparence tout au moins, puisque, d’après nombre d’auteurs, le fer, quelle que soit la forme sous laquelle il est administré, se transforme d’abord en albuminate avant de passer dans le sang. Marfori a insisté particulièrement sur l'emploi de l’albuininate de fer dont il a indiqué un mode de préparation; mais il faut reconnaître que la pratique n’a pas contirmé la théorie et que les résultats obtenus avec le peptonate et l’albuminate de fer ont toujours paru inférieurs à ceux que donnent les sels de fer usités communément.
Nous ne faisons que signaler les préparations ferrugineuses dérivées de 1 hémoglobine, préparations qui ont donné lieu à de fort intéressantes recherches de Ivohert; ce physiologiste a étudié deux nouvelles combinaisons organiques: l’hémogallol et l’hémol (l’hémogallol est obtenu par l'action du pyrogallol sur
CHLOROSE; ANÉMIES
l'hémoglobine du sang). Ces préparations sont assez altérables, de composition variable et, par suite, de préparation et de conservation difficiles. Un gramme d’hémoglobine contient environ 4 milligrammes de fer, de telle sorte que, pour faire prendre 40 centigrammes de fer par jour, il faudrait faire absorber 100 grammes d’hémoglobine. Le processus digestif a pour effet de déterminer la décomposition putride des produits à base d’hémoglobine. On ne peut donc que souscrire aux conclusions de Gherardini concernant l'inefficacité de l'hémoglobine et des préparations qui en dérivent; les nombreuses expériences faites par lui ne laissent subsister aucune hésitation à cet égard.
Schmiedcberg a étudié une combinaison ferrugineuse organique, dérivée du foie de porc, et dénommée par lui ferratine. Cette nouvelle substance serait très assimilable et parfaitement tolérée. Elle s’administre aux doses de 10 à 50 centigrammes chez l’enfant, de I gramme à 1 gr. 50 chez l’adulte.
Parmi toutes les préparations ferrugineuses que nous avons énumérées, le protoxalate est celle qui doit emporter la préférence, car elle est parfaitement assimilable et son usage est très rarement suivi d’accidents dus h l'intolérance.
M. Ilayem pense que l’acide oxalique provenant de l oxalate de fer se combine aux bases (chaux, magnésie, etc.), qu’il rencontre dans l’estomac; en tous cas, on ne saurait considérer comme sérieuse l objection de Dusterhof qui pense que l’acide organique mis en liberté apporte un trouble fâcheux dans la digestion gastrique.
Peut-on guérir la chlorose et les anémies en général en substituant au traitement par les diverses préparations de fer l’usage des eaux ferrugineuses? La question a été souvent discutée et diversement résolue.
Avant que de l’aborder, mentionnons d’abord les principales eaux qui contiennent du fer; ces eaux sont divisées en deux classes : la première comprend les eaux bicarbonatées et les eaux crénatées, le bicarbonate et le crénate étant souvent associés; la seconde correspond aux eaux sulfatées.
Toutes d'ailleurs sont froides et faiblement minéralisées. Voici l’indication des principales d'entre elles.
Carbonate de 1er
/ La Bauche (Savoie)
I Orezza (Corse)
1 Forges-les-Eaux (Seine-Inférieure) .
Crénate de fer.
A. Eaux ferrugineuses 1
carbonatées J Neyrac (Ardèche)
et ) Renlaigue (Puy-de-Dôme)
crénatées. i Bussang (Vosges)
1 Spa (Belgique)
[ Sclrwalbach (Prusse)
! Pvrmont (Prusse)
\ Saint-Moritz (Suisse)
Sulfate de fer.
B. Eaux ferrugineuses sulfatées.
Auteuil
’ Vais (Ardèche) . .
( (Source Dominique)
MALADIES DE LA NUTRITION
Le professeur Hayem ne pense pas (pie l’on puisse obtenir la guérison de la chlorose par l’emploi des eaux ferrugineuses ; non seulement la guérison n’est pas obtenue, mais encore l’état des malades est souvent aggrave du fait du traitement. Cela tient à ce que les eaux ferrugineuses sont toutes de digestibilité difficile.
