Magnésie calcinée
Sucre
Sous-nitrate de bismuth Craie préparée . . . .
Codéine
1 gr. 50
;ïïi 1 gramme.
âa 0 gr. 80
0 gr. 005 (A. Robin.)
pour un paquet.
Jaworski fait prendre le matin à jeun, dans un verre d’eau de Soit/., l’un des paquets suivants :
Bicarbonate de soude 40 centigrammes.
Biborate de soude 20
Salicylate de soude 15
et après chaque repas un autre paquet ainsi composé :
Bicarbonate de soude Biborate de soude .
Salicylate de soude.
50 centigrammes.
(Le salicylate de soude correspond à l’indication de combattre les fermentations anormales, la flatulence et les douleurs qui en sont directement la conséquence; mais les doses de bicarbonate de soude de ces formules sont insuffisantes).
Einhorn prescrit la poudre composée suivante :
Magnésie calcinée )
Poudre de rhubarbe ) 'l l
Carbonate de soude desséché )
Bicarbonate de soude v ait
Sucre en poudre ;
Essence de menthe poivrée . . . . •
1/2 à 1 cuillerée à café, deux heures après chaque repas, dans de l’eau de Vichy.
7 gr. 50
5 grammes, q. S.
DYSPEPSIES CHIMIQUES
Roscnheim fait prendre trois fois par joui’, après le repas, une dcmi-euillcrée à café de la poudre suivante :
Magnésie calcinée
Bicarbonate <le soude )
Poudre de racine de rhubarbe S
Extrait de belladone
En associant le bicarbonate de soude aux autres alcalins, on peut réduire notablement la quantité de bicarbonate de soude nécessaire pour saturer I acide, car 1 gramme de magnésie et I gramme de phosphate annnoniaromagnésien équivalent à 2 grammes de bicarbonate de soude.
Aujourd'hui on a tendance à substituer aux alcalins l emploi du sonsnitrate de bismuth à hautes doses ( 10-20 grammes), administré en une fois, le matin à jeun, dans un verre d’eau tiède; il calme effectivement le< douleurs d’une façon remarquable, aussi bien chez les hyperchlorbvdriques que chez les malades atteints d’ulcère et a sur les alcalins le grand avantage de ne pas déterminer, par son usage prolongé, une excitation sécrétoire. On est autorisé à considérer le sous-nitrate de bismuth comme le véritable remède de la douleur chez les gastropathes. Pour notre part, nous le considérons comme très supérieur aux alcalins; mais on a parfois quelques difficultés à le faire accepter des malades, aux fortes doses indiquées plus liant.
Il est rare que la douleur ne cède pas à l’emploi de ces moyens; elle e>l parfois telle cependant (pic l’on est autorisé à employer exceptionnellement les médicaments nervins. A l’opium, qui peut augmenter l'excitabilité stomacale, on préférera la belladone sous forme de teinture ou d’extrait ((I gr. 02 à 0 gr. 05 en potion).
M. Linossier associe l'opium à la belladone :
Laudanum de Sydenham Teinture de belladone .
Xà XX gouttes dans un verre d’eau au début de chaque repas.
Quant à l’eau chloroformée, aux bromures, etc., ils sont en général mal supportés; ces derniers peuvent être employés en lavements.
Quand les douleurs sont au contraire peu intenses, un verre de lait suffit parfois à les calmer.
Tels sont les moyens palliatifs qui permettent d’attendre les résultats durables qui résultent de l’observation du repos et du régime. Lorsque les phénomènes aigus critiques sont dissipés, on institue alors le traitement par I eau de Vichy sulfatée ou par 1 eau de Carlsbad artificielle, dont il a été question précédemment.
Boas fait prendre, le matin à jeun et deux heures avant chaque repas, dans un demi-verre d’eau tiède, une demi-cuillerée à café du mélange suivant recommandé par Wolff :
G grammes.
15 grammes.
10 centigrammes.
MALADIES DE L’ESTOMAC
Sulfadc de soude.
— de potasse Chlorate de soude Carbonate de soude Biborate de soude
Ô0 grammes.
