‹ Traité élémentaire de clinique thérapeutiqueChapitre 218 sur 274 · SCORBUT · texte numérisé non relu

SCORBUT

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libus » (Cokburn). M. Bucquoy administre le jus de citron de la façon suivante:

Hydrolat de mélisse 120 grammes.

Jus de citron 60

Eau-de-vie 10 —

Sirop de quinquina 50

l cuillerée à soupe toutes les 5 heures.

On peut associer à ces végétaux le suc d’herbes qui sont réputées antiscorbutiques (cresson, cochléaria, raifort, etc.): il faut en outre lui donner de la viande fraîche, de Veau de source en boisson et non pas l’eau de mer distillée; le lait pur est un excellent aliment quand l’estomac refuse une alimentation ordinaire. Malheureusement, il n’est pas toujours possible de satisfaire à ces indications, quand les matelots tombent malades au cours d’une croisière lointaine. Ils peuvent guérir à bord, si on leur procure ces aliments réparateurs, mais ils guérissent plus facilement quand ils sont au repos et à l’air, hors du foyer scorbutique; en effet, si l’alimentation par les viandes et légumes de conserves, si l'usage d une eau non potable sont les conditions productrices du scorbut, d'autres causes interviennent encore, au moins connue prédisposantes; ce sont l’encombrement et la malpropreté qui en résulte, le séjour dans l’air confiné des entreponts. Les postes d’équipage ne sont pas en général irréprochables au point de vue de leurs conditions d’installation. Lorsqu’une amélioration s’est produite sous l’influence d’une alimentation rationnelle, du repos, de l’aération, on la consolide au moyen îles bains aromatiques, des frictions sèches, du massage et finalement de 1 hydrothérapie. On recommande les eaux de Bouchonne, d ' Amelie-les-Bai ns .

Certaines indications thérapeutiques sont fournies par les symptômes : les hémorragies abondantes nécessitent 1 emploi de Vergotine on potion (2 à 7) grammes), du perchlorure de fer (20 à 50 gouttes) ; de Veau de Babel, etc. ; contre la gingivite il faut prescrire les lavages répétés de la bouche avec une solution boriquée, avec une solution faible d’acide thymique; on lait des applications d’un mélange de poudre de quinquina et de ratanhia; les ulcérations doivent être touchées avec la teinture d'iode, ou l’acide chrnmique au dixième, ou simplement avec le jus de citron.

Contre les manifestations cardiaques et pulmonaires on emploie I alcool, la caféine, V acétate d'ammoniaque-, la thoracentèse devient nécessaire dans le cas de pleurésie hémorragique.

Les troubles gastro-intestinaux cèdent en général à l’emploi du régime lacté, mitigé, et dans le cas de diarrhée «à celui du sous-nitrate ou du salicylate de bismuth associé au benzo-naphtol.

Le fer et ultérieurement 1 arsenic sont les médicaments de l’anémie scorbutique. Leur mode d’emploi a été indiqué au chapitre des anémies.

Le scorbut infantile, ou maladie de lîarlow, caractérisé par la stomatite fougueuse, les hémorragies sous-périostées, les douleurs dans les membres, l’impotence fonctionnelle, a été surtout observé à l’étranger et particulièrement en Allemagne où

MALADIES DE LA NUTRITION

l’on a fait abus des préparations de lait concentré, de farines lactées, etc. Il apparaît rarement avant 5 mois et après 18 mois. Contrairement au rachitisme qui est presque exclusivement l’apanage des enfants appartenant à des familles pauvres, le scorbut infantile a été surtout observé chez des enfants de familles aisées. En France, un certain nombre de cas ont été signalés récemment. M. Netter a cru devoir attribuer dans certains cas le développement de la maladie à l'usage du lait stérilisé ou des laits modifiés, comme le lait maternisé, ou bien encore des farines de conserve. Quant à la raison pour laquelle le lait stérilisé serait nuisible, elle est encore controversée.

M. Netter a tendance à incriminer la précipitation des citrates dans le lait stérilisé (Société de pédiatrie, 16 décembre 1902).

D’autres voient dans la destruction, par la stérilisation, des diverses zymases ou ferments vivants du lait frais la cause du scorbut infantile. M. Variot croit plutôt à l’inlluence de la modification du lait (lait maternisé) qu’à celle de la stérilisation; en effet, le lait maternisé peut être mis en cause dans plus de la moitié des cas de scorbut infantile.

M. Marfan, M. Variot admettent aussi l’influence du lait stérilisé, mais seulement du lait stérilisé industriellement.

En tout cas il ne faut pas perdre de vue ce fait que la maladie de Barlow est exceptionnelle ni prendre prétexte des quelques cas observés pour faire le procès du lait stérilisé qui a sauvé nombre d’existences.