Il est bien rare que l’on ne constate pas au bout de quelques jours de traitement de la pesanteur d’estomac, de l’anorexie, de la constipation, et, d’autre part, de la céphalalgie, des troubles congestifs vers la tète. M. Hayem fait remarquer, pour expliquer ces phénomènes d'intolérance, que la plupart des chlorotiques présentent des modifications du chimisme stomacal, consistant en une hyperpepsie plus ou moins accentuée avec augmentation des sécrétions et lenteur des digestions, état ne s’accommodant ni du fer, ni des boissons prises à jeun en dehors des repas.
- Une autre raison de l’insuccès des eaux ferrugineuses est la faible intensité de la teneur en fer. Les eaux ferrugineuses les plus minéralisées ne contiennent que 7 centigrammes de fer par litre, encore ne fait-on jamais prendre aux malades un litre d’eau ferrugineuse dans les vingt-quatre heures; le malade ne peut donc trouver dans cette eau une quantité de fer suffisante pour !a rénovation de son sang.
« La chlorose, dit M. Hayem, guérit mieux à domicile que dans les stations soit climatériques, soit ferrugineuses. Dans un bon nombre de cas, où l’on avait vainement essayé les médications réputées utiles : cure aux eaux, cure marine, cure hydrothérapique, etc., j’ai réussi facilement et assez rapidement sans éloigner le malade de son milieu habituel » (Leçons de thérapeutique, p. 655, 1894).
En raison des troubles digestifs que détermine fréquemment l’administration du fer par la voie stomacale, on a cherché à utiliser la voie hypodermique.
C’est en 1 8 7*2 que remontent les premiers essais de Rosenlhal, de Vienne. <pii indique le citrate de fer et de quinine dissous dans de la glycérine comme un bon médicament dans les formes nerveuses de l’anémie; Neuss (1881) a donné la préférence à la solution de pyrophosphate de fer citro-sodique qui paraît être la meilleure préparation pour l’injection hypodermique, car elle est stable, contient beaucoup de fer (26 pour 100) et peut être employée dans l’eau distillée (à 1 pour 6). C’est à M. ïlirschfeld que l’on doit le travail le plus complet sur les injections hypodermiques de fer; M. Ïlirschfeld a constaté que les injections sont le plus souvent très douloureuses, déterminent toujours de l’induration locale, parfois des abcès, enfin et surtout qu’elles n’ont aucune efficacité; aussi M. Hayem conclut-il qu elles sont plus nuisibles qu’utiles et qu’elles doivent être abandonnées.
Nous connaissons les principales préparations ferrugineuses et nous devons maintenant poser les règles de l’administration du fer.
Ce (pii va suivre s’applique exclusivement aux cas de chlorose commune : nous indiquerons plus loin les modifications qu’il convient d’apporter à ce traitement dans les formes de chlorose avec dyspepsie accentuée.
A-t-on affaire à une chlorose légère, on peut instituer d’emblée le traite-
CHLOROSE; ANÉMIES
ment sans inconvénients; mais si la malade est atteinte d une chlorose de moyenne intensité, et à pins forte raison d’une chlorose grave, il est nécessaire de la préparer à ce traitement; faute de prendre cette précaution, on court au-devant d’un échec à peu près certain.
La préparation consiste à soumettre la malade au repos absolu au lit. ainsi (pie nous l’avons d’ailleurs indiqué, pendant un laps de temps qui ne sera pas inférieur à deux ou trois semaines ; d’autre part, à lui prescrire un régime alimentaire réglé par l’état de l’estomac.
Au bout de huit jours on peut administrer le fer, sous forme de protoxalate.
Pour favoriser la transformation du sel chez les hypopeptiques, M. Ilayem fait prendre une demi-heure après le repas une certaine quantité d acide chlorhydrique :
Acide chlorhydrique 9 —
1 cuillerée à bouche dans un quart de verre d’eau sucrée.
Nous avons souvent donné l’acide chlorhydrique en même temps que le fer et nous avons retiré les plus grands avantages de cette association, qui nous a paru assurer la tolérance et l’assimilation du fer; nous devons dire d’ailleurs que la chlorose est la seule maladie où l’acide chlorhydrique nous paraisse rendre des services appréciables.
Si le fer est le spécifique de la chlorose, il ne s’ensuit pas que l'on puisse en prolonger l’emploi sans inconvénients. Contrairement aux assertions des médecins allemands qui sont pour la plupart partisans d’un traitement prolongé et à haute dose, M. Ilayem estime qu’on doit donner le fer à dose faible et pendant le moins de temps possible. Il est inutile de dépasser la dose de 15 à 20 centigrammes de protoxalate de fer, deux fois par jour. M. Ilayem commence par 10 centigrammes avant les repas ou pendant leur cours; au bout de 8 à 10 jours, il donne 15 centigrammes; puis enfin 20 centigrammes et continue ainsi pendant un mois au plus.
Au fer on a voulu substituer ou associer deux autres médicaments : le manganèse et l’arsenic,
Le manganèse existe à l’état de traces dans les tissus et les humeurs du corps humain. Ilannon, Burin du Buisson, Pétrequin en préconisèrent l’emploi dans la chlorose: il fut quelque temps en faveur. M. Ilayem le considère comme parfaitement inutile chez les chlorotiques ; cependant quelques médecins l’emploient encore; Potain, Huchard prescrivent le chlorure, le carbonate, le bioxyde ou encore le lactate.
Extrait de quinquina.
Lactate de manganèse
0 gr. 10
Pour 1 pilule ; 2 à chaque repas ;
MALADIES DE LA NUTRITION
ou :
Bioxyde de manganèse.
Charbon de peuplier. .
Poudre de Colombo . .
— de noix vomique
Pour 1 cachet ; 1 à chaque repas (Iluchard).
Si l’action du manganèse est discutée, celle de Y arsenic dans les anémies est au contraire admise par tous. Contrairement à ce que l’on a prétendu, aux doses thérapeutiques, les arsenicaux ne sont pas déglobulisants ; ils peuvent donc ctre employés dans le traitement de la chlorose ou des anémies, mais leurs indications dans le traitement de la chlorose sont assez restreintes ; en tous cas, l’arsenic ne peut remplacer le fer; d’ailleurs, tout comme le fer, il peut provoquer ou entretenir la dyspepsie. L’arsenic serait surtout indiqué dans la chlorose tardive, et dans certaines formes de chlorose compliquée, voisines de l’anémie pernicieuse progressive. Nous avons vu qu’il peut guérir l’anémie pernicieuse progressive alors (pie le fer est impuissant.
On prescrit la liqueur de Fowler à doses progressivement croissantes jusqu’à XX à XXX gouttes, ou des pilules d’arséniate de soude :
Extrait de quinquina
— de gentiane
Arséniate de soude.
Pour 1 pilule ; 2, 4, 6 pilules par jour, au commencement du repas ou bien encore l’inévitable cacodylate de soude en injections hypodermiques.
Si les malades peuvent se déplacer ils bénéficieront, à La Bourboule et au Mont-Dore, à la fois du séjour au grand air et de la cure thermale.
Nous devons maintenant mentionner les récents traitements inspirés par les conceptions théoriques de l’origine génitale de la chlorose. MM. Spillmann et G. Étienne (Congrès de Nancy, 1896) ont expérimenté la médication ovarienne chez les chlorotiques, soit avec la poudre d’ovaire ou des ovaires frais, soit avec l’extrait glyeériné. Le résultat a été une amélioration de l’état général, et la réapparition des règles. Gilbert et E. Weill n’ont obtenu que des résultats peu favorables avec cette médication. Y' extrait de moelle osseuse (Billings) n’a donné aucun résultat.
Blondel, d’autre part, a expérimenté le thymus dans la chlorose, on s’appuyant sur une théorie pathogénique qui lui est personnelle et que nous n’avons pas encore mentionnée. Il suppose que la chlorose est une intoxication par des produits de désassimilation déversés dans l’économie pendant toute la croissance, produits que vient détruire l’action antitoxique de la sécrétion interne du thymus. Si la succession des deux actions antitoxiques ne s’effectue pas normalement, si le thymus disparaît trop tôt ou si l’ovaire ne développe sa sécrétion interne que trop tard ou la fournit irrégulièrement, il se produit un interrègne physiologique durant lequel 1 intoxication par ces produits de
j ait 0 gr. 10 0 gr. 001
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gr.
CHLOROSE ; ANÉMIES
désassimilation s’effectue sans entraves : c’est la chlorose. Aucune preuve n’est fournie par Blondel à l’appui de ces inductions théoriques; il croit seulement avoir trouvé dans la thérapeutique un commencement de confirmation de son hypothèse: trois jeunes filles chlorotiques traitées pendant un mois par le thymus de veau cru, à la dose de 10 grammes environ, ont vu leur état général s’améliorer; chez l’une d’elles les règles ont apparu. On ne saurait tirer de conclusions de ces trop rares expériences.