Un certain nombre de médicaments ont été proposés pour réduire la sécrétion gastrique; l'atropine est le seul qui ait donné quelques résultats (Pugliese, Penzoldt, Forlanini, Riegel, Schiff, Mathieu). On peut prescrire par jour 1/2 milligramme à 1 milligramme de sulfate neutre d’atropine :
Sulfate neutre d’atropine I centigramme.
X gouttes par jour, en trois doses espacées. Augmenter progressivement jusqu’à XX gouttes.
On peut encore employer les injections sous-cutanées. Les effets de l’atropine sont fugaces; Riegel, même après l’usage de doses très fortes qui ne sonl pas à conseiller (jusqu’à 2 rnilligr., 5), n'a pas obtenu de résultat durable.
On peut encore prescrire :
Chlorhydrate de cocaïne Il) centigrammes.
— de morphine 10 —
Sulfate neutre d’atropine 1 centigramme.
Ergotine Bonjean 1 gramme.
Eau distillée de laurier-cerise Il) grammes.
IV à VI gouttes en une fois (ne pas dépasser XX gouttes par jour).
M. A. Robin attribue à la coque du Levant (Menispermum cocculus) un pouvoir dépresseur sur la sécrétion. Riegel, Hayem considèrent, au contraire, ce médicament comme un excitant.
M. A. Robin prescrit IV à V gouttes de la mixture suivante :
Teinture de coque du Levant ^
— de veratrum viride j
— de belladone ) ^
— de thébaïque ) aa
— de badiane. ■ )
Ergotine ) <ia
La constipation, qui est-un des symptômes surajoutés habituels de l 'hyperchlorhydrie, doit plutôt être combattue par les lavements, les suppositoires • pie par les laxatifs; cependant, il sera parfois nécessaire d’administrer de temps en temps de ! huile de ricin à petites doses, le mélange de soufre, de magnésie et de crème de tartre.
La dilatation de l’estomac est la conséquence des troubles évolutifs; elle tend à diminuer au fur et à mesure que les digestions s’accélèrent, sous l’influence du traitement précédent. Vouloir la combattre par les médicaments excitomotcurs, c’est-à-dire par la noix vomique ou la strychnine, serait illusoire et
B grammes.
DYSPEPSIES CM I M 101 ES
dangereux, car ces médicaments excitent la sécrétion. Par contre, il est un moyen physique que l’on peut employer sans crainte, dans l'intervalle des périodes de crises et si le malade ne présente pas de symptômes permettant de soupçonner l’ulcère, tels que douleur limitée à la pression et translixivo, intensité particulière des douleurs, liématérnèses ou vomissements mélangés d’une petite quantité de sang; ce moyen, c'est le massage de V estomac ; les premières séances de massage seront courtes et le masseur évitera les pressions profondes au début.
Il n’a pas été question jusqu’ici du lavage de I estomac; c'est qu'en elle! le lavage ne répond à aucune indication précise; il peut, au contraire, déterminer l'excitation sécrétoire et produire un effet contraire à celui que l’on veut obtenir. Le lavage n’est indiqué que dans les formes d’hyperrhlorlivdrie avec hypersécrétion, dont il sera question plus loin.
Le traitement général a la plus grande importance dans le traitement de l’hyperchlorhydrie. Nous avons insisté sur la nécessité du repos dans les crises aiguës avec douleurs et vomissements. Lorsque les malades seront autorisés à reprendre leurs occupations, on insistera auprès d'eux pour qu'ils évitent tout surmenage, pour qu’ils mènent une vie régulière et se gardent des veillées, de la vie de cercle, etc. Ils devront consacrer dix heures au moins au sommeil. Le tabac sera rigoureusement interdit.
Les bains lièdes seront utiles au moment des paroxysmes douloureux ; ils contribuent à calmer les douleurs et peuvent procurer le sommeil, quand ils sont pris le soir. Quant à Y hydrothérapie, elle rend les plus grands services, à la condition d’être appliquée avec discernement. La douche froide d’emblée est, en général, mal supportée. On commencera donc par prescrire des douches tièdes, en pluie, de 7) à 5 minutes de durée, en évitant de toucher au creux épigastrique. Ces douches tièdes ont un effet sédatif puissant. Après une série de douches tièdes, on leur substituera la douche écossaise et l’on n’arrivera à la douche froide (|ue progressivement.
Pendant la belle saison, les malades pourront poursuivre le traitement hydrothérapique à Divonne, à Cliampel, à lleiden, Schoënfels ou dans tout autre établissement où l'air pur, le repos associeront leurs effets à celui de I hydrothérapie.
Tous les malades atteints de gastropathie consultent avec insistance le médecin sur l’opportunité d’une cure hydro-minérale. S il est des cas où il faut être réservé dans l’emploi des cures thermales, c'est bien ceux où l’hyperchlorhydrie est en cause. A notre avis, aucun traitement par ingestion d’eau n’est utile dans l’hypcrcblorhydrie ; les eaux alcalines en particulier peuvent exagérer le type morbide, ainsi qu’il a été dit. On mettra donc les malades en garde contre Vichy et les eaux similaires. Si donc, en vertu de la tradition, les malades ne renoncent pas à l’idée de chercher la guérison dans une station thermale, on se bornera à leur recommander un traitement externe à Néris, à Plombières, à Luxeuil, Baqnères-de-Bigorre, etc., dont les eaux agissent uniquement par leur haute thermalité. Peut-être pourrait-on faire exception pour Saint-Nectaire, dont les propriétés sédatives ont été van-
MALADIES DK L’ESTOMAC.
tées dans ccs dernières années : mais l'effet physiologique de ces eaux est encore trop mal connu pour qu’on puisse donner à cet égard des indications précises.
Si le traitement hydro-minéral n'est recommandable qu'avec les réserves que nous venons de formuler, il n’en est pas de même des cures climatériques qui doivent être, chez tous les malades en état de se déplacer, un complément nécessaire du traitement. Tel malade, qui se sera soigné sans grands résultats pendant tout un hiver, retrouvera parfois la santé après un séjour en Suisse d’assez longue durée. En principe, les malades peuvent s’améliorer partout, sans qu'il y ait lieu de recommander une station plutôt qu’une autre: cependant, nos préférences sont pour le séjour à une altitude modérée, entre 800 et 1 '1 à 1400 mètres.
L’air de la montagne est plus pur, plus léger que celui de la plaine et le spectacle de la montagne n'est pas sans exercer d'influence sur le système nerveux. Le séjour au bord de la mer ne convient pas aux hyperchlorhvdriques; exception peut être faite cependant pour la plage abritée d’Arcachon; en tout cas, les bains de mer seront formellement interdits.
L hyperchlorhydrie, sans hypersécrétion continue, peut guérir sous l’influence d'un traitement périodique et prolongé, mais elle est sujette à récidive. Négligée, ou traitée de façon non méthodique, par l’usage exclusif et abusif des alcalins, elle persiste, s’aggrave et peut aboutir à l’ulcère.
[/hyperchlorhydrie avec hypersécrétion continue, encore dénommée gastrosuccorrhée ou maladie de Reichmann. a donné lieu, dans ces dernières années, à de nombreuses discussions; son existence en tant que syndrome gastrique primitif, admise depuis les travaux de Reichmann, Riegel. Bouveret et Dévie, a été contestée et il semble bien, à la vérité, que la prétendue maladie de Reichmann doive être confondue avec les sténoses. Il en sera question longuement, dans le chapitre consacré aux sténoses pyloriques, mais nous croyons devoir rappeler brièvement à cette place l'état de la question :
Les troubles fonctionnels sont les mêmes, quoique plus intenses que dans I hyperchlorhydrie simple, c’est-à-dire que les malades sont atteints du syndrome pylorique caractérisé par des douleurs tardives, diurnes et nocturnes, survenant plusieurs heures après le repas; par des vomissements plus ou moins fréquents, les uns alimentaires, les autres d’un liquide très acide; de constipation habituelle. Ils sont amaigris et présentent des troubles nerveux divers; ces troubles se perpétuent indéfiniment avec des rémissions plus ou moins accentuées, survenant spontanément ou surtout sous l'influence d’un traitement médical approprié ; mais ils ne peuvent disparaître complètement (pie sous l'influence d’une intervention chirurgicale et ce sont précisément les interventions pratiquées dans un but curatif qui ont éclairé sur la cause véritable du syndrome. Les signes physiques lui donnent sa note caractéristique : 1 estomac, qui est toujours dilaté, parfois dans des proportions considérables, contient toujours du liquide à jeun, le matin au réveil, en quantité variable; ci1 liquide résiduel est habituellement très riche en acid»
DYSPEPSIES CHIMIQUES
chlorhydrique libre et, suivant les cas, contient ou non des débris alimentaires facilement reconnaissables; en d autres termes, il y a deux sortes de gaslrosuccorrhée, l’une avec stase, l’autre sans stase. Si I on est d’accord aujourd’hui, depuis les travaux de M. Hayem, pour considérer la première coin
j causée et entretenue par un ulcère cicatrisé delà région juxtapylorique, on est encore hésitant sur la nature de la gaslrosuccorrhée simple, constituée uniquement par la présence du suc gastrique pur.
Beaucoup de médecins la considèrent encore comme une maladie autonome, comme la forme la plus grave de l’ hyperchlorhydrie; ils admettent volontiers que l’ulcère peut la compliquer, mais son existence préalable ne serait pas la condition sine quâ non de la gaslrosuccorrhée ; cette opinion est I soutenue notamment par M. Albert Robin et les constatations de Carie et Fantino, laites au cours de laparotomies, ont paru la confirmer, ces derniers auteurs ayant constaté l’absence d’ulcère pylorique ; toutefois il y a lieu de faire quelques réserves à ce sujet, car l’on sait combien il est difficile de faire une exploration complète du pylore au cours d’une gastro-entérostomie. L) ailleurs des observations chirurgicales plus récentes infirment cette opinion. Il paraît prouvé aujourd’hui que la gastrosuccorrhée sans stase est sous la dépendance d’un ulcère pylorique, sans d’ailleurs qu’il soit besoin de faire intervenir la sténose, car celle-ci manque dans quelques cas. Soupault estime que la lésion ulcéreuse est le point de départ d'un réflexe qui aboutit, d'une part, à la contracture pylorique, d’autre part à l’hypersécrétion gastrique. Il se passerait un phénomène analogue à la contracture de I anus provoquée par la fissure anale, au larmoiement et à la contracture palpébrale «pii se montrent tous deux à la suite d’une ulcération de la cornée ou d’une blessure des paupières (Soc. Méd. des Hôpitaux, décembre 1902).
Quoi qu’il en soit, de l’explication, l’existence constante d'un ulcère pylorique a été constatée dans 12 cas sur 12 que M. Soupault a livrés au chirurgien ; dans l'un d’eux traité par la pylorectomie, la muqueuse de la région juxtapyloriquc était rougeâtre, boursouflée et comme infiltrée d’œdème, lin outre, les parois de tout l’estomac, parcourues par de gros vaisseaux bleuâtres,
| étaient vascularisées, congestionnées et donnaient à I incision du sang en grande quantité. L intensité de ces lésions paraît bien légitimer l’opportunité d’une intervention dans les cas de gastrosuccorrhée sans stase comme dans les cas avec stase.
Le traitement médical à employer au début est celui de l'ulcère : alimentation rectale exclusive, application de compresses humides chaudes, pansement au bismuth, etc. Ce traitement devant être exposé avec détails au chapitre consacré à l’ulcère, nous ne pouvons que renvoyer à ce chapitre. Il suffit rarement, car le plus souvent il s’agit d ulcères anciens ayant entraîné les lésions profondes de la muqueuse constatées plus haut; on est donc conduit le plus souvent à proposer une intervention qu’il y a intérêt à ne pas différer trop longtemps, pour opérer les malades dans de meilleures conditions. C’est ordinairement la gastro-entérostomie que l’on pratique; toutefois dans quelques cas on a pratiqué la pylorectomie. Cette intervention com-
MALADIES DE L’ESTOMAC
porte plus d’aléa que la première, mais les résultats éloignés en sont plus satisfaisants encore. Tandis qu’après la gastro-entérostomie le taux de l’acidité peut persister très élevé, il s’abaisse notablement à la suite de la pylorectomie, ce qui s’explique aisément par suite de l’ablation de l’ulcère qui n’entretient plus les troubles sécrétoires (V. Degorce, Thèse de Paris 1902. n° 169).
Gastrite hypopeptique. — Tous les cas ne sont pas comparables entre eux : il faut distinguer les cas où la maladie d’estomac est primitive et ceux, où elle est déterminée et entretenue par une maladie générale comme le mal de Bright, le diabète, la tuberculose, les cardiopathies mitrales, l’artériosclérose.
D’autre part on doit distinguer les cas où l’hypopepsie paraît être primitive et ceux, très fréquents, où elle succède aux différentes formes d’hyper pepsie.
Il est aisé de comprendre comment une hyperpepsie ancienne peut se transformer en hypopepsie; c’est au progrès de la gastrite qu’est imputable la modification du type chimique. La gastrite parenchymateuse pure, par suite de la participation du tissu conjonctif au processus, tend à se compliquer de gastrite, interstitielle; les éléments glandulaires s’atrophient et la chloruric tend de plus en plus à s’affaiblir.
Si la gastrite est interstitielle d’emblée, la phase hyperpeptique sera très courte et l’hypopepsie pourra être considérée comme primitive; il en est de même, si la gastrite revêt d’emblée le type de gastrite parenchymateuse muqueuse.
La transformation de Thyperpepsie en hypopepsie est souvent favorisée par 1’abms des médicaments; elle pourrait l’être également par les fermentations anormales, suivant M. Ilayem, les acides anormaux jouant le rôle d’agents irritants. On peut observer le retour à l’état hyperpeptique après suppression des médicaments, après quelques lavages de l’estomac et l’institution du régime de repos. Inversement, chez les malades hypopeptiques, avec dilatation atonique de l’estomac, il peut exister un état hyperpeptique transitoire, déterminé par l'irritation due au séjour prolongé des aliments dans ! estomac. Cet état disparaît lorsqu’on peut obtenir une évacuation gastrique plus hâtive.
On voit par ce rapide aperçu combien est délicate la détermination du chimisme réel. On n’arrive le plus souvent à une appréciation exacte du degré des lésions et des modifications chimiques corrélatives que par des examens multipliés et après une période de repos préliminaire de l’estomac.
Au point de vue pratique, ce qu’il importe de savoir c’est que l’hypopepsie indique un mode particulier d’irritation de l’estomac; ce n’est point du tout un état contraire à Thyperpepsie, appelant une thérapeutique diamétralement opposée. Les médecins qui préconisent l’emploi des médicaments dits excitomoteurs, des amers, de la strychnine, etc., commettent une erreur préjudiciable aux malades ; la preuve qu’il s’agit d’un état irritatif, c’est que, pendant longtemps, on peut constater une sécrétion abondante.
DYSPEPSIES CHIMIQUES
I'.Id
La conclusion est que I hypopepsie, comme I hyperpcpsic, réclame le repos (le l’estomac, et qu’au point de vue du régime à suivre, il n’existe pas de différences bien appréciables entre les médications de l’un et l'autre état morbide.
Dans l’hypopepsie primitive, sans dilatation, on institue le régime lacté ou le régime képbirique, suivant le degré d’bypopepsie que révèle l’analyse
Si les lésions sont peu avancées, 1 g régime lacté est indiqué et amène rapidement une amélioration sensible; il n’est pas nécessaire de le prolonger longtemps et bientôt on autorisera un régime mixte d’où seront exclus tous les aliments susceptibles de fermenter, gibier, fromages, pâtisseries et sucreries, et qui consistera en viandes rôties ou bouillies ou braisées, sans sauces, en poissons maigres, huîtres, œufs, féculents en purée, fruits cuits, boissons aromatiques chaudes.
Si l’hypopepsie est intense, le régime képhirique mixte esl préférable au régime lacté ; le malade prendra deux ou trois bouteilles de képhir par jour, partie aux repas, partie dans leur intervalle.
Comme médication on prescrira les alcalins à petites doses, pris avant les repas et notamment l’eau de Vichy tiède, ou bien le phosphate de sonde à la dose de 1 à 2 grammes.
On peut encore prescrire Veau de Saint-Nectaire ou l’eau d c Châtehjuyon, celle de Sanlenay chez les sujets constipés.
L 'acide chlorhydrique, administré après le repas, parait avoir quelque utilité, dans le cas de fermentations intenses; quand il existe de la diarrhée, l 'acide lactique doit lui être préféré.
C’est encore dans ces cas que l’on pourrait essayer l’emploi de la pepsine.
Le- séjour à la mer ou à la campagne, l’hydrothérapie complètent fe trai-
L'hypopepsie avec dilatation est la caractéristique des gastropathies anciennes qui ont commencé par être hyperpeptiques.
Au bout de plusieurs années l’hypopepsie a succédé à l’hypcrpepsie, et la dilatation est une dilatation atonique, compliquée parfois de stase dans les cas extrêmes.
Le traitement doit être méthodique :
Au début on institue une cure de repos relatif, le régime lacté et le maillot humide ; toute médication antérieure doit être supprimée. Le lait est souvent mal supporté, en raison des fermentations anormales.
Aussi le lavage de l'estomac est-il nécessaire. On fera le lavage avec de l'eau bouillie purement et simplement (12 à 15 lavages consécutifs; ensuite quelques lavages espacés).
Après la période préparatoire de régime lacté, on institue un régime mixte ! composé surtout des aliments qui donnent le moins de prise à la fermentation : viandes rôties, pulpées; poissons maigres, bouillies à la farine de riz, d’orge, etc.; œufs, quelques purées claires de féculents, biscottes et boissons 1 chaudes. S’il importe que les malades boivent modérément, il ne faut pas leur imposer le régime sec rigoureux qui était considéré comme indispen-
tement.
MALADIES DE L’ESTOMAC
sable, il y a quelques années. D’ailleurs, les malades soumis aux boissons chaudes n’ont pas de tendance à boire avec excès.
L indication essentielle de cette forme est de combattre les fermentations et la dilatation atonique. Le lavage de l’estomac réveille les contractions de l’organe, le débarrasse du mucus et des produits de fermentation qu'il contient. Avec le massage il constitue le traitement par excellence de la dilatation et de ses conséquences.
Quant aux médicaments ils n'ont qu'une influence médiocre sur l’atonie gastrique.
Le bicarbonate de soude à petites doses excite la motricité; quant aux amers, s’ils produisent des effets subjectifs (relèvement de l’appétit), ils ont une action douteuse sur la motricité. On pourra employer les dilférentes teintures amères et la strychnine à petites doses et sans en prolonger trop longtemps l’emploi. Suivant M. Mathieu, Y ipéca à petites doses serait un excitomoteur efficace. On peut employer la poudre d’ipéca en nature à la dose de 2 à 5 centigrammes après chaque repas. Ces doses seront données en plusieurs fois, à des intervalles d’une demi-heure ou d’une heure, en cachets, mélangées ou non à d’autres poudres, à la poudre de quinquina, de Colombo. On peut encore se servir de pastilles d’ipéca qui sont d’un usage commode. On peut en donner de 2 à 5 après chaque repas, en les espaçant.
M. Mathieu prescrit aussi la teinture d’ipéca :
Teinture d’ipéca )
— de Colombo , ââ 15 grammes.
— de gentiane )
X à XV gouttes après le repas, en deux fois, à une heure d’intervalle.
M. Albert Robin associe la teinture d’ipéca à la teinture de noix vomique et à celle de badiane :
Teinture de noix vomique C grammes.
— d’ipéca 1 gramme.
— de badiane 5 grammes.
VI gouttes après chaque repas.
A tous ces moyens nous préférons 1 emploi systématique du massage de l'estomac qui nous a donné des résultats remarquables; le massage combiné au régime nous paraissent actuellement devoir être recommandés comme les scides médications réellement utiles de l’hypopepsie ancienne avec dilatation.
Accessoirement, l’hydrothérapie, les frictions sèches, le séjour à la montagne compléteront le traitement.
Apepsie- — L’apepsie ne prête pas à des considérations thérapeutiques étendues; il s’agit, en effet, le plus souvent d’un trouble chimique correspondant à l’atrophie glandulaire totale, primitive (phtisie de l'estomac, des
DYSPEPSIES CHIMIQUES
auteurs allemands) ou secondaire à une très ancienne gastrite. Exceptionnellement l’apepsie d’origine toxique (médicamenteuse, tabagique, alcoolique) peut être passagère et disparaître à la suite de la suppression de la cause.
Très grave, puisqu’elle indique la suppression absolue du pouvoir digestif de l’estomac, l’apepsie passe cependant le plus souvent inaperçue, les malades ne souffrant" pas et leur état général restant satisfaisant. C’est qu’en réalité les aliments ne subissant plus d’élaboration dans F estomac passent rapidement dans l’intestin qui assume tout le fardeau de la digestion.
Pendant longtemps l’intestin peut suffire à sa tâche; on observe seulement une constipation plus ou moins opiniâtre; la situation devient grave quand la diarrhée lientérique survient.
La médication de l’état apeptique consiste essentiellement dans la cure de képhir préconisée par M. Hayem. Le régime sera exclusif dans le cas de diarrhée lientérique (5 à 5 bouteilles par jour), mixte dans les autres cas. L alimentation se composera surtout de viandes très divisées, de ris de veau, de cervelles, de purées de féculents, de pâtes (nouilles, macaroni, etc.), de laitage.
F. — Traitement des symptômes et des syndromes.
Les indications générales que nous avons données dans les pages qui précèdent, nous permettront d’être brefs sur le traitement des symptômes ou syndromes gastriques, car le traitement des symptômes est essentiellement celui de leur cause.
Nous passerons successivement en revue dans ce chapitre les principaux d'entre eux : vomissements, douleurs, hémorragie, flatulence, anorexie, etc.
1° Vomissements. — Le vomissement est un acte réflexe provoqué par des impressions multiples, partant soit de la périphérie, soit d'un viscère, et parfois par une lésion ou un trouble fonctionnel de la zone bulbaire qui est le centre de l'arc réflexe.
Au point de vue thérapeutique on peut envisager : a. les vomissements liés à des troubles gastriques ou intestinaux, sans altération de la santé générale; h. les vomissements liés à une maladie générale chronique avec ou sans lésions ou troubles chimiques de l’estomac (vomissements de la tuberculose, de la chlorose, du mal de Bright, des cirrhoses, de la maladie d’Addison, etc.); c. ceux qui surviennent dans les maladies aiguës fébriles (péritonite, grippe, érysipèle, pneumonie, scarlatine, fièvre typhoïde, etc.); d. les vomissements déterminés par une intoxication (morphine, tabac, alcool, oxyde de carbone, etc.); e. les vomissements des névroses ou des maladies organiques du système nerveux (hystérie, neurasthénie, migraines, méningites, ramollissement et hémorragie, affections bulbaires, tabes); /’. enfin les vomissements d’ordre réflexe ou mécanique comme ceux du mal de mer, de la lithiase hépatique ou rénale, de la nëphroptose, de la coqueluche, des hernies, etc. On peut rattacher à i 1 avant-dernière classe les vomissements de la grossesse que, jusqu'à présent, on avait coutume de ranger parmi les troubles d’ordre réflexe.
Indépendamment du traitement causal, le plus important, il existe un traitement
symptomatique qui peut suffire à faire cesser les vomissements dans un certain nombre de cas.