Il suffira, si l’on est appelé à traiter un cas de maladie de Barlow, de supprimer toute alimentation par lait stérilisé frais ou par lait stérilisé conservé du commerce, par le lait maternisé, les farines alimentaires, etc., qui peuvent être, suivant les cas, la cause des accidents; on alimentera l’enfant avec du lait frais non stérilisé, lait de vache ou d’ànesse, du bouillon, de la purée de pommes de terre, un peu de jus de viande crue et de jus d’orange ou de raisin (3 à 4 cuillerées à café). Ce traitement bien simple détermine une amélioration rapide en quelques jours et il est réellement surprenant de voir avec quelle rapidité disparaissent les accidents les plus graves. Le pouvoir antiscorbutique n’appartient donc pas seulement aux végétaux, mais encore à certains aliments d’origine animale, tels que le lait frais et la viande fraîche.

Au régime que nous venons d’indiquer, on peut associer quelques moyens adjuvants : si les hémorragies sont très intenses, on pourra administrer le chlorure de calcium :

Chlorure de calcium

Sirop d’orange. . .

Eau distillée. . . .

par cuillerées à bouche toutes les deux heures.

Un touchera les fongosités gingivales (Thiercelin) avec des tampons di coton imbibés de jus de citron ou d'eau oxygénée étendue :

Eau oxygénée à 12 volumes 10 grammes.

Eau distillée 00 —

Barlow recommande l’emploi de Y huile de foie de morue, pour achever le rétablissement.

L’enfant sera immobilisé, s’il y a lieu, jusqu’à consolidation des fractures.

1 gramme à 50 grammes.

1 gr. 50

EMPOISONNEMENTS ; INTOXICAT

EMPOISONNEMENTS

Quand une substance toxique est absorbée à dose assez élevée pour déterminer immédiatement ou peu de temps après son absorption des phénomènes locaux ou généraux graves ou même mortels, on se trouve en présence d'un empoisonnement.

Quand, au contraire, le poison est absorbé à doses assez faibles pour ne pas entraîner immédiatement de troubles morbides appréciables, mais que son absorption se prolonge pendant une longue durée, comme le cas se produit dans les intoxications de cause professionnelle (mercure, plomb, arsenic, etc.); alimentaire (alcoolisme, aliments ou boissons frelatés, avariés, etc.); médicamenteux (morphine), on a sous les yeux le tableau d’une maladie à évolution chronique, dont le cours peut d’ailleurs être entrecoupé par des paroxysmes, par des accidents aigus plus ou moins dramatiques. Il s'agit alors d’une intoxication chronique.

Il ne sera question dans ce chapitre que des empoisonnements; nous consacrerons les chapitres suivants à l’étude du traitement des intoxications chroniques les plus fréquentes.

On ne peut faire des empoisonnements qu’une étude d’ensemble, au point de vue thérapeutique, car il n’existe point de traitement particulier pour chaque variété de poison, bien que l’on trouve dans l’ancienne pharmacopée une longue énumération d’antidotes pour la plupart des poisons !

En réalité, le traitement des empoisonnements n’est et ne peut être que symptomatique; il comporte deux indications essentielles :

1° Assurer l’élimination du poison, si l'on peut intervenir à temps et si celui-ci par conséquent n’a pas encore été absorbé, au moins en totalité;

2" Combattre les effets locaux et généraux qu’il détermine.

Bien que les poisons minéraux, végétaux et animaux soient extrêmement nombreux, le traitement des symptômes d’un empoisonnement aigu ne varie guère pour chaque cas en particulier ; en effet, si au début les symptômes sont assez nettement différenciés, pour un certain nombre de poisons, au point que l’on puisse, en 1 absence de commémoratifs, reconnaître la cause de l’empoisonnement, il n’en est pas de même à la période ultime de l’intoxication; les malades meurent par arrêt du cœur et de la respiration, et ce sont toujours les accidents cardiaques et respiratoires qu il faut combattre.

Il est d’ailleurs à peu près impossible de donner une classification rationnelle des poisons, en raison de la complexité de leur action; il n’est pas de poison qui agisse d’une façon élective sur un seul appareil; toutes les fonctions sont atteintes, soit simultanément, soit successivement-

EMPOISONNEMENTS ; INTOXICATIONS

Dans une certaine mesure, toutefois, on peut différencier les uns des autres les poisons en tenant compte de l’action prédominante qu’ils exercent sur un organe ou un appareil, pendant les premières phases de l’empoisonnement. Certains poisons sont caractérisés par l’action locale, destructive qu’ils exercent, tels les acides et les bases; d’autres par leur action générale sur le système nerveux comme la strvchnine; d’autres par leur action sur le cœur comme la digitale; sur le foie, comme le phosphore, etc...; jusqu’à un certain point donc, on peut trouver les éléments d’une classification dans les effets prédominants du poison sur tel ou tel appareil; mais, nous ne saurions trop le répéter, dans les phases avancées de l’intoxication, ou même tout à fait au début, lorsque le poison est absorbé à doses considérables, tous les appareils sont touchés, le système nerveux, le cœur, les appareils respiratoires et digestifs sont atteints; cela est d'autant plus explicable que beaucoup de poisons agissent directement sur le globule sanguin, d'où l'atteinte simultanée de tout l'organisme.

Ces réserves étant faites, on peut distinguer les divers poisens :

1° Suivant qu’ils exercent une action locale:

il0 Suivant qu'ils exercent une action générale :